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RD Congo : L'affamé qui pourrait aider à nourrir le monde


La République Démocratique du Congo a le potentiel pour devenir un grenier du monde en développement, mais la mauvaise utilisation de son sol et le manque d'investissement font qu'un grand nombre de ses propres citoyens meurent de faim, a indiqué un expert de l'Institut de recherche international en matière d'alimentation (International Food Policy Research Institute ou IFPRI).
Ce géant d'Afrique centrale possède environ 80 millions d'hectares de terres arables, le plaçant au septième rang mondial. Le fleuve Congo et son phénoménal réseau d'affluents offrent suffisamment d'eau pour l'irrigation. Son climat varié, de la forêt tropicale humide à la savane, offre des conditions idéales pour un certain nombre de cultures.

"Le potentiel du Congo est énorme. Il pourrait être un autre Brésil", a déclaré le Directeur Général de l' IFPRI, Mr Joachim von Braun dans une interview accordée à l'agence de presse Reuters. "Si ces parcelles de terre étaient ailleurs dans le monde, il pourrait véritablement nourrir un grand nombre d'individus dans le monde."
Aujourd'hui, comme beaucoup de pays d'Afrique, le Congo(RDC) ne peut même pas se nourrir lui-même. Selon l'Organisations des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), plus de 70% des Congolais sont touchés par la faim et l'insécurité alimentaire. Par ailleurs, la malnutrition infantile est en augmentation.

"Soyons sérieux. Vous ne pouvez pas vous nourrir d'un potentiel", a dit Mr von Braun, avant d'ajouter: "le potentiel doit être exploité par l'investissement, et cet investissement dans l'agriculture et l'infrastructure rurale exige beaucoup de capitaux, un suivit primordiale du long-terme par le gouvernement ... et le secteur privé."

L'ancienne colonie belge se relève d'une guerre dévastatrice de 1998 à 2003 qui a tué, selon les estimations 5,4 millions de personnes. Pour Mr von Braun, 80% des terres qui pourraient être exploitées sont : soit non utilisées ou sous-exploitées. La seule agriculture qui existe est une agriculture de subsistance. Le manque d'infrastructures routières pour faire parvenir les récoltes sur les marchés des centres urbains implique que ce qui se consomme dans les villes est importé.
En conséquence, le Congo a été l'un des pays les plus touchés par la hausse des prix des denrées alimentaires liés à l'augmentation du baril de pétrole et les coûts du transport.

INVESTISSEMENTS DANS LA PAIX"

Bien qu'en majorité cette situation soit due à la guerre et aux difficultés d'une économie en ruines, le Directeur Général considère qu'il y va aussi de la faute du gouvernement qui, en ne donnant pas la priorité à l'agriculture, a également plombé la croissance de ce secteur.
Alors que 70 % des Congolais gagnent leur moyen de subsistance par ce secteur, qui représente près de la moitié de l'économie congolaise, seulement 1 à 2 % du budget de l'Etat va dans l'investissement de l'agriculture.

"Les investissements en agriculture sont des investissements qui requièrent un temps de paix dans ce grand pays. Néanmoins, il est temps de les lancer. Attendre plus longtemps risquerait de miner la croissance économique", a déclaré Mr von Braun.
Mettant en garde contre un investissement massif dans une agriculture industrielle ou l'agriculture à grande échelle qu'a connu le Congo au temps colonial, il propose à sa place un appui aux petits agriculteurs et l'amélioration des méthodes de culture et de l'équipement par le biais de programmes de micro-finance.
" Le Congo doit également construire des routes afin de permettre aux agriculteurs de pouvoir vendre leurs récoltes aux consommateurs, et réduire de la sorte les importations notamment par la création d'une autosuffisance agraire; qui devrait un jour être en mesure d'exporter, " dit-il.

"L'écart ne pouvait être plus large. C'est le pays où ces deux faits - la réalité et le potentiel - coexistent aux antipodes de manière si extrême en comparaison à d'autre grand pays. Bref, on peut le voir comme déplorable, ou le regarder comme une grande opportunité. "


Par Joe Bavier
Reuters
http://africa.reuters.com/country/CD/news/usnBAN857056.html
Traduit de l'anglais par KD.



Kinshasa, 22/09/2008 (Reurers/MCN, via mediacongo.net)
 
 
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