Kinshasa, jeudi 9 septembre 2010
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Rendez - vous avec l’Europe: le Point sur l’ensemble de l’engagement de l’Union européenne en RDC


Les ambassadeurs des pays membres de l'Union européenne accrédités en RDC ont animé un point de presse conjoint hier jeudi 8 mai à Kinshasa à la " Maison de France " dans le cadre de la Journée de l'Europe commémorée le 9 mai. Ils ont à l'occasion, fait un tour d'horizon de l'engagement de l’Union européenne en RDCongo. Ci-dessous le discours prononcé:

Je vous remercie d’avoir répondu positivement à notre invitation pour cette deuxième rencontre avec les Ambassadeurs et chefs de mission de l’Union européenne depuis le début de cette année. A l’occasion de la journée de l’Europe, qui sera célébrée demain 9 mai, nous souhaitons faire le point sur l’ensemble de l’engagement de l’Union européenne en RDC.
Cette journée a été choisie en hommage au discours de Robert Schuman, ministre français des Affaires étrangères qui a proposé, le 9 mai 1950, la mise en commun du charbon et de l’acier des pays de l’Europe occidentale. Cet évènement marque le point de départ de l’aventure communautaire européenne qui a donné naissance à cette Europe d’aujourd’hui, Europe «Unie dans la diversité», comme le souligne sa devise. Très brièvement, au sujet des Institutions de l’UE, je souhaite préciser qu’elles représentent : les citoyents par le Parlement européen, les Etats au sein du Conseil de l’UE, la Commission garantit pour sa part les intérêts de l’Union dans son ensemble.

Nous retrouvons en partie cette représentation en RDC avec 12 Etats membres, représentés par leurs Ambassadeurs. L’un d’entre eux exerce la présidence locale en fonction du calendrier des présidences du Conseil des chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Union. Nous trouvons également la délégation de la Commission européenne, 2 missions, Eusec et Eupol. Il convient d’y rajouter, le représentant spécial pour la région des Grands Lacs, Roland Van de Geber.
Avant de commencer je voudrais rappeler que la coopération européenne avec la RDC est ancienne. Outre les coopérations bilatérales menées par chaque Ambassade depuis son installation, la coopération avec la RDC remonté aux origines de l’UE puisqu’elle était incluse dans le 1er Fonds Européen de Développement de 1959. Elle s’élevait à plus de 750 millions de dollars en 2007.
Nous allons aujourd’hui faire un point sur 8 thèmes.
- « Sécurité » : les missions EUPOL et EUSEC
- « Economie et ressources naturelles » : Allemagne
- « Education» : Belgique
- « Gouvernance justice et droits de l’homme» : Suède
- « Infrastructures » : Commission
- « Médias » : Royaume-Uni
- « Santé » : Espagne/Italie
- « Humanitaire » : Commission
Chacun des intervenants décrira les objectifs de la coopération dans le domaine concerné et l’illustrera par un ou plusieurs exemples.

SECURITE

L’Union européenne est engagée aux côtés des autorités congolaises pour la Réforme du Secteur de Sécurité (RSS). Avec les missions EUSEC pour l’armée et les projets spécifiques des Etats membres et de la Commission européenne, l’Union européenne s’efforce de progresser encore en matière de coordination et de réactivité.
L’un de ses atouts est de pouvoir mobiliser des fonds et des experts dans tous les domaines, de l’aide humanitaire à la coopération au développement. La RSS n’est pas une fin en soi ; elle est à la fois la cause et la conséquence du progrès économique et social d’un pays, en renforçant les structures de l’Etat et la capacité de celui-ci à décider et à agir pour le bien de sa population.
C’est avec cet objectif en vue, et en gardant à l’esprit les principes des droits de l’homme et de la bonne gouvernance qui sont fondateurs pour l’Europe, que l’Union européenne s’engage pour la réforme du secteur de la sécurité en RDC.

Quelques exemples :
Ainsi les Pays-Bas, qui contribuent déjà à hauteur de 24 M$ au plan de stabilisation de l’ONU, fournissent 15 M$ au PNUD dans le cadre d’un programme dont les 5 volets sont : 1. Appui non létal aux FARDC ; 2. Réhabilitation des infrastructures de la formation militaire de base ; 3. Appui aux dépendants du personnel militaire et renforcement des services communautaires dans les communautés environnantes ; 4. Justice militaire ; 5. Projets à impact rapide.
Pour sa part, en appui de la réforme de l’armée, la Belgique a développé un programme de partenariat militaire du génie.
Enfin, le Royaume-Uni est en train d’établir un programme de réforme du secteur de sécurité d’un montant de 160. 000 USD sur 5 ans et qui se focalisera sur la police.

EUSEC RD Congo : Appui technique au recensement biométrique des FARDC

La mission EUSEC, mission civile de conseil et d’assistance auprès des autorités politiques et militaires dans le domaine de la défense, compte 44 personnes, présentes principalement à Kinshasa avec plusieurs experts détachés au ministère, à l’état-major général et dans les états-majors des forces et 17 conseillers déployés dans l’Est (Goma, Bukavu, Bunia et Kisangani).
Parmi les différentes tâches dévouées à la mission, le projet «Chaîne de paiement» vise à rénover et à moderniser l’administration des personnels et des finances des forces armées. Une des actions phares de ce projet est l’appui technique de la mission au recensement biométrique des militaires actuellement réalisé par les FARDC. Ce recensement consiste de façon concrète en la saisie des informations relatives à chaque individu, à la prise d’une photo et de ses empreintes digitales. A la fin de ce processus, une carte d’identité militaire infalsifiable sera délivrée à chaque militaire recensé. Les objectifs de ce recensement est de connaître la taille réelle de l’armée congolaise et de créer le fondement d’une véritable gestion des ressources humaines.
A l’heure actuelle, les opérations de recensement se terminent dans le Sud Kivu et vont débuter dans le Nord Kivu et la Province Oriental, pour s’achever dans le courant du mois de juin.
L’Union européenne a financé la partie technique et logistique du projet pour un montant de 2 millions d’euros. Les coûts de transport des personnels chargé du recensement et des kits d’enregistrement sont pris en charge par EUSEC grâce à la contribution financière de trois pays européens : la France, la Suède et les Pays-Bas.

EUPOL RD Congo : Mise en œuvre de la réforme de la Police

La mission EUPOL RD CONGO a pour vocation de soutenir et assister les autorités congolaises dans la réforme de la police. Composée d’une quarantaine de membres internationaux et nationaux, EUPOL participe au Comité de Suivi de la Réforme de la Police (CSRP). Instrument unique de la réforme de la police, ce forum vise à développer, organiser et assurer le suivi de cette réforme sur la base de l’avant-projet de la nouvelle loi organique de la police tout en favorisant la coordination internationale dans ce domaine.
Financé par la délégation de la Commission Européenne, le nouveau siège du CSRP accueille les groupes de travail qui réunissent chaque jour les experts dans le domaine de la police : d’un côté, les experts nationaux des six ministères concernés, les représentants de l’Inspection Générale de la PNC ainsi que de la société civile. De l’autre côté, des partenaires internationaux (MONUC, EUPOL, Commission européenne et partenaires bilatéraux) participent de manière quotidienne aux travaux.
Par ailleurs, l’Ecole des officiers de la police judicaire, financée par la France, a ouvert ses portes en janvier 2007. Situé au quartier Bon marché, cette école fournit des sessions de quatre mois à ses stagiaires comportant un enseignement juridique adapté aux exigences de la procédure pénale et un enseignement technique nécessaire à la mise en œuvre des enquêtes.

Economie et Ressources Naturelles

Une économie forte soutenable et diversifiée est à la base de tout développement et par conséquent, de la prospérité d’un pays. Dans le cas de la République démocratique du Congo, elle s’appui notamment sur des richesses naturelles importantes et d’une grande diversité biologique.
Dans cette optique, l’Union européenne et ses Etats membres mènent une série d’initiatives commet des programmes de promotion de la micro finance ainsi qu’un soutien aux ONG. A long terme, elles contribueront avec efficience à la reconstruction socioéconomique du pays.
Pour que cette richesse puisse bénéficier à la population congolaise, des programmes de coopération aident à mettre en place des mécanismes de contrôle et de transparence dans la gestion des ressources naturelles.
Enfin les pays de l’Union européenne soutiennent plusieurs projets dans le secteur de l’environnement. Ces projets visent à sauvegarder le patrimoine unique de forêt et de biodiversité du pays tout en alliant exploitation économique et gestion durable des forêts du Bassin du Congo.

Quelques exemples :
Entre 2004 et 2009, la coopération allemande dépensera près de 19 M$ dans plusieurs projets visant la réinsertion économique et sociale de jeunes défavorisés, les activités économiques et civiques des structures non gouvernementales, le soutien aux petites et moyennes entreprises et aux institutions de micro finance, ainsi qu’un appui au Processus de Stratégie de Réduction de la Pauvreté (PSRP).
Le Royaume Uni, l’Allemagne et la Belgique soutiennent l’initiative de transparence dans la gestion des industries extractives (ITIE) et travaillent avec le gouvernement congolais pour la mise en place d’un système de certification de substance minérale de production artisanale. En avril 2008, l’Allemagne et la RDC ont signé un accord de coopération sur l’amélioration de la transparence et du contrôle dans la production, la commercialisation et l’exportation des produits extractifs.

Infrastructures

Les infrastructures, l’un des cinq chantiers présidentiels, est un secteur clé du développement. L’Union européenne dans son ensemble (Commission + Etats membres) articule ses activités en matières d’infrastructures autour de quatre axes :
- Le développement de la mobilité routière, fluviale, maritime, lacustre et aérienne, afin de désenclaver les régions, de faire circuler les produits et d’en réduire les coûts, de rapprocher la population des centres de santé etc…
- L’assainissement urbain passe notamment par la réhabilitation ou la construction de caniveaux, et la mise en place d’un système de gestion des déchets solides. Il permet évidement aux quartiers bénéficiaires de vivre dans un environnement sanitaire meilleur, en facilitant l’écoulement de eaux et en réduisant les inondations et du coup, de réduire le nombre de maladies.
- L’accès à l’eau potable permet notamment, dans les grandes villes, le raccordement au réseau d’eau courante des foyers qui sont dépourvus, la distribution de produits chimiques à la Régideso pour améliorer la qualité de l’eau potable, mais aussi l’installation de bornes fontaines dans les quartiers périphériques de certaines villes ou de certains villages.
- L’accès à l’électricité est une priorité. En effet, l’électricité est un problème majeur en RDC et son absence paralyse tout développement économique. Les actions des Etats membres se concertent sur la remise en état de centrales hydroélectriques à Kisangani, Lubumbashi et Kinshasa et permet l’alimentation en électricité de milliers de foyers et de centaines d’entreprises.

Quelques exemples
La Commission européenne va réhabiliter et entretenir jusqu’à fin 2010 moyennant un financement de 150 millions d’euros, plus de 2.000 km de routes dans les provinces de l’Est de la RDC. Ainsi certains trajets pourront être effectués en 1h30 au lieu de 6 actuellement, ce qui évidement diminue considérablement le prix des produits transportés et permet aux populations, non seulement d’être en contact les unes avec les autres, mais de rapprocher également les services de l’Etat, qu’ils soient sanitaires ou administratifs, de la population. Dans le secteur de l’eau potable, plus de 300.000 habitants de la ville de Kinshasa ont vu leur approvisionnement en eau potable sécurisé et d’ici à la fin de l’année 2010, de nouveaux points d’approvisionnement en eau seront créés permettant de desservir 500.000 habitants.
De nombreux Etats membres financent des projets d’infrastructures à travers les agences des Nations Unies. C’est le cas des Pays- Bas qui financent à hauteur de 24 M$ le plan de stabilisation de l’Est mis en place par les Nations Unies, qui comprend un volet infrastructures. Mais c’est aussi le cas du Royaume Uni qui contribuera à hauteur de 76 M$ et sur 5 ans au projet PRO-ROUTES mené par la Banque Mondiale et les autorités congolaises. Ce projet consistera à ouvrir 1.800 Km de routes, au Katanga, au Sud Kivu et dans la province Orientale. La coopération britannique a pour sa part déjà permis l’ouverture de 800 km de routes rurales et s’est associée à l’Unicef pour permettre à 3,7 millions de personnes vivant dans des zones rurales de bénéficier d’une éducation sanitaire et d’eau potable.
La France, la Belgique et la Commission européenne travaillent à l’amélioration de la sécurité aérienne, respectivement par la réfection de la piste de Ndjili, la réalisation de programmes d’échanges et de formations et le soutien aux autorités congolaises dans l’application des normes et standards internationaux.

Médias
Les médias constituent un acteur-clé dans le processus de démocratisation en RDC. En assurant l’accès à l’information, les médias jouent un rôle important quant à la transparence du processus de prise de décision politique et la sensibilisation de la population aux enjeux sociaux, politiques et économiques. Un média professionnel et indépendant permet également de garantir une voix au peuple congolais. Les médias contribuent ainsi à l’exigence de la bonne gouvernance politique et au renforcement de la culture démocratique.

L’Union européenne soutient le développement des médias à plusieurs titres. Elle intervient ainsi dans le groupe inter-bailleurs des médias, groupe qui assure un soutient au secteur des médias en RDC. Ce groupe se réunit régulièrement en vue de mieux coordonner ses positions et ses soutiens au secteur médiatique. Les bailleurs suivent avec intérêt l’élaboration des avant-projets de loi sur la liberté de la presse et sur le Conseil Supérieur de l’Audio-visuel et de la Communication (CSAC). La Grande Bretagne, la France, la Suède et le Pays Bas ont également apporté un soutien à Radio Okapi.
Quelques exemples
Par le biais du projet « Médias pour la Démocratie et la Bonne Gouvernance en RDC » la Coopération Britannique et France Coopération Internationale (FCI) soutiennent le développement d’un secteur médiatique indépendant, réglementé et professionnel en RDC dans le but de donner un accès à une information pluraliste et équilibrée et une voix au peuple congolais. Le projet est financé par la Coopération Britannique et géré par FCI. D’un montant de plus de 17 millions de dollars, il durera jusqu’à la fin 2011. Les premiers financements ont été apportés début 2008 à l’ONG de défense de la liberté de la presse, Journalistes en Danger, pour son programme d’activité annuel, ainsi qu’à l’Institut Panos Paris pour ses activités de soutien et de formation à l’intention des médias congolais, notamment les radios communautaires.
Le projet vise plusieurs buts, dont la professionnalisation des journalistes et professionnels des médias ; l’appui aux productions locales pour la promotion de la paix ; la régulation du secteur des médias ; la viabilité économique du secteur médiatique ; et la promotion des médias de service public indépendants.

Santé
La santé est un droit fondamental de l’être humain et l’une des conditions clés pour une vie digne. Le fonctionnement correct du secteur de la santé est en lien étroit avec la dynamique de développement d’une société. Outre les graves conséquences sur le mal-être social, il faut considérer aussi l’impact qu’une mauvaise santé a sur le capital des ressources humaines et économiques d’un pays en voie de développement comme c’est le cas de la République Démocratique du Congo en situation post- conflit. Le développement du secteur de la santé dans un pays comme la RDC est un élément clé dans l’objectif principal de la politique de coopération de l’Union Européenne qu’est la lutte contre la pauvreté.

Dans ce sens, les actions de la coopération européenne dans le domaine de santé visent à l’amélioration des services de santé par l’appui aux structures de santé sur toute l’étendue du territoire congolais ainsi que la mise en œuvre et la rationalisation de la politique sanitaire du gouvernement tant au niveau national que provincial. Aussi, l’Union Européenne à travers tous les Etats membres et ses institutions, s’est toujours engagée de jouer un rôle de coordination entre les différents acteurs de la communauté internationale opérant dans le secteur santé et le gouvernement pour la mise en œuvre de la politique de ce dernier dénommé Stratégie de Renforcement du Système de Santé (SRSS).

L’ensemble de pays de l’Union Européenne a souscrit aux sujets prioritaires établis en matière de santé par la déclaration du millénaire : santé infantile, santé maternelle, lutte conte le VIH/SIDA, malaria, tuberculose et autres maladies, et promotion d’une association globale pour le développement.
L’ensemble des pays de l’Union Européenne a consacré plus de 60 Millions de dollars dans le domaine de la santé en 2007. De son coté, la Commission Européenne a alloué un montant de 120 Millions de dollars pour des projets de développement du secteur sanitaire en RDC au cours des 4derniers années et elle envisage de mettre à la disposition du système sanitaire de la RDC pour la période 2008-2013 entre 10 et 15% du montant du 10ème FED qui s’élève à 640 millions de dollars.

Quelques exemples :
Parmi les actions des pays membres de l’Union Européenne nous pouvons citer
L’Espagne est en train de réaliser un centre de pédiatrie et de néonatalogie, dans la commune de Mont Ngafula visant à améliorer la santé infantile et maternelle de Kinshasa. Pour la conception, construction, et mise en œuvre du projet, l’Espagne a alloué un montant de presque 1.300.000 USD
L’Italie a inauguré il y a quelques semaines l’hôpital de Tshimbulu au Kasaï Occidental fruit de la coopération entre le Gouvernement italien, l’ONG italienne COE et nombreuses institutions publiques et privées pour un coût global de 3.000.000 Usd. L’Hôpital dispose de tous les services de base et il est doté des équipements hospitaliers les plus modernes alimentés en pleine brousse par un système de panneaux solaires qui le rend autonome sur le plan énergétique et assisté par un puits pour garantir l’approvisionnement en eau potable.
Aussi bien l’Espagne que l’Italie participent toutes les deux au fond mondial de lutte contre le VIH/SIDA, la tuberculose, et la malaria.
La Belgique permet le fonctionnement de plus d’une centaine de zones de santé sur le 515 que compte la RDC donnant accès soins de santé à moins 15 millions de personnes.
La Pologne a équipé le Centre d’éducation et de réhabilitation à Bumba en Equateur.
La Grèce participe aux frais annuels de différents hôpitaux et polycliniques de la RDC, et finance la campagne de Prévision et de Détection précoce, de Diabète, Hypertension artérielle, Obésité et Atteintes Rénales, organisée par la Clinique Universitaire de Kinshasa.

Education

L’éducation et la formation jouent un rôle central dans la reconstruction et le développement économique de la République Démocratique du Congo et favorisent une participation active des citoyens à la société.
L’UE, par le biais de ses Etats membres, finance des initiatives à l’intention des établissements d’enseignement, des étudiants et du personnel d’enseignement et d’encadrement, mais également la distribution de fournitures scolaires, la réhabilitation d’écoles ou encore le renforcement des capacités. Une attention toute particulière est portée à l’accroissement du nombre d’enfants, et plus particulièrement de filles, ayant accès à l’enseignement, et à l’amélioration de ce dernier.
Ces programmes s’articulent autour de quatre volets principaux :
• Actions au profit de l’enseignement primaire, notamment dans des zones de conflit ;
• Actions au profit de l’enseignement secondaire, technique et professionnel ;
• Renforcement des capacités et appui institutionnel au ministère de l’enseignement ;
• Mobilité des étudiants de l’enseignement supérieur par l’octroi de bourses et appui aux universités et institutions scientifiques ;

Quelques exemples :
La Belgique, soit par la coopération soit par les entités fédérées, appuie notamment l’enseignement primaire par la fourniture de manuels scolaires et par la réhabilitation de certaines écoles. Elle fournit un soutien institutionnel au ministère de l’Enseignement primaire, secondaire et professionnel et renforce les capacités institutionnelles du service de coordination de la paie des enseignants. Elle octroie des bourses de stage, d’études et de doctorat mixte et appuie les universités et institutions scientifiques.

La France est engagée dans le secteur de l’éducation par l’octroi de bourses d’études, et l’appui aux bibliothèques municipales et à quelques écoles.
La coopération britannique a réalisé un projet avec la Banque Mondiale et d’autres partenaires, dont la première tranche vient de s’achever. Ce projet visait à rationnaliser la chaîne de paiement, à travers notamment un recensement de professeurs et un mapping d’écoles. Dans une seconde phase, la coopération britannique et la Banque Mondiale poursuivront leurs efforts pour standardiser et à réduire les frais scolaires dans l’enseignement primaire. Le but poursuivi était d’augmenter la scolarité des enfants et surtout des filles.

La Suède, via l’UNICEF et l’ONG Save the Children, appuie l’enseignement primaire dans les zones de conflit à l’Est. Elle soutient aussi l’éducation dans les camps des réfugiés à travers l’ONG Norwegian Refugee Council.
La Pologne, enfin, a financé la création du Centre d’éducation et d’informatique à Lodja, au Kasaï Oriental.

Gouvernance


La notion de bonne gouvernance englobe l’efficacité et la transparence dans la gestion des ressources de l’Etat et des affaires publiques ainsi que le respect pour l’Etat de droit et les Droits de l’homme. L’Union Européenne et ses Etats membres tiennent toujours beaucoup à ces valeurs.
A travers le Document de Stratégie de Croissance et de Réduction de la Pauvreté (DSCRP) et le Plan d’Actions Prioritaires (PAP), le gouvernement congolais souscrit aux valeurs fondamentales de bonne gouvernance et la nécessité des réformes dans le secteur public y est soulevée.
L’Union Européenne et ses Etats membres souscrivent à la nécessité d’améliorer la gestion des ressources de l’Etat et des affaires publiques en RDC et par conséquent soutiennent un grand nombre de projets en faveur d’une meilleure gouvernance, en conformité avec les priorités définies par le gouvernement congolais dans le cadre de la coordination des partenaires internationaux.
Le Plan d’Action de Réforme de la Justice, initié par le gouvernement congolais et soutenu par la communauté internationale, est un bon exemple de synergie entre les deux partenaires.
Parallèlement, l’amélioration de la situation des Droits de l’homme et la lutte contre la violence sexuelle restent des préoccupations fortes de l’Union Européenne.

Quelques exemples :

Le projet Rejusco, financé par la Commission européenne, les Pays-Bas, la Grande Bretagne et la Belgique, est un programme de restauration de la justice à l’Est du pays. Il a pour vocation la réhabilitation des lieux de justice dans les provinces de l’Est et contribue au renforcement du fonctionnement de la justice en vue de lutter contre l’impunité et d’assurer des procès justes et équitables.
Il vise aussi à accroître la confiance des populations dans le système judiciaire en les protégeant à travers du monitoring des procès et des détention et en sensibilisant les populations sur leurs droits et devoirs.
Aide humanitaire

L’aide humanitaire de l’Union Européenne s’articule autour d’un objectif général qui est « La fourniture d’aide aux populations vulnérables » et de quelques objectifs spécifiques qui sont :
- une aide aux populations déplacées, retournées et aux populations d’accueil ciblées afin de réduire la mortalité excessive et de promouvoir la stabilisation ;
- un appui pour assurer l’acheminement de l’aide humanitaire et l’accès aux populations ciblées
- le renforcement des capacités de réponses aux crises humanitaires

La grande majorité des actions humanitaires se déroulent à l’Est, en soutien aux populations déplacées ou nouvellement retournées dans leur zone d’origine. Dans le cadre de cette assistance, la Commission et ses Etats membres fournissent des vivres à travers le Programme Alimentaire Mondial mais aussi des biens de 1ère nécessité (non vivres) à travers l’UNICEF et le UNHCR.

En outre, les principaux secteurs d’intervention sont la protection des populations : la santé, y compris dans son volet de prise en charge des victimes de violences sexuelles ; l’éducation ; l’eau ; l’hygiène et l’assainissement ; la sécurité alimentaire à travers la distribution de semences et d’outils aratoires et/ou la pisciculture.
L’Union Européenne participe également au financement d’activités humanitaires dans les autres provinces de la RDC, notamment par la prise en charge des enfants et adultes souffrant de malnutrition sévère ; l’organisation de campagnes de vaccination contre la rougeole et/ou la poliomyélite ; la prise en charge d’épidémies contre le choléra, la peste voire la malaria ; la prise en charge des victimes de violences sexuelles et la sensibilisation des forces de sécurité et des autorités territoriales aux Droits de l’Homme.

Fin avril de cette année, la participation de l’Union Européenne se montait à près de 190M$ dont 115M$ au titre de Pooled Fund. Ce Pooled Fund étant, pour l’essentiel, financé par le Royaume Uni, les Pays-Bas, la Suède, l’Irlande et l’Espagne. Parallèlement, l’Union Européenne finance également des organisations internationales comme le Comité International de la Croix Rouge et du Croissant Rouge ainsi que des organisations non gouvernementales.

Quelques exemples

Le budget dépensé par ECHO en 2007 s’élève à plus de 70M$ touchant ainsi près de 4 millions de personnes. Plus de 60.000 enfants ont été pris en charge dans des structures nutritionnelles dont 20% pour malnutrition sévère ; plus de 63.000 familles, soit plus de 300.000 personnes, ont reçu un kit « non vivres), 32.000 familles ont reçu un kit « agricole » composé de semences et d’outils, 175 Km de pistes ont été réhabilitées, près de 8.000 passagers ont été transportés dans les avions ECHOFlight.

Pour l’année 2008, on estime que 575 M$ sont nécessaires. Le Plan d’Actions Humanitaires 2008 prévoit notamment que 74.000 enfants recevront un kit scolaire ; 3.700.000 enfants seront vaccinés ; 70.000 enfants seront admis dans les structures de prise en charge nutritionnelle ; 350.000 familles recevront une aide alimentaire supplémentaire ; 680.000 déplacés internes recevront un kit « non vivres » ; plus de 1.200 kilomètres de pistes seront réhabilitées ; et plus de 400.000 personnes bénéficieront d’un accès à de l’eau potable ainsi qu’à l’hygiène et l’assainissement.
Conclusion des interventions
Avant de répondre à vos questions, je souhaiterais rappeler que la coopération entre la RDC et l’Union européenne est ancienne et votre pays compte parmi les principaux bénéficiaires de la coopération de l’Union.

L’aide de l’Union à la RDC est multiforme :
- coopération bilatérale des Etats membres
- aide communautaire à travers la Commission et les missions EUSEC et EUPOL
- financement des organismes internationaux à travers la MONUC, le PNUD par exemple dont l’Union est l’un des principaux financiers.

Mot de clôture

Nous sommes également heureux de pouvoir vous annoncer aujourd’hui la reprise de la diffusion gratuite sur le réseau hertzien de Kinshasa de la chaîne de télévision européenne Euronews, dont la diffusion était interrompue depuis quelques mois pour raisons techniques.
Cette chaîne d’information continue a pour objectif de communiquer des informations objectives et de faciliter l’ouverture sur le monde de ses téléspectateurs. Nous espérons qu’elle restera très appréciée de la population congolaise. Kinshasa est la seule ville d’Afrique à bénéficier d’une diffusion hertzienne gratuite d’Euronews, ce qui marque une nouvelle fois les liens très forts qui unissent la République Démocratique du Congo et l’Union européenne.
Je tiens à saluer la présence parmi nous de M. Jean-Luc Maertens, Directeur Afrique de Euronews, qui a permis par ses efforts de relancer la diffusion de cette chaîne grâce à la contribution des Etats membres et de la Commission.
Enfin, je souhaite à tous les habitants de Kinshasa qu’un festival du film européen leur est actuellement proposé, avec onze films récents et populaires, diffusés cette semaine au Centre culturel français- Halle de la Gombe, la semaine prochaine au Centre Wallonie-Bruxelles, et la suivante à la salle du Zoo. Bien entendu, toutes les projections sont gratuites et ouvertes au plus grand nombre, et les programmes détaillés sont disponibles auprès de ces espaces culturels.


Kinshasa, 9/05/2008 (La Prospérité/MCN, via mediacongo.net)
 
 
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