Kinshasa, mardi 9 février 2010
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Les Fdlr font le blocus de Bukavu


Des sources concordantes font état de l’asphyxie progressive de la ville de Bukavu par des rebelles rwandais des FDLR (Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda), qui se sont rendus maîtres de sa périphérie depuis quelques jours. En effet, chassés du Nord-Kivu voisin à la fin du mois de janvier dernier à la suite des opérations militaires conjointes menées par les armées rwandaises et congolaises, les précités ont choisi le Sud-Kivu comme nouvelle base arrière. Mais, au lieu de se limiter à la défense, les rebelles Hutu rwandais ont décidé d’ériger des barrières. Les plus visibles sont celles jalonnant l’axe Bukavu-Mwenga d’une part, et d’autre part, celles positionnées sur l’axe Bukavu-Bunyakiri. Au sortir du dernier week-end, l’unique voie de sortie et d’approvisionnement de Bukavu restait celle menant à Uvira. S’agissant des axes qu’ils contrôlent, les FDLR interdisent tout mouvement des personnes et de leurs biens. Ce qui, naturellement se traduit par la pénurie lente mais sûre des denrées alimentaires et des produits manufacturés, sanctionnée par la flambée des prix. Les stocks des produits de consommation courante tels que le riz, la pomme de terre, le haricot, la viande, le poisson, la banane plantain, l’arachide, l’huile végétale, la purée de tomate s’épuisent à un rythme qui fait craindre le pire à des milliers des ménages de Bukavu. C’est presque l’expectative face à des éléments FDLR lourdement armés, qui semblent décidés à faire payer aux populations civiles le prix de l’alliance militaire rwando-congolaise.

Silence radio du côté officiel Pendant que les paysans, les éleveurs, les commerçants ainsi que des milliers des citoyens résidant à Bukavu se posent des questions au sujet d’un blocus qui ne dit pas son nom dont ils sont l’objet de la part des « forces négatives » étrangères, les officiels provinciaux observent un silence qui intrigue. Attendraient-ils des instructions de Kinshasa pour élever ne serait-ce une protestation verbale ? Les autochtones trouvent anormal que des rebelles étrangers se permettent le luxe d’affamer toute une ville qui héberge plus d’un demi-million d’âmes, sans qu’une explication claire ne leur soit fournie par ceux qui ont la charge de garantir leur protection, ainsi que celle de leurs biens. Les rebelles des FDLR paraissent si menaçant que d’aucuns craignent qu’ils ne lancent, un de ses quatre matins, une attaque contre le chef-lieu du Sud-Kivu, à l’image des troupes insurgées conduites par le colonel dissident Jules Mutebusi en juin 2004. Et, aussi curieux que cela paraisse, c’est le mois de juin qui apporte une nouvelle vague de frayeur aux « Bukaviens ».

Vivement Kimia II…

Face à la famine et l’insécurité qui secouent leur ville, de nombreux habitants de Bukavu ont les regards tournés vers Goma, où le Chef d’Etat-Major Général des FARDC, le général Etumba, met la dernière main à ce qui paraît de plus en plus comme la préparation du lancement de « Kimia II », du nom de l’opération qui devrait conduire au nettoyage des poches des forces négatives congolaises et étrangères, notamment rwandaises, qui écument le Nord-Kivu et le Sud-Kivu. Ils en appellent vivement au bouclage rapide de la périphérie de Bukavu par l’armée nationale, de manière à mettre un terme à une occupation militaire de fait qui commence à troubler de nombreuses consciences.

LRA et FDLR : un problème congolais

Après avoir réussi à faire éloigner la menace sécuritaire que les rebelles de la LRA (Armée de Résistance du Seigneur) et des FDLR entretenaient à leurs frontières, l’Ouganda et le Rwanda sont peinards. Ces deux mouvements rebelles, refoulés à l’intérieur du territoire congolais, sont devenus un problème spécifique aux Congolais. Désormais, c’est au gouvernement congolais de mobiliser tout seul les moyens humains, matériels et financiers nécessaires à la neutralisation de ces « forces négatives ». Et, ce n’est pas une mince affaire, au regard de leur nombre, de leur puissance de feu, de leur connaissance du terrain et de la multitude de complicités internes et externes dont ils bénéficient pour leurs approvisionnements en armes et le financement, par l’exploitation et l’exportation des minerais en contrebande, de leurs activités nuisibles à la paix. Combien de temps va prendre l’occupation militaire, par ces groupes armés étrangers, des pans entiers des territoires de la Province Orientale, du Nord et du Sud-Kivu ? Rien ne permet de le deviner. En conséquence, la RDC post-conflit continue de porter la croix des alliances contre-nature, qui font plus de mal que de bien à ses citoyens.



Kimp.
Kinshasa, 10/06/2009 (Le Phare, via mediacongo.net)
 
 
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