Après avoir fait couler encre et salive en fin dannée dernière,
en raison des atermoiements du gouvernement pour leur publication, les conclusions
de la commission mixte Gouvernement-Société Civile chargée
de revisiter les contrats miniers en République Démocratique du
Congo ont finalement été communiquées à lopinion
au mois de mars de lannée en cours. Les résultats nont
pas démenti les pronostics pessimistes qui prédisaient le caractère
léonin de lécrasante majorité de ce type daccords.
Les observateurs avertis reconnaissent au Groupe Forrest le fait de sêtre
placé à lavant-garde des opérateurs miniers qui réclamaient
létalage, sur la place publique, du tableau densemble des
contrats miniers liant lEtat congolais, directement ou sous couvert de
lentreprise publique Gécamines, aux privés. La volonté
affirmée du Holding piloté par George Arthur Forrest était
de permettre à lopinion publique elle-même de faire la différence
entre les investisseurs aux mallettes vides et ceux qui contribuent réellement
à la création des richesses en faveur du Congo et des Congolais.
Ainsi, en jouant à fond la carte de la transparence, il pensait sincèrement
tordre le cou à lamalgame qui sétait solidement installé
dans le secteur minier à la suite du flou longtemps entretenu par le
gouvernement lui-même autour du travail de dépoussiérage
des contrats miniers. Mais, deux mois après la publication des conclusions
de la commission de revisitation et le constat amer du ministre des Mines lui-même,
selon lequel plus de 4.000 titres miniers en circulation en RDC consacraient
le bradage du patrimoine minier national, la confusion tend à sériger
en système.
Comptes à livres ouverts
Aussi, dans le souci de montrer aux décideurs politiques comme aux populations
congolaises quil na rien à cacher, le Groupe Forrest a décidé
douvrir ses livres de comptes au grand public, dans la droite ligne des
recommandations de lITIE (Initiative de Transparence des Industries Extractives.
Il convient de signaler au passage que cette structure compte, au plan national,
entre autres membres, le patron du Groupe Forrest, avec des représentants
du gouvernement, de la Société civile et des opérateurs
miniers privés.
Le rapport dactivités du Groupe Forrest pour lexercice 2007
renseigne que les sociétés minières membres dans lesquelles
il détient des participations, notamment la Compagnie Minière
du Sud Katanga (CMSK), la Société pour le Traitement du Terril
de Lubumbashi ( STL), et la Minière de Musoshi et Kinsenda (MMK) ont
rapporté au fisc congolais la rondelette somme de 18.950.000 Usd ( dix-huit
millions neuf cent cinquante mille dollars américains). Le partenariat
liant le Groupe Forrest (60 % des parts) et la Gécamines (40 % des parts)
dans la Compagnie Minière du Sud Katanga (CMSK) sest traduit en
2007 par des royalties de 15.250.000 Usd en faveur de la Gécamines, que
de mauvaises langues ont tendance à présenter comme perdantes
dans ses joint-ventures avec le Groupe Forrest.
Il est à signaler que le Groupe Forrest (25 % des parts), la Gécamines
(20 % des parts) et la firme américaine OMG (55 % des parts) sont présents
dans lactionnariat de STL ( Société pour le Traitement du
Terril de Lubumbashi). Grâce à cette association, STL a affiché
en 2007 une production de 5.500 tonnes de cobalt, de 3.200 tonnes de cuivre
et de 23.000 tonnes de zinc. En termes de dividendes, la Gécamines a
empoché en 2007 la somme de 89.000.000 Usd ( quatre-vingt neuf millions
de dollars américains rien quavec la vente de la scorie du terril
à ses deux partenaires. Les recettes de la totalité de la production
du zinc lui est également revenue, soit 40.000.000 Usd ( quarante millions
de dollars américains).
Au bas mot, la Gécamines a engrangé en 2007, grâce à
son association avec le Groupe Forrest dans CMSK et STL une bagatelle de 144.000.000
Usd (cent quarante-quatre millions de dollars américains). Des tels chiffres
circulent généralement dans les coulisses de la comptabilité
privée, tant et si bien que le commun des mortels ignore les enjeux réels
des contrats miniers entre la Gécamines et le Groupe Forrest et de son
attachement à cet investisseur qui lui apporte chaque mois la bouffée
doxygène financière nécessaire à sa survie.
Défi aux « taupes »
Louverture, par le Groupe Forrest, de ses livres des comptes au public
constitue un terrible défi pour les « taupes » du secteur
minier, qui adorent opérer dans la totale opacité. Sil y
a un vu quémettent les experts miniers et fiscaux, cest
celui de voir dautres investisseurs miniers jouer la carte de la vérité
des chiffres, en fixant lopinion sur la nature de leurs activités,
les gains ou pertes quils génèrent en faveur ou en défaveur
de lEtat congolais, propriétaire de lespace minier national.
Ce serait un vrai régal pour les amateurs des statistiques que davoir,
devant leurs yeux, des fichiers reprenant le niveau des productions annuelles
du cuivre, du cobalt, du zinc, du diamant, de lor, de la manganèse,
du coltan
mais surtout la hauteur de leurs contributions dans lassiette
fiscale de la République démocratique du Congo, sans oublier les
dividendes destinés à la Gécamines ou dautres entreprises
minières publiques ou déconomie mixte.
En fait, une vue panoramique des activités et des apports financiers
de chaque opérateur minier en RDC aiderait à balayer toutes les
zones dombre qui empêchent lEtat et le peuple congolais de
savoir qui fait quoi et apporte quoi dans le domaine de la prospection, de lexploitation
et de la commercialisation des produits miniers congolais. Ainsi pourrait prendre
fin - pour emprunter une expression chère aux politiciens - « le
bal des chauves ».
Le Groupe Forrest fidèle à son leadership
Présent en terre congolaise depuis 1922, le Groupe Forrest se veut un
partenaire fidèle de lEtat congolais et de ses enfants, sur tous
les « fronts » où il se bat en première ligne : mines,
cimenterie, infrastructures, santé, agro-alimentaire. Le montant global
de ses apports fiscaux en faveur de lEtat congolais en 2007 est évalué
à 46.833.000 Usd ( quarante-six millions huit cent trente-trois mille
dollars américains). A ce titre, son leadership est incontestable, surtout
quil est signalé aussi comme un des plus gros créateurs
demplois en RDC, avec un personnel fort de 15.000 unités au 15
mai 2008.
Pendant que les « taupes » de lindustrie minière se
cachent, pour ne pas sexposer au ridicule, le Groupe Forrest pour sa part
a pris le parti de se présenter devant le «tribunal populaire »
pour dire sa vérité sur la marche de ses affaires en RDC, dans
les mines comme ailleurs. Il a décidé dengager, contre lui-même,
le pari de la transparence particulièrement dans le secteur minier, où
des prédateurs sans foi ni loi appauvrissent chaque jour le Congo daujourdhui,
hypothéquant du coup lavenir de ses filles et fils. Dautres
candidats à la « confession publique » sont vivement réclamés
sur léchiquier minier et fiscal national.