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AGRESSION LINGUISTIQUE UNE PATHOLOGIE SOCIALE QUI DETERIORE LA CULTURE AFRICAINE

AGRESSION LINGUISTIQUE UNE PATHOLOGIE SOCIALE QUI DETERIORE LA CULTURE AFRICAINE

Par le Prof.Dr Robert KIKIDI MBOSO KAMA, Ph.D.en Santé Publique et 3emeCycle en Sociologie politique et en Criminologie, Enseignant à l’UPN, à l’UNICAP et
Président de l’ONG panafricaine Afrique-Santé, asbl.

Introduction.
Je tiens à remercier les organisateurs pour l’avoir associé à écrire ce mercredi 24 janvier 2018 que nous célébrons la Journée mondiale de la culture africaine et afrodescendante (JMCA). Des événements culturels auront lieu dans plusieurs pays africains, mais aussi en France et en Norvège. Pour l’occasion, l’Etat du Mali accueille le Comité international pour la mobilisation en faveur de cet événement dont la date est un hommage à la Charte de la renaissance culturelle africaine, votée le 24 janvier 2006 par l’Union africaine.
En effet, l’Afrique est très riche aussi sur le plan culturelle mais sévit dans les l’intolérance culturelle dont notamment d’agression linguistique et conflit interethniques qui fait penser que l’Africain est en déperdition culturelle, c’est la nouvelle face que ma communication vous fait montre. C'est aussi dans ce contexte que pour un auteur du nom d'Alvaro Vascon colos, directeur de l'institut d'Etudes Stratégique de Lisbonne, dit que l'Afrique est synonyme d'épidémie, de famine, de vagues de réfugiés fuyant les guerres et la sécheresse, de la tyrannie, ou, au mieux, de mauvaise gestion des affaires publiques, de marasme économique qu'aggravent des crises incessantes et l'imminence de la désintégration étatique .

D'autres auteurs iront même jusqu'à admettre que l'Afrique reste le continent acculturé et de pathologies sociales les plus cruelles du monde. Parmi lesquelles on peut citer entre autres les troubles interethniques, la xénophobie, le génocide, etc. En réalité, l'Afrique requiert en partie une autre facette que celle mise en branle par les médias occidentaux et les africano-occidentaux. Elle est aussi le continent d'une grande potentialité en termes de diversité culturelle et de l’hospitalité légendaire.

L’Afrique en générale et en particulier mon cher pays, la République Démocratique du Congo traversent une période de mutation et de croissance démographique rapide. Mais connait aussi l’ un des obstacles majeurs qui est l’agression linguistique comme une grande iniquité sociale, laquelle est aussi à la base des génocides, de la xénophobie , des violences et de l'instabilité politique, économique et socio-culturelle actuelle. Ces maux cancérigènes posent le problème réel sur le processus du développement humain, d'intégration sociale et économique de la population, alors que la diversité linguistique doit être comprise comme une valeur culturelle cardinale du progrès.
L’agression linguistique quant à elle ne date pas d’aujourd’hui, elle a eu domicile avant la colonisation avec les langues ou les tribus et les ethnies ayant l’hégémonie de la suprématie sur les autres, ces faits ont été accentués pendant la colonisation avec l’imposition des langues occidentales et l’arabe comme langues qui apportaient la « civilisation » aux indigènes [1]et jusque maintenant après les indépendances africaines où la langue ou tribus de l’Autorité suprême ou du dictateur est imposée obligatoirement sur l’ensemble des langues ou tribus des autres assujettis au pouvoir.
En effet, nous distinguons cinq étapes que la plupart des pays africains ont traversées l’agression linguistique : la période précoloniale, coloniale (à quelques exceptions près), l’accession à l’indépendance, le monopartisme et la démocratisation, ma communication, est articulée sur quatre points succincts :
-Le premier point concerne la définition du concept agression linguistique ;
-Le second parlera de l’agression linguistique avant la colonisation ;
-Le troisième abordera l’agression linguistique pendant la colonisation ;
-Le quatrième point et le dernier élucidera l’agression linguistique après l’indépendance.
Et une conclusion et suivi d’une bibliographie sommaire bouclera notre communication.

I.De la Définition du concept agression linguistique

Pour mieux comprendre cette terminologie, il nous est capital d’élucider le deux mots qui la compose. Il s’agit de :-Agression
-Linguistique

- Le concept d’agression est selon le Petit Robert une «attaque contre les personnes ou les biens protégés par la loi pénale»[2]. En effet, sur le plan sanitaire, les agressions sont à chaque instant liées à une lésion ou une atteinte. Dans le dictionnaire des mots étrangers une agression est décrite par un «comportement d’attaque»[3]. Cela veut dire une attitude hostile d’un homme qui réagit à une diminution, soit réelle soit présumée, de son pouvoir dans l’intention d’améliorer son propre pouvoir ou de réduire celui de son adversaire.[4] Le mot français agression du Latin AGRESSIO signifie ‘attaque’.[5]
-Le concept de linguistique est originaire de la langue française, désigne ce qui appartient ou qui est relatif au langage humain ou mieux du Grec GLOSSOLALIE à une langue [6].

Par conséquent, une agression linguistique signifie un comportement d’attaque d’une langue contre une autre, qu’on ne peut pas confondre à une agression verbale qui signifie un comportement d’attaque verbale contre une personne.
Sur le plan opérationnel, nous parlons de l’agression linguistique, lorsqu’une langue vient s’imposer et prendre la suprématie sur l’une autre langue ou un groupe éthique par le fait du pouvoir et de la commande des affaires publiques impose sa langue aux autres groupes ethniques.
C’est à cause de cette situation qu’on vit les conflits violents qui nuisent à la sécurité humaine et engendrent la francophobie, anglophobie, arabo phobie, russophobie, sino phobie , lusophonie, germanophobie,lingalophobie,kikongophobie,lubaphobie,swahiliphobie et discrimination politique, économiques et sociales , la xénophobie, la génocide, la contre génocide ou le nettoyage ethnique, le régionalisme , le népotisme ; compte tenu de l'imbrication et des dimensions agressives linguistiques de ceux-ci au monde, en Afrique et en particulier en République Démocratique du Congo.

Pourtant, d’après CHARAUDEAU : « tout acte de langage dépend d’un Contrat de parole qui surdétermine en partie les protagonistes du langage dans leur double être de sujets agissants et de sujets de parole comme phénomène de légitimation et que c’est par rapport à ce contrat englobant et surdéterminant qu’il faut juger les autres contrats et stratégies discursives mis en scène par ces sujets.» .Un contrat de parole qui est nécessaire pour chaque relation intersubjective comprend trois niveaux de la confiance dans la relation intersubjective, de la croyance dans l’objet du discours et de l’adhésion du destinataire lorsqu’il n’y a pas agression linguistique.[7]




II. De l’agression linguistique avant la colonisation ;
Pendant la période pré-coloniale, des systèmes dits traditionnels de résolution de conflit et de gouvernance étaient en place. Les dirigeants dépendaient dans une plus grande mesure du soutien de la population que la période suivante avec l’introduction d’armes à feu. Il existait alors une grande diversité linguistique et d’organisations étatiques : de l’autocratie à la démocratie respectant plus ou moins le consensus.
On a toujours parlé beaucoup de conflits ethniques ou mieux l’agression linguistique à propos des pays africains comme seulement un héritage coloniale, mais je tiens à souligner que cette question qui irritante et fait peur a aussi existé durent la période précoloniale avec une moindre intensité par rapport aux époques coloniale et des indépendances africaines.
En effet, dans l’histoire de longue durée africaine avant la colonisation certaines tribus et langues ont agressé les autres en imposant ses dernières leur hégémonie par le fait d’esclavage de tout un groupe d’ethnies et tribus après la conquête. Elles étaient soumises à faire usage ou apprendre la langue la tribu souveraine et la servir.
Les cas s’abondent en République Démocratique du Congo, avant la colonisation, je citerai quelques tribus bien que la liste soit longue :
- Les Mbala, depuis leur sortie de Mbanza-Kongo (actuel Angola ou Salvador) ont fait l’agression linguistique à plusieurs tribus qu’ils rencontraient sur le chemin de leur conquête de l’espace vitale. La stigmatisation de leur hégémonie est restée jusqu’à ce jour, à tel enseigne que un Bala se considère Chef et sa langue est supérieure que toutes les tribus de Pende, shokwe, Yaka, Suku, Gongo, Kwese , Sonde , Songo, etc. Et ces dernières tribus se sentaient mieux d’être appelées M BALA et quand elles chantaient ou dansaient dans la langue Mbala de leur maître ou mundele ndombe. Pour permettre la cohabitation pacifique entre Mbala et le reste des tribus à son service, le Chef Mbala (MUDI ou MFUMU) fait un pacte de non-agression et d’adhésion de ces tribus et leur chef de clan aux valeurs traditionnelles Mbala et à l’alliance des mariages entre eux.
- Les Tantu, comme les frères Mbala depuis leur sortie de Mbanza-Congo, se considèrent maître ou mundele ndombe et ont agressé linguistiquement plusieurs tribus du Kongo Central avant colonisation. Au rang de ces tribus nous citerons, les Ndibu, Besingombe, Mboma, Mbata, Manianga, Yombe, etc. Les configurations neuroniques sont restées gravées dans la mentalité des autres peuple Kongo, les quelles la colonisation belge a puis exploiter pour faire assoir son exploitation et découpage séparatiste entre ses tribus.
Malgré cette agression linguistique, le Royaume Kongo avait la capacité de la gestion des conflits dans sa diversité ethnique. En 1491, quand les Portugais y sont arrivés, régnait alors sur le royaume un monarque, le Mani Congo, élu par une assemblée de chefs de clans actuellement éparpillés dans les deux Kasaï sud – Katanga haut, le Kwilu-Kwango, Angola, Kongo Central, Congo Brazzaville.



Les Portugais reconnurent dans ce royaume un Etat sophistiqué et bien développé. Le Mini Congo désignait des gouverneurs pour chacune de ses six provinces et sa loi était étendue au territoire par une administration élaborée qui incluait des spécialisations de fonctions telles que celle de « Mani vangu vangu », magistrat des tribunaux compétents pour juger les adultères. Le royaume a même un système de collection d’impôt, la monnaie étant constituée de coquillages [9].
-Autrement appelés Bale, les peuples dits Lendu sont d'origine soudanaise. Ils seraient arrivés dans le district de l'Ituri lors de grands mouvements migratoires qui s'effectuèrent au cours des 16e et 17e siècles. A leur arrivée sur l'actuel sol de l'Ituri, ils ont trouvé les Nyari et les pygmées qui seraient arrivés plusieurs siècles avant.
Ainsi, les Lendu chassèrent les Nyari qu'ils repoussèrent vers l'Ouest et s'installèrent dans la partie Est. Cependant ils durent lutter constamment contre les Alur arrivés un siècle plus tard pour conserver leur territoire conquis. De nos jours, un groupe de Lendu reste encore dans le territoire de Mahagi pourtant considéré comme le fief des Alur, et conservent leur culture d'origine.
-Les Bashi au Sud Kivu et les Nande quant à eux aussi ont fait l’agression linguistique de plusieurs tribus montagneuse et la protection de leur territoire par les Hutu qui ont fui l’agression linguistique la plus violente de l’époque précoloniale des Tutsi au Rwanda et des analyses actuelles sur l’Afrique, la période avant la colonisation ou même avant l’indépendance n’est pas prise en compte et si elle l’est, c’est simplement pour expliquer l’articulation ethnique des conflits comme par exemple la rivalité historique entre Hutu et Tutsi, alors qu’en fait ces identités sont beaucoup plus fluctuantes qu’on ne le pense.
-Les Ngbaka et Mongo ont fait l’agression linguistique de plusieurs tribus forestières des Provinces de l’Equateur, Orientale et du lac Léopold II (actuelle Province d’Inongo).C’est la raison historique d’agression linguistique que certaines tribus comme Kusu ,Ekonda, Lokele, Ntomba, Sengele et autres se réclament d’être Anamongo.
-Les Songye, Tetela au Kasai et Maniema, Luba et leurs alliés Swahilis ont aussi fait agression et imposant leur langues aux autres tribus ainsi que les Bimbadi « Angolais »ont joué le rôle d’alliés dans l’agression de la partie Ouest du Kasaï et de même au sud Sud –Est lesz Yeka qui avec leur Msiri au Nord et à l’EST ?ce sont les Zande imposeront leur hégémonie linguistique jusqu’à la source du fleuve Nil.
Retenons que, malgré cette agression linguistique des certaines minorités des tribus sur les autres l’Afrique avait la capacité de la gestion des conflits dans sa diversité ethnique ,en évitant les génocides qui sévissent après cette période.



III. De l’agression linguistique pendant la colonisation

Il est essentiel de comprendre que l’arrivée de nouveaux acteurs sur la scène politique Africaine, pendant la colonisation change les relations au pouvoir entre les responsables et les peuples africains pacifistes. L’introduction d’armes à feu ainsi que le soutien militaire et financier des pouvoirs coloniaux aux responsables politiques leur permet d’imposer leur pouvoir sur la population. De nouvelles structures de loyauté en résultent. La responsabilité n’est plus, dans un premier temps du haut vers le bas, vis-à-vis des peuples, mais du bas vers le haut, vis-à-vis des pouvoirs coloniaux. Ceci est un phénomène anti-démocratique. Pendant la période coloniale, les structures politiques existantes devaient s’adapter pour survivre ou bien disparaissaient complètement.

Regardons d’abord l’histoire pour savoir comment la colonisation par son agression linguistique a changé les équilibres au pouvoir préexistants en Afrique, l’autorité des chefs dits traditionnels et les systèmes de résolution des conflits qu’ils assuraient. Puisque les nombreux conflits donnent le sentiment que le continent africain et surtout la République Démocratique du Congo sont une cause perdue et que la culture de la paix ne peut leur être appliquée selon certains analystes valets des multinationales qui profitent de la situation, pillent et trafiquent les minerais stratégiques au risque de la paix et la sécurité internationale.

Dans cette partie de mon article, je tiens de démontrer qu’il existe une forte culture de la paix en Afrique et en République Démocratique du Congo à travers la diversité linguistique et les systèmes de résolution des conflits.

Mais elle a été fortement altérée par la rencontre avec l’Occident à travers son agression linguistique et armée lesquelles imposant les africains des langues étrangères par rapport à sa culture propre de verbalisation et de résolution des conflits. Les colons ont leur exigeaient de considérer leurs langues propres maternelles comme des dialectes barbares et sans civilisation. La traite des esclaves, la colonisation, la détermination arbitraire des frontières et aussi la constante influence de l’Occident au travers de l’aide, regroupement ethnique et enseignement de leurs langues étrangères ainsi que du commerce international extraverti ont irrémédiablement changé l’équilibre des pouvoirs dites traditionnels au profit du pouvoir coloniale.

Et de l’imposition linguistique était devenue comme mode de vie, par conséquent, toute personne courageuse qui osait remettre en cause l’acculturation occidentale, était considérée comme une personne à abattre. C’est ainsi les martyrs de la liberté en Afrique dont KIPAMVITA Béatrice, Mfumu Panda et Simon Kimbangu ont dû payer le prix suprême.

Dans la République Démocratique du Congo, l’héritage de l’agression linguistique de la colonie Belge était très dévastateur, cette dernière elle-même se trouvait devant la problématique de la langue qu’il faillait imposer à sa colonie, est-ce le wallon, le flamand ou encore le néerlandais. Et le français s’est imposé à la Belgique comme aussi au Congo Belge ; à cela s’est ajoutée la problématique de regroupement des ethnies autour de quelque langue nationale imposées et aménagées par les linguistes et ethnologues de la colonisation.

Dans le registre langues nationalisées et imposées sont :
-Pour la partie de l’EST du pays c’est le swahili, que tous les ethnies et tribus devraient faire usage .Elle couvre jusqu’à ce jour les ex. provinces de l’Orientale, du Katanga et de grand Kivu (Maniema, Nord et Sud Kivu) ;
-Pour la partie de l’OUEST, le Kikongo, était imposé à tous les groupes ethniques et tribus de l’ex. Province de Léopoldville (Bandundu, Kinshasa et Bas-Congo (actuelle Kongo Central) ;
-Pour la partie Central du pays, le Luba est imposé à toutes les ethnies et tribus de deux ex. Provinces du Kasaï (Oriental et Occidental) ;
-Pour la partie du Nord, de l’ex. Province de l’Equateur, c’est le Lingala qui était imposé à tous les groupes linguistiques.

Cette agression linguistique était une des armes efficaces et réussies de la colonisation belge par sa politique de diviser pour mieux gérer le vaste pays quatre-vingt fois plus que la Belgique. Mais cela a aussi exacerbé les conflits entre peuple à son profit, à la suite des frustrations ethniques et tribales qu’elle a occasionné.
Par exemple la révolte des Pende, Kitawalistes et Kibanguistes contre l’administration coloniale, le conflit entre Luba et Luluwa entretenu par le colon, le conflit Rega contre les Bangubangu et les Kusu entretenue par les catholiques partenaires du colon Belge face à l’Islam déjà implanté et racinée dans les mœurs de la population du Maniema, etc. [10].








IV. De l’agression linguistique après l’indépendance.
L’Afrique indépendante ou post coloniale Connait les agressions linguistiques ce fait est observé dans plusieurs pays et le cas de la RDC, tire notre attention particulière et surtout à chaque arrivé d’un Président à la tête de l’Etat, il y a exacerbation de ce phénomène.
Si avec le Premier Président, il n’a eu que les langues héritées de la colonisation dont le français imposé comme langue officielle et à faire usage dans l’administration pour l’ensemble du pays, les langues nationales dont le Kikongo couvrait la ville de Kinshasa, de Bandundu et le Bas-Congo (Kongo Central), le luba les deux Kasaï, le Ngala à l’Equateur et dans l’armée et le swahili dans les restes des provinces de l’EST (Katanga, Oriental, et Kivu).
A la Deuxième République de la RDC, bien que la constitution reconnait les quatre langues nationales mais dans les faits, le Lingala prend l’hégémonie et sera imposé à toute l’étendue d pays, les villes de Kinshasa, de Bandundu , Matadi, Inongo ,Kananga, Kisangani et toutes les villes de l’Equateur au détriment de Kikongo ,Luba et Swahili. Cette situation est restée la même jusqu’à présent. Parce que chacun veut se référencer à la langue Ngala du Président de la République MOBUTU et pour fuir la discrimination dont les non lingala phones faisaient objet.
Durant le 3ème République et actuellement, c’est l’agression du Swahili qui semble prendre le devant de dessus dans l’armée que les Lingala, la langue de l’armée et les autres langues nationales, mêmes les mots Swahili sont reprise dans les billets des banques Francs Congolais. Chacun veut s’identifier à la langue du Président de la République Kabila pour fuir la discrimination dont les non Swahili phones faisaient objet. Mais à Ituri l’agression linguistique est perpétrée par les milices Lendu qui lancerent un raid sur les villes et massacrent plusieurs dizaines de Hemas sans que l'on puisse avoir un bilan exact du nombre de victimes. Les Hemas organisent à leur tour des attaques meurtrières en représailles. Des dizaines de milices, bandes armées et seigneurs de la guerre, utilisant parfois des enfants-soldats, font régner la terreur dans toute la partie de l’EST de la RDC, la situation est chaotique et la population est prise en otage . Certaines milices sont encore contrôlées par l'armée ougandaise et rwandaise mono ethnique tutsi, avec parfois des concurrences entre les généraux ougando-Rwangais eux-mêmes car liés à des réseaux criminels et des trafics ilicites de matières premières.
Conclusion
Il est essentiel de comprendre que l’’Afrique est nommée le berceau de l’Humanité Ce qu’on doit retenir, c’est que, à un moment donné, on rend hommage à ce berceau par la célébration ce 24 janvier de la Journée mondiale de la culture africaine et afro descendante est une des recommandations fortes issues du premier congrès panafricain sur la place de la culture dans le développement de l’Afrique. L’esprit de cette démarche est que l’Afrique est un berceau de l’Humanité et de surcroit de la culture mondiale. Cette journée symbolique dans l’année est là pour célébrer la culture africaine dans son entièreté, pour célébrer ses us et coutumes, ses valeurs et traditions mais dénoncer les dérapages. C’est une idée totalement innovatrice pour le continent. Pour nous, il est vraiment important de mettre en place une date pour être un jour dans l’année en communion avec tous les Africains et afro-descendants. Il n’est pas une démarche à prévaloir une culture par rapport à une autre. Nous voulons tout simplement que chaque fille et fils d’Afrique, chaque passionné de la culture africaine, puisse savoir que cette Journée mondiale poursuit plusieurs objectifs :
-Premièrement, c’est la promotion de la culture africaine ;
Deuxièmement, il s’agit de permettre aux passionnés de la culture africaine de se retrouver en communion avec le continent ;
Troisièmement, permettre justement à cette jeunesse africaine qui est aujourd’hui en perdition, qui abandonne totalement ses valeurs culturelles, de prendre conscience.
Le rôle de cette Journée mondiale est une prise de conscience. Malheureusement, fort est de constater que l’arrivée de nouveaux acteurs sur la scène politique Africaine près coloniale, coloniale et post coloniale pendant change les relations au pouvoir entre les responsables et les peuples africains a posé problème d’ agressions linguistiques.
Malgré tout, le continent africain surtout noir reste dominé en majorité sinon dans sa totalité par des conflits qui induisent de la pauvreté. Les conflits liés à l’agression linguistique constituent des problèmes de la détérioration culturelle grave dans plusieurs régions d'Afrique.
En effet, plusieurs pays africains semblent se diriger vers un conflit potentiel tandis que d'autres sont déjà impliqués dans un conflit, ou viennent de sortir à peine d'un conflit ou encore, ont entrepris une phase de redressement à long terme.
Ces conflits n'apportent que dévastation. Ils provoquent des souffrances indicibles et entraînent des pertes humaines considérables en plus de fragmenter les sociétés et de causer l'effondrement des économies. Ils ont aussi un effet dévastateur sur l'environnement, la biodiversité et les ressources naturelles dont dépendent plusieurs personnes et ces effets néfastes persistent même une fois les hostilités terminées.

Concernant la RDC, la question est plutôt de savoir pourquoi et comment, un pays aux dimensions continentales avec la superficie de 2.345.410 km2, une population d’environ 60.500.000 habitant et réunissant près de 450 tribus toutes minoritaires les unes par rapport aux autres, n’a pas connu les génocides bien que l’arrivé de chaque Chef de l’Etat, il a pu soutenir l’agression linguistique par l’imposition de la langue de sa province d’origine ?
La réponse est claire que le Muntu est pacifiste, la vie lui est sacrée, et doit être protégé à tout prix, même accepter d’être esclave pourvu d’être en vie ; contrairement aux autres groupe ethnique de la Région des grands Lacs et à l’EST de la RDC qui au nom de Génocide comme du fonds de commerce. Ce sont les mouvements rebelles le Rcd, l’Upc, le Cndp et le M23 à se préoccuper de la protection de leur mais les restes des tribus sont vouées aux massacres, tueries, violes et pillages. Alors que toutes les analyses plus responsables et l’enquête documentée faite par nom ONG AFRIQUE-SANTE, asbl signalent que la question du Génocide est bilatérale tutsi-hutu et que plusieurs autres tribus et ethnies en ont été victimes des violences linguistiques et pour m’avoir pas été Tutsi.
Renforcer la paix durable dans le monde nécessite une réponse globale et intégrée aux défis de la sécurité et du développement. Cela exige la participation et l'action de la promotion de la diversité linguistique et ethnique de tous les membres de la communauté internationale, qu'il s'agisse des Etats, des Organes des Nations Unies, des Organisations régionales, des institutions financières internationales, d'O.N.G et d'autres acteurs de la société civile. Cependant, le rôle joué par les acteurs n'est pas tout de même au même degré. Dans cette optique, l'action des Nations Unies s'avère plus efficace eu égard aux initiatives des autres acteurs intervenant dans la dynamique de paix dans le continent en général et en Afrique Centrale, dans la Région des Grands Lacs et la RDC en particulier.

Bibliographie sommaire
1) Alvaro Vascon colos : L'Afrique synonyme d'épidémie, de famine, de vagues de réfugiés, Ed.ISL , Lisibone,2010,624 Pages ;
2) Catherine Coquery et All : Rebellions - Révoltions au Zaïre ; Ed.Harmattan,Paris, 1987,237 Pages.
3) Chadeau ALBA : Les Rebellions-Agressions -guerres ou conflits éthiques la Région du Grands Lacs, Ed.Afrique-Santé, Kinshasa, 2014,202 Pages.
4) KIKIDI MBOSO KAMA Robert : Les mécanismes de la résolution des conflits linguistiques Ed.Afrique-Santé, Kinshasa, 2014,202 Pages ;
5) KIKIDI MBOSO KAMA Robert : Investiture du pouvoir coutumier et gestion des agressions linguistiques en RDC, Conférence débat à Université Pédagogique Nationale, KINSHASA, NOV.2012 ;
6) N’Dom Constant : Kama et Mulele assasinés in Révolution Congolaise, Ed.C.E.P , Bruxelles ;1984 p178.
7) J.Ziegler : La Sociologie linguistique, Ed.Payot, Paris,1964, p182
8) Maka Abert : Le continent africain et ses maux, Ed. Afriquespoir, 2015, 169 Pages ;
9) Verhaegen B. Rebellions au Congo, Ed.ULB, Bruxelles, 1965 ;p 548-598.
10) P.DUPRIEZ : imposition des langues occidentales et frustration linguistique en Afrique coloniale, Ed. Mouton, Paris, 1970, p196-199 ;
11) VERGEN VADU : La recrudescence des conflits ou la hutu phobie dans la Région du Grands, Conférence, UNICAP, Kinshasa, MAI 2013.
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Auteur : Prof. Dr.Robert KIKIDI

Code MediaCongo : WE8J2GQ
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AGRESSION LINGUISTIQUE UNE PATHOLOGIE SOCIALE QUI DETERIORE LA CULTURE AFRICAINE

Postée le: 25.01.2018
Ville : KINSHASA
Description

AGRESSION LINGUISTIQUE UNE PATHOLOGIE SOCIALE QUI DETERIORE LA CULTURE AFRICAINE

Par le Prof.Dr Robert KIKIDI MBOSO KAMA, Ph.D.en Santé Publique et 3emeCycle en Sociologie politique et en Criminologie, Enseignant à l’UPN, à l’UNICAP et
Président de l’ONG panafricaine Afrique-Santé, asbl.

Introduction.
Je tiens à remercier les organisateurs pour l’avoir associé à écrire ce mercredi 24 janvier 2018 que nous célébrons la Journée mondiale de la culture africaine et afrodescendante (JMCA). Des événements culturels auront lieu dans plusieurs pays africains, mais aussi en France et en Norvège. Pour l’occasion, l’Etat du Mali accueille le Comité international pour la mobilisation en faveur de cet événement dont la date est un hommage à la Charte de la renaissance culturelle africaine, votée le 24 janvier 2006 par l’Union africaine.
En effet, l’Afrique est très riche aussi sur le plan culturelle mais sévit dans les l’intolérance culturelle dont notamment d’agression linguistique et conflit interethniques qui fait penser que l’Africain est en déperdition culturelle, c’est la nouvelle face que ma communication vous fait montre. C'est aussi dans ce contexte que pour un auteur du nom d'Alvaro Vascon colos, directeur de l'institut d'Etudes Stratégique de Lisbonne, dit que l'Afrique est synonyme d'épidémie, de famine, de vagues de réfugiés fuyant les guerres et la sécheresse, de la tyrannie, ou, au mieux, de mauvaise gestion des affaires publiques, de marasme économique qu'aggravent des crises incessantes et l'imminence de la désintégration étatique .

D'autres auteurs iront même jusqu'à admettre que l'Afrique reste le continent acculturé et de pathologies sociales les plus cruelles du monde. Parmi lesquelles on peut citer entre autres les troubles interethniques, la xénophobie, le génocide, etc. En réalité, l'Afrique requiert en partie une autre facette que celle mise en branle par les médias occidentaux et les africano-occidentaux. Elle est aussi le continent d'une grande potentialité en termes de diversité culturelle et de l’hospitalité légendaire.

L’Afrique en générale et en particulier mon cher pays, la République Démocratique du Congo traversent une période de mutation et de croissance démographique rapide. Mais connait aussi l’ un des obstacles majeurs qui est l’agression linguistique comme une grande iniquité sociale, laquelle est aussi à la base des génocides, de la xénophobie , des violences et de l'instabilité politique, économique et socio-culturelle actuelle. Ces maux cancérigènes posent le problème réel sur le processus du développement humain, d'intégration sociale et économique de la population, alors que la diversité linguistique doit être comprise comme une valeur culturelle cardinale du progrès.
L’agression linguistique quant à elle ne date pas d’aujourd’hui, elle a eu domicile avant la colonisation avec les langues ou les tribus et les ethnies ayant l’hégémonie de la suprématie sur les autres, ces faits ont été accentués pendant la colonisation avec l’imposition des langues occidentales et l’arabe comme langues qui apportaient la « civilisation » aux indigènes [1]et jusque maintenant après les indépendances africaines où la langue ou tribus de l’Autorité suprême ou du dictateur est imposée obligatoirement sur l’ensemble des langues ou tribus des autres assujettis au pouvoir.
En effet, nous distinguons cinq étapes que la plupart des pays africains ont traversées l’agression linguistique : la période précoloniale, coloniale (à quelques exceptions près), l’accession à l’indépendance, le monopartisme et la démocratisation, ma communication, est articulée sur quatre points succincts :
-Le premier point concerne la définition du concept agression linguistique ;
-Le second parlera de l’agression linguistique avant la colonisation ;
-Le troisième abordera l’agression linguistique pendant la colonisation ;
-Le quatrième point et le dernier élucidera l’agression linguistique après l’indépendance.
Et une conclusion et suivi d’une bibliographie sommaire bouclera notre communication.

I.De la Définition du concept agression linguistique

Pour mieux comprendre cette terminologie, il nous est capital d’élucider le deux mots qui la compose. Il s’agit de :-Agression
-Linguistique

- Le concept d’agression est selon le Petit Robert une «attaque contre les personnes ou les biens protégés par la loi pénale»[2]. En effet, sur le plan sanitaire, les agressions sont à chaque instant liées à une lésion ou une atteinte. Dans le dictionnaire des mots étrangers une agression est décrite par un «comportement d’attaque»[3]. Cela veut dire une attitude hostile d’un homme qui réagit à une diminution, soit réelle soit présumée, de son pouvoir dans l’intention d’améliorer son propre pouvoir ou de réduire celui de son adversaire.[4] Le mot français agression du Latin AGRESSIO signifie ‘attaque’.[5]
-Le concept de linguistique est originaire de la langue française, désigne ce qui appartient ou qui est relatif au langage humain ou mieux du Grec GLOSSOLALIE à une langue [6].

Par conséquent, une agression linguistique signifie un comportement d’attaque d’une langue contre une autre, qu’on ne peut pas confondre à une agression verbale qui signifie un comportement d’attaque verbale contre une personne.
Sur le plan opérationnel, nous parlons de l’agression linguistique, lorsqu’une langue vient s’imposer et prendre la suprématie sur l’une autre langue ou un groupe éthique par le fait du pouvoir et de la commande des affaires publiques impose sa langue aux autres groupes ethniques.
C’est à cause de cette situation qu’on vit les conflits violents qui nuisent à la sécurité humaine et engendrent la francophobie, anglophobie, arabo phobie, russophobie, sino phobie , lusophonie, germanophobie,lingalophobie,kikongophobie,lubaphobie,swahiliphobie et discrimination politique, économiques et sociales , la xénophobie, la génocide, la contre génocide ou le nettoyage ethnique, le régionalisme , le népotisme ; compte tenu de l'imbrication et des dimensions agressives linguistiques de ceux-ci au monde, en Afrique et en particulier en République Démocratique du Congo.

Pourtant, d’après CHARAUDEAU : « tout acte de langage dépend d’un Contrat de parole qui surdétermine en partie les protagonistes du langage dans leur double être de sujets agissants et de sujets de parole comme phénomène de légitimation et que c’est par rapport à ce contrat englobant et surdéterminant qu’il faut juger les autres contrats et stratégies discursives mis en scène par ces sujets.» .Un contrat de parole qui est nécessaire pour chaque relation intersubjective comprend trois niveaux de la confiance dans la relation intersubjective, de la croyance dans l’objet du discours et de l’adhésion du destinataire lorsqu’il n’y a pas agression linguistique.[7]




II. De l’agression linguistique avant la colonisation ;
Pendant la période pré-coloniale, des systèmes dits traditionnels de résolution de conflit et de gouvernance étaient en place. Les dirigeants dépendaient dans une plus grande mesure du soutien de la population que la période suivante avec l’introduction d’armes à feu. Il existait alors une grande diversité linguistique et d’organisations étatiques : de l’autocratie à la démocratie respectant plus ou moins le consensus.
On a toujours parlé beaucoup de conflits ethniques ou mieux l’agression linguistique à propos des pays africains comme seulement un héritage coloniale, mais je tiens à souligner que cette question qui irritante et fait peur a aussi existé durent la période précoloniale avec une moindre intensité par rapport aux époques coloniale et des indépendances africaines.
En effet, dans l’histoire de longue durée africaine avant la colonisation certaines tribus et langues ont agressé les autres en imposant ses dernières leur hégémonie par le fait d’esclavage de tout un groupe d’ethnies et tribus après la conquête. Elles étaient soumises à faire usage ou apprendre la langue la tribu souveraine et la servir.
Les cas s’abondent en République Démocratique du Congo, avant la colonisation, je citerai quelques tribus bien que la liste soit longue :
- Les Mbala, depuis leur sortie de Mbanza-Kongo (actuel Angola ou Salvador) ont fait l’agression linguistique à plusieurs tribus qu’ils rencontraient sur le chemin de leur conquête de l’espace vitale. La stigmatisation de leur hégémonie est restée jusqu’à ce jour, à tel enseigne que un Bala se considère Chef et sa langue est supérieure que toutes les tribus de Pende, shokwe, Yaka, Suku, Gongo, Kwese , Sonde , Songo, etc. Et ces dernières tribus se sentaient mieux d’être appelées M BALA et quand elles chantaient ou dansaient dans la langue Mbala de leur maître ou mundele ndombe. Pour permettre la cohabitation pacifique entre Mbala et le reste des tribus à son service, le Chef Mbala (MUDI ou MFUMU) fait un pacte de non-agression et d’adhésion de ces tribus et leur chef de clan aux valeurs traditionnelles Mbala et à l’alliance des mariages entre eux.
- Les Tantu, comme les frères Mbala depuis leur sortie de Mbanza-Congo, se considèrent maître ou mundele ndombe et ont agressé linguistiquement plusieurs tribus du Kongo Central avant colonisation. Au rang de ces tribus nous citerons, les Ndibu, Besingombe, Mboma, Mbata, Manianga, Yombe, etc. Les configurations neuroniques sont restées gravées dans la mentalité des autres peuple Kongo, les quelles la colonisation belge a puis exploiter pour faire assoir son exploitation et découpage séparatiste entre ses tribus.
Malgré cette agression linguistique, le Royaume Kongo avait la capacité de la gestion des conflits dans sa diversité ethnique. En 1491, quand les Portugais y sont arrivés, régnait alors sur le royaume un monarque, le Mani Congo, élu par une assemblée de chefs de clans actuellement éparpillés dans les deux Kasaï sud – Katanga haut, le Kwilu-Kwango, Angola, Kongo Central, Congo Brazzaville.



Les Portugais reconnurent dans ce royaume un Etat sophistiqué et bien développé. Le Mini Congo désignait des gouverneurs pour chacune de ses six provinces et sa loi était étendue au territoire par une administration élaborée qui incluait des spécialisations de fonctions telles que celle de « Mani vangu vangu », magistrat des tribunaux compétents pour juger les adultères. Le royaume a même un système de collection d’impôt, la monnaie étant constituée de coquillages [9].
-Autrement appelés Bale, les peuples dits Lendu sont d'origine soudanaise. Ils seraient arrivés dans le district de l'Ituri lors de grands mouvements migratoires qui s'effectuèrent au cours des 16e et 17e siècles. A leur arrivée sur l'actuel sol de l'Ituri, ils ont trouvé les Nyari et les pygmées qui seraient arrivés plusieurs siècles avant.
Ainsi, les Lendu chassèrent les Nyari qu'ils repoussèrent vers l'Ouest et s'installèrent dans la partie Est. Cependant ils durent lutter constamment contre les Alur arrivés un siècle plus tard pour conserver leur territoire conquis. De nos jours, un groupe de Lendu reste encore dans le territoire de Mahagi pourtant considéré comme le fief des Alur, et conservent leur culture d'origine.
-Les Bashi au Sud Kivu et les Nande quant à eux aussi ont fait l’agression linguistique de plusieurs tribus montagneuse et la protection de leur territoire par les Hutu qui ont fui l’agression linguistique la plus violente de l’époque précoloniale des Tutsi au Rwanda et des analyses actuelles sur l’Afrique, la période avant la colonisation ou même avant l’indépendance n’est pas prise en compte et si elle l’est, c’est simplement pour expliquer l’articulation ethnique des conflits comme par exemple la rivalité historique entre Hutu et Tutsi, alors qu’en fait ces identités sont beaucoup plus fluctuantes qu’on ne le pense.
-Les Ngbaka et Mongo ont fait l’agression linguistique de plusieurs tribus forestières des Provinces de l’Equateur, Orientale et du lac Léopold II (actuelle Province d’Inongo).C’est la raison historique d’agression linguistique que certaines tribus comme Kusu ,Ekonda, Lokele, Ntomba, Sengele et autres se réclament d’être Anamongo.
-Les Songye, Tetela au Kasai et Maniema, Luba et leurs alliés Swahilis ont aussi fait agression et imposant leur langues aux autres tribus ainsi que les Bimbadi « Angolais »ont joué le rôle d’alliés dans l’agression de la partie Ouest du Kasaï et de même au sud Sud –Est lesz Yeka qui avec leur Msiri au Nord et à l’EST ?ce sont les Zande imposeront leur hégémonie linguistique jusqu’à la source du fleuve Nil.
Retenons que, malgré cette agression linguistique des certaines minorités des tribus sur les autres l’Afrique avait la capacité de la gestion des conflits dans sa diversité ethnique ,en évitant les génocides qui sévissent après cette période.



III. De l’agression linguistique pendant la colonisation

Il est essentiel de comprendre que l’arrivée de nouveaux acteurs sur la scène politique Africaine, pendant la colonisation change les relations au pouvoir entre les responsables et les peuples africains pacifistes. L’introduction d’armes à feu ainsi que le soutien militaire et financier des pouvoirs coloniaux aux responsables politiques leur permet d’imposer leur pouvoir sur la population. De nouvelles structures de loyauté en résultent. La responsabilité n’est plus, dans un premier temps du haut vers le bas, vis-à-vis des peuples, mais du bas vers le haut, vis-à-vis des pouvoirs coloniaux. Ceci est un phénomène anti-démocratique. Pendant la période coloniale, les structures politiques existantes devaient s’adapter pour survivre ou bien disparaissaient complètement.

Regardons d’abord l’histoire pour savoir comment la colonisation par son agression linguistique a changé les équilibres au pouvoir préexistants en Afrique, l’autorité des chefs dits traditionnels et les systèmes de résolution des conflits qu’ils assuraient. Puisque les nombreux conflits donnent le sentiment que le continent africain et surtout la République Démocratique du Congo sont une cause perdue et que la culture de la paix ne peut leur être appliquée selon certains analystes valets des multinationales qui profitent de la situation, pillent et trafiquent les minerais stratégiques au risque de la paix et la sécurité internationale.

Dans cette partie de mon article, je tiens de démontrer qu’il existe une forte culture de la paix en Afrique et en République Démocratique du Congo à travers la diversité linguistique et les systèmes de résolution des conflits.

Mais elle a été fortement altérée par la rencontre avec l’Occident à travers son agression linguistique et armée lesquelles imposant les africains des langues étrangères par rapport à sa culture propre de verbalisation et de résolution des conflits. Les colons ont leur exigeaient de considérer leurs langues propres maternelles comme des dialectes barbares et sans civilisation. La traite des esclaves, la colonisation, la détermination arbitraire des frontières et aussi la constante influence de l’Occident au travers de l’aide, regroupement ethnique et enseignement de leurs langues étrangères ainsi que du commerce international extraverti ont irrémédiablement changé l’équilibre des pouvoirs dites traditionnels au profit du pouvoir coloniale.

Et de l’imposition linguistique était devenue comme mode de vie, par conséquent, toute personne courageuse qui osait remettre en cause l’acculturation occidentale, était considérée comme une personne à abattre. C’est ainsi les martyrs de la liberté en Afrique dont KIPAMVITA Béatrice, Mfumu Panda et Simon Kimbangu ont dû payer le prix suprême.

Dans la République Démocratique du Congo, l’héritage de l’agression linguistique de la colonie Belge était très dévastateur, cette dernière elle-même se trouvait devant la problématique de la langue qu’il faillait imposer à sa colonie, est-ce le wallon, le flamand ou encore le néerlandais. Et le français s’est imposé à la Belgique comme aussi au Congo Belge ; à cela s’est ajoutée la problématique de regroupement des ethnies autour de quelque langue nationale imposées et aménagées par les linguistes et ethnologues de la colonisation.

Dans le registre langues nationalisées et imposées sont :
-Pour la partie de l’EST du pays c’est le swahili, que tous les ethnies et tribus devraient faire usage .Elle couvre jusqu’à ce jour les ex. provinces de l’Orientale, du Katanga et de grand Kivu (Maniema, Nord et Sud Kivu) ;
-Pour la partie de l’OUEST, le Kikongo, était imposé à tous les groupes ethniques et tribus de l’ex. Province de Léopoldville (Bandundu, Kinshasa et Bas-Congo (actuelle Kongo Central) ;
-Pour la partie Central du pays, le Luba est imposé à toutes les ethnies et tribus de deux ex. Provinces du Kasaï (Oriental et Occidental) ;
-Pour la partie du Nord, de l’ex. Province de l’Equateur, c’est le Lingala qui était imposé à tous les groupes linguistiques.

Cette agression linguistique était une des armes efficaces et réussies de la colonisation belge par sa politique de diviser pour mieux gérer le vaste pays quatre-vingt fois plus que la Belgique. Mais cela a aussi exacerbé les conflits entre peuple à son profit, à la suite des frustrations ethniques et tribales qu’elle a occasionné.
Par exemple la révolte des Pende, Kitawalistes et Kibanguistes contre l’administration coloniale, le conflit entre Luba et Luluwa entretenu par le colon, le conflit Rega contre les Bangubangu et les Kusu entretenue par les catholiques partenaires du colon Belge face à l’Islam déjà implanté et racinée dans les mœurs de la population du Maniema, etc. [10].








IV. De l’agression linguistique après l’indépendance.
L’Afrique indépendante ou post coloniale Connait les agressions linguistiques ce fait est observé dans plusieurs pays et le cas de la RDC, tire notre attention particulière et surtout à chaque arrivé d’un Président à la tête de l’Etat, il y a exacerbation de ce phénomène.
Si avec le Premier Président, il n’a eu que les langues héritées de la colonisation dont le français imposé comme langue officielle et à faire usage dans l’administration pour l’ensemble du pays, les langues nationales dont le Kikongo couvrait la ville de Kinshasa, de Bandundu et le Bas-Congo (Kongo Central), le luba les deux Kasaï, le Ngala à l’Equateur et dans l’armée et le swahili dans les restes des provinces de l’EST (Katanga, Oriental, et Kivu).
A la Deuxième République de la RDC, bien que la constitution reconnait les quatre langues nationales mais dans les faits, le Lingala prend l’hégémonie et sera imposé à toute l’étendue d pays, les villes de Kinshasa, de Bandundu , Matadi, Inongo ,Kananga, Kisangani et toutes les villes de l’Equateur au détriment de Kikongo ,Luba et Swahili. Cette situation est restée la même jusqu’à présent. Parce que chacun veut se référencer à la langue Ngala du Président de la République MOBUTU et pour fuir la discrimination dont les non lingala phones faisaient objet.
Durant le 3ème République et actuellement, c’est l’agression du Swahili qui semble prendre le devant de dessus dans l’armée que les Lingala, la langue de l’armée et les autres langues nationales, mêmes les mots Swahili sont reprise dans les billets des banques Francs Congolais. Chacun veut s’identifier à la langue du Président de la République Kabila pour fuir la discrimination dont les non Swahili phones faisaient objet. Mais à Ituri l’agression linguistique est perpétrée par les milices Lendu qui lancerent un raid sur les villes et massacrent plusieurs dizaines de Hemas sans que l'on puisse avoir un bilan exact du nombre de victimes. Les Hemas organisent à leur tour des attaques meurtrières en représailles. Des dizaines de milices, bandes armées et seigneurs de la guerre, utilisant parfois des enfants-soldats, font régner la terreur dans toute la partie de l’EST de la RDC, la situation est chaotique et la population est prise en otage . Certaines milices sont encore contrôlées par l'armée ougandaise et rwandaise mono ethnique tutsi, avec parfois des concurrences entre les généraux ougando-Rwangais eux-mêmes car liés à des réseaux criminels et des trafics ilicites de matières premières.
Conclusion
Il est essentiel de comprendre que l’’Afrique est nommée le berceau de l’Humanité Ce qu’on doit retenir, c’est que, à un moment donné, on rend hommage à ce berceau par la célébration ce 24 janvier de la Journée mondiale de la culture africaine et afro descendante est une des recommandations fortes issues du premier congrès panafricain sur la place de la culture dans le développement de l’Afrique. L’esprit de cette démarche est que l’Afrique est un berceau de l’Humanité et de surcroit de la culture mondiale. Cette journée symbolique dans l’année est là pour célébrer la culture africaine dans son entièreté, pour célébrer ses us et coutumes, ses valeurs et traditions mais dénoncer les dérapages. C’est une idée totalement innovatrice pour le continent. Pour nous, il est vraiment important de mettre en place une date pour être un jour dans l’année en communion avec tous les Africains et afro-descendants. Il n’est pas une démarche à prévaloir une culture par rapport à une autre. Nous voulons tout simplement que chaque fille et fils d’Afrique, chaque passionné de la culture africaine, puisse savoir que cette Journée mondiale poursuit plusieurs objectifs :
-Premièrement, c’est la promotion de la culture africaine ;
Deuxièmement, il s’agit de permettre aux passionnés de la culture africaine de se retrouver en communion avec le continent ;
Troisièmement, permettre justement à cette jeunesse africaine qui est aujourd’hui en perdition, qui abandonne totalement ses valeurs culturelles, de prendre conscience.
Le rôle de cette Journée mondiale est une prise de conscience. Malheureusement, fort est de constater que l’arrivée de nouveaux acteurs sur la scène politique Africaine près coloniale, coloniale et post coloniale pendant change les relations au pouvoir entre les responsables et les peuples africains a posé problème d’ agressions linguistiques.
Malgré tout, le continent africain surtout noir reste dominé en majorité sinon dans sa totalité par des conflits qui induisent de la pauvreté. Les conflits liés à l’agression linguistique constituent des problèmes de la détérioration culturelle grave dans plusieurs régions d'Afrique.
En effet, plusieurs pays africains semblent se diriger vers un conflit potentiel tandis que d'autres sont déjà impliqués dans un conflit, ou viennent de sortir à peine d'un conflit ou encore, ont entrepris une phase de redressement à long terme.
Ces conflits n'apportent que dévastation. Ils provoquent des souffrances indicibles et entraînent des pertes humaines considérables en plus de fragmenter les sociétés et de causer l'effondrement des économies. Ils ont aussi un effet dévastateur sur l'environnement, la biodiversité et les ressources naturelles dont dépendent plusieurs personnes et ces effets néfastes persistent même une fois les hostilités terminées.

Concernant la RDC, la question est plutôt de savoir pourquoi et comment, un pays aux dimensions continentales avec la superficie de 2.345.410 km2, une population d’environ 60.500.000 habitant et réunissant près de 450 tribus toutes minoritaires les unes par rapport aux autres, n’a pas connu les génocides bien que l’arrivé de chaque Chef de l’Etat, il a pu soutenir l’agression linguistique par l’imposition de la langue de sa province d’origine ?
La réponse est claire que le Muntu est pacifiste, la vie lui est sacrée, et doit être protégé à tout prix, même accepter d’être esclave pourvu d’être en vie ; contrairement aux autres groupe ethnique de la Région des grands Lacs et à l’EST de la RDC qui au nom de Génocide comme du fonds de commerce. Ce sont les mouvements rebelles le Rcd, l’Upc, le Cndp et le M23 à se préoccuper de la protection de leur mais les restes des tribus sont vouées aux massacres, tueries, violes et pillages. Alors que toutes les analyses plus responsables et l’enquête documentée faite par nom ONG AFRIQUE-SANTE, asbl signalent que la question du Génocide est bilatérale tutsi-hutu et que plusieurs autres tribus et ethnies en ont été victimes des violences linguistiques et pour m’avoir pas été Tutsi.
Renforcer la paix durable dans le monde nécessite une réponse globale et intégrée aux défis de la sécurité et du développement. Cela exige la participation et l'action de la promotion de la diversité linguistique et ethnique de tous les membres de la communauté internationale, qu'il s'agisse des Etats, des Organes des Nations Unies, des Organisations régionales, des institutions financières internationales, d'O.N.G et d'autres acteurs de la société civile. Cependant, le rôle joué par les acteurs n'est pas tout de même au même degré. Dans cette optique, l'action des Nations Unies s'avère plus efficace eu égard aux initiatives des autres acteurs intervenant dans la dynamique de paix dans le continent en général et en Afrique Centrale, dans la Région des Grands Lacs et la RDC en particulier.

Bibliographie sommaire
1) Alvaro Vascon colos : L'Afrique synonyme d'épidémie, de famine, de vagues de réfugiés, Ed.ISL , Lisibone,2010,624 Pages ;
2) Catherine Coquery et All : Rebellions - Révoltions au Zaïre ; Ed.Harmattan,Paris, 1987,237 Pages.
3) Chadeau ALBA : Les Rebellions-Agressions -guerres ou conflits éthiques la Région du Grands Lacs, Ed.Afrique-Santé, Kinshasa, 2014,202 Pages.
4) KIKIDI MBOSO KAMA Robert : Les mécanismes de la résolution des conflits linguistiques Ed.Afrique-Santé, Kinshasa, 2014,202 Pages ;
5) KIKIDI MBOSO KAMA Robert : Investiture du pouvoir coutumier et gestion des agressions linguistiques en RDC, Conférence débat à Université Pédagogique Nationale, KINSHASA, NOV.2012 ;
6) N’Dom Constant : Kama et Mulele assasinés in Révolution Congolaise, Ed.C.E.P , Bruxelles ;1984 p178.
7) J.Ziegler : La Sociologie linguistique, Ed.Payot, Paris,1964, p182
8) Maka Abert : Le continent africain et ses maux, Ed. Afriquespoir, 2015, 169 Pages ;
9) Verhaegen B. Rebellions au Congo, Ed.ULB, Bruxelles, 1965 ;p 548-598.
10) P.DUPRIEZ : imposition des langues occidentales et frustration linguistique en Afrique coloniale, Ed. Mouton, Paris, 1970, p196-199 ;
11) VERGEN VADU : La recrudescence des conflits ou la hutu phobie dans la Région du Grands, Conférence, UNICAP, Kinshasa, MAI 2013.
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