Les Zandés constituent une aristocratie guerrière établie
primitivement dans les actuels Soudan et RCA(République Centrafricaine)
et qui arriva au Congo au XVIII siècle.
Dans
le courant du XIX siècle, des chefs Zandé (Abandya à l'ouest
et Avungara à l'Est) formèrent plusieurs principautés strictement
hiérarchisées et répandirent sur une grande échelle
la langue et les coutumes Zandé parmi les peuples autochtones soumis.
De telle sorte que le groupe linguistique Zandé sera au XXe siècle
l'une des ethnies les plus nombreuses de l'Afrique centrale, évaluée
à près d'un million dont (en 1960) 525 000 au Congo, 295 000 au
Soudan, 50 000 en RCA.
Contrairement aux hégémonies Luba-Lunda, nettement sur leur déclin
à la fin du XIXe siècle, les Zandé connaissent leur apogée
à l'époque de la conquête coloniale. À partir de
1860, la puissance des chefferies Zandé s'accroît formidablement
grâce aux commerçants de Khartoum qui achètent des esclaves
contre des fusils. Les chefs Zandé, désormais appelés sultans,
reconnaissent en 1879 la souveraineté de l'Egypte.
Mais en 1884, l'avancé mahdiste contraint le représentant du
gouvernement égyptien à capituler mettant ainsi fin aux relations
avec les Zandé. Jusqu'en 1890, les sultans Zandé n'auront plus
de rapports avec les marchands de Khartoum mais utiliseront les armes reçues
les années précédentes à augmenter les dimensions
de leurs principautés.
Les Belges, arrivés en 1890 par le Sud, mettront vingt-deux années
pour "pacifier" complètement la région de l'Uélé
et n'y parviendront qu'en démembrant systématiquement les grandes
chefferies entre 1896 et 1912.
Les Mangbetu
Nabiemibali est le fondateur du royaume Mangbetu. Il règne de 1815 à
1860 environ et étend son autorité sur les deux rives de la Bomokandi
au nord d'Isiro (ex-Paulis) jusque sur l'Uélé en aval de Niangara.
En 1967 Munza, un de ses petits-fils, accède au pouvoir et reçoit
en 1869 la visite de l'explorateur allemand Schweinfurth accompagnant une caravane
de traitants nubiens venus de Khartoum.
En 1881, le royaume Mangbetu est déjà très affaibli par
des querelles de palais, mais le faste de la cour d'Azanga, un frère
de Munza, impressionne encore fortement l'Italien Casati et le Russe Junker
venus explorer les bassins de l'Uelé et du Mbomu (les deux principaux
affluents de l'Oubangui)
En 1890, le pays Mangbetu, qui a coupé toute relation avec le Nord depuis
1884-1885, voit arriver d'autres Arabes acheteurs d'esclaves venus cette fois
du Sud, à partir de la région de Stanleyville. Il sera facilement
conquis par les Belges après la défaite des Arabes en 1895