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Les 58 de l-indépendance pour quel bilan en RDC et en Afrique

Les 58 de l’indépendance pour quel bilan en RDC et en Afrique
Par le Prof Dr Robert KIKIDI MBOSO KAMA, Ph. D en économie de la santé 3eme Cycle en Sociologie politique et Criminologie
On raconte qu’au milieu des années 2012, pour réagir sur la célébration de l’indépendance de pays africains dont la RDC SEM Adolphe Muzito, le Premier Ministre honoraire et député fut interpellé lors d’une visite du travail à Kikwit sa circonscription électorale, à quand le livre d’or que le Patriarche Antoine GIZENGA garde depuis LIPANDA TSHA-TSHA sera mis au profit du peuple et tout pour le peuple. Puisque nous vivons la misère noire et le chaos en dessous de la colonisation, lui a demandé l’un des ANCIENS du Parti Solidaire Africain et du PALU.
Que fête-t-on au juste ?
L’interrogation du vieux du PSA Congolais ici a tout son sens.
Certainement celui-ci avait présent à l’esprit, les lendemains meilleurs ou le « Grand Soir » promis par les hommes politiques congolais et africains à leurs peuples, il y a plus de cinquante- huit ans. Promesses, qui comme on le sait, se sont malheureusement muées, au fil des 58 ans, en cauchemars pour la plupart des 70 millions d’âmes qui peuplent aujourd’hui la RDC et 400 millions ce continent désigné sans aucun scrupule par les experts en développement, comme le plus pauvre de la planète. Afrique et la RDC des traitres qui travaillent pour leur ventre et que leur pays vivent dans le chaos comme résultat de la mission leur confiée par leurs maîtres de tout bord.
Et sans aucun doute, pendant que les uns outrageaient les deux Grands Héros Nationaux à savoir : le Premier Ministre E .P. Lumumba et le Président de la République L.D. KABILA, les TRAITRES à la solde de l’OCCIDENT ET DES PAYS MARRIONETTES ignoraient que ces hommes d’Etat étaient de radars d’anticipation, des vrais visionnaires de l’Independence et de la souveraineté de la RDC. Ils ont dû payer de leur vie sur tous les fronts pour défendre la « Mère-Patrie » contre la barbarie du néocolonialisme et de la vision expansionniste des voisins de le la Région des Grands Lacs, en particulier, au nom du sacro-saint principe du «droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ».
Malgré l’Hommage tardif leur réservé comme diversion, s’elle en est, en effet, faut-il rappeler le sort réservé à ces combattants de la liberté de la RDC et leurs compagnons, c’est de faire assoir sur leurs fauteuils des traitres et des marionnettes comme l’a indiqué dernièrement le Président Panafricaniste Yoweri Museveni de l’Uganda.
Depuis 58ans, vous dégradez, vous humiliez, et vous rendez faible le citoyen congolais comme votre mission. Aujourd’hui, un nombre inestimable d’entre eux a repris la nationalité étrangère comme vous les traitres. En clair, ils se sont mis à genoux, ils ont perdu avalé les revendications dignes et fières de leurs pères à la veille de 1960.
Ce qui serait vraiment juste si votre politique devait continuer AVEC CONSCIENE, c’est de léguer à notre mère patrie la chance de choisir librement leurs Dirigeants sans vos mains mises. Puisqu’l est inconcevable d’observer qu’en RDC les mieux lotis aujourd’hui, les congolais sont de double nationalité, les immigrés, bien assis avec une carte de séjour, puis les sans-papiers qui ont réussi à fuir et errer dans les villes européennes, et en dernier, les peuples qui subissent et cherchent à la moindre occasion de se tirer.
Quel échec de l’Independence ?
Les enfants du Congo dit Démocratique quittent la bergerie à cause des loups qui s’y trouvent et infiltré dans toutes les institutions. Aujourd’hui, une chose est sûre, si on offrait la nationalité étrangère à tous les congolais restés au pays, notre pays serait presque vide comme l’Est et la campagne de la RDC se vident pour l’Ouest et les villes.
A vrai dire, à la veille de l’émancipation de notre pays, les élites politiques elles-mêmes étaient divisées en deux camps comme aujourd’hui : d’un côté, « les modérés », favorables à une alliance consensuelle avec la puissance coloniale leur commanditaires pour une transition en douceur, et de l’autre, les « progressistes » – ceux-là même que le Général de Gaulle et puis du Roi Baudoin soupçonnaient, selon leur expression, de « grenouiller chez les communistes du Kremlin » – adeptes d’une rupture radicale en vue de mettre en pratique leur propre programme politique et économique, non téléguidé de l’extérieur. Instruit par la résistance indochinoise à la colonisation française, et convaincu que l’indépendance était inéluctable, C’est ainsi que De Gaulle s’interrogeait : « Faut-il laisser ce mouvement se développer contre nous, ou, au contraire tenter de le comprendre, de l’assimiler, de le canaliser ? »
On comprend donc pourquoi, en vertu d’un pacte politico- mafieux ou de la gouvernance criminelle visant à barrer la route aux prétendus « progressistes » qui n’étaient pas en odeur de sainteté à Paris , à Washington ou à Bruxelles, les précurseurs et vrais « Pères » des indépendances africaines, dont plusieurs nationalistes, furent contraints à l’exil ou physiquement éliminés, comme LUMUMBA ET MARIEN NGOUABI ou GIZANGA ET KABILA pour les remplacer par des régimes de pronunciamientos, plus enclins à garantir les intérêts des Métropoles. Trouver des exécuteurs ou des bras armés pour leurs basses œuvres. Les réseaux Foccart n’auront aucune peine. Les nombreux coups d’Etat militaires qui jalonneront la vie politique des jeunes nations africaines, pendant plus de quatre décennies, apporteront la preuve de la collusion d’intérêts entre les ex-Métropoles et les soudards autoproclamés président à vie, Père de la nation, Timonier national, Guide éclairé, et autres qualificatifs ubuesques, etc.
La majorité des chefs d’Etat africains qui se présentent à Paris ou à Bruxxelles dérouleront le tapis rouge, ne doivent en réalité leur accession au pouvoir et leur survie politique qu’au soutien de la France et de Bruxelles. Aussi, Ali Bongo, Idriss Deby, Blaise Compaoré, Paul Biya, Faure Gnassingbé, Abdoulaye Wade, François Bozizé, Sassou N’guesso, etc. Bref le noyau dur, pour ne pas dire, les plus serviles, peuvent alors venir faire allégeance aux grands « Bwana » blancs, et leur dire « Merci ».
Merci de les avoir sauvés des rebellions réelles ou imaginaires qui menacent périodiquement leurs régimes, merci de pérenniser leurs ploutocraties claniques et compradores, adossées aux fameux « accords de défense et de coopération militaires », qui ne sont ni plus ni moins que des arsenaux destinés à protéger les dictatures, les démagogues, les Républiques bananières, et à dissuader toute velléité de protestation des populations.
Merci enfin de reconnaître officiellement leurs pouvoirs usurpés, issus des parodies d’élections, dont les fraudes, les bourrages des urnes et les tripatouillages constitutionnels sont devenus des marques déposées.
Ils seront donc tous de la fête et certains engoncés dans leurs costumes trois pièces de grandes marques occidentales ou orientales, d’autres, drapés dans leurs grands boubous du moyen orient, en tissu basin, richement brodés, se disputant la première place à la « droite des Pères européens », comme signe de reconnaissance et de soutien de leur mentor à leurs fragiles régimes.
Que fête-t-on au juste ?
Les 58 années de relations mafia et criminalité congolaises, pour reprendre la formule du regretté François-Xavier Verschave ? Ou cinquante huitaine années de pacte néocolonial, de servitude, de déni de démocratie, et de fossilisation des dictatures, bref, un demi-siècle de Mal et chaos congolais ? Pour mémoire, rappelons que l’Afrique et la RDC a connu plus de cent coups d’Etat, quatre-vingt-dix conflits armés, dont quarante-six guerres civiles en plus cinquante huitaine ans. Mais sans résoudre le vrai problème qui est le bonheur du peuple, l’objet même de l’indépendance.
A l’heure des inventaires et du bilan, il faut reconnaître que ce dernier est « globalement négatif et médiocre », pour employer l’expression désormais consacrée par le Cardinal Catholique Romaine Mosengwo de la RDC. Cela ne peut en être autrement, au vu des résultats accablants devenus des lieux communs dont les médias du monde aiment à faire épisodiquement leurs choux gras : Pays potentiellement très riche en tout mais la populations volontairement maintenue dans la misère les massacres, gouvernance criminelle, la xénophobie et l’analphabétisme, la démagogie politique à lieu et place de la démocratie, le monolithisme politique déguisé d’Etats prébendiers et kleptomanes, assujettissements de nations aux intérêts étrangers, corruption généralisée, siphonage et pillage des ressources naturelles, privation des libertés individuelles et collectives, opposants plein des opportunistes sans vision, jeunesse en chômage ,en déroute et contrainte à l’immigration ou l’intégration des groupes armés qui pillent à l’EST de la RDC au péril de sa vie, etc. La liste est loin d’être exhaustive.
En somme, la RDC qui espérait à l’aube des années 1960, son matin de dipanda tsha-tsha de « bâtir le plus beau pays au tour d’un fleuve majesté », et pour qui l’indépendance symbolisait lendemains meilleurs, voire resplendissants, a vu la liberté confisquée, son espoirs et rêve brusquement assassinés durant 58 ans en dessus de la colonisation comme l’avait dit le vieux du PSA à Kikwit.
On ignore également que les impôts des contribuables sont destinés, entre autres, à financer des élections truquées et gagnées d’avance, dans le but de maintenir en place des pouvoirs dynastiques et des monarchies tropicales, avec la bénédiction, voire la complicité du « pays qui se disent des Droits de l’Homme. »
Que fête-t-on au juste chers compatriotes ?
N’arrêtent pas de s’interroger bon nombre d’Africains comme nous savants de la RDC dont l’embarras et la gêne sont perceptibles, à l’instar Du Cardinale MOSEGWO PASINYA : «Il est temps que les médiocres dégagent et que règnent la paix, la justice en RDC.»
«Nous demandons aux uns et aux autres de faire preuve de sagesse et de retenue. Que des mystifications présentées comme informations véridiques ; il est temps que la vérité l’emporte sur le mensonge systématique, que les médiocres dégagent et que règnent la paix, la justice en RDC …..Comment ferons-nous confiance à des dirigeants incapables de protéger la population, de garantir la paix, la justice, l’amour du peuple», s’interroge le Cardinal».
Tout aussi réticents, beaucoup se demandent si, outre son caractère indécent, la prochaine grande messe ne ressemblerait pas plutôt à une provocation contre les peuples congolais, las de misère et en quête d’avenir prometteur.
« Tant que dans mon village, il n’y a pas encore d’eau potable ni de dispensaire et que 50% des jeunes sont analphabètes, après 58 ans d’indépendance, je ne vois pas ce que l’on fête », confiait avec dépit un intellectuel installé aux Etats Unis.
Quant à ceux de ma génération, enfants à l’époque de l’ indépendances et 2ou 4ans après, et qui eurent le privilège d’assister à l’euphorie des premières vagues d’émancipation qui portaient tous les espoirs naissants de notre continent, ils ont le devoir de réclamer un droit d’inventaire aux actuels dirigeants : qu’avez-vous donc fait de nos années d’indépendance ?
Si habituellement, un anniversaire est synonyme de joie, de fête et d’enthousiasme, offrant par là-même l’opportunité de faire le bilan, fut-il provisoire, d’une existence, force est de constater que ce que ses affidés s’apprêtent à célébrer en grandes pompes et à grands frais, c’est tout simplement l’échec patent des soi-disant « indépendances » au goût plus amer qu’inachevé, à la dimension de l’ immense attente suscitée par les projets d’émancipation des années soixante.
Aussi, si légitimes et compréhensibles que soient l’aigreur et l’amertume des « déçus des indépendances » dont certains prônent sans complexe ni états d’âme, cinq décennies plus tard, la recolonisation du continent, faut-il pour autant remettre en cause le principe même de souveraineté de ce pays ? En toute objectivité, on conviendra que ce n’est pas l’indépendance en elle-même qui pose problème ; mais, a posteriori, sa gestion calamiteuse et criminelle, sa confiscation et surtout son détournement à des fins politico-mafieuses par une poignée d’individus, constitués d’oligarchies militaro- claniques ou civiles, cooptées, soit par de grandes multinationales, soit par des Etats étrangers.
Par ailleurs, fallait-il passer par purs pertes et profits les héroïques luttes anticolonialistes pour lesquelles les vrais artisans et « Pères » de l’indépendance, payèrent de leur vie ? Surtout si l’on sait que ces derniers nourrissaient un grand dessein pour la RDC, comment justifier auprès des générations futures, l’oubli des leurs justes et légitimes revendications ainsi que celle du peuple congolais et africains? Traumatisés par près de 400 ans d’équipée négrière, dont la colonisation a tôt fait de prendre le relai, les congolais et Africains furent assujettis par la double injustice sociale et juridique du « Code de l’Indigénat » imposé à ses colonies par la France dès 1887. Code odieusement fondé sur l’humiliation, les travaux forcés, l’interdiction de circuler la nuit pour les « indigènes », les réquisitions, les emprisonnements arbitraires, les déportations, et toutes autres mesures rappelant le système esclavagiste ou les lois d’exception sous l’occupation française. Sans naturellement parler de la mise en coupe réglée ou sous tutelle, ainsi que de la captation dolosive et léonine des richesses des colonies, par leurs différentes métropoles dont la Belgique qui est citée comme la plus mauvaise de toutes.

En tout état de cause, les dirigeants qui prétendent aujourd’hui gouverner leurs pays et qui assistent aux festivités sans revenir sur les bases des pères de l’independance, sont loin d’être les dignes héritiers des luttes d’émancipation du continent et de la RDC. Le moins qu’on puisse dire est que la majorité de ces marionnettes pour répéter la désignation du Président Museveni, sont disqualifiés pour revendiquer l’idéal pour lequel bien d’autres sont allés jusqu’au sacrifice suprême. D’ailleurs, le peu d’enthousiasme que certains d’entre eux affichent à l’égard de cette célébration dans leurs propres pays, montre à suffisance leur incapacité à assumer l’héritage des indépendances qu’ils ont plutôt contribué à dévoyer de leurs objectifs initiaux et pire encore, à y renoncer.
Avec quelques nuances dans les propos, la grande majorité des Congolais =, comme ceux de la diaspora, s’accordent pour reconnaître, que l’ « indépendance » n’a pas tenu toutes ses promesses : là où certains parlent de 58 ans de stagnation politique, sociale et économique, d’autres y voient un recul, et même un échec patent en dessous de la colonisation. Quant au problème des responsabilités, il relève néanmoins des débats plus controversés, notamment dans les milieux intellectuels.
Certains s’indignent que cela fasse 58 ans que nous congolais et africains « portons le bonnet d’âne de l’humanité ». C’est le lieu de réitérer une position que j’ai maintes fois défendue dans mes écrits : notre faiblesse a été de ne pas avoir intégré, pendant plusieurs décennies, dans nos rapports avec les ex-Métropoles, l’avertissement du Général de Gaulle : « les Etats n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts ».C’est Rien pour rien en diplomatie.
Aussi, n’avons-nous pas été assez naïfs pour croire à la philanthropie de Nations portées sur les fonts baptismaux par le mercantilisme naissant, c’est-à-dire le profit, et cela, dès le 15ème siècle à nos jours ? Avons-nous oublié que ce sont ces mêmes nations, guidées par la rentabilité économique et le gain, donc, toujours le profit, qui commanditèrent, financèrent et planifièrent pendant plus de 400 ans la Traite Négrière Transatlantique ? Rappelons-nous les recommandations du roi du Portugal au 15ème siècle, à ses sujets, tout au début de la traite: allez en Afrique, ramener de l’or et des épices. On sait depuis ce qui advint par la suite : le commerce des hommes se révéla plus fructueux que celui des matières premières. Et la moquerie d’un Général Belge : « Après l’Indépendance égale avant l’Indépendance ».
Autant dire que les motifs du désamour sont profonds entre les anciennes « Mères-Patries » et ses ex-colonies.
Qu'a fait l'Afrique de l'indépendance ?

L’année 2018 est celle de la commémoration des cinquante- huit ans d’indépendance de la RDC . L’année aura été l’occasion pour NOUS SOCIOLOGUES POLITIQUES ET SANITOLOGUES de tirer le bilan de l’action des différents gouvernements congolais de Lumumba, le Nationaliste à Tshibala ,le Progressiste sur le bonheur du peuple pour lequel on a eu l’indépendance. Pour ce faire, il distingue trois grandes périodes.

Des indépendances à la fin des années 1980 : les espoirs déçus

OUI,cette période se caractérise par la traitrise de KASU-VUBU ET DE MOBOTU AINSI QUE LA MAIN MISE DES GRANDES PUISSANCES DONT LA Belgique ET LES USA CONTRE L’INFLUENCE DES L’URSS ainsi que la disproportion entre, d’une part, les attentes légitimes des peuples nouvellement indépendants et, d’autre part, les moyens réels dont disposaient les élites au pouvoir pour y répondre. L’élite locale en question avait pour singularité de n’avoir quasiment aucune formation à la gestion publique d’un État moderne, quand bien même certains de ses représentants les plus illustres pouvaient compter sur une expérience parlementaire dans les institutions de l’ancienne puissance coloniale. De cet état de fait résulte en partie la prise en main de la politique de développement par des intervenants extérieurs dès le début des indépendances, et le maintien d’une même politique économique quasi exclusivement tournée vers les exportations de matières premières en direction des pays développés. Pourtant, au-delà de cette perduration de l’emprise coloniale (néocolonialisme), les États africains nouvellement indépendants ont essayé d’initier des stratégies développementalistes. Les gouvernements CONGOLAIS se sont distingués dans le choix de deux stratégies différentes, selon une démarche libérale ou socialiste.
La démarche libérale a promu une économie comprador ale d’exportation de matières premières, la mobilisation de l’épargne locale et étrangère, le développement des infrastructures économiques et sociales et la constitution de zones monétaires sous tutelle française, en ce qui concerne La RDC. L’objectif primordial de cette stratégie était la croissance du PIB, signe d’évolution et de modernisation, sans que l’aspect de la redistribution des richesses et de l’encadrement du creusement des inégalités ne vienne au premier plan. Le résultat de cette stratégie libérale aurait été une aggravation de la dépendance économique DE LA RDC-ZAIRE vis-à-vis de l’étranger.
La stratégie socialiste passait quant à elle par une étatisation de l’économie, une priorité donnée à la transformation locale des produits, à la création d’un tissu industriel local et au contrôle de la répartition des richesses. Cette stratégie se serait elle aussi révélée en grande partie un échec : "Du fait de la nature disparate des industries manufacturières africaines, de leur insatiable besoin de subventions de toutes sortes, de la très forte dépendance de beaucoup d’entre elles à l’égard de l’étranger pour l’acquisition des facteurs de production et de leur impuissance générale à atténuer le chômage ou à donner une impulsion dynamique à l’économie africaine, le secteur industriel est entré en crise et a stagné". Résultat : "au lieu de générer des économies, voire des profits, dans les échanges extérieurs, l’industrie devint la principale source de pertes en ce domaine". À cet échec de l’industrie s’ajoute l’abandon de l’agriculture vivrière pour les besoins des populations locales, aux conséquences également désastreuses.
Sur le plan politique enfin, la période voit l’élite postindépendance monopoliser à son profit le pouvoir (partis uniques, dictatures). Cela conduit à un "monolithisme politique qui ne pouvait se dénouer que par Le coups d’État militaire" de Mobutu, un chef militaire autodidacte et non formé dans une académie militaire. De plus, la coopération interétatique et les échanges économiques régionaux restent très faibles. Les différents dirigeants au tour de Mobutu préfèrent défendre les prérogatives de leur souveraineté nationale par la diversion, mise à mal par ailleurs. Le bilan des trente premières années n’est donc pas fameux : les conditions d’existence de la population du continent ne se sont quasiment pas améliorées. Si le PIB global des pays africains a triplé durant la période, la part relative du poids de l’Afrique dans l’économie mondiale a encore diminué. Il s’agit dès lors de trouver de nouvelles solutions.
Fin des années 1980 – milieu des années 1990 : les plans d’ajustement structurel et démocratisation en occidental

C’est un Zaire-RDC affaiblie par le poids du remboursement des intérêts de la dette qui sert, à partir des années 1980, de champ d’expérimentation au néolibéralisme promue par les institutions financières internationales. Les prêts de ces institutions ne sont désormais octroyés que sous condition d’une réforme globale des politiques publiques menées par des États emprunteurs : "dévaluation de la devise, promotion des exportations aux dépens des cultures vivrières, libéralisation du commerce, réduction des restrictions imposées aux investissements étrangers et privatisations des entreprises et offices publics". Les plans d’ajustement structurel entraînent une "contraction drastique de L’ économie de la RDC-ZAIRE qui a engendré diverses crises dans les secteurs de l’éducation, de la santé, de l’agriculture, de l’énergie et de l’eau, à cause entre autres d’importantes réductions de moyens en personnel, créant d’énormes problèmes socio-économiques qui ont freiné le développement". Cette période s’avère donc également un échec du point de vue des stratégies de développement mises en œuvre.
Milieu des années2010 à nos jours : la lutte contre la pauvreté une grande illusion.

Il s’agit des vingtaines dernières années, que la RDC caractérise par un changement du référentiel de l’aide au développement : on passe de la vision néolibérale de la période précédente à la mode des conférences sur le développement humain et social des pays sous-développés et notamment de la RDC. Le déclic serait visible au sommet mondial sur le développement de Copenhague en mars 2015 où est entérinée la nécessité pour chaque pays sous-développé d’élaborer un Plan national de lutte contre la pauvreté. Cette période se prolongerait par la fixation des "Objectifs du millénaire" par l’ONU en 2000, le sommet de Gleneagles qui annule la dette des pays les plus pauvres en 2010, ou par des initiatives locales comme le NEPAD, promue par cinq chefs d’Etat africain et ayant pour but de fonder une stratégie concertée de sortie du sous-développement des pays africains dont Adolphe MUZITO de la RDC reste le Premier Ministre modèle qui a fait parvenir son pays au oint d’achement. Qu’Augustin Matata Ponyon en a profité pendant 2 ans puis la foudre s’est abattis sur lui et le chaos économique est revenu en surface jusqu’ auourd’hui.
Cette dernière périodisation, qui touche l’histoire la plus récente, est également la plus sujette à contestation. Autant il est assez facilement défendable que l’impulsion majeure des années 80 à 90 venait de l’extérieur et notamment de la contrainte de l’agenda du consensus de Washington sur des économies et des États africains affaiblis, autant il est beaucoup plus contestable que l’impulsion majeure entre 90 et 2010, en matière de politiques publiques africaines, vienne de l’étranger. La "lutte contre la pauvreté" des sommets internationaux ou du NEPAD, entreprise sans lendemain, s’apparente plutôt à des épiphénomènes par rapport à des tendances historiques lourdes comme l’amélioration de la coopération régionale, le renforcement de l’assise des États modernes dans un très grand nombre de pays africains, la pacification des contestations tribales ou infranationales dans certaines zones du continent, ou encore l’émergence d’une nouvelle génération parmi les élites au pouvoir, d’une nouvelle sociologie des populations africaines, urbanisées et mieux éduquées.

Un essai synthétique mais qui manque de perspective et de profondeur

L’essai offre une lecture synthétique et claire de l’histoire de la gouvernance de la RDC indépendante. On peut lui reprocher toutefois de manquer de perspective et de profondeur. De perspective tout d’abord, parce que la focale centrée sur la mise en œuvre de la politique économique d’ État nouvellement indépendants laisse de côté des défis tout aussi importants, si ce n’est plus encore, et qui ont largement déterminé la capacité ou non de mettre en œuvre de la politique publique efficientes. Ainsi de l’effort de consolidation du sentiment d’appartenance nationale de "Nation" artificiellement créées, pour la plupart, lors de la conférence de Berlin de 1878. Et de son corollaire, la greffe de l’État moderne, structure créée ex nihilo par la puissance coloniale et d’abord "subie" par le peuple congolais, qui a dû ensuite se le réapproprier. Il s’agit là de processus historiques qui n’ont d’ailleurs toujours pas abouti dans certains pays comme le nôtre la RDC.
Enfin, on aurait souhaité plus d’illustrations empiriques des démonstrations faites dans l’essai. Par exemple, lorsqu’il s’agissait de différencier la stratégie de développement libérale de la stratégie socialiste, citer des exemples à l’appui aurait été instructif. On aurait ainsi pu se rendre compte qu’un pays comme La RDC a poursuivi, suivant les critères d’ une politique de développement libérale, alors même qu’il était dirigé par des partis à idéologue ambivalent de combine démocratique, socialiste, républicain progressiste, etc. On aurait aussi pu se rendre compte que les pays francophones se sont presque tous orientés vers un développement libéral, alors que les États d’Afrique de l’Est anglophones ou lusophones (Tanzanie de Julius Nyéréré, Mozambique de Samora Machel) ont plutôt penché du côté socialiste. Une lecture plus attentionnée des nuances de la diversité africaine aurait grandement enrichi cet essai.
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mediacongo
Auteur : Prof. Dr.Robert KIKIDI

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Les 58 de l-indépendance pour quel bilan en RDC et en Afrique

Postée le: 10.07.2018
Ville : KINSHASA
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Les 58 de l’indépendance pour quel bilan en RDC et en Afrique
Par le Prof Dr Robert KIKIDI MBOSO KAMA, Ph. D en économie de la santé 3eme Cycle en Sociologie politique et Criminologie
On raconte qu’au milieu des années 2012, pour réagir sur la célébration de l’indépendance de pays africains dont la RDC SEM Adolphe Muzito, le Premier Ministre honoraire et député fut interpellé lors d’une visite du travail à Kikwit sa circonscription électorale, à quand le livre d’or que le Patriarche Antoine GIZENGA garde depuis LIPANDA TSHA-TSHA sera mis au profit du peuple et tout pour le peuple. Puisque nous vivons la misère noire et le chaos en dessous de la colonisation, lui a demandé l’un des ANCIENS du Parti Solidaire Africain et du PALU.
Que fête-t-on au juste ?
L’interrogation du vieux du PSA Congolais ici a tout son sens.
Certainement celui-ci avait présent à l’esprit, les lendemains meilleurs ou le « Grand Soir » promis par les hommes politiques congolais et africains à leurs peuples, il y a plus de cinquante- huit ans. Promesses, qui comme on le sait, se sont malheureusement muées, au fil des 58 ans, en cauchemars pour la plupart des 70 millions d’âmes qui peuplent aujourd’hui la RDC et 400 millions ce continent désigné sans aucun scrupule par les experts en développement, comme le plus pauvre de la planète. Afrique et la RDC des traitres qui travaillent pour leur ventre et que leur pays vivent dans le chaos comme résultat de la mission leur confiée par leurs maîtres de tout bord.
Et sans aucun doute, pendant que les uns outrageaient les deux Grands Héros Nationaux à savoir : le Premier Ministre E .P. Lumumba et le Président de la République L.D. KABILA, les TRAITRES à la solde de l’OCCIDENT ET DES PAYS MARRIONETTES ignoraient que ces hommes d’Etat étaient de radars d’anticipation, des vrais visionnaires de l’Independence et de la souveraineté de la RDC. Ils ont dû payer de leur vie sur tous les fronts pour défendre la « Mère-Patrie » contre la barbarie du néocolonialisme et de la vision expansionniste des voisins de le la Région des Grands Lacs, en particulier, au nom du sacro-saint principe du «droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ».
Malgré l’Hommage tardif leur réservé comme diversion, s’elle en est, en effet, faut-il rappeler le sort réservé à ces combattants de la liberté de la RDC et leurs compagnons, c’est de faire assoir sur leurs fauteuils des traitres et des marionnettes comme l’a indiqué dernièrement le Président Panafricaniste Yoweri Museveni de l’Uganda.
Depuis 58ans, vous dégradez, vous humiliez, et vous rendez faible le citoyen congolais comme votre mission. Aujourd’hui, un nombre inestimable d’entre eux a repris la nationalité étrangère comme vous les traitres. En clair, ils se sont mis à genoux, ils ont perdu avalé les revendications dignes et fières de leurs pères à la veille de 1960.
Ce qui serait vraiment juste si votre politique devait continuer AVEC CONSCIENE, c’est de léguer à notre mère patrie la chance de choisir librement leurs Dirigeants sans vos mains mises. Puisqu’l est inconcevable d’observer qu’en RDC les mieux lotis aujourd’hui, les congolais sont de double nationalité, les immigrés, bien assis avec une carte de séjour, puis les sans-papiers qui ont réussi à fuir et errer dans les villes européennes, et en dernier, les peuples qui subissent et cherchent à la moindre occasion de se tirer.
Quel échec de l’Independence ?
Les enfants du Congo dit Démocratique quittent la bergerie à cause des loups qui s’y trouvent et infiltré dans toutes les institutions. Aujourd’hui, une chose est sûre, si on offrait la nationalité étrangère à tous les congolais restés au pays, notre pays serait presque vide comme l’Est et la campagne de la RDC se vident pour l’Ouest et les villes.
A vrai dire, à la veille de l’émancipation de notre pays, les élites politiques elles-mêmes étaient divisées en deux camps comme aujourd’hui : d’un côté, « les modérés », favorables à une alliance consensuelle avec la puissance coloniale leur commanditaires pour une transition en douceur, et de l’autre, les « progressistes » – ceux-là même que le Général de Gaulle et puis du Roi Baudoin soupçonnaient, selon leur expression, de « grenouiller chez les communistes du Kremlin » – adeptes d’une rupture radicale en vue de mettre en pratique leur propre programme politique et économique, non téléguidé de l’extérieur. Instruit par la résistance indochinoise à la colonisation française, et convaincu que l’indépendance était inéluctable, C’est ainsi que De Gaulle s’interrogeait : « Faut-il laisser ce mouvement se développer contre nous, ou, au contraire tenter de le comprendre, de l’assimiler, de le canaliser ? »
On comprend donc pourquoi, en vertu d’un pacte politico- mafieux ou de la gouvernance criminelle visant à barrer la route aux prétendus « progressistes » qui n’étaient pas en odeur de sainteté à Paris , à Washington ou à Bruxelles, les précurseurs et vrais « Pères » des indépendances africaines, dont plusieurs nationalistes, furent contraints à l’exil ou physiquement éliminés, comme LUMUMBA ET MARIEN NGOUABI ou GIZANGA ET KABILA pour les remplacer par des régimes de pronunciamientos, plus enclins à garantir les intérêts des Métropoles. Trouver des exécuteurs ou des bras armés pour leurs basses œuvres. Les réseaux Foccart n’auront aucune peine. Les nombreux coups d’Etat militaires qui jalonneront la vie politique des jeunes nations africaines, pendant plus de quatre décennies, apporteront la preuve de la collusion d’intérêts entre les ex-Métropoles et les soudards autoproclamés président à vie, Père de la nation, Timonier national, Guide éclairé, et autres qualificatifs ubuesques, etc.
La majorité des chefs d’Etat africains qui se présentent à Paris ou à Bruxxelles dérouleront le tapis rouge, ne doivent en réalité leur accession au pouvoir et leur survie politique qu’au soutien de la France et de Bruxelles. Aussi, Ali Bongo, Idriss Deby, Blaise Compaoré, Paul Biya, Faure Gnassingbé, Abdoulaye Wade, François Bozizé, Sassou N’guesso, etc. Bref le noyau dur, pour ne pas dire, les plus serviles, peuvent alors venir faire allégeance aux grands « Bwana » blancs, et leur dire « Merci ».
Merci de les avoir sauvés des rebellions réelles ou imaginaires qui menacent périodiquement leurs régimes, merci de pérenniser leurs ploutocraties claniques et compradores, adossées aux fameux « accords de défense et de coopération militaires », qui ne sont ni plus ni moins que des arsenaux destinés à protéger les dictatures, les démagogues, les Républiques bananières, et à dissuader toute velléité de protestation des populations.
Merci enfin de reconnaître officiellement leurs pouvoirs usurpés, issus des parodies d’élections, dont les fraudes, les bourrages des urnes et les tripatouillages constitutionnels sont devenus des marques déposées.
Ils seront donc tous de la fête et certains engoncés dans leurs costumes trois pièces de grandes marques occidentales ou orientales, d’autres, drapés dans leurs grands boubous du moyen orient, en tissu basin, richement brodés, se disputant la première place à la « droite des Pères européens », comme signe de reconnaissance et de soutien de leur mentor à leurs fragiles régimes.
Que fête-t-on au juste ?
Les 58 années de relations mafia et criminalité congolaises, pour reprendre la formule du regretté François-Xavier Verschave ? Ou cinquante huitaine années de pacte néocolonial, de servitude, de déni de démocratie, et de fossilisation des dictatures, bref, un demi-siècle de Mal et chaos congolais ? Pour mémoire, rappelons que l’Afrique et la RDC a connu plus de cent coups d’Etat, quatre-vingt-dix conflits armés, dont quarante-six guerres civiles en plus cinquante huitaine ans. Mais sans résoudre le vrai problème qui est le bonheur du peuple, l’objet même de l’indépendance.
A l’heure des inventaires et du bilan, il faut reconnaître que ce dernier est « globalement négatif et médiocre », pour employer l’expression désormais consacrée par le Cardinal Catholique Romaine Mosengwo de la RDC. Cela ne peut en être autrement, au vu des résultats accablants devenus des lieux communs dont les médias du monde aiment à faire épisodiquement leurs choux gras : Pays potentiellement très riche en tout mais la populations volontairement maintenue dans la misère les massacres, gouvernance criminelle, la xénophobie et l’analphabétisme, la démagogie politique à lieu et place de la démocratie, le monolithisme politique déguisé d’Etats prébendiers et kleptomanes, assujettissements de nations aux intérêts étrangers, corruption généralisée, siphonage et pillage des ressources naturelles, privation des libertés individuelles et collectives, opposants plein des opportunistes sans vision, jeunesse en chômage ,en déroute et contrainte à l’immigration ou l’intégration des groupes armés qui pillent à l’EST de la RDC au péril de sa vie, etc. La liste est loin d’être exhaustive.
En somme, la RDC qui espérait à l’aube des années 1960, son matin de dipanda tsha-tsha de « bâtir le plus beau pays au tour d’un fleuve majesté », et pour qui l’indépendance symbolisait lendemains meilleurs, voire resplendissants, a vu la liberté confisquée, son espoirs et rêve brusquement assassinés durant 58 ans en dessus de la colonisation comme l’avait dit le vieux du PSA à Kikwit.
On ignore également que les impôts des contribuables sont destinés, entre autres, à financer des élections truquées et gagnées d’avance, dans le but de maintenir en place des pouvoirs dynastiques et des monarchies tropicales, avec la bénédiction, voire la complicité du « pays qui se disent des Droits de l’Homme. »
Que fête-t-on au juste chers compatriotes ?
N’arrêtent pas de s’interroger bon nombre d’Africains comme nous savants de la RDC dont l’embarras et la gêne sont perceptibles, à l’instar Du Cardinale MOSEGWO PASINYA : «Il est temps que les médiocres dégagent et que règnent la paix, la justice en RDC.»
«Nous demandons aux uns et aux autres de faire preuve de sagesse et de retenue. Que des mystifications présentées comme informations véridiques ; il est temps que la vérité l’emporte sur le mensonge systématique, que les médiocres dégagent et que règnent la paix, la justice en RDC …..Comment ferons-nous confiance à des dirigeants incapables de protéger la population, de garantir la paix, la justice, l’amour du peuple», s’interroge le Cardinal».
Tout aussi réticents, beaucoup se demandent si, outre son caractère indécent, la prochaine grande messe ne ressemblerait pas plutôt à une provocation contre les peuples congolais, las de misère et en quête d’avenir prometteur.
« Tant que dans mon village, il n’y a pas encore d’eau potable ni de dispensaire et que 50% des jeunes sont analphabètes, après 58 ans d’indépendance, je ne vois pas ce que l’on fête », confiait avec dépit un intellectuel installé aux Etats Unis.
Quant à ceux de ma génération, enfants à l’époque de l’ indépendances et 2ou 4ans après, et qui eurent le privilège d’assister à l’euphorie des premières vagues d’émancipation qui portaient tous les espoirs naissants de notre continent, ils ont le devoir de réclamer un droit d’inventaire aux actuels dirigeants : qu’avez-vous donc fait de nos années d’indépendance ?
Si habituellement, un anniversaire est synonyme de joie, de fête et d’enthousiasme, offrant par là-même l’opportunité de faire le bilan, fut-il provisoire, d’une existence, force est de constater que ce que ses affidés s’apprêtent à célébrer en grandes pompes et à grands frais, c’est tout simplement l’échec patent des soi-disant « indépendances » au goût plus amer qu’inachevé, à la dimension de l’ immense attente suscitée par les projets d’émancipation des années soixante.
Aussi, si légitimes et compréhensibles que soient l’aigreur et l’amertume des « déçus des indépendances » dont certains prônent sans complexe ni états d’âme, cinq décennies plus tard, la recolonisation du continent, faut-il pour autant remettre en cause le principe même de souveraineté de ce pays ? En toute objectivité, on conviendra que ce n’est pas l’indépendance en elle-même qui pose problème ; mais, a posteriori, sa gestion calamiteuse et criminelle, sa confiscation et surtout son détournement à des fins politico-mafieuses par une poignée d’individus, constitués d’oligarchies militaro- claniques ou civiles, cooptées, soit par de grandes multinationales, soit par des Etats étrangers.
Par ailleurs, fallait-il passer par purs pertes et profits les héroïques luttes anticolonialistes pour lesquelles les vrais artisans et « Pères » de l’indépendance, payèrent de leur vie ? Surtout si l’on sait que ces derniers nourrissaient un grand dessein pour la RDC, comment justifier auprès des générations futures, l’oubli des leurs justes et légitimes revendications ainsi que celle du peuple congolais et africains? Traumatisés par près de 400 ans d’équipée négrière, dont la colonisation a tôt fait de prendre le relai, les congolais et Africains furent assujettis par la double injustice sociale et juridique du « Code de l’Indigénat » imposé à ses colonies par la France dès 1887. Code odieusement fondé sur l’humiliation, les travaux forcés, l’interdiction de circuler la nuit pour les « indigènes », les réquisitions, les emprisonnements arbitraires, les déportations, et toutes autres mesures rappelant le système esclavagiste ou les lois d’exception sous l’occupation française. Sans naturellement parler de la mise en coupe réglée ou sous tutelle, ainsi que de la captation dolosive et léonine des richesses des colonies, par leurs différentes métropoles dont la Belgique qui est citée comme la plus mauvaise de toutes.

En tout état de cause, les dirigeants qui prétendent aujourd’hui gouverner leurs pays et qui assistent aux festivités sans revenir sur les bases des pères de l’independance, sont loin d’être les dignes héritiers des luttes d’émancipation du continent et de la RDC. Le moins qu’on puisse dire est que la majorité de ces marionnettes pour répéter la désignation du Président Museveni, sont disqualifiés pour revendiquer l’idéal pour lequel bien d’autres sont allés jusqu’au sacrifice suprême. D’ailleurs, le peu d’enthousiasme que certains d’entre eux affichent à l’égard de cette célébration dans leurs propres pays, montre à suffisance leur incapacité à assumer l’héritage des indépendances qu’ils ont plutôt contribué à dévoyer de leurs objectifs initiaux et pire encore, à y renoncer.
Avec quelques nuances dans les propos, la grande majorité des Congolais =, comme ceux de la diaspora, s’accordent pour reconnaître, que l’ « indépendance » n’a pas tenu toutes ses promesses : là où certains parlent de 58 ans de stagnation politique, sociale et économique, d’autres y voient un recul, et même un échec patent en dessous de la colonisation. Quant au problème des responsabilités, il relève néanmoins des débats plus controversés, notamment dans les milieux intellectuels.
Certains s’indignent que cela fasse 58 ans que nous congolais et africains « portons le bonnet d’âne de l’humanité ». C’est le lieu de réitérer une position que j’ai maintes fois défendue dans mes écrits : notre faiblesse a été de ne pas avoir intégré, pendant plusieurs décennies, dans nos rapports avec les ex-Métropoles, l’avertissement du Général de Gaulle : « les Etats n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts ».C’est Rien pour rien en diplomatie.
Aussi, n’avons-nous pas été assez naïfs pour croire à la philanthropie de Nations portées sur les fonts baptismaux par le mercantilisme naissant, c’est-à-dire le profit, et cela, dès le 15ème siècle à nos jours ? Avons-nous oublié que ce sont ces mêmes nations, guidées par la rentabilité économique et le gain, donc, toujours le profit, qui commanditèrent, financèrent et planifièrent pendant plus de 400 ans la Traite Négrière Transatlantique ? Rappelons-nous les recommandations du roi du Portugal au 15ème siècle, à ses sujets, tout au début de la traite: allez en Afrique, ramener de l’or et des épices. On sait depuis ce qui advint par la suite : le commerce des hommes se révéla plus fructueux que celui des matières premières. Et la moquerie d’un Général Belge : « Après l’Indépendance égale avant l’Indépendance ».
Autant dire que les motifs du désamour sont profonds entre les anciennes « Mères-Patries » et ses ex-colonies.
Qu'a fait l'Afrique de l'indépendance ?

L’année 2018 est celle de la commémoration des cinquante- huit ans d’indépendance de la RDC . L’année aura été l’occasion pour NOUS SOCIOLOGUES POLITIQUES ET SANITOLOGUES de tirer le bilan de l’action des différents gouvernements congolais de Lumumba, le Nationaliste à Tshibala ,le Progressiste sur le bonheur du peuple pour lequel on a eu l’indépendance. Pour ce faire, il distingue trois grandes périodes.

Des indépendances à la fin des années 1980 : les espoirs déçus

OUI,cette période se caractérise par la traitrise de KASU-VUBU ET DE MOBOTU AINSI QUE LA MAIN MISE DES GRANDES PUISSANCES DONT LA Belgique ET LES USA CONTRE L’INFLUENCE DES L’URSS ainsi que la disproportion entre, d’une part, les attentes légitimes des peuples nouvellement indépendants et, d’autre part, les moyens réels dont disposaient les élites au pouvoir pour y répondre. L’élite locale en question avait pour singularité de n’avoir quasiment aucune formation à la gestion publique d’un État moderne, quand bien même certains de ses représentants les plus illustres pouvaient compter sur une expérience parlementaire dans les institutions de l’ancienne puissance coloniale. De cet état de fait résulte en partie la prise en main de la politique de développement par des intervenants extérieurs dès le début des indépendances, et le maintien d’une même politique économique quasi exclusivement tournée vers les exportations de matières premières en direction des pays développés. Pourtant, au-delà de cette perduration de l’emprise coloniale (néocolonialisme), les États africains nouvellement indépendants ont essayé d’initier des stratégies développementalistes. Les gouvernements CONGOLAIS se sont distingués dans le choix de deux stratégies différentes, selon une démarche libérale ou socialiste.
La démarche libérale a promu une économie comprador ale d’exportation de matières premières, la mobilisation de l’épargne locale et étrangère, le développement des infrastructures économiques et sociales et la constitution de zones monétaires sous tutelle française, en ce qui concerne La RDC. L’objectif primordial de cette stratégie était la croissance du PIB, signe d’évolution et de modernisation, sans que l’aspect de la redistribution des richesses et de l’encadrement du creusement des inégalités ne vienne au premier plan. Le résultat de cette stratégie libérale aurait été une aggravation de la dépendance économique DE LA RDC-ZAIRE vis-à-vis de l’étranger.
La stratégie socialiste passait quant à elle par une étatisation de l’économie, une priorité donnée à la transformation locale des produits, à la création d’un tissu industriel local et au contrôle de la répartition des richesses. Cette stratégie se serait elle aussi révélée en grande partie un échec : "Du fait de la nature disparate des industries manufacturières africaines, de leur insatiable besoin de subventions de toutes sortes, de la très forte dépendance de beaucoup d’entre elles à l’égard de l’étranger pour l’acquisition des facteurs de production et de leur impuissance générale à atténuer le chômage ou à donner une impulsion dynamique à l’économie africaine, le secteur industriel est entré en crise et a stagné". Résultat : "au lieu de générer des économies, voire des profits, dans les échanges extérieurs, l’industrie devint la principale source de pertes en ce domaine". À cet échec de l’industrie s’ajoute l’abandon de l’agriculture vivrière pour les besoins des populations locales, aux conséquences également désastreuses.
Sur le plan politique enfin, la période voit l’élite postindépendance monopoliser à son profit le pouvoir (partis uniques, dictatures). Cela conduit à un "monolithisme politique qui ne pouvait se dénouer que par Le coups d’État militaire" de Mobutu, un chef militaire autodidacte et non formé dans une académie militaire. De plus, la coopération interétatique et les échanges économiques régionaux restent très faibles. Les différents dirigeants au tour de Mobutu préfèrent défendre les prérogatives de leur souveraineté nationale par la diversion, mise à mal par ailleurs. Le bilan des trente premières années n’est donc pas fameux : les conditions d’existence de la population du continent ne se sont quasiment pas améliorées. Si le PIB global des pays africains a triplé durant la période, la part relative du poids de l’Afrique dans l’économie mondiale a encore diminué. Il s’agit dès lors de trouver de nouvelles solutions.
Fin des années 1980 – milieu des années 1990 : les plans d’ajustement structurel et démocratisation en occidental

C’est un Zaire-RDC affaiblie par le poids du remboursement des intérêts de la dette qui sert, à partir des années 1980, de champ d’expérimentation au néolibéralisme promue par les institutions financières internationales. Les prêts de ces institutions ne sont désormais octroyés que sous condition d’une réforme globale des politiques publiques menées par des États emprunteurs : "dévaluation de la devise, promotion des exportations aux dépens des cultures vivrières, libéralisation du commerce, réduction des restrictions imposées aux investissements étrangers et privatisations des entreprises et offices publics". Les plans d’ajustement structurel entraînent une "contraction drastique de L’ économie de la RDC-ZAIRE qui a engendré diverses crises dans les secteurs de l’éducation, de la santé, de l’agriculture, de l’énergie et de l’eau, à cause entre autres d’importantes réductions de moyens en personnel, créant d’énormes problèmes socio-économiques qui ont freiné le développement". Cette période s’avère donc également un échec du point de vue des stratégies de développement mises en œuvre.
Milieu des années2010 à nos jours : la lutte contre la pauvreté une grande illusion.

Il s’agit des vingtaines dernières années, que la RDC caractérise par un changement du référentiel de l’aide au développement : on passe de la vision néolibérale de la période précédente à la mode des conférences sur le développement humain et social des pays sous-développés et notamment de la RDC. Le déclic serait visible au sommet mondial sur le développement de Copenhague en mars 2015 où est entérinée la nécessité pour chaque pays sous-développé d’élaborer un Plan national de lutte contre la pauvreté. Cette période se prolongerait par la fixation des "Objectifs du millénaire" par l’ONU en 2000, le sommet de Gleneagles qui annule la dette des pays les plus pauvres en 2010, ou par des initiatives locales comme le NEPAD, promue par cinq chefs d’Etat africain et ayant pour but de fonder une stratégie concertée de sortie du sous-développement des pays africains dont Adolphe MUZITO de la RDC reste le Premier Ministre modèle qui a fait parvenir son pays au oint d’achement. Qu’Augustin Matata Ponyon en a profité pendant 2 ans puis la foudre s’est abattis sur lui et le chaos économique est revenu en surface jusqu’ auourd’hui.
Cette dernière périodisation, qui touche l’histoire la plus récente, est également la plus sujette à contestation. Autant il est assez facilement défendable que l’impulsion majeure des années 80 à 90 venait de l’extérieur et notamment de la contrainte de l’agenda du consensus de Washington sur des économies et des États africains affaiblis, autant il est beaucoup plus contestable que l’impulsion majeure entre 90 et 2010, en matière de politiques publiques africaines, vienne de l’étranger. La "lutte contre la pauvreté" des sommets internationaux ou du NEPAD, entreprise sans lendemain, s’apparente plutôt à des épiphénomènes par rapport à des tendances historiques lourdes comme l’amélioration de la coopération régionale, le renforcement de l’assise des États modernes dans un très grand nombre de pays africains, la pacification des contestations tribales ou infranationales dans certaines zones du continent, ou encore l’émergence d’une nouvelle génération parmi les élites au pouvoir, d’une nouvelle sociologie des populations africaines, urbanisées et mieux éduquées.

Un essai synthétique mais qui manque de perspective et de profondeur

L’essai offre une lecture synthétique et claire de l’histoire de la gouvernance de la RDC indépendante. On peut lui reprocher toutefois de manquer de perspective et de profondeur. De perspective tout d’abord, parce que la focale centrée sur la mise en œuvre de la politique économique d’ État nouvellement indépendants laisse de côté des défis tout aussi importants, si ce n’est plus encore, et qui ont largement déterminé la capacité ou non de mettre en œuvre de la politique publique efficientes. Ainsi de l’effort de consolidation du sentiment d’appartenance nationale de "Nation" artificiellement créées, pour la plupart, lors de la conférence de Berlin de 1878. Et de son corollaire, la greffe de l’État moderne, structure créée ex nihilo par la puissance coloniale et d’abord "subie" par le peuple congolais, qui a dû ensuite se le réapproprier. Il s’agit là de processus historiques qui n’ont d’ailleurs toujours pas abouti dans certains pays comme le nôtre la RDC.
Enfin, on aurait souhaité plus d’illustrations empiriques des démonstrations faites dans l’essai. Par exemple, lorsqu’il s’agissait de différencier la stratégie de développement libérale de la stratégie socialiste, citer des exemples à l’appui aurait été instructif. On aurait ainsi pu se rendre compte qu’un pays comme La RDC a poursuivi, suivant les critères d’ une politique de développement libérale, alors même qu’il était dirigé par des partis à idéologue ambivalent de combine démocratique, socialiste, républicain progressiste, etc. On aurait aussi pu se rendre compte que les pays francophones se sont presque tous orientés vers un développement libéral, alors que les États d’Afrique de l’Est anglophones ou lusophones (Tanzanie de Julius Nyéréré, Mozambique de Samora Machel) ont plutôt penché du côté socialiste. Une lecture plus attentionnée des nuances de la diversité africaine aurait grandement enrichi cet essai.
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