Une image différente émerge de l'histoire de la savane méridionale.
Habitat traditionnel de plusieurs sociétés à grande échelle
avec des systèmes politiques centralisés. Ces systèmes étatiques:
Kongo, Kuba, Luba et Lunda, connus sous des vocables divers (royaumes,
empires ou chefferie), ont émergé entre 1200 et 1500 ap. J.-C.
Ces royaumes présentaient certaines caractéristiques communes
:
- un corpus de traditions orales traçant la naissance de l'état
à une figure mythique ;
- une structure centralisée d'autorité identifiée à
un dirigeant qui jouissait, la plupart du temps, des attributs de la royauté
divine ;
- une succession au trône qui se faisait plutôt en descendance
matrilinéaire (sauf chez les Luba) et donnait lieu à une élection
ou à une compétition des concurrents;
- et une tendance pour incorporer et assimiler de plus petites sociétés
avoisinantes tant par la culture que par des conquêtes politiques et
militaires.
- De tels royaumes fondaient leur richesse sur un commerce très actif.
Le royaume du Kongo est le plus ancien Etat connu en raison des nombreux
contacts que ce Royaume a entretenu avec les Européens (notamment portugais)
et qui ont apporté sur cette période des informations remarquables.
D'après la tradition orale recueillie à la fin du XVe siècle,
l'expansion des Kongos se serait faite, grâce à la supériorité
de leur armement en fer contre les armes de pierre des Ambundu.
Trois périodes marquent l'évolution politique de ce royaume :
La première qui va de 1483 à 1540 se caractérise par une
réorganisation et une adaptation du royaume aux sollicitations nouvelles
: l'arrivé des Européens par l'entremise de Diego Câo (1483),
le désir de modernisation à l'Européenne, la conversion
au christianisme, etc.
La deuxième période avec l'apogée de l'acculturation qui
va de la fin du règne de Ndo Funsu (1543) à la bataille d'Ambuila
(1665) qui marquera la division du royaume.
Commencera alors la troisième période qui débute en 1665
et dont le terme peut être fixé au XIXe siècle caractérisée
par la division et des tentatives d'unification.
L'histoire de ce royaume intéresserait modérément nos
propos (puisque la capitale et la plus grande partie du royaume se trouvaient
en Angola) si ce passé des Kongos n'avait joué un rôle capital
dont l'existence d'une conscience nationale que l'on retrouvera lors de la fondation
de l'Abako.
Le partage colonial mettra définitivement fin à ce royaume en
répartissant les populations entre les Etats de la République
démocratique du Congo, de la République du Congo et de l'Angola.