Alors que tous les regards des Congolais sont tournés vers le gouvernement
Gizenga qui doit publier le rapport de la Commission gouvernementale chargée
de la révisitation des contrats miniers, le contrat signé entre
les entreprises chinoises et le gouvernement congolais ne cesse de susciter des
interrogations au sein de l'opinion. Les clauses de ce contrat assimilé
à un troc pour la réalisation des 5 chantiers du président
Kabila demeurent toujours inconnues de la majorité des Congolais.
Tel
est le cadeau de fin de l'année que la Ligue congolaise contre la corruption
(Licoco) a voulu offrir à la population congolaise. Cette Ong spécialisée
dans la lutte contre la corruption a saisi cette période d'échanges
de vux pour mettre à la disposition de ses partenaires de la société
civile une copie du protocole d'accord entre le ministre d'Etat en charge des
infrastructures et le PDG de la China Railway Engineering Corporation (CREC) qui
représente un groupement des entreprises chinoises. Son message se résume
en quelques mots : voici comment les richesses congolaises sont bradées.
Ce document paraphé par les deux parties en date du 17 septembre 2007
donne l'objet, les modalités, les conditions particulières, les
droits et obligations des parties, la législation ultérieure, la
liste des projets, l'exclusivité et l'entrée en vigueur du protocole.
Ce
nouveau contrat met sur pied une société de joint-venture sous forme
de société mixte de droit congolais regroupant des entreprises chinoises
et des entreprises congolaises que le gouvernement va désigner. Le financement
des travaux d'infrastructure pour les 5 chantiers est garanti par les concessions
minières mises à la disposition de la société précitée.
Dans cette nouvelle entreprise, la participation congolaise au capital est de
32 % alors que la partie chinoise se tape 68 %. L'annexe du protocole signale
notamment les différents gisements de cuivre, du cobalt et de l'or dont
la plupart sont situés dans le Katanga. En outre, le programme de reconstruction
des infrastructures (chemins de fer, routes, voiries, et bâtiments) est
également joint au protocole, sans beaucoup de précision sur la
durée de tous ces travaux et l'exploitation des gisements. Le Phare propose
à ses lecteurs la teneur du Protocole d'accord en question.
*
* *
Ministère des Infrastructures, Travaux publics et Reconstruction
PROTOCOLE
D'ACCORD
Entre
La République Démocratique du Congo
représentée par Monsieur Pierre LUMBI OKONGO,
Ministre d'Etat
en charge des Infrastructures, Travaux Publics et Reconstruction d'une part :
Et
Le
groupement des Entreprises Chinoises composé de l'Export-Import Bank of
China (EXIM BANK of CHINA), la China Railway Engeneering Corporation (GREC), Société
SA, et la société ; SINOHYDRO corporation, représenté
par Monsieur, LI CHANGJIN, Président Directeur Général de
la CREC; d'autre part ;
Ci-après désignés " les
Parties "
PREAMBULE
Considérant les accords de
coopération signés le 3 avril et le 07 décembre 2001 entre
la République Démocratique du Congo et la République Populaire
de Chine ;
Considérant les memoranda d'entente commune et accords
sur le financement du développement des infrastructures de la République
Démocratique du Congo par l'exploitation de ses ressources minières
que le Gouvernement a signé respectivement
Le 9 août 2007 avec
la SINOHYDRO, le 16 août. 2007 avec l'EXIM BANK et le 17 août 2007
avec la CREC ainsi que les accords conclus par elles sur la reconstruction de
la RDC. Tous ces Vu les consultations des par1ies et suivant te mémorandum
on understanding of ressources finance for infrastructures development:
IL
A ETE CONVENU ET ARRETE CE QUI SUIT:
Il. DE L'OBJET
Article
1 : Le présent protocole porte sur la fixation des modalités
de coopération de financement pour le déve1oppement des infrastructures
de la première tranche, en contrepartie, de l'exploitation des ressources
naturelles de la République Démocratique du Congo.
III.
DES MODALITES
Article 2 : Les parties conviennent de constituer
dans le cadre de l'exploitation minière une société de joint-venture
(SJV) sous forme de société mixte de droit congolais regroupant
d'une part les entreprises chinoises du groupement et d'autre part, d'entreprises
congolaises désignées par le Gouvernement.
Le financement du
développement des travaux infrastructure dans le cadre de cet accord sera
garanti par les concessions minières mises à la disposition de la
SJV par la RDC.
Article 3 : En vue d'assurer le suivi et l'évaluation,
le Gouvernement mettra en place un
Comité compétent multisectoriel
devant servir de guichet unique pour toutes
les questions et formalités
relatives à l'exécution de tâche définie dans le présent
Protocole.
Article 4 : La participation:du Gouvernement ou ses mandataires
au capital social de 1a
Société de Joint. Venture dont question
fi à l'article deux, procède du principe " gagnant - gagnant
"et la Société de Joint ~ Venture s'établira comme suit
:
. Partie Congolaise : 32%
. Partie Chinoise : 68¨%
Article 5 :
Sur le principe essentiel du financement du développement d'infrastructure
par la réalisation du dividende de la part d'Etat RDC résultant
de l'exploitation de la Société de Joint -Venture la répartition
du résultat d'exploitation se fera en trois (3) états :
-
La première étape dite étape d'amortissement d'investissement
minier.
Durant cette étape la 1otatité du résultat d'exploitation
servira au remboursement et à l'amortissement de l'investissement minier
extractif et industriel el ce compris les intérêts
- La seconde
étape est une étape de remboursement ou de paiement des travaux
d'infrastructure. Durant cette étape, soixante six pour cent (66%) du bénéfice
net du résultat d'exploitation de la Société de Joint-Venture
sera utilisé pour le paiement et le remboursement des travaux d'infrastructure
réalisés prévus dans la première tranche des projets
dans la liste annexée tandis, que le reste, soir trente quatre pourcent
(34%) sera distribué proportionnellement entre parties ;
Pendant cette
étape, le montant total du paiement des projets des travaux infrastructure
sera prévu de trois (3) milliards USD,
- La troisième étape
sera une étape d'exploitations commerciales soit le remboursement et l'amortissement
de la totalité des investissements à l'exploitation minière
et au développement d'infrastructure, de la première tranche, la
répartition du dividende résultant de se l'exploitation de la société
de Joint-Venture.
Pendant cette étape, la Société de
Joint-Venture se soumettra à la législation congolaise en vigueur
en matière fiscale et douanière; en l'occurrence le Code des Investissements
et le code de Minier.
IV. DES CONDITIONS PARTICULIERES
Article
6 : Le Gouvernement accorde à la partie Chinoise, le bénéfice
de tous les avantages douaniers,et fiscaux prévus par le Code des investissements
et le Code minier de ,.la République Démocratique du Congo ainsi
que les dispositions particulières applicables ,aux marches publias à
financement extérieur;
Afin que le cumul du dividende de la part de
l'Etat résultant de l'exploitation minière de la Joint-venture atteigne
le plus tôt possible un niveau capable de payer ou de rembourser la construction
des travaux d'infrastructure, le Gouvernement, va consentir à la Partie
Chinoise des disposition particulières applicables aux marchés publics.
Toutefois pendant la période du remboursement, le Gouvernement se réserve
le droit d'accorder d'autres avantages fiscaux et douaniers plus larges à
la Joint-Venture pour la réalisation des projets. Ces conditions particulières
comprennent l'exemption des frais et paiement relatifs à la demande, â
l'octroi, au transfert et à la cession des droits et titres miniers, des
permis de prospection et d'exploitation; l'exemption des frais d'entrée
à la porte minière et de prélèvement préalable
sur la valeur estimative du gisement etc
Elles comprennent aussi l'exonération
totale de tous les impôts, droits, taxes, douanes, redevances, directs ou
indirects, à l'intérieur ou à l'import et l'export, payables
en République Démocratique du Congo et ceux liés aux activités
minières et au développement d'infrastructures de la Société
de Joint-Venture.
Aux fins d'assurer la réussite de son exploitation
minière et des travaux d'infrastructure, la Société de Joint-Venture
aura loisir de choisir librement le fournisseur du matériel et équipement,
de technologie et de service, d'embaucher, à l'intérieur comme à
l'extérieur pays, le personnel qualifié conformément à
la législation congolaise en la matière.
Le Gouvernement garantit
à la Société de Joint-venture la sécurité de
son investissement minier et le paiement des travaux d'infrastructure qu'elle
réalisera.
Compte tenu de l'importance du volume et du coût
des projets d'Infrastructures avec leur caractère de travaux publics de
longue périodicité d'amortissement minier et du fait de la lenteur
du cumul du dividende de la pan de l'Etat et, en particulier afin d'accélérer
développement d'infrastructures et de la reconstruction nationale pour
servir le plus tôt possible le progrès socioéconomique, les
parties reconnaissent. Que le financement du développement d'infrastructures
par lé dividende de la part de l'Etat résultant de l'exploitation
minière de la Société de Joint-Venture ne sera pas le choix
unique dans le cadre de la collaboration entre le Gouvernement et la Société
de Joint-Venture.
A cet effet et en cas de besoin, le Gouvernement proposera
à la Société de Joint-Venture (j'accepter d'autres modalités
du paiement d'une partie des projets des grands travaux d'infrastructures de volume
et coût plus important Ladite modalité pourra être paiement
par le Maître de l'Ouvrage moyennant le crédit acheteur. Dans ce
cas, le Groupement pourra mener toutes les démarches nécessaires
à l'assistance du Maître de l'ouvrage ou du Gouvernement pour la
réalisation du financement auprès de l'institution bancaire en Chine
avec des conditions acceptables et le Gouvernement s'engage de faire en temps
corporation économique, à l'accord de prêt et à la
matière etc.
Les conditions particulières du présent
article auront une validité de trente (30) ans à partir de la date
de prise d'effet du présent protocole d'accords. Elle peut être protocole
pour une période égale à la demande de l'une des parties
au moins six mois avant l'exploitation du terme de 30 ans.
V. DES DROITS
ET OBLIGATIONS DES PARTIES
Article 7: A dater de la prise d'effet
du présent protocole, les parties s'engagent à mettre rapidement
en place, conformément à la législation congolaises, une
Joint -Venture minière dans les 30 jours suivant la signature. L'apport
au capital social de chaque actionnaire sera appelé proportionnellement.
Après la signature du présent protocole, les projets 'ainsi annexé
au présent Protocole, seront soumis à l'appréciation et l'accords
écrit d'EXIM Bank.
Le groupement Chinois s'engage à soumettre
progressivement au comité su évoqué le rapport de préfaisabilité
du projet minier et la demande d'octroi des titres miniers. Le gouvernement en
achèvera le traitement et le transfert du titre minier dans un délai
de 15 jours à dater du dépôt. Les droits et titres miniers
octroyés à la Société de Joint-Venture seront propriétés
de cette dernière pour toute la durée de la Joint-Venture.
Le
Groupement Chinois s'engage à soumettre progressivement audit comité,
le cahier des charges techniques proposé et l'offre financière des
projets des travaux d'infrastructures. Le Gouvernement devra en achever le dépouillement
et accorder son approbation dans un délai d'un mois à dater du dépôt.
Dans
le cas où des travaux d'infrastructures seraient payés par le Gouvernement
au moyen d'autres financements, celui-ci devra démarrer la procédure
du montage financier dès la conclusion des contrats des travaux. Le Gouvernement
s'engage à conclure avec la joint-venture, le marché concessionnel
global des travaux d'infrastructures prévus à l'annexe 2.
Le
gouvernement garantira au groupement ou à1a Société de Joint-Venture
le libre transfert du fonds, la libre ouverture des comptes bancaires en devise
et en monnaie locale à, l'intérieur comme à l'extérieur
du pays et la sécurité des opérations intéressés
et exemption des droits, impôts et frais bancaires lies à l'impossibilité
administrative.
Le groupement Chinois, en déployant ses avantage professionnel,
techniques et gestionnaires, s'engage à tout mettre en uvre pour
réduire le coût de revient, économiser les ressources financières
des constructions, assurer la moderne conception, la qualité, le haut rendement,
la fiabilité et la durabilité des travaux d'infrastructurels et
de service à travers sa participation à la reconstruction nationale.
Sur demande du Gouvernement ou du Maître de l'ouvrage, la Société
de Joint-Venture pourra assurer les travaux de proposition relative à la
normalisation et régularisation des études, du gémie civil,
de l'équipement et du fonctionnement des travaux d'infrastructure, de formation
des ressources humaines concernés et de proposition concernant la planification
et systématisation du développement national d'infrastructures et
de construction.
VI. DE LA LEGISLATION ULTEURIEURE
Ar1icle
8 : Sans préjudice des avantages acquis dans le cadre du présent
protocole d'accord, la société de Joint-Venture bénéficiera
des avantages résultant de toutes les nouvelles dispositions légales
et réglementaires qui seraient ultérieurement prises par le Gouvernement
ou des conventions que celui-ci viendrai à conclure avec d'autres investisseurs.
VII. DE LA LISTE DES PROJETS
Article 9: La liste des
projets des ressources minérales et des travaux d'infrastructure convenues
dans: le cadre de la présente collaboration est prise aux annexes 1 et
2 du présent Protocole d'Accord.
VIII. DE L'EXCLUSIVITE
Article
10 : Le Gouvernement s'engage à ne pas conclu le avec les tiers une
convention portant sur des projets faisant objet du présent Protocole.
IX.
DE L'ENTREE EN VIGUEUR
Article 11: Le présent Protocole
ainsi que l'accord précèdent sont considérés comme
principe et base de chaque contrat ou marché sépare en la matière
et entrera en vigueur à la date de sa signature par les parties et après
approbation des projets d'exploitation minière et du développement
des infrastructure par l'autorité compétente Chinoise.
Article
12: Le présent Protocole est rédigé en 8 exemplaires
originaux, chaque partie en gardant deux :
En cas de divergence entre le présent
protocole et l'accord précédent, le protocole prévaudra.
Toutefois,
en cas de force majeur, les parties procèderont par négociations
amiables pour adapter le présent Protocole aux nouvelles conditions.
Fait
à Kinshasa, le 17 septembre 2007
Pour la République démocratique
du Congo
Pour le Groupement des Entreprises chinoises