Kinshasa, samedi 25 octobre 2014
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Le virus d’Ebola chasse les braconniers


Dans le nord de la RD Congo, la peur d'être contaminés par le virus Ebola souvent mortel a fait chuter très fortement la consommation de viande de chasse. Les braconniers du parc des Virunga sans clients ont rangé leurs fusils au grand bonheur des défenseurs de l'environnement.

Aux abords de la rivière Semuliki, à l’est de Beni, des gardes parcs se promènent pour la première fois sans être munis d'une lourde artillerie en ce mois de septembre. Leur patrouille qui était jadis bien équipée est étrangement légère. Mastaki Kaswahili, commandant de l’équipe de lutte de cette compagnie, témoigne fièrement que depuis bientôt un mois ses hommes ne se battent plus contre les braconniers dans cette forêt et on ne signale plus d'embuscades tendues ça et là.

Au sud du territoire de Beni, les braconniers qui venaient vendre régulièrement et clandestinement leur butin ne se font plus voir. Edwige Katungu, chef du quartier s’étonne de cette volte-face soudaine. "Les braconniers se présentaient souvent pour écouler leur gibier. Ils profitaient de l’absence des agents de l’ordre pour régner en roitelets. Mais ils ont disparu dans la nature", constate-t-il.
A quelque chose malheur est bon, dit-on. L’épidémie du virus d’Ebola déclarée en Province-Orientale depuis mi-août par le gouvernement congolais a fait paniquer la population y compris les destructeurs de la faune. Début septembre, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a recensé 28 malades dont 14 sont morts. Cette fièvre qui s’est déclarée à Isiro et en Ouganda dans le district de Kasese, à la porte de Beni, a poussé la population à cesser de consommer la viande boucanée. L’origine du virus n’est pas connue avec exactitude mais les experts en santé l’attribuent aux animaux sauvages. Du coup, les consommateurs ne veulent plus de viande de chasse fraîche ou boucanée.

Dégoûtés de la viande de chasse

Le virus Ebola est très contagieux et hautement mortel. L’OMS évoque un "taux de létalité de 25% à 90%". D’après l’agence onusienne, "le virus est transmis par contact direct avec du sang, des sécrétions (salive, sang), des organes ou des liquides biologiques (sperme) des personnes infectées". Il peut aussi se transmettre à l’homme lors de la manipulation d’animaux, vivants ou morts, porteurs du virus : chimpanzés, gorilles, antilopes. Des épidémiologistes et des logisticiens envoyés sur terrain après analyses des échantillons initiaux ont confirmé que les contaminations enregistrées en Province-Orientale seraient dues à la consommation de ces viandes. Ceux qui en tiraient profit n’ont plus que leurs yeux pour pleurer.
Clandestinement, un quadragénaire très recherché et réputé braconner dans le parc des Virunga a même été contraint de sortir de sa planque en forêt, entrainant dans son sillage une vingtaine d’autres. Un de ses proches divulgue : "Nous étions surpris de les voir revenir le soir sans gibier ni autres effets. Pourtant, personne n’a fait appel à eux. Selon leurs explications leurs butins ne trouvent plus d’acheteurs dans les marchés clandestins. Ils travaillent à perte. C’est pourquoi il ont décidé de rentrer".
Dans les localités qui bordent la ville de Beni et dans le territoire de Mambasa, les villageois mangent souvent ces viandes sauvages car les vaches et chèvres, égorgées une fois la semaine, le jour du marché, coûtent cher. Ils vivent de la chasse et de l’exploitation minière. Aujourd'hui personne parmi eux ne tuent plus les animaux sauvages. Pareil dans les restaurants de Beni et Butembo qui ont vu la demande en produits de chasse péricliter grandement. Plus aucun consommateur ne veut en attendre parler. Madeleine Mupabulwa, détentrice d’un restaurant-bar à Beni n’en démord pas : "Ça fait un mois que je ne trouve plus mes clients. Tout le monde a peur de cette viande. Je suis obligé de brûler le reste que je gardais avant l’apparition de cette maladie".

Pari pour la conservation de la nature

Etienne Paluku, un chasseur détenant l’autorisation de chasse du service de l’Environnement, a décidé carrément d’abandonner cette activité au profit d’autre chose. Depuis la déclaration officielle de l’épidémie à Isiro et en Ouganda, des commissions de mobilisation sociale de lutte contre cette maladie intensifient les descentes sur terrain pour conscientiser la population à ne plus consommer toute viande boucanée. Félix Kabange, ministre national de la Santé a demandé à tous d’éviter de toucher tout animal trouvé mort dans la forêt ou de consommer sa viande."Il faut également éviter de toucher sans protection le sang, les vomissures ou les urines d’un malade ayant succombé ou qui souffre d’une fièvre hémorragique virale", ajoute-t-il. Plus vite seront appliquées ces mesures préventives, plus vite la propagation de la maladie sera arrêtée".
Les acteurs de l’environnement constatent un changement de comportement chez les habitants concernés. La lutte contre le braconnage de certaines espèces rares qui était jadis le seul apanage des Ong et des agents de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) est devenue l’affaire de tout le monde. Actuellement, les habitants de Beni chassent eux-mêmes les paysans qui gardent les petits singes chez eux. "Je me rends compte que les populations sont maintenant contre les gens qui hébergent même des tortues, singes et autres oiseaux sauvages", observe Olive Kamwanya, habitante de Mutwanga. Un répit qui fait le bonheur des singes, antilopes, buffles et autres mammifères rares protégés mais maintes fois pris en chasse par les villageois et les braconniers.

 



Jacques Kikumi
Beni, 26/10/2012 (Syfia Grands Lacs, via mediacongo.net)
 
 
 
 
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