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COURS DE SANTÉ COMMUNAUTAIRE

COURS DE SANTÉ COMMUNAUTAIRE

Dispensé par Prof. Dr. Robert KIKIDI MBOSO KAMA, Ph.D. en Santé publique , Management Spécialiste en Passation des Marchés Publics et 3eme Cycle en sociologie politiqueet criminologie

I. OBJECTIF DU COURS
I .1. Objectif général
Le cours de santé communautaire dispensé aux étudiants en licence santé communautaire a pour objectif général de leur transmettre les connaissances sures d’une part sur la compréhension des problèmes des déterminants des initiatives et activités de santé communautaire et d’autre part démontrer aux étudiants les différentes approches de participation communautaire de la conception, planification, mise en œuvre, suivi et évaluation des activités de santé communautaire, car la santé commence au sein de la famille et de la collectivité ou de la société, par conséquent, elle doit occuper une place centrale dans toutes les stratégies et programmes de santé avec la participation active de la communauté.

I.2. Objectifs spécifiques

A la fin de ce cours, l’étudiant doit être capable de :
- Définir le concept santé communautaire et ses mots clés, notamment la promotion sanitaire ;
- Connaître les rapports qui existent entre santé communautaire et les autres disciplines de la santé ;
- Connaître l’aperçu historique de la santé communautaire ;
- Connaître les buts et méthodologies de la santé communautaire ;
- Connaître comment s’effectue la participation communautaire ;
- Les déterminants de la santé communautaire ;
- Indices ou indicateurs d’évaluation de la santé communautaire ;
- Connaître les initiatives, organisations des activités et le diagnostic communautaire ;
- Connaître les fonds de santé communautaire
I.3. Méthodologie d’enseignement
- Cours magistral par le Professeur
- Travaux pratiques
- Jeux de rôle : liens de coopération chercheur-acteurs.

II. CONTENU DU COURS

CHAP I : GENERALITE SUR LA SANTE COMMUNAUTAIRE

I.1. Qu’est-ce que la santé communautaire ?
I.2. Rapport entre la santé communautaire et les autres disciplines sanitaires
I.3. Aperçu Historique de la santé communautaire
I.4. Approches méthodologiques et buts de la santé communautaire
I.5. Principes et mots clés en santé communautaire
CHAP II : LE DIAGNOSTIC COMMUNAUTAIRE ET INDICES D’EVALUATION DE LA SANTE COMMUNAUTAIRE
II.1. Qu’est-ce que le diagnostic communautaire ?
II.2. Sur quoi porte le diagnostic communautaire ?
II.3. Qui fait le diagnostic communautaire ?
II.4. Aspects méthodologiques du diagnostic communautaire
II.5. Pourquoi faire le diagnostic communautaire ?
II.6. Indices d’évaluation de la santé communautaire

CHAP III : PROMOTION SANITAIRE ET PARTICIPATION COMMUNAUTAIRE
III.1. Les théories sous-jacentes à la promotion sanitaire
III.2. Les origines de la promotion de la santé
III.3. La charte d’Ottawa pour la promotion de la santé
III.4. La participation ou engagement communautaire
III.5. L’élaboration d’un plan communautaire opérationnel






CHAP IV : LES INITIATIVES, ORGANISATION ET ACTIVITES DE LA SANTE COMMUNAUTAIRE

IV.1. Les initiatives de la santé communautaire
IV.2. Les organisations de la santé communautaire
IV.3. Les activités de la santé communautaire
IV.4. Les fonds de la santé communautaire

CHAP V : EXPERIENCES DE LA SANTE COMMUNAUTAIRE

V.1. Le traitement à l’Ivermectine® sous directives communautaires (IIDC)
V.2. Projet de SSP à TOKOMBERE au nord du Cameroun
V.3. Les scouts du pian


Chapitre I : Généralités sur la santé communautaire

I.1. Qu’est-ce que la santé communautaire ?

Pour mieux comprendre le concept santé communautaire, il s’avère nécessaire d’élucider les deux mots qui le composent ; à savoir :
- Santé
- Communauté
I.1.1. Qu’entendez-vous par la santé ?
Etymologiquement, le mot latin ״Sanitas״ et du Grec ״Sanus״ qui signifie sain, salubre, est à l’origine du mot santé, duquel vient aussi le mot Hygiène qui signifie déesse grecque de la santé ou du bien porter. Cela veut dire état de celui dont les fonctions ne sont troublées par aucune maladie.
C’est aussi dit la santé est un état d’équilibre harmonieux entre les différentes fonctions du corps et le bien heureux silence de nos organes. Cette définition semble être incomplète, car elle va vers les aspects biophysiques ou médicaux.
Mais, selon le préambule de la constitution de l’OMS du 07 avril 1949, la santé est définie comme :
1. Un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité ;
2. La possession du meilleur état de santé qu’il est capable d’atteindre constitue l’un des droits fondamentaux de tout être humain, quel que soit sa race, sa religion, ses opinions politiques, sa condition économique ou sociale ;
3. La santé de tous les peuples est une condition fondamentale de la paix du monde et de la sécurité, elle dépend de la coopération la plus étroite des individus et des Etats.
D’après ces définitions de l’OMS et dans la perspective communautaire, elle veut dire qui est en bonne santé tout individu ou communauté qui dispose des capacités physiques, mentales et sociales pour s’adapter à son environnement communautaire, sa situation d’existence totale, sa nature propre et sa propre orientation.
L’originalité du concept santé selon l’OMS réside dans sa dimension populationnelle, holistique et globale. C’est la raison pour laquelle Morley (1977) a défini la santé en l’illustrant par un bâtiment polyvalent dit santé globale résultant de la santé spirituelle comparée à un lieu de culte, de la santé physique semblable à une clinique et de la santé sociale comparée à un centre communautaire. Donc, la santé implique d’autres domaines, tant médical que du développement en général.
I.1.2. Qu’est-ce qu’une communauté ?
On entend étymologiquement par communauté qui vient du mot latin communis qui veut dire toutes choses, action à laquelle chacun peut participer, propre à plusieurs ou d’intérêt général.
Le concept communauté est un groupe de personnes vivant ensemble et partageant des intérêts, une culture ou un idéal commun : en d’autres termes, le concept communauté sur le plan épistémologique peut être utilisé sous le seul qualificatif communautaire russe qui suppose que chaque individu n’appartienne qu’à une seule communauté, partage les mêmes sentiments d’appartenance à une même entité humaine. Une communauté: un groupe d’individus liés par des intérêts, des aspirations et des systèmes de valeurs communs.
– Géographiques (village, quartier) – Temporaire (par exemple les jours ouvrables pour les ouvriers d’un atelier qui se sont organisés).
En santé, on définit souvent une communauté sur une base géographique, (quartier, groupe d’immeubles, etc.)
Selon nous, la communauté est un groupe des personnes qui habitent ensemble ou travaillent ensemble dans un même lieu ou organisation. Chaque individu peut par exemple appartenir à la communauté du village, du quartier, mais l’exercice d’une profession, d’un sport, d’une religion, etc. sont aussi des activités susceptibles de créer des pôles d’intérêt qui peuvent être considérés comme le support de communauté à part entière.
I.1.3. Concept santé communautaire
Plusieurs auteurs ont définis le concept santé communautaire, mais quelques définitions retiennent notre attention étant professeur spécialiste en santé publique et communautaire.
Ainsi né de la santé publique, le concept santé communautaire est plus restrictif, mais beaucoup plus précis que la santé publique qui est holistique.
Gwenola Lavassem (2005), défini la santé communautaire comme une stratégie possible de mise en œuvre de la promotion de la santé. Ses principales caractéristiques sont une base collective pur l’action ou les actions à construire (la communauté), d’identification collective des besoins, problèmes et ressources (diagnostic communautaire), la participation ouverte à tous les acteurs concernés (professionnels de santé, usagers, institutions, etc.).
Cornillop. P (1977), défini la santé communautaire comme la promotion, le maintien et le rétablissement de la santé des individus et de la collectivité par une action communautaire concertée. Cette définition implique la participation de tous (pouvoir publique, chercheurs, praticiens ou prestataires, la population ou leurs mandateurs.
Busnello et Brusat (1956), définissent la santé communautaire comme une approche ou démarche de prestation des soins de santé dans le but d’améliorer l’état de santé de la population par les mesures préventives, curative et de réadaptation y compris les mesures de l’amélioration de la situation socio-économique, politique et culturelle dans une équipe multidisciplinaire avec la participation active de la population et des services de soins de santé.
Selon nous, l’objet de la santé communautaire est le maintien et l’amélioration de la situation sanitaire par la résolution des problèmes de santé avec la communauté, pour la communauté et par la communauté en collaboration étroite avec les systèmes de santé et les systèmes socio-politiques voir les groupes sociaux organisés.
La santé communautaire recouvre un concept de responsabilisation de la communauté dans sa gestion des problèmes de santé. Elle inclut des méthodes de travail qui impliquent à tous les niveaux de l’action de santé: analyse, définition, réalisation, évaluation) la participation effective de la communauté.
Ceci dit, un projet de santé communautaire vient bien souvent se situer dans les failles d’un système institutionnel déjà en place ; c’est parce que le système ou institution de santé et leur personnel ne répondent pas aux problèmes identifiés par la communauté, ou qu’ils y répondent mal ou en partie sans participation effective de la communauté, que celle-ci se mobilise.
Pour que le projet puisse aboutir, il faut que les professionnels de santé communautaire (Prosaco) qui s’y engagent soient capables d’accepter de définir avec la communauté quels sont les problèmes à résoudre, et de coordonner leurs activités avec d’autres. Tel est l’objet de la santé communautaire.







A. Différence entre santé et santé publique
Composantes Saco Sapu
Démarche Locale (avec particom) la participation communautaire Collective, administrative et statutaire
Cibles Groupe d’individus ou communauté Population globale
Prestataires ou acteurs Population + Prosaco (Professionnels de santé) Professionnels de santé ou experts
But ou priorité Promotion de la santé communautaire Protection de la santé de collectivités
Source : Particom, OMS, 2007, P. 111.


B. Différence entre Saco, Sapu et Médecine
Composantes Santé communautaire Santé publique Médecine humaine
Cibles ou usagers Groupe d’individus (communauté) Population globale Individu
Soins de santé Continuité Périodicité Episodique
Choix Restreint Restreint Large
Accessibilité Facile (MABU) BAMU (plus ou moins difficile) Difficile (MAMU)
Démarche Diagnostic communautaire et visites Investigation et surveillance épidémiologique Diagnostic clinique, prescription et éducation sanitaire.
Source : FERREIRA P et ALL : Projete de sistema de saude communitaria, Rio, Grande do Sul, PP 8-12.

I.2. Rapport entre la santé communautaire et les autres disciplines sanitaires et médicales

La santé communautaire a un certain rapport avec d’autres disciplines sanitaires dont les plus remarquables sont notamment :
- La santé publique ;
- La médecine sociale et communautaire ;
- L’épidémiologie ;
- La sociologie de la santé ;
- L’hygiène sociale.
I.2.1. Rapport avec la santé publique
La santé publique se défini comme une science et un art de prévenir la maladie, de prolonger la vie et de promouvoir la santé et l’efficience physique des individus par une action collective, visant à assainir le milieu, à lutter contre les maladies qui représentent une importance sociale, à enseigner à l’individu les règles d’hygiène personnelle ; l’objet final étant de permettre à chacun à jouir de son droit inné à la santé et à la longévité (Dr Winslow, 1920).
En d’autres termes, la santé est la synthèse de toutes les disciplines et activités voir programmes spécifiques qui ont pour but de rétablir, de maintenir et de promouvoir la santé de la population, donc la santé communautaire est fille de la santé publique, elle fait partie intégrante de la santé publique. Mais la santé publique a l’approche collective et administrative tandis que la santé communautaire a l’approche locale participative.
I.2.2. Rapport avec la médecine sociale et communautaire
La médecine sociale dans son acception la plus étendue est l’étude des facteurs sociaux qui influent sur la santé ou déterminant de la santé ; en d’autres termes elle est la médecine de société, médecine communautaire ou de collectivité puisqu’elle consiste à étudier l’état de santé des maladies des populations en évaluant les besoins, en proposant des politiques conformes aux besoins et en établissant les priorités des soins médicaux ou de santé.



Ainsi, plusieurs auteurs soutiennent que la santé communautaire et la médecine communautaire voir le médecine sociale sont les mêmes approches de santé publique, tandis que l’OMS et d’autres « sanitologues » communautaires semblent expliquer partiellement que la médecine communautaire ou médecine sociale comme la santé communautaire sont utilisées de façon diversifiée, étant à la fois considérées comme synonymes et parfois comme approches différentes, car l’objet de la médecine sociale et communautaire est les maladies sociales dans la communauté, tandis que l’objet de la santé communautaire est la promotion, le maintien de la santé de groupes communautaires.
Mais retenons que ces deux disciplines sont complémentaires et parfois les composantes se compénètrent
I.2.3. Rapport avec l’épidémiologie
L’épidémiologie se défini littéralement comme une branche de la santé publique et de la médecine communautaire qui étudie les différents facteurs intervenant dans l’apparition, la propagation d’une maladie et leurs moyens de lutte. En d’autres termes, selon nous, l’épidémiologie est une branche de la santé publique et communautaire qui étudie la distribution, la fréquence et la répartition des maladies dans une communauté et les moyens prophylactiques.
Donc, l’épidémiologie fait partie intégrante et indispensable de la démarche de la santé publique et de la santé communautaire. Les bases théoriques et pratiques des méthodes épidémiologiques permettent de mieux connaître les causalités, les indicateurs de santé, le diagnostic et la surveillance de la santé de la communauté.



I.2.4. Rapport avec la sociologie de la santé
La sociologie de la santé ou médicale est l’étude des rapports réciproques entre la santé, la médecine et la société, elle fait partie intégrante de la médecine sociale et de la santé communautaire. Elle permet à ce que la santé publique et communautaire puisse comprendre le rôle de prestations des soins, l’engagement de la communauté et du système de soins de santé.
C’est la sociologie de la santé qui permet à la santé communautaire à mieux saisir les déterminants socio-politiques et culturels de la santé.
I.2.5. Rapport avec l’Hygiène sociale
L’hygiène sociale est une brancher de la santé publique et de l’hygiène générale qui étudie des mesures de protection de la population contre les grands fléaux socio-sanitaires, elle fait partie intégrante de la médecine sociale et de la santé communautaire, mais sa démarche sociale est plus prophylactique et épidémiologique de la résolution des vrais problèmes de santé de la communauté.
I.3. Aperçu historique de la santé communautaire
Les « sanitologues » que nous sommes, avons divisé l’histoire de la santé communautaire en trois étapes :
- Les prés requis de la santé communautaire
- L’apparition du concept santé communautaire
- L’évolution de la santé communautaire jusqu’à nos jours.



I.3.1. Les prés requis de la santé communautaire
Idée de santé communautaire sous cette appellation remonte à 1840 avec les mouvements de l’hygiène sociale, où les Etats s’intéressaient à la santé de la population de diverses manières depuis bien de temps les reculés.
Ces mouvements sanitaires ont mis au point des méthodes scientifiques pour appréhender les faits et sur les systèmes que les sociétés ont successivement mis en place pour protéger les membres contre les maladies. Ici on peut citer le Docteur ROCHOUX, maître de la chaîne d’hygiène à l’Université de Paris II en 1838, précurseur de l’hygiène sociale, puis il y a eu l’apparition de la médecine sociale en 1848 fondée par le sociologue Français Jules GUERIN, membre du parti socialiste français et de la société positiviste de l’un des pères fondateurs de la sociologie Auguste COMTE.
C’est de GUERIN que revient aussi les prés requis de la santé communautaire par l’appellation ou l’expression ‘‘Médecine Sociale’’ servi à qualifier le rapport entre la médecine, la santé et la société.
Petit à petit, l’idée de santé se forge sous l’appellation de médecine sociale et on avait coutume à l’époque de désigner l’ensemble des disciplines de la santé à assise communautaire ou traitant de la santé des populations à savoir santé publique, médecine sociale et communautaire, etc.
Il faut noter que le terme médecine sociale était aussi employé pour désigner la tradition humanitaire de la médecine, c'est-à-dire la médecine de collectivités, de la communauté, médecine des pauvres, des plus vulnérables.


En 1902, Marc INTIRE invente la sociologie Anglo-saxon médicale après avoir eu droit de cité dans les pays, dès 1951, avec les efforts de la communauté internationale sur l’éradication de certaines maladies épidémiques et endémiques, contagieuses dans le monde, on utilisa le terme « médecine sociale et communautaire » pour désigner une philosophie distributive des soins opposition à la médecine privée ou mercantiste.
L’OMS (WHO) souligne ainsi la nécessité d’établir les services de santé de base et de la prévention, la promotion de la santé, l’éducation sanitaire devront intégrer dans tous les services de santé de pays membres.
I.3.2. L’apparition du concept santé communautaire
C’est grâce aux travaux de l’OMS dans le souci de faire la promotion de la santé, une partie intégrante de programmes de santé des pays membres de l’OMS que la notion de santé communautaire va se dégager dans les recommandations de l’OMS. Ainsi, en 1969, l’OMS préconise que l’organisation gouvernementale d’un système de santé doit intégrer le volet préventif et curatif, promotionnel et la participation effective de la population.
C’est la raison pour laquelle trois pays développés à savoir les Etats Unis, l’Angleterre et le Canada, pays Anglo-saxon feront leurs la notion de santé communautaire. C’est précisément les années 1970 au Québec où pris naissance de l’expression santé communautaire pour désigner l’appellation de médecine communautaire des pays franco-lusophones et Allemands à cause des caractères jugés trop restrictifs par rapport aux recommandations de l’OMS sur les soins de santé de base, services communautaires de santé ou celui, plus tard, des soins de santé primaires.

C’est dans le rapport Schwinger déposé à l’Assemblée Nationale du Québec par la commission santé sur l’option de la santé globale de cette province en 1973, publie son article santé publique ou communautaire ; il marque déjà le choix de l’appellation soit santé publique, soit santé communautaire pour désigner les activités des professionnels de santé de l’hygiène appelés jadis publique.
Comme nous l’avons dit, la notion de santé communautaire toujours au Canada, Rochon et Turcotte entre 1975 et 1976, préférée à celle de médecine communautaire y compris le remplacement des autres appellationsa : Hygiène publique, santé publique, véhiculant selon lui des connotations péjoratives et négatives sans omettre sa volonté d’intégrer les autres professionnels dans l’équipe médicale dominée des médecins et infirmiers.
Aux Etats Unis, c’est vers les années 1960 qu’émerge les activités de santé communautaire sous l’appellation de médecine sociale, mais le concept santé communautaire est utilisé par Lathen en 1976. Elle englobe l’évaluation des besoins, la prestation des soins à des groupes cibles de la population. Il recommande les départements de médecine sociale et préventive d’adopter le nouveau nom de département de santé communautaire pour tourner les travaux de recherche vers les communautés.
Plusieurs autres soutiennent cette proposition notamment Smolensky en 1977, Stephen en 1979, etc.
En Angleterre, le protestantisme et la reforme démocratique déjà inspirés à ce pays la mise en place d’u système de santé national sous l’appellation « National Health Service (NHS) »où les soins de santé de qualité sont accessibles à tous et gratuits même dans le milieu rural, cela est dispensé par le spécialiste depuis les années 1974 et des conseils communautaires ont été installés.
Donc, l’approche de santé communautaire dans sa fraction sanitaire bien qu’à ce jour les controverses demeurent sur le concept « médecine communautaire et santé communautaire », dans les pays franco-lusophones, la santé communautaire est peu connue du corps médical, sauf dans les pays de l’ex-URSS où la santé communautaire reste la base de la formation et des activités dans les facultés et écoles de santé publique grâce à l’approche de SSP de la conférence d’Alma Ata en 1978.
En Belgique, à part à Liège et au Bruxelles où la santé communautaire est active, c’est dans les années 1960 que le groupe d’étude pour la réforme de la médecine a proposé les maisons médicales qui offrent à la fois des soins curatifs et préventifs de santé communautaire.
En Espagne, c’est dans les années 1980 qu’a été créé des autres de santé communautaire, mais en France, ces deux disciplines : santé publique et santé communautaire entrent encore peu dans le champ d’activité médicale.
I.3.3. L’évolution de la santé communautaire jusqu’à nos jours
L’évolution de la santé communautaire est liée à des expériences faites par les pays en voie de développement pour mettre sur pied des nouvelles façons d’assurer la distribution des soins de santé. L’OMS a pu classifier cette évolution en trois groupes de pays :
- Transformation du système à l’échelle nationale, cas de Chine, Cuba et Tanzanie y compris la Russie (pays socialiste et communiste) ;
- Extension du système déjà existant, cas de l’Iran, Niger et Venezuela y compris le Mali ;
- Développement communautaire local, cas de l’Inde, Indonésie, Guatemala et Pakistan.
L’évolution du concept santé communautaire par exemple en Chine avec des éléments comparables qui ne s’appelaient pas aux termes santé ou médecine communautaire. C’est ainsi qu’en 1976, les analyses de Donnangelo et de Pereira tant en Chine qu’ailleurs soulignent la participation communautaire, l’existence de médecine de pieds nus et intégrant des couches sociales dans le système de soins de santé.
L’Amérique latine notamment en 1955, en Colombie, il y eut un projet de santé communautaire dans les bidonvilles.
En Afrique subsaharienne, le cache africain de développement sanitaire adopté en 1983 au Comité Régional par les Ministres de la santé fut la toile de fond de la santé communautaire de tous les pays membres de l’OMS-Afrique. Ce cache fut l’interprétation régionale de la conception santé communautaire et de l’approche des soins de santé primaires.
Il fait appel à un processus mettant l’accent sur les initiatives et les interventions de santé communautaire au niveau local, intermédiaire ou régional et central du système de santé.
Le cache africain de santé communautaire ou du développement sanitaire bénéficie d’un soutien sans faille de la part des chefs d’Etats et de Gouvernements de l’Union Africain, ex OUA dans la déclaration intitulée « Santé, base du développement », adoptée à Addis-Abeba en 1987.
Les gouvernements ont aussi approuvé en 1987 l’initiative de Bamako qui vise à renforcer les soins de santé primaires par les activités de santé communautaire comme ventilation fonctionnelle de l’objectif de la santé pour tous.


En 1990, grâce au groupe de travail dont nous avons fait partie tous spécialistes en santé publique et des sciences sociales, nous avons pu imposer les pistes théoriques et pratiques aux étudiants pour la santé communautaire, étant discipline et art. Du 04 au 06 septembre 1992, il eut une conférence internationale sur la santé communautaire en Afrique, au Congo Brazzaville, laquelle fournit l’occasion de souligner les initiatives communautaires en matière de prévention du SIDA, des SSP et des financements communautaires.
Aujourd’hui, en République Démocratique du Congo, la santé communautaire est effective d’une part comme orientation avec toutes les sections et départements dans les universités et instituts supérieurs dont l’ISTM et d’autres parts des « sanitologues » communautaires sont déjà sur terrain (Prosaco) dans les zones et Districts sanitaires et à tous les niveaux.
I.4. Approches et Démarches méthodologique et but de santé communautaire
I.4.1. Approche et démarche méthodologique de santé communautaire
La santé communautaire est un domaine de pratique de santé publique et de recherche de système de santé dont l’objet concerne les interventions qui portent sur les déterminants de la santé.
Sa recherche ou sa démarche méthodologique s’appuie sur l’approche populationnelle, qui cible des populations, des groupes ou des communautés. Elle porte sur la compréhension des modes d’influence des déterminants de la santé comme nous l’avons déjà dit et de l’effet de leurs interactions, sur l’élaboration d’interventions nouvelles, sur le développement des stratégies appropriées pour leur mise en œuvre et sur l’évaluation de leur efficacité et de leur impact sur la santé de la population.
Les objets d’étude comprennent :
A. L’analyse des problèmes de santé, leur évolution et leurs conséquences en rapport avec les caractéristiques des populations touchées ;
B. L’identification et la compréhension des déterminants de la santé d’une population ;
C. L’élaboration, l’expérimentation et l’évaluation des stratégies d’intervention efficaces et adaptées aux situations et aux besoins cernés.
Pour bien préciser, l’approche communautaire en santé publique vise à analyser les problèmes de santé d’une population avant d’aboutir à une programmation et à une évaluation des actions de santé communautaire en associant la population à toutes les étapes du processus.

Les fondements de cette approche reposent sur un constat, lorsque le médecin ou le Prosaco, l’Etat ou les médias délivrent une information décrivant les risques d’une conduite et la façon de s’en prévenir, le public ne reçoit que passivement cette information.
Des nombreuses recherches ont montré que l’individu retient mieux les informations qui le confortent dans son comportement et qu’il a tendance à fuir, les informations qui vont à son encontre. S’il n’existe que cette sélection d’information, tout changement de comportement serait impossible. Mais il est utopique de s’imaginer de n’être exposé qu’à des messages réconfortants, ce qui explique qu’une dynamique de changement puisse se créer.


D’autres recherches ont montré que les messages sont d’autant plus facilement acceptés par une population qu’ils sont relayés par des personnes de l’entourage assez proche auquel on peut se fier.
En 1965, Lewin a montré dans ses travaux que les comportements encrés dans une tradition sociale et culturelle sont difficiles à modifier pour un individu qui reçoit isolement les informations de prévention. En revanche, si les mêmes informations sont apportées dans le cadre des débats de groupes, où des personnes expriment leurs opinions, leurs résistances leurs émotions , ou l’ensemble du groupe transforme ses normes, une dynamique de changement durable peut se mettre en place.
Ce mode d’approche est celui de la santé communautaire, où la démarche implique une réflexion en commun, l’expression de la participation de groupes dont les caractéristiques socio-culturelles sont prises en compte. D’où les approches méthodologiques en santé communautaire sur le plan pratique se subdivisent en deux démarches fondamentales à savoir :
- La démarche méthodologique basée sur les problèmes de santé considérés par le professionnel de santé communautaire (Prosaco) ;
- La démarche méthodologique basée sur les problèmes ressentis par la population ou la communauté elle-même.




1. Démarche méthodologique basée sur les problèmes de santé considérés par le professionnel de santé communautaire
Les problèmes de santé considérés par le professionnel de santé communautaire sont évalués selon deux mesures :
a. La gravité : une maladie ou un problème de santé est dit grave lorsqu’il est mortel ou entraîne l’incapacité ou la destruction de la communauté.
b. La fréquence : c’est le nombre des cas, elle est exprimée par l’incidence et la prévalence.
- L’incidence : c’est le nombre des nouveaux cas enregistrés par rapport à la population pendant une période donnée (en principe une année) ;
- La prévalence : c’est le nombre des nouveaux et d’anciens cas existant dans une population pendant une période donnée.
Ici le professionnel visé est plus l’agent de santé communautaire ou le professionnel de santé communautaire qui, jadis, s’appelait officier de santé c'est-à-dire ceux sans titre du docteur dans les pays francophones et en France (1892).
Dans la perspective de la santé communautaire et des soins de santé primaires, l’agent de santé est un professionnel de santé qualifié qui vit au sein de la communauté et qui travaille en équipe de santé de la zone, district ou province voir programme de santé.
Toutefois, les catégories d’agents de santé communautaire varient d’un pays à un autre. L’OMS et le PNUD ont retenus les critères de choix de l’agent de santé de santé communautaire formé par le Prosaco suivants :
- La fréquence des maladies, démarche de la population ;
- Danger pour l’individu et la collectivité ;
- Possibilité technique d’action et conséquences économiques du problème.
Un agent de santé communautaire peut être aussi un animateur spécialement formé par le Prosaco ou équipe cadre pour aider une communauté locale à prendre en main ses… et à trouver les solutions en collaboration avec le Prosaco, avec le professionnel de santé publique ou communautaire.
2. Démarche méthodologique des problèmes ressentis par la population
C’est par la perspective ou l’image que la population se fait d’un problème de santé et des services ou l’initiative locale de développement sanitaire par exemple un projet de santé sur un quartier dans les dispositifs d’un contrat de ville, c’est avant tout identifier quelles sont les préoccupations de santé des habitants et des professionnels dans le but de mettre en place des actions collectives avec la population pour en améliorer certains points.



Pour connaître de façon aussi précise que possible les préoccupations de la population, une enquête peut être réalisée ; celle-ci aura à questionner non seulement les professionnels, mais aussi les chefs des familles, les enfants des écoles et les jeunes du quartier, bref, la communauté toute entière.
Ainsi, dans la démarche de santé communautaire, l’enquête interrogera la perception de leur état de santé, les préoccupations prioritaires de santé et le sentiment sur la vie dans le quartier, les logements et l’environnement (voir le diagnostic communautaire dans ce cours).
3. Les moyens de résolution des problèmes de santé
La démarche méthodologique en santé communautaire pour assurer la promotion de la santé nous exige de sortir des hôpitaux, des centres de santé pour aller vers la population soit par recensement sanitaire ou les visites domiciliaires. Mais, sur le plan pratique, trois matériaux principaux nous permettent d’y arriver :
- La technique ou technologie sanitaire ;
- La communication en santé ou éducation pour la santé ;
- La compétence et attitude médico-sanitaire du professionnel de santé communautaire.






a. La technologie sanitaire
En santé communautaire, les paliers essentiels de la barrière pour la promotion sanitaire sont les techniques sanitaires dont notamment l’épidémiologie et prophylaxie, la nutrition-diététique, l’hygiène et salubrité, la protection maternelle et infantile, PTME, PCIME, l’immunisation, la planification et management, l’économie et sociologie de la santé, santé publique et communautaire, santé de la reproduction et des groupes spécifiques, la bio statistique, etc.
Nous les techniciens en santé seuls, on n’est qu’une roue de l’automobile, insuffisante, comme un tronc d’arbre sans latte pour constituer le parapet. Il faut changer les conditions de vie et les comportements nuisibles à la santé communautaire.
b. La communication en santé et l’éducation pour la santé
L’éducation, l’information et la communication et le deuxième marteau nécessaire pour la promotion de la santé communautaire ; grâce à elle, comme nous l’avons souligné avec Lewin, on arrive à changer les comportements de la population (voir le cours de communication en santé et de l’éducation pour la santé).
Une population ou une communauté est responsable sanitairement lorsqu’elle à un degré de connaissance et d’information dans le domaine de la protection et de la promotion sanitaire et prend conscience, participe activement. La communication ou la mobilisation sociale, la communication pour le changement de comportement et le plaidoyer ainsi que les médias renforcent la conscience de la population et lui donne une impulsion d’agir. Elle donne la force aux techniques de santé et aide la communauté à être consciente et capable d’abandonner les mauvaises habitudes et à prendre des bonnes habitudes favorables à la santé.
c. La compétence et attitude médico-sanitaire du professionnel de santé communautaire
En santé communautaire, la technologie sanitaire, la communication ou l’éducation pour la santé en elles-mêmes ne suffisent pas pour arriver à promouvoir le santé de la communauté, il faut un troisième matériau qui est la compétence et attitude médico-sanitaire du professionnel de santé et de l’agent de santé communautaire.
Il s’agit d’avoir un professionnel réellement qualifié dans le domaine de santé communautaire et ayant le sens d’éthique et déontologie appliquée en santé publique et communautaire. La population ne collabore ou ne participe aux activités que si elle est respectée et se sent considérée.
Un projet de santé communautaire est un espace de réajustement des rôles et des compétences de chacun, dans la mesure où le projet sous entend la négociation, l’apprentissage et la participation communautaire.
Selon le Docteur MAZARS (1988), pour résoudre un problème de santé il faut avoir les ressources ou les moyens matériels, financiers, humains et techniques permettant de mettre en œuvre un programme de santé et en réaliser les objectifs. Mais nous y ajoutons qu’il est nécessaire d’avoir les compétences et éthique professionnelles, car les ressources peuvent être limitées.
En effet, on peut identifier trois approches méthodologiques des moyens de résolutions des problèmes de santé de la communauté :




1. Les moyens proposés par le professionnel de santé qualifié ou compétent
Cette approche tient compte de deux facteurs :
a. L’efficacité : un moyen est efficace quand il résout le problème qu’il était supposé résoudre
b. La faisabilité : un moyen est faisable lorsqu’on peut le faire, on tient compte de :
- La disponibilité : locale des ressources permettant de mettre en œuvre ce moyen, cela veut dire qu’on doit toujours trouver localement des ressources ;
- Le coût : si les moyens de résoudre un problème de santé, si le coût est très cher, la population ne peut pas le payer (c’est le problème de l’accessibilité financière) ;
- La simplicité de la technique : une technique compliquée est difficile à réaliser.
2. Les moyens acceptables par la population
Ici en santé communautaire, on fait appel à la notion de l’acceptabilité, on ne peut pas robotiser ou imposer une technique ou une pratique sanitaire à la population, il faut que la technique, la qualité des services ou des mesures proposés par le professionnel de santé à la communauté correspondent à sa demande ou ses besoins.
Souvent la naissance d’un projet de santé communautaire repose le plus souvent sur la perception par les acteurs de santé ou d’institutions ou d’associations, le problème mal résolu, relatif soit à une catégorie de population, soit à une pathologie particulière.
La démarche méthodologique repose sur des données de cadrage, une revue de littérature et données de cadrage doivent être confrontées aux informations produites par/et dans les communautés elles-mêmes pour avoir les moyens acceptables par cette dernière.
3. Le degré d’attaque ou de vulnérabilité du problème de santé
C’est la possibilité de modifier ou de résoudre le problème de santé avec des moyens techniques efficaces, dans les conditions concrètes d’une situation, d’une population et des ressources disponibles avec le respect des normes d’éthique et des valeurs en vogue.
En santé communautaire on agit comme en santé publique, en terme de priorité et d’urgence, c'est-à-dire ce qui doit être réalisé avant toute autre chose. Cela étant, donne la combinaison des quatre critères permettant de résoudre les problèmes de santé :
- L’importance du problème et son degré d’attaque ou de vulnérabilité ;
- La conception et l’acceptabilité par la population.
Ceci étant, rend possible la limitation des ressources déterminées parce qu’il existe sur terrain. On établit des priorités selon les critères ci-haut, mais en plus, on doit déterminer les couches de la population qui sont le plus fréquemment touchées par les problèmes de santé. C’est ce qu’on appelle en santé publique et communautaire la population cible.




Les instances sanitaires internationales ont constaté statistiquement que la population cible ou la plus atteinte par les problèmes de santé, la morbidité et la mortalité élevée sont notamment les enfants en dessous de cinq ans d’âge, les femmes gravidiques et à l’âge de la procréation et les populations des zones des troubles flottantes, etc. pour lesquelles elles ont institué la PMI, PCIME, HCR, UNOPS, UNICEF, OMS, etc.


Schéma du problème et résolution sanitaire








Source : Prof Dr Robert KIKIDI : Problèmes de santé des pays en voie de développement, UPN, Kinshasa, 2007.
En résumé, la démarche méthodologique de la santé communautaire se base sur :
La priorité de la promotion de la santé au niveau local ou de la communauté et de la population cible ;
L’implication de tous les secteurs communautaires (intersectorialité ou particom) ;
L’intervention consiste en des projets après le diagnostic communautaire et acceptabilité communautaire


Schéma du comportement de la santé communautaire








Source : OMS-ICPHC/ALA/18.4,P.5

Etapes de la planification d’un projet ou programme de santé communautaire selon PINEAUL















Source : PINEAUL, 1981

I.4.2. Les buts de la santé communautaire
La santé communautaire est une nouvelle forme de contrôle social que les pays de l’ex-URSS appellent socialisme-communisme médico-sanitaire, voir la révolution sociale en santé publique, qui amène la révision des programmes et paragmes sanitaires tant au niveau mondial, régional que local, les buts de la santé communautaire sont notamment :
- Aider la communauté à avoir les meilleures conditions d’existence ;
- Réaliser le minimum de potentialité communautaire à son auto-promotion sociale et sanitaire ;
- Promouvoir la santé de la communauté par l’amélioration des conditions de vie de l’ensemble des groupes que nous appelons en santé publique « la maïeutique d’auto-promotion sanitaire ».
Dans cette perspective, les buts poursuivis en santé communautaire sont :
1. La promotion de la santé par l’auto-responsabilité ;
2. Le diagnostic communautaire en vue d’une prise en charge avec des soins curatifs ;
3. La protection collective et individuelle par la prophylaxie et mesures d’hygiène et salubrité y compris l’éducation pour la santé.



I.5. Principes et mots clés en santé communautaire
I.5.1. Principes de la santé communautaire
La santé communautaire dans sa démarche d’intervention a des principes suivants :
1. La démarche est communautaire, populationnelle
Il s’agit de ne pas promouvoir les initiatives individuelles, mais celles qui engagent la participation communautaire de la conception, planification, mise en œuvre, suivi et évaluation.
2. La participation est libre et responsable des membres de la communauté
Cela vise à l’ensemble du processus de l’initiative de la santé communautaire depuis l’identification des besoins jusqu’à l’évaluation en passant par le choix des moyens d’organisation, de programmation et la réalisation.
3. La mise en valeur et recherche à développer la créativité et la dynamique de la communauté
Cela permet à la communauté d’accéder à plus d’autonomie dans la gestion des ses affaires ou management de santé communautaire. En bref, les principes fondamentaux de santé communautaire définis en 1954 à CAMBRIDGE et élargis en 1960 par les Nations Unies sont :
a. Il faut aider les gens à s’aider eux-mêmes (l’auto-promotion)
b. Si possible, les initiatives doivent venir de la population (d’en bas)
c. Si non, on doit utiliser les méthodes adaptées à la communauté.

I.5.2. Quelques mots clés en santé communautaire
La lexicologie de santé communautaire nous permet d’élucider quelques mots de base utilisés en santé communautaire, il s’agit notamment de :

1. La promotion de la santé
Selon l’OMS (1984), c’est un concept en pleine évolution, qui désigne les actions visant à privilégier les modes de vies et les autres facteurs sociaux, économiques, environnementaux et personnels quoi contribuent à la santé. La promotion sanitaire étant la base de la santé communautaire, elle consiste à faire mieux prendre conscience des questions de santé et à permettre de faire face aux problèmes de santé en améliorant les connaissances des gens et en leur communicant des informations valables, à favoriser un régime alimentaire et un exercice physique appropriés ainsi qu’un sommeil suffisant, à donner à chacun une instruction et un emploi conforme à ses capacités physiques et mentales, à mettre à la disposition de tous un logement convenable et des installations d’approvisionnement en eau et d’assainissement adéquates, à, améliorer l’environnement physique et économique, culturel, psychologique et social.
Les activités de promotion de la santé peuvent être décidées et entreprises par des individus des familles, des communautés, des associations diverses, des professionnels de santé, l’Etat, des organisations non gouvernementales ou plusieurs de ces entités agissant de concert.



Sur le plan académique, la charte d’Ottawa du 21 novembre 1986 définit la promotion de la santé comme le processus qui confère aux populations les moyens d’assurer un plus grand contrôle sur leur propre santé, et d’améliorer celle-ci. Cette définition envisage la santé comme étant la mesure dans laquelle un groupe ou un individu peut, d’une part réaliser ses ambitions et d’autre part, évoluer avec le milieu ou d’adapter à celui-ci.
2. Protection sanitaire
Selon l’OMS (1984), la protection sanitaire suppose une défense contre les dangers qui peuvent menacer la santé par exemple le port de vêtements conçus pour le mauvais temps constituent un danger ou risque pour la santé.
La protection de la santé appelle la notion des risques en santé communautaire.
3. Risque pour la santé
L’OMS et UNOPS (2002) disent qu’un risque c’est un danger, un inconvénient plus ou moins prévisible. Selon nous, c’est aussi une mesure de la survenue d’un danger, d’un événement soudain, souvent non souhaité, c’est un dommage.
La notion de risque en santé communautaire comme en santé publique et en épidémiologie peut être utilisée dans une approche visant à mesurer les besoins individuels ou du groupe en matière sanitaire.
L’approche basée sur la notion du risque est un outil de santé communautaire permettant d’orienter le « sanitologue » ou l’agent de santé communautaire et déterminer avec elle les priorités ou les urgences.
Elle vise à l’amélioration, à l’évaluation et l’organisation de santé communautaire ou du système de santé et des initiatives locales de santé à la base répondant aux besoins ressentis par la collectivité en termes de facteurs de risque.
4. Les facteurs de risque pour la santé
En santé communautaire, la notion des facteurs de risque est d’ordre biologique, socio-culturel, environnemental, économique et politique, mais aussi liés aux services de santé et aux prestataires.
On peut dire que la notion de risque trouve son importance en santé publique et communautaire pour rendre un certain nombre de problèmes liés soit à expertise, d’un cas de maladie chez les personnes, au facteur de risque soit chez une communauté.
Ces facteurs de risque sont souvent classés de manière cyclique et on parle de mesure de la relation entre problème de santé et facteurs de risque. Les facteurs de risque correspondant sont :
1. Risque absolu (RA) ou incidence et danger direct de la maladie, de la mort ou de déterminants de la santé
Formule I =
2. Risqué relative (RR): ce sont des facteurs favorisant la cause de la maladie ou du problème de santé (prédisposition et exposition chez certains sujets)
Formule



3. Risque attribuable (RAT) ou facteurs étiologiques du risque (FER)

Formule
Exercice : Etablissez la relation de risque entre population de l’eau par le péril fécal entraînant la shigellose et la mortalité par collapsus cardio-vasculaire
Solution : RA = décès et collapsus cardio-vasculaire
RR = H20 polluée
RAT (FER) = Shigellose et péril fécal
5. Engagement communautaire
En santé communautaire, l’engagement communautaire est le terme qui désigne la participation active de tous les gens qui vivent ensemble au sein d’une organisation sociale quelconque, et si leur planification, leur mise en œuvre et leur contrôle à l’aide des ressources locales, nationales et autres sont cohérentes dans le cadre de l’engagement, les individus et les familles prennent en charge leur santé et leur bien être ainsi que ceux de la communauté et deviennent capables de contribuer à leur propre développement et à celui de la communauté.
6. Participation communautaire
En santé communautaire, le terme engagement communautaire est préférable à la participation qui suppose une identification plus profonde et plus personnelle des membres de la communauté avec les soins de santé primaires.

7. Action de santé
C’est une intervention de santé et cela se déroule à trois niveaux sur le plan de la santé communautaire :
1. La promotion de la santé relevant de la santé communautaire sur le plan épistémologique ;
2. La protection de la santé relevant de la santé publique ;
3. La restauration de la santé relevant de la médecine.
8. Agent de santé communautaire
C’est un terme générique désignant :
1. Le professionnel de santé qualifié qui vit au sein de la population comme déjà dit et qui travaille en équipe avec les autres agents du secteur de santé et du développement, c'est-à-dire le professionnel de santé communautaire en sigle « Prosaco ».
2. Représentant du premier point de contact avec la population, la communauté et avec les systèmes de santé, c'est-à-dire animateurs et relais communautaires.
Si l’on excepte d’une part les professionnels de santé spécialistes en santé communautaire, les omnipraticiens, les infirmiers et paramédicaux, les praticiens de la médecine traditionnelle ou tradi-praticiens, les agents de santé communautaire entrent dans la catégorie des personnels auxiliaires, bénévoles ou relais communautaires.
9. Equipe de santé
Selon l’OMS (1984), l’équipe de santé est un groupe de personnes poursuivant un objectif commun auquel chacun contribue selon ses propres compétences et aptitudes et en coordination avec les fonctions des autres membres de l’équipe.
10. Système de santé
C’est un ensemble des éléments interdépendants qui contribuent à la santé du foyer, dans les établissements d’enseignement, au travail, dans les lieux publics et dans les communautés en influent sur l’environnement physique et psychosocial, ainsi que dans le cadre du secteur de la santé et des secteurs connexes.
Un système de santé comporte normalement plusieurs niveaux qui vont de la périphérie, comme aussi sont les noms du niveau communautaire ou primaire, des soins de santé, au niveau central en passant par les niveaux intermédiaires de district ou régional selon les pays.
11. Contrôle social
Selon l’OMS (1984), le contrôle social suppose que les individus et les communautés en cause mènent à bien cette tâche, au niveau communautaire et autre, conformément aux traditions politiques, sociales, culturelles et administratives du pays.
12. Politique Nationale de santé
Pour améliorer la santé de sa population, chaque gouvernement responsable doit élaborer une politique nationale de santé, c’est à dire adopter une série des décisions concernant les actions à engager pour atteindre des buts bien définis en rapport avec l’amélioration de la situation sanitaire.
13. La situation sanitaire
C’est le niveau ou état de la santé de la population, mais elle a une acception plus large qu’état de la santé, car elle tient compte en outre des mesures sanitaires, des ressources consacrées à la santé, de l’appréciation de certains problèmes de santé à haut risque dans la communauté et de moyens de les résoudre.
14. Santé Publique
La santé publique est une science et art de prévenir la maladie, de prolonger la vie et de promouvoir la santé et l’efficience physique des individus par une action collective, visant à assainir le milieu, à lutter contre les maladies qui représentent une importance sociale, à enseigner à l’individu les règles de l’hygiène personnelle, l’objet final étant de permettre à chacun de jouir de son droit inné à la santé et à la longévité (Dr Winslow, 1920).
La santé publique peut être aussi définie comme étant à la fois :
1. Une philosophie ou un mode de pensée, une manière de concevoir les problèmes et les actions de santé, un mode d’approche holistique et pluridisciplinaire et bio sociale.
2. Un ensemble des techniques, des procédés ou des moyens d’identification et d’intervention en matière de santé, spécifiques et non spécifiques, voir intersectoriels.
3. Une manière ou une organisation selon laquelle on assure « les soins de santé », c'est-à-dire les règles et principes selon lesquels on mène les actions de santé, une stratégie ou même un système de soins, une organisation, planification, direction, coordination, suivi et évaluation de soins médicaux et para médicaux.
4. La santé publique étant la mère de toutes les disciplines qui s’occupent de la santé, des soins et le bien-être de la population à savoir : la médecine, le Nursing et les autres sciences paramédicales.

5. La santé publique est la synthèse de toutes les activités spécifiques et non spécifiques, médicales, para médicales, psychologiques, sociologiques, économiques, culturelles et autres ayant pour but de rétablir le maintien et de promouvoir la santé de la population.
La santé publique, traditionnellement recouvre essentiellement l’hygiène du milieu et la lutte contre les maladies transmissibles. Elle s’est progressivement élargie à partir de 1900 pour englober les soins médicaux individuels, l’objet de la médecine, puis la santé de la population, l’objet de la médecine sociale et l’état sanitaire de la collectivité, l’objet de la médecine et santé communautaire, les services de l’hygiène du niveau, objet de l’hygiène et salubrité et enfin les services sanitaires généraux et l’administration des services de soins, objet de management ou administration de la santé.
En fin, un programme complet de santé publique au sens moderne du terme comprend la promotion de la santé (amélioration du niveau de vie ou de la qualité de la vie), objet de la médecine et santé communautaire, la prévention, objet de l’hygiène et épidémiologie, les soins curatifs et la réadaptation, objet de la médecine classique et la pharmacie dans toutes leurs dimensions.
15. Soins de santé primaire (SSP)
Comme le souligne la conférence d’Alma-Ata (1978), les soins de santé primaires sont le moyen qui permettra d’instaurer la santé pour tous d’ici l’an 2000.



La même conférence définit les SSP comme des soins de santé essentiels rendus accessibles à un coût que le pays et la communauté puissent assurer et fonder sur des méthodes pratiques, scientifiquement valables et socialement accessibles. Tous les membres de la communauté doivent avoir accès et participer aux soins de santé primaires et il convient que les secteurs connexes y jouent un rôle au même titre que celui de la santé.
Les soins de santé primaires sont la cheville ouvrière et le foyer principal du système de santé d’un pays, le principal véhicule de prestation de santé ainsi que le premier échelon d’un réseau de protection sanitaire qui s’étend de la périphérie au centre et ils font partie intégrante du développement social et économique d’un pays (Voir cours de SSP).
Bref, les SSP sont défini comme une politique de santé communautaire élaborée au niveau internationale en vue de large consensus international en matière de santé publique des nations et surtout des pays sous-développés.



CHAPITRE II: LE DIAGNOSTIC COMMUNAUTAIRE ET INDICE D’EVALUATION DE LA SANTE COMMUNAUTAIRE
II.1. Qu’est-ce que le diagnostic communautaire ?
Au sens médical du terme, le diagnostic correspond à l’identification d’une maladie par l’examen clinique ou physique et par les examens para médicaux.
Quant au diagnostic communautaire, c’est une démarche systématique qui permet de cerner la situation et sur laquelle reposera le choix de l’intervention et des objectifs à poursuivre. Il est un instrument de santé communautaire ou de développement communautaire visant à modifier des situations problématiques, à concevoir et à conduire un processus de changement.
Le diagnostic communautaire est un instrument d’analyse des connaissances, mais aussi de changement, il constitue l’étape initiale d’une approche communautaire de santé permettant de mieux connaître la nature des dysfonctionnements au sein d’un groupe en s’intéressant aux origines de ceux-ci ; permettant également l’évaluation de la dynamique locale sur laquelle le travail de professionnels s’appuie.
Enfin, le diagnostic communautaire permet d’initier des processus de participation et de collaboration. Donc, avant l’action, avant la mise en œuvre des activités de santé dans une communauté donnée, il convient d’acquérir une connaissance suffisante des problèmes de ladite communauté.

C’est la connaissance, en effet, des tenants et des aboutissants de ces problèmes sanitaires, de leur origine historique ou culturelle, de la manière dont ils se présentent et de la manière dont ils sont perçus par la population.
II.2. Sur quoi porte le diagnostic communautaire ?
Le diagnostic communautaire porte notamment sur :
- Les besoins et problèmes de santé ;
- L’identification des ressources ;
- Les déterminants de santé ;
- Les valeurs culturelles et représentatives.
II.2.1. Les besoins et problèmes de santé
Le diagnostic communautaire a comme objectif premier d’apprécier et d’analyser la situation sanitaire d’un milieu donné. Il s’attache donc, dans un premier temps à déterminer l’étendue des problèmes, c'est-à-dire un état de santé jugé déficient par l’individu, par le professionnel de santé ou par la collectivité et des besoins, c'est-à-dire les écarts entre une situation vécue et une situation désirée de la communauté concernée.
II.2.2. L’identification des ressources
Le diagnostic communautaire amène du professionnel de santé communautaire à l’identification des ressources permettant de déterminer l’écart ou l’adéquation entre les services proposés et les besoins rencontrés, et donc, de définir jusqu’à quel point les besoins identifiés peuvent être satisfaits avec ou sans ressources additionnelles.


II.2.3. Les déterminants de santé
Le diagnostic communautaire permet à reconnaître les facteurs étiologiques et favorisant la santé ou les maladies dans la communauté. Les divers éléments pouvant influencer l’état de santé sont notamment :
- L’environnement social et économique ;
- L’environnement physique ;
- Le comportement et attitude de santé individuelle ;
- Les influences biologiques à savoir l’hérédité ;
- Le recours aux services de santé, etc.
II.2.4. Valeurs culturelles et représentation
Le diagnostic communautaire permet de connaitre les valeurs culturelles et représentations. Donc, associer les acteurs notamment les habitants, professionnels et institutionnels au processus de réflexion et d’action signifie en effet, qu’il est possible de confronter des points de vues et opinions parfois très divergents au sein même de la communauté, du territoire d’étude, dans un même milieu ; ces valeurs peuvent différer fortement en fonction de l’âge, du sexe ou du niveau de vie des individus, de la position sociale des acteurs, d’appartenance ethnique, religieuse et sociale.
II.3. Qui fait le diagnostic communautaire ?
Il y a d’une part les acteurs du diagnostic communautaire et d’autre part l’engagement communautaire.



II.3.1. Les Acteurs
Il y a trois grands types d’acteurs du diagnostic communautaire donc, lors de sa mise en œuvre :
- La population ou la communauté ;
- Les professionnels extérieurs de proximité ;
- Les institutions, partenaires politiques, techniques ou financiers.
II.3.2. L’engagement communautaire
Il s’agit de la participation active et conscientisation. En santé communautaire la participation ou mieux l’engagement communautaire est au cœur d’une pratique qui part des difficultés exprimées par une communauté, les considère dans leur complexité et leurs relations et cherche donc, des solutions avec la population.
L’autre élément de l’engagement communautaire est la conscientisation. Elle est un processus par lequel les hommes et les femmes des couches populaires s’éveillent à leurs réalités socio-culturelles, repère pour dépasser les allégations et les contraintes auxquelles ils sont soumis, s’affirment en tant que sujets, acteurs de leur devenir et conscients de leur histoire.
II.4. Aspects méthodologiques du diagnostic communautaire
Pour réaliser le diagnostic communautaire, il faut les approches méthodologiques suivantes :
- Le choix du territoire d’intervention
- La collecte des informations
- Les techniques.

II.4.1. Le choix du territoire d’intervention
Ici le diagnostic communautaire devra prendre en compte des ensembles géographiques épidémiologiquement ou sociologiquement pertinents pour mettre en œuvre des actions cohérentes, mais aussi pousser les différents acteurs à imaginer d’autres modes de gestion.
II.4.2. La collecte des informations
Un diagnostic communautaire sur la santé peut se résumer, dans certains cas, à une enquête épidémiologique dont l’objet est de collecter un maximum des données existantes en bio states ou en sondage sur l’état sanitaire d’une communauté ; un certain nombre d’indicateurs purement sanitaires ou de type sociodémographique permettent ainsi de dresser le portrait type d’une population selon l’âge, le sexe, la nationalité, la croissance démographique, la migration, la fécondité, le revenu moyen, le chômage, la pauvreté, la scolarité, etc.
Un diagnostic communautaire approfondi nécessite donc, outre l’approche épidémiologique, des recherches de type psychosociologiques ; ces deux approches sont largement complémentaires. Elles permettent de combiner des mesures qualitatives qui reflètent les problèmes rencontrés, le vécu des habitants, des sentiments et des angoisses exprimés et de la représentation de chacun quant à son environnement.
II.4.3. Les techniques
Les techniques utilisées pour la réalisation du diagnostic communautaire intègrent les éléments constitutifs d’approches diverses, épidémiologiques, sociologiques ou anthropologiques :

1. L’approche par indicateurs ou indices d’identification des populations les plus vulnérables ;
2. L’estimation par extrapolation en réalisant une généralisation des taux obtenus au niveau d’une plus grande unité ;
3. L’approche par enquête pour produire des nouvelles données sur la population ;
4. L’approche par consensus comme des focus group, Interview individualisée, etc.
II.5. Pourquoi faire le diagnostic communautaire ?
Le diagnostic communautaire permet de :
- Initier l’action
- Eclairer l’action
- Prévoir l’évaluation
- Interroger la société.
II.5.1. Initier l’action
Dès lors qu’il enclenche la dynamique de participation et d’interactions entre les différents acteurs, le diagnostic communautaire constitue déjà, en lui-même, le vecteur des pratiques nouvelles.
Le diagnostic constitue, en fait, la force motrice d’un processus dont les éléments interagissent les uns par rapport aux autres.



II.5.2. Eclairer l’action
Le diagnostic communautaire produit également de la connaissance sur un milieu donné. Cette connaissance permettra de définir les axes prioritaires d’intervention dans ce même milieu.
Après avoir identifié les problèmes et besoins spécifiques, l’analyse des données recueillies débouchera sur la détermination des besoins prioritaires.
II.5.3. Prévoir l’évaluation
Les solutions dégagées et les actions mise en œuvre à la suite d’un diagnostic communautaire feront l’objet d’une évaluation, soit une comparaison entre les objectifs poursuivis et les retombées concrètes de l’action sur terrain.
II.5.4. Interroger la société
S’il a pour objet d’initier et d’éclairer une action sociale orientée vers le changement, le diagnostic communautaire de santé semble bel et bien constituer la première étape d’un processus d’intervention des structures sociales en place.
II.6. Indices d’évaluation de la santé communautaire
II.6.1. Qu’entend-on par indice d’évaluation de la santé communautaire ?
Les indices d’évaluation de la santé communautaire sont l
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Auteur : Prof. Dr.Robert KIKIDI

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COURS DE SANTÉ COMMUNAUTAIRE

Postée le: 13.08.2019
Ville : KINSHASA
Description

COURS DE SANTÉ COMMUNAUTAIRE

Dispensé par Prof. Dr. Robert KIKIDI MBOSO KAMA, Ph.D. en Santé publique , Management Spécialiste en Passation des Marchés Publics et 3eme Cycle en sociologie politiqueet criminologie

I. OBJECTIF DU COURS
I .1. Objectif général
Le cours de santé communautaire dispensé aux étudiants en licence santé communautaire a pour objectif général de leur transmettre les connaissances sures d’une part sur la compréhension des problèmes des déterminants des initiatives et activités de santé communautaire et d’autre part démontrer aux étudiants les différentes approches de participation communautaire de la conception, planification, mise en œuvre, suivi et évaluation des activités de santé communautaire, car la santé commence au sein de la famille et de la collectivité ou de la société, par conséquent, elle doit occuper une place centrale dans toutes les stratégies et programmes de santé avec la participation active de la communauté.

I.2. Objectifs spécifiques

A la fin de ce cours, l’étudiant doit être capable de :
- Définir le concept santé communautaire et ses mots clés, notamment la promotion sanitaire ;
- Connaître les rapports qui existent entre santé communautaire et les autres disciplines de la santé ;
- Connaître l’aperçu historique de la santé communautaire ;
- Connaître les buts et méthodologies de la santé communautaire ;
- Connaître comment s’effectue la participation communautaire ;
- Les déterminants de la santé communautaire ;
- Indices ou indicateurs d’évaluation de la santé communautaire ;
- Connaître les initiatives, organisations des activités et le diagnostic communautaire ;
- Connaître les fonds de santé communautaire
I.3. Méthodologie d’enseignement
- Cours magistral par le Professeur
- Travaux pratiques
- Jeux de rôle : liens de coopération chercheur-acteurs.

II. CONTENU DU COURS

CHAP I : GENERALITE SUR LA SANTE COMMUNAUTAIRE

I.1. Qu’est-ce que la santé communautaire ?
I.2. Rapport entre la santé communautaire et les autres disciplines sanitaires
I.3. Aperçu Historique de la santé communautaire
I.4. Approches méthodologiques et buts de la santé communautaire
I.5. Principes et mots clés en santé communautaire
CHAP II : LE DIAGNOSTIC COMMUNAUTAIRE ET INDICES D’EVALUATION DE LA SANTE COMMUNAUTAIRE
II.1. Qu’est-ce que le diagnostic communautaire ?
II.2. Sur quoi porte le diagnostic communautaire ?
II.3. Qui fait le diagnostic communautaire ?
II.4. Aspects méthodologiques du diagnostic communautaire
II.5. Pourquoi faire le diagnostic communautaire ?
II.6. Indices d’évaluation de la santé communautaire

CHAP III : PROMOTION SANITAIRE ET PARTICIPATION COMMUNAUTAIRE
III.1. Les théories sous-jacentes à la promotion sanitaire
III.2. Les origines de la promotion de la santé
III.3. La charte d’Ottawa pour la promotion de la santé
III.4. La participation ou engagement communautaire
III.5. L’élaboration d’un plan communautaire opérationnel






CHAP IV : LES INITIATIVES, ORGANISATION ET ACTIVITES DE LA SANTE COMMUNAUTAIRE

IV.1. Les initiatives de la santé communautaire
IV.2. Les organisations de la santé communautaire
IV.3. Les activités de la santé communautaire
IV.4. Les fonds de la santé communautaire

CHAP V : EXPERIENCES DE LA SANTE COMMUNAUTAIRE

V.1. Le traitement à l’Ivermectine® sous directives communautaires (IIDC)
V.2. Projet de SSP à TOKOMBERE au nord du Cameroun
V.3. Les scouts du pian


Chapitre I : Généralités sur la santé communautaire

I.1. Qu’est-ce que la santé communautaire ?

Pour mieux comprendre le concept santé communautaire, il s’avère nécessaire d’élucider les deux mots qui le composent ; à savoir :
- Santé
- Communauté
I.1.1. Qu’entendez-vous par la santé ?
Etymologiquement, le mot latin ״Sanitas״ et du Grec ״Sanus״ qui signifie sain, salubre, est à l’origine du mot santé, duquel vient aussi le mot Hygiène qui signifie déesse grecque de la santé ou du bien porter. Cela veut dire état de celui dont les fonctions ne sont troublées par aucune maladie.
C’est aussi dit la santé est un état d’équilibre harmonieux entre les différentes fonctions du corps et le bien heureux silence de nos organes. Cette définition semble être incomplète, car elle va vers les aspects biophysiques ou médicaux.
Mais, selon le préambule de la constitution de l’OMS du 07 avril 1949, la santé est définie comme :
1. Un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité ;
2. La possession du meilleur état de santé qu’il est capable d’atteindre constitue l’un des droits fondamentaux de tout être humain, quel que soit sa race, sa religion, ses opinions politiques, sa condition économique ou sociale ;
3. La santé de tous les peuples est une condition fondamentale de la paix du monde et de la sécurité, elle dépend de la coopération la plus étroite des individus et des Etats.
D’après ces définitions de l’OMS et dans la perspective communautaire, elle veut dire qui est en bonne santé tout individu ou communauté qui dispose des capacités physiques, mentales et sociales pour s’adapter à son environnement communautaire, sa situation d’existence totale, sa nature propre et sa propre orientation.
L’originalité du concept santé selon l’OMS réside dans sa dimension populationnelle, holistique et globale. C’est la raison pour laquelle Morley (1977) a défini la santé en l’illustrant par un bâtiment polyvalent dit santé globale résultant de la santé spirituelle comparée à un lieu de culte, de la santé physique semblable à une clinique et de la santé sociale comparée à un centre communautaire. Donc, la santé implique d’autres domaines, tant médical que du développement en général.
I.1.2. Qu’est-ce qu’une communauté ?
On entend étymologiquement par communauté qui vient du mot latin communis qui veut dire toutes choses, action à laquelle chacun peut participer, propre à plusieurs ou d’intérêt général.
Le concept communauté est un groupe de personnes vivant ensemble et partageant des intérêts, une culture ou un idéal commun : en d’autres termes, le concept communauté sur le plan épistémologique peut être utilisé sous le seul qualificatif communautaire russe qui suppose que chaque individu n’appartienne qu’à une seule communauté, partage les mêmes sentiments d’appartenance à une même entité humaine. Une communauté: un groupe d’individus liés par des intérêts, des aspirations et des systèmes de valeurs communs.
– Géographiques (village, quartier) – Temporaire (par exemple les jours ouvrables pour les ouvriers d’un atelier qui se sont organisés).
En santé, on définit souvent une communauté sur une base géographique, (quartier, groupe d’immeubles, etc.)
Selon nous, la communauté est un groupe des personnes qui habitent ensemble ou travaillent ensemble dans un même lieu ou organisation. Chaque individu peut par exemple appartenir à la communauté du village, du quartier, mais l’exercice d’une profession, d’un sport, d’une religion, etc. sont aussi des activités susceptibles de créer des pôles d’intérêt qui peuvent être considérés comme le support de communauté à part entière.
I.1.3. Concept santé communautaire
Plusieurs auteurs ont définis le concept santé communautaire, mais quelques définitions retiennent notre attention étant professeur spécialiste en santé publique et communautaire.
Ainsi né de la santé publique, le concept santé communautaire est plus restrictif, mais beaucoup plus précis que la santé publique qui est holistique.
Gwenola Lavassem (2005), défini la santé communautaire comme une stratégie possible de mise en œuvre de la promotion de la santé. Ses principales caractéristiques sont une base collective pur l’action ou les actions à construire (la communauté), d’identification collective des besoins, problèmes et ressources (diagnostic communautaire), la participation ouverte à tous les acteurs concernés (professionnels de santé, usagers, institutions, etc.).
Cornillop. P (1977), défini la santé communautaire comme la promotion, le maintien et le rétablissement de la santé des individus et de la collectivité par une action communautaire concertée. Cette définition implique la participation de tous (pouvoir publique, chercheurs, praticiens ou prestataires, la population ou leurs mandateurs.
Busnello et Brusat (1956), définissent la santé communautaire comme une approche ou démarche de prestation des soins de santé dans le but d’améliorer l’état de santé de la population par les mesures préventives, curative et de réadaptation y compris les mesures de l’amélioration de la situation socio-économique, politique et culturelle dans une équipe multidisciplinaire avec la participation active de la population et des services de soins de santé.
Selon nous, l’objet de la santé communautaire est le maintien et l’amélioration de la situation sanitaire par la résolution des problèmes de santé avec la communauté, pour la communauté et par la communauté en collaboration étroite avec les systèmes de santé et les systèmes socio-politiques voir les groupes sociaux organisés.
La santé communautaire recouvre un concept de responsabilisation de la communauté dans sa gestion des problèmes de santé. Elle inclut des méthodes de travail qui impliquent à tous les niveaux de l’action de santé: analyse, définition, réalisation, évaluation) la participation effective de la communauté.
Ceci dit, un projet de santé communautaire vient bien souvent se situer dans les failles d’un système institutionnel déjà en place ; c’est parce que le système ou institution de santé et leur personnel ne répondent pas aux problèmes identifiés par la communauté, ou qu’ils y répondent mal ou en partie sans participation effective de la communauté, que celle-ci se mobilise.
Pour que le projet puisse aboutir, il faut que les professionnels de santé communautaire (Prosaco) qui s’y engagent soient capables d’accepter de définir avec la communauté quels sont les problèmes à résoudre, et de coordonner leurs activités avec d’autres. Tel est l’objet de la santé communautaire.







A. Différence entre santé et santé publique
Composantes Saco Sapu
Démarche Locale (avec particom) la participation communautaire Collective, administrative et statutaire
Cibles Groupe d’individus ou communauté Population globale
Prestataires ou acteurs Population + Prosaco (Professionnels de santé) Professionnels de santé ou experts
But ou priorité Promotion de la santé communautaire Protection de la santé de collectivités
Source : Particom, OMS, 2007, P. 111.


B. Différence entre Saco, Sapu et Médecine
Composantes Santé communautaire Santé publique Médecine humaine
Cibles ou usagers Groupe d’individus (communauté) Population globale Individu
Soins de santé Continuité Périodicité Episodique
Choix Restreint Restreint Large
Accessibilité Facile (MABU) BAMU (plus ou moins difficile) Difficile (MAMU)
Démarche Diagnostic communautaire et visites Investigation et surveillance épidémiologique Diagnostic clinique, prescription et éducation sanitaire.
Source : FERREIRA P et ALL : Projete de sistema de saude communitaria, Rio, Grande do Sul, PP 8-12.

I.2. Rapport entre la santé communautaire et les autres disciplines sanitaires et médicales

La santé communautaire a un certain rapport avec d’autres disciplines sanitaires dont les plus remarquables sont notamment :
- La santé publique ;
- La médecine sociale et communautaire ;
- L’épidémiologie ;
- La sociologie de la santé ;
- L’hygiène sociale.
I.2.1. Rapport avec la santé publique
La santé publique se défini comme une science et un art de prévenir la maladie, de prolonger la vie et de promouvoir la santé et l’efficience physique des individus par une action collective, visant à assainir le milieu, à lutter contre les maladies qui représentent une importance sociale, à enseigner à l’individu les règles d’hygiène personnelle ; l’objet final étant de permettre à chacun à jouir de son droit inné à la santé et à la longévité (Dr Winslow, 1920).
En d’autres termes, la santé est la synthèse de toutes les disciplines et activités voir programmes spécifiques qui ont pour but de rétablir, de maintenir et de promouvoir la santé de la population, donc la santé communautaire est fille de la santé publique, elle fait partie intégrante de la santé publique. Mais la santé publique a l’approche collective et administrative tandis que la santé communautaire a l’approche locale participative.
I.2.2. Rapport avec la médecine sociale et communautaire
La médecine sociale dans son acception la plus étendue est l’étude des facteurs sociaux qui influent sur la santé ou déterminant de la santé ; en d’autres termes elle est la médecine de société, médecine communautaire ou de collectivité puisqu’elle consiste à étudier l’état de santé des maladies des populations en évaluant les besoins, en proposant des politiques conformes aux besoins et en établissant les priorités des soins médicaux ou de santé.



Ainsi, plusieurs auteurs soutiennent que la santé communautaire et la médecine communautaire voir le médecine sociale sont les mêmes approches de santé publique, tandis que l’OMS et d’autres « sanitologues » communautaires semblent expliquer partiellement que la médecine communautaire ou médecine sociale comme la santé communautaire sont utilisées de façon diversifiée, étant à la fois considérées comme synonymes et parfois comme approches différentes, car l’objet de la médecine sociale et communautaire est les maladies sociales dans la communauté, tandis que l’objet de la santé communautaire est la promotion, le maintien de la santé de groupes communautaires.
Mais retenons que ces deux disciplines sont complémentaires et parfois les composantes se compénètrent
I.2.3. Rapport avec l’épidémiologie
L’épidémiologie se défini littéralement comme une branche de la santé publique et de la médecine communautaire qui étudie les différents facteurs intervenant dans l’apparition, la propagation d’une maladie et leurs moyens de lutte. En d’autres termes, selon nous, l’épidémiologie est une branche de la santé publique et communautaire qui étudie la distribution, la fréquence et la répartition des maladies dans une communauté et les moyens prophylactiques.
Donc, l’épidémiologie fait partie intégrante et indispensable de la démarche de la santé publique et de la santé communautaire. Les bases théoriques et pratiques des méthodes épidémiologiques permettent de mieux connaître les causalités, les indicateurs de santé, le diagnostic et la surveillance de la santé de la communauté.



I.2.4. Rapport avec la sociologie de la santé
La sociologie de la santé ou médicale est l’étude des rapports réciproques entre la santé, la médecine et la société, elle fait partie intégrante de la médecine sociale et de la santé communautaire. Elle permet à ce que la santé publique et communautaire puisse comprendre le rôle de prestations des soins, l’engagement de la communauté et du système de soins de santé.
C’est la sociologie de la santé qui permet à la santé communautaire à mieux saisir les déterminants socio-politiques et culturels de la santé.
I.2.5. Rapport avec l’Hygiène sociale
L’hygiène sociale est une brancher de la santé publique et de l’hygiène générale qui étudie des mesures de protection de la population contre les grands fléaux socio-sanitaires, elle fait partie intégrante de la médecine sociale et de la santé communautaire, mais sa démarche sociale est plus prophylactique et épidémiologique de la résolution des vrais problèmes de santé de la communauté.
I.3. Aperçu historique de la santé communautaire
Les « sanitologues » que nous sommes, avons divisé l’histoire de la santé communautaire en trois étapes :
- Les prés requis de la santé communautaire
- L’apparition du concept santé communautaire
- L’évolution de la santé communautaire jusqu’à nos jours.



I.3.1. Les prés requis de la santé communautaire
Idée de santé communautaire sous cette appellation remonte à 1840 avec les mouvements de l’hygiène sociale, où les Etats s’intéressaient à la santé de la population de diverses manières depuis bien de temps les reculés.
Ces mouvements sanitaires ont mis au point des méthodes scientifiques pour appréhender les faits et sur les systèmes que les sociétés ont successivement mis en place pour protéger les membres contre les maladies. Ici on peut citer le Docteur ROCHOUX, maître de la chaîne d’hygiène à l’Université de Paris II en 1838, précurseur de l’hygiène sociale, puis il y a eu l’apparition de la médecine sociale en 1848 fondée par le sociologue Français Jules GUERIN, membre du parti socialiste français et de la société positiviste de l’un des pères fondateurs de la sociologie Auguste COMTE.
C’est de GUERIN que revient aussi les prés requis de la santé communautaire par l’appellation ou l’expression ‘‘Médecine Sociale’’ servi à qualifier le rapport entre la médecine, la santé et la société.
Petit à petit, l’idée de santé se forge sous l’appellation de médecine sociale et on avait coutume à l’époque de désigner l’ensemble des disciplines de la santé à assise communautaire ou traitant de la santé des populations à savoir santé publique, médecine sociale et communautaire, etc.
Il faut noter que le terme médecine sociale était aussi employé pour désigner la tradition humanitaire de la médecine, c'est-à-dire la médecine de collectivités, de la communauté, médecine des pauvres, des plus vulnérables.


En 1902, Marc INTIRE invente la sociologie Anglo-saxon médicale après avoir eu droit de cité dans les pays, dès 1951, avec les efforts de la communauté internationale sur l’éradication de certaines maladies épidémiques et endémiques, contagieuses dans le monde, on utilisa le terme « médecine sociale et communautaire » pour désigner une philosophie distributive des soins opposition à la médecine privée ou mercantiste.
L’OMS (WHO) souligne ainsi la nécessité d’établir les services de santé de base et de la prévention, la promotion de la santé, l’éducation sanitaire devront intégrer dans tous les services de santé de pays membres.
I.3.2. L’apparition du concept santé communautaire
C’est grâce aux travaux de l’OMS dans le souci de faire la promotion de la santé, une partie intégrante de programmes de santé des pays membres de l’OMS que la notion de santé communautaire va se dégager dans les recommandations de l’OMS. Ainsi, en 1969, l’OMS préconise que l’organisation gouvernementale d’un système de santé doit intégrer le volet préventif et curatif, promotionnel et la participation effective de la population.
C’est la raison pour laquelle trois pays développés à savoir les Etats Unis, l’Angleterre et le Canada, pays Anglo-saxon feront leurs la notion de santé communautaire. C’est précisément les années 1970 au Québec où pris naissance de l’expression santé communautaire pour désigner l’appellation de médecine communautaire des pays franco-lusophones et Allemands à cause des caractères jugés trop restrictifs par rapport aux recommandations de l’OMS sur les soins de santé de base, services communautaires de santé ou celui, plus tard, des soins de santé primaires.

C’est dans le rapport Schwinger déposé à l’Assemblée Nationale du Québec par la commission santé sur l’option de la santé globale de cette province en 1973, publie son article santé publique ou communautaire ; il marque déjà le choix de l’appellation soit santé publique, soit santé communautaire pour désigner les activités des professionnels de santé de l’hygiène appelés jadis publique.
Comme nous l’avons dit, la notion de santé communautaire toujours au Canada, Rochon et Turcotte entre 1975 et 1976, préférée à celle de médecine communautaire y compris le remplacement des autres appellationsa : Hygiène publique, santé publique, véhiculant selon lui des connotations péjoratives et négatives sans omettre sa volonté d’intégrer les autres professionnels dans l’équipe médicale dominée des médecins et infirmiers.
Aux Etats Unis, c’est vers les années 1960 qu’émerge les activités de santé communautaire sous l’appellation de médecine sociale, mais le concept santé communautaire est utilisé par Lathen en 1976. Elle englobe l’évaluation des besoins, la prestation des soins à des groupes cibles de la population. Il recommande les départements de médecine sociale et préventive d’adopter le nouveau nom de département de santé communautaire pour tourner les travaux de recherche vers les communautés.
Plusieurs autres soutiennent cette proposition notamment Smolensky en 1977, Stephen en 1979, etc.
En Angleterre, le protestantisme et la reforme démocratique déjà inspirés à ce pays la mise en place d’u système de santé national sous l’appellation « National Health Service (NHS) »où les soins de santé de qualité sont accessibles à tous et gratuits même dans le milieu rural, cela est dispensé par le spécialiste depuis les années 1974 et des conseils communautaires ont été installés.
Donc, l’approche de santé communautaire dans sa fraction sanitaire bien qu’à ce jour les controverses demeurent sur le concept « médecine communautaire et santé communautaire », dans les pays franco-lusophones, la santé communautaire est peu connue du corps médical, sauf dans les pays de l’ex-URSS où la santé communautaire reste la base de la formation et des activités dans les facultés et écoles de santé publique grâce à l’approche de SSP de la conférence d’Alma Ata en 1978.
En Belgique, à part à Liège et au Bruxelles où la santé communautaire est active, c’est dans les années 1960 que le groupe d’étude pour la réforme de la médecine a proposé les maisons médicales qui offrent à la fois des soins curatifs et préventifs de santé communautaire.
En Espagne, c’est dans les années 1980 qu’a été créé des autres de santé communautaire, mais en France, ces deux disciplines : santé publique et santé communautaire entrent encore peu dans le champ d’activité médicale.
I.3.3. L’évolution de la santé communautaire jusqu’à nos jours
L’évolution de la santé communautaire est liée à des expériences faites par les pays en voie de développement pour mettre sur pied des nouvelles façons d’assurer la distribution des soins de santé. L’OMS a pu classifier cette évolution en trois groupes de pays :
- Transformation du système à l’échelle nationale, cas de Chine, Cuba et Tanzanie y compris la Russie (pays socialiste et communiste) ;
- Extension du système déjà existant, cas de l’Iran, Niger et Venezuela y compris le Mali ;
- Développement communautaire local, cas de l’Inde, Indonésie, Guatemala et Pakistan.
L’évolution du concept santé communautaire par exemple en Chine avec des éléments comparables qui ne s’appelaient pas aux termes santé ou médecine communautaire. C’est ainsi qu’en 1976, les analyses de Donnangelo et de Pereira tant en Chine qu’ailleurs soulignent la participation communautaire, l’existence de médecine de pieds nus et intégrant des couches sociales dans le système de soins de santé.
L’Amérique latine notamment en 1955, en Colombie, il y eut un projet de santé communautaire dans les bidonvilles.
En Afrique subsaharienne, le cache africain de développement sanitaire adopté en 1983 au Comité Régional par les Ministres de la santé fut la toile de fond de la santé communautaire de tous les pays membres de l’OMS-Afrique. Ce cache fut l’interprétation régionale de la conception santé communautaire et de l’approche des soins de santé primaires.
Il fait appel à un processus mettant l’accent sur les initiatives et les interventions de santé communautaire au niveau local, intermédiaire ou régional et central du système de santé.
Le cache africain de santé communautaire ou du développement sanitaire bénéficie d’un soutien sans faille de la part des chefs d’Etats et de Gouvernements de l’Union Africain, ex OUA dans la déclaration intitulée « Santé, base du développement », adoptée à Addis-Abeba en 1987.
Les gouvernements ont aussi approuvé en 1987 l’initiative de Bamako qui vise à renforcer les soins de santé primaires par les activités de santé communautaire comme ventilation fonctionnelle de l’objectif de la santé pour tous.


En 1990, grâce au groupe de travail dont nous avons fait partie tous spécialistes en santé publique et des sciences sociales, nous avons pu imposer les pistes théoriques et pratiques aux étudiants pour la santé communautaire, étant discipline et art. Du 04 au 06 septembre 1992, il eut une conférence internationale sur la santé communautaire en Afrique, au Congo Brazzaville, laquelle fournit l’occasion de souligner les initiatives communautaires en matière de prévention du SIDA, des SSP et des financements communautaires.
Aujourd’hui, en République Démocratique du Congo, la santé communautaire est effective d’une part comme orientation avec toutes les sections et départements dans les universités et instituts supérieurs dont l’ISTM et d’autres parts des « sanitologues » communautaires sont déjà sur terrain (Prosaco) dans les zones et Districts sanitaires et à tous les niveaux.
I.4. Approches et Démarches méthodologique et but de santé communautaire
I.4.1. Approche et démarche méthodologique de santé communautaire
La santé communautaire est un domaine de pratique de santé publique et de recherche de système de santé dont l’objet concerne les interventions qui portent sur les déterminants de la santé.
Sa recherche ou sa démarche méthodologique s’appuie sur l’approche populationnelle, qui cible des populations, des groupes ou des communautés. Elle porte sur la compréhension des modes d’influence des déterminants de la santé comme nous l’avons déjà dit et de l’effet de leurs interactions, sur l’élaboration d’interventions nouvelles, sur le développement des stratégies appropriées pour leur mise en œuvre et sur l’évaluation de leur efficacité et de leur impact sur la santé de la population.
Les objets d’étude comprennent :
A. L’analyse des problèmes de santé, leur évolution et leurs conséquences en rapport avec les caractéristiques des populations touchées ;
B. L’identification et la compréhension des déterminants de la santé d’une population ;
C. L’élaboration, l’expérimentation et l’évaluation des stratégies d’intervention efficaces et adaptées aux situations et aux besoins cernés.
Pour bien préciser, l’approche communautaire en santé publique vise à analyser les problèmes de santé d’une population avant d’aboutir à une programmation et à une évaluation des actions de santé communautaire en associant la population à toutes les étapes du processus.

Les fondements de cette approche reposent sur un constat, lorsque le médecin ou le Prosaco, l’Etat ou les médias délivrent une information décrivant les risques d’une conduite et la façon de s’en prévenir, le public ne reçoit que passivement cette information.
Des nombreuses recherches ont montré que l’individu retient mieux les informations qui le confortent dans son comportement et qu’il a tendance à fuir, les informations qui vont à son encontre. S’il n’existe que cette sélection d’information, tout changement de comportement serait impossible. Mais il est utopique de s’imaginer de n’être exposé qu’à des messages réconfortants, ce qui explique qu’une dynamique de changement puisse se créer.


D’autres recherches ont montré que les messages sont d’autant plus facilement acceptés par une population qu’ils sont relayés par des personnes de l’entourage assez proche auquel on peut se fier.
En 1965, Lewin a montré dans ses travaux que les comportements encrés dans une tradition sociale et culturelle sont difficiles à modifier pour un individu qui reçoit isolement les informations de prévention. En revanche, si les mêmes informations sont apportées dans le cadre des débats de groupes, où des personnes expriment leurs opinions, leurs résistances leurs émotions , ou l’ensemble du groupe transforme ses normes, une dynamique de changement durable peut se mettre en place.
Ce mode d’approche est celui de la santé communautaire, où la démarche implique une réflexion en commun, l’expression de la participation de groupes dont les caractéristiques socio-culturelles sont prises en compte. D’où les approches méthodologiques en santé communautaire sur le plan pratique se subdivisent en deux démarches fondamentales à savoir :
- La démarche méthodologique basée sur les problèmes de santé considérés par le professionnel de santé communautaire (Prosaco) ;
- La démarche méthodologique basée sur les problèmes ressentis par la population ou la communauté elle-même.




1. Démarche méthodologique basée sur les problèmes de santé considérés par le professionnel de santé communautaire
Les problèmes de santé considérés par le professionnel de santé communautaire sont évalués selon deux mesures :
a. La gravité : une maladie ou un problème de santé est dit grave lorsqu’il est mortel ou entraîne l’incapacité ou la destruction de la communauté.
b. La fréquence : c’est le nombre des cas, elle est exprimée par l’incidence et la prévalence.
- L’incidence : c’est le nombre des nouveaux cas enregistrés par rapport à la population pendant une période donnée (en principe une année) ;
- La prévalence : c’est le nombre des nouveaux et d’anciens cas existant dans une population pendant une période donnée.
Ici le professionnel visé est plus l’agent de santé communautaire ou le professionnel de santé communautaire qui, jadis, s’appelait officier de santé c'est-à-dire ceux sans titre du docteur dans les pays francophones et en France (1892).
Dans la perspective de la santé communautaire et des soins de santé primaires, l’agent de santé est un professionnel de santé qualifié qui vit au sein de la communauté et qui travaille en équipe de santé de la zone, district ou province voir programme de santé.
Toutefois, les catégories d’agents de santé communautaire varient d’un pays à un autre. L’OMS et le PNUD ont retenus les critères de choix de l’agent de santé de santé communautaire formé par le Prosaco suivants :
- La fréquence des maladies, démarche de la population ;
- Danger pour l’individu et la collectivité ;
- Possibilité technique d’action et conséquences économiques du problème.
Un agent de santé communautaire peut être aussi un animateur spécialement formé par le Prosaco ou équipe cadre pour aider une communauté locale à prendre en main ses… et à trouver les solutions en collaboration avec le Prosaco, avec le professionnel de santé publique ou communautaire.
2. Démarche méthodologique des problèmes ressentis par la population
C’est par la perspective ou l’image que la population se fait d’un problème de santé et des services ou l’initiative locale de développement sanitaire par exemple un projet de santé sur un quartier dans les dispositifs d’un contrat de ville, c’est avant tout identifier quelles sont les préoccupations de santé des habitants et des professionnels dans le but de mettre en place des actions collectives avec la population pour en améliorer certains points.



Pour connaître de façon aussi précise que possible les préoccupations de la population, une enquête peut être réalisée ; celle-ci aura à questionner non seulement les professionnels, mais aussi les chefs des familles, les enfants des écoles et les jeunes du quartier, bref, la communauté toute entière.
Ainsi, dans la démarche de santé communautaire, l’enquête interrogera la perception de leur état de santé, les préoccupations prioritaires de santé et le sentiment sur la vie dans le quartier, les logements et l’environnement (voir le diagnostic communautaire dans ce cours).
3. Les moyens de résolution des problèmes de santé
La démarche méthodologique en santé communautaire pour assurer la promotion de la santé nous exige de sortir des hôpitaux, des centres de santé pour aller vers la population soit par recensement sanitaire ou les visites domiciliaires. Mais, sur le plan pratique, trois matériaux principaux nous permettent d’y arriver :
- La technique ou technologie sanitaire ;
- La communication en santé ou éducation pour la santé ;
- La compétence et attitude médico-sanitaire du professionnel de santé communautaire.






a. La technologie sanitaire
En santé communautaire, les paliers essentiels de la barrière pour la promotion sanitaire sont les techniques sanitaires dont notamment l’épidémiologie et prophylaxie, la nutrition-diététique, l’hygiène et salubrité, la protection maternelle et infantile, PTME, PCIME, l’immunisation, la planification et management, l’économie et sociologie de la santé, santé publique et communautaire, santé de la reproduction et des groupes spécifiques, la bio statistique, etc.
Nous les techniciens en santé seuls, on n’est qu’une roue de l’automobile, insuffisante, comme un tronc d’arbre sans latte pour constituer le parapet. Il faut changer les conditions de vie et les comportements nuisibles à la santé communautaire.
b. La communication en santé et l’éducation pour la santé
L’éducation, l’information et la communication et le deuxième marteau nécessaire pour la promotion de la santé communautaire ; grâce à elle, comme nous l’avons souligné avec Lewin, on arrive à changer les comportements de la population (voir le cours de communication en santé et de l’éducation pour la santé).
Une population ou une communauté est responsable sanitairement lorsqu’elle à un degré de connaissance et d’information dans le domaine de la protection et de la promotion sanitaire et prend conscience, participe activement. La communication ou la mobilisation sociale, la communication pour le changement de comportement et le plaidoyer ainsi que les médias renforcent la conscience de la population et lui donne une impulsion d’agir. Elle donne la force aux techniques de santé et aide la communauté à être consciente et capable d’abandonner les mauvaises habitudes et à prendre des bonnes habitudes favorables à la santé.
c. La compétence et attitude médico-sanitaire du professionnel de santé communautaire
En santé communautaire, la technologie sanitaire, la communication ou l’éducation pour la santé en elles-mêmes ne suffisent pas pour arriver à promouvoir le santé de la communauté, il faut un troisième matériau qui est la compétence et attitude médico-sanitaire du professionnel de santé et de l’agent de santé communautaire.
Il s’agit d’avoir un professionnel réellement qualifié dans le domaine de santé communautaire et ayant le sens d’éthique et déontologie appliquée en santé publique et communautaire. La population ne collabore ou ne participe aux activités que si elle est respectée et se sent considérée.
Un projet de santé communautaire est un espace de réajustement des rôles et des compétences de chacun, dans la mesure où le projet sous entend la négociation, l’apprentissage et la participation communautaire.
Selon le Docteur MAZARS (1988), pour résoudre un problème de santé il faut avoir les ressources ou les moyens matériels, financiers, humains et techniques permettant de mettre en œuvre un programme de santé et en réaliser les objectifs. Mais nous y ajoutons qu’il est nécessaire d’avoir les compétences et éthique professionnelles, car les ressources peuvent être limitées.
En effet, on peut identifier trois approches méthodologiques des moyens de résolutions des problèmes de santé de la communauté :




1. Les moyens proposés par le professionnel de santé qualifié ou compétent
Cette approche tient compte de deux facteurs :
a. L’efficacité : un moyen est efficace quand il résout le problème qu’il était supposé résoudre
b. La faisabilité : un moyen est faisable lorsqu’on peut le faire, on tient compte de :
- La disponibilité : locale des ressources permettant de mettre en œuvre ce moyen, cela veut dire qu’on doit toujours trouver localement des ressources ;
- Le coût : si les moyens de résoudre un problème de santé, si le coût est très cher, la population ne peut pas le payer (c’est le problème de l’accessibilité financière) ;
- La simplicité de la technique : une technique compliquée est difficile à réaliser.
2. Les moyens acceptables par la population
Ici en santé communautaire, on fait appel à la notion de l’acceptabilité, on ne peut pas robotiser ou imposer une technique ou une pratique sanitaire à la population, il faut que la technique, la qualité des services ou des mesures proposés par le professionnel de santé à la communauté correspondent à sa demande ou ses besoins.
Souvent la naissance d’un projet de santé communautaire repose le plus souvent sur la perception par les acteurs de santé ou d’institutions ou d’associations, le problème mal résolu, relatif soit à une catégorie de population, soit à une pathologie particulière.
La démarche méthodologique repose sur des données de cadrage, une revue de littérature et données de cadrage doivent être confrontées aux informations produites par/et dans les communautés elles-mêmes pour avoir les moyens acceptables par cette dernière.
3. Le degré d’attaque ou de vulnérabilité du problème de santé
C’est la possibilité de modifier ou de résoudre le problème de santé avec des moyens techniques efficaces, dans les conditions concrètes d’une situation, d’une population et des ressources disponibles avec le respect des normes d’éthique et des valeurs en vogue.
En santé communautaire on agit comme en santé publique, en terme de priorité et d’urgence, c'est-à-dire ce qui doit être réalisé avant toute autre chose. Cela étant, donne la combinaison des quatre critères permettant de résoudre les problèmes de santé :
- L’importance du problème et son degré d’attaque ou de vulnérabilité ;
- La conception et l’acceptabilité par la population.
Ceci étant, rend possible la limitation des ressources déterminées parce qu’il existe sur terrain. On établit des priorités selon les critères ci-haut, mais en plus, on doit déterminer les couches de la population qui sont le plus fréquemment touchées par les problèmes de santé. C’est ce qu’on appelle en santé publique et communautaire la population cible.




Les instances sanitaires internationales ont constaté statistiquement que la population cible ou la plus atteinte par les problèmes de santé, la morbidité et la mortalité élevée sont notamment les enfants en dessous de cinq ans d’âge, les femmes gravidiques et à l’âge de la procréation et les populations des zones des troubles flottantes, etc. pour lesquelles elles ont institué la PMI, PCIME, HCR, UNOPS, UNICEF, OMS, etc.


Schéma du problème et résolution sanitaire








Source : Prof Dr Robert KIKIDI : Problèmes de santé des pays en voie de développement, UPN, Kinshasa, 2007.
En résumé, la démarche méthodologique de la santé communautaire se base sur :
La priorité de la promotion de la santé au niveau local ou de la communauté et de la population cible ;
L’implication de tous les secteurs communautaires (intersectorialité ou particom) ;
L’intervention consiste en des projets après le diagnostic communautaire et acceptabilité communautaire


Schéma du comportement de la santé communautaire








Source : OMS-ICPHC/ALA/18.4,P.5

Etapes de la planification d’un projet ou programme de santé communautaire selon PINEAUL















Source : PINEAUL, 1981

I.4.2. Les buts de la santé communautaire
La santé communautaire est une nouvelle forme de contrôle social que les pays de l’ex-URSS appellent socialisme-communisme médico-sanitaire, voir la révolution sociale en santé publique, qui amène la révision des programmes et paragmes sanitaires tant au niveau mondial, régional que local, les buts de la santé communautaire sont notamment :
- Aider la communauté à avoir les meilleures conditions d’existence ;
- Réaliser le minimum de potentialité communautaire à son auto-promotion sociale et sanitaire ;
- Promouvoir la santé de la communauté par l’amélioration des conditions de vie de l’ensemble des groupes que nous appelons en santé publique « la maïeutique d’auto-promotion sanitaire ».
Dans cette perspective, les buts poursuivis en santé communautaire sont :
1. La promotion de la santé par l’auto-responsabilité ;
2. Le diagnostic communautaire en vue d’une prise en charge avec des soins curatifs ;
3. La protection collective et individuelle par la prophylaxie et mesures d’hygiène et salubrité y compris l’éducation pour la santé.



I.5. Principes et mots clés en santé communautaire
I.5.1. Principes de la santé communautaire
La santé communautaire dans sa démarche d’intervention a des principes suivants :
1. La démarche est communautaire, populationnelle
Il s’agit de ne pas promouvoir les initiatives individuelles, mais celles qui engagent la participation communautaire de la conception, planification, mise en œuvre, suivi et évaluation.
2. La participation est libre et responsable des membres de la communauté
Cela vise à l’ensemble du processus de l’initiative de la santé communautaire depuis l’identification des besoins jusqu’à l’évaluation en passant par le choix des moyens d’organisation, de programmation et la réalisation.
3. La mise en valeur et recherche à développer la créativité et la dynamique de la communauté
Cela permet à la communauté d’accéder à plus d’autonomie dans la gestion des ses affaires ou management de santé communautaire. En bref, les principes fondamentaux de santé communautaire définis en 1954 à CAMBRIDGE et élargis en 1960 par les Nations Unies sont :
a. Il faut aider les gens à s’aider eux-mêmes (l’auto-promotion)
b. Si possible, les initiatives doivent venir de la population (d’en bas)
c. Si non, on doit utiliser les méthodes adaptées à la communauté.

I.5.2. Quelques mots clés en santé communautaire
La lexicologie de santé communautaire nous permet d’élucider quelques mots de base utilisés en santé communautaire, il s’agit notamment de :

1. La promotion de la santé
Selon l’OMS (1984), c’est un concept en pleine évolution, qui désigne les actions visant à privilégier les modes de vies et les autres facteurs sociaux, économiques, environnementaux et personnels quoi contribuent à la santé. La promotion sanitaire étant la base de la santé communautaire, elle consiste à faire mieux prendre conscience des questions de santé et à permettre de faire face aux problèmes de santé en améliorant les connaissances des gens et en leur communicant des informations valables, à favoriser un régime alimentaire et un exercice physique appropriés ainsi qu’un sommeil suffisant, à donner à chacun une instruction et un emploi conforme à ses capacités physiques et mentales, à mettre à la disposition de tous un logement convenable et des installations d’approvisionnement en eau et d’assainissement adéquates, à, améliorer l’environnement physique et économique, culturel, psychologique et social.
Les activités de promotion de la santé peuvent être décidées et entreprises par des individus des familles, des communautés, des associations diverses, des professionnels de santé, l’Etat, des organisations non gouvernementales ou plusieurs de ces entités agissant de concert.



Sur le plan académique, la charte d’Ottawa du 21 novembre 1986 définit la promotion de la santé comme le processus qui confère aux populations les moyens d’assurer un plus grand contrôle sur leur propre santé, et d’améliorer celle-ci. Cette définition envisage la santé comme étant la mesure dans laquelle un groupe ou un individu peut, d’une part réaliser ses ambitions et d’autre part, évoluer avec le milieu ou d’adapter à celui-ci.
2. Protection sanitaire
Selon l’OMS (1984), la protection sanitaire suppose une défense contre les dangers qui peuvent menacer la santé par exemple le port de vêtements conçus pour le mauvais temps constituent un danger ou risque pour la santé.
La protection de la santé appelle la notion des risques en santé communautaire.
3. Risque pour la santé
L’OMS et UNOPS (2002) disent qu’un risque c’est un danger, un inconvénient plus ou moins prévisible. Selon nous, c’est aussi une mesure de la survenue d’un danger, d’un événement soudain, souvent non souhaité, c’est un dommage.
La notion de risque en santé communautaire comme en santé publique et en épidémiologie peut être utilisée dans une approche visant à mesurer les besoins individuels ou du groupe en matière sanitaire.
L’approche basée sur la notion du risque est un outil de santé communautaire permettant d’orienter le « sanitologue » ou l’agent de santé communautaire et déterminer avec elle les priorités ou les urgences.
Elle vise à l’amélioration, à l’évaluation et l’organisation de santé communautaire ou du système de santé et des initiatives locales de santé à la base répondant aux besoins ressentis par la collectivité en termes de facteurs de risque.
4. Les facteurs de risque pour la santé
En santé communautaire, la notion des facteurs de risque est d’ordre biologique, socio-culturel, environnemental, économique et politique, mais aussi liés aux services de santé et aux prestataires.
On peut dire que la notion de risque trouve son importance en santé publique et communautaire pour rendre un certain nombre de problèmes liés soit à expertise, d’un cas de maladie chez les personnes, au facteur de risque soit chez une communauté.
Ces facteurs de risque sont souvent classés de manière cyclique et on parle de mesure de la relation entre problème de santé et facteurs de risque. Les facteurs de risque correspondant sont :
1. Risque absolu (RA) ou incidence et danger direct de la maladie, de la mort ou de déterminants de la santé
Formule I =
2. Risqué relative (RR): ce sont des facteurs favorisant la cause de la maladie ou du problème de santé (prédisposition et exposition chez certains sujets)
Formule



3. Risque attribuable (RAT) ou facteurs étiologiques du risque (FER)

Formule
Exercice : Etablissez la relation de risque entre population de l’eau par le péril fécal entraînant la shigellose et la mortalité par collapsus cardio-vasculaire
Solution : RA = décès et collapsus cardio-vasculaire
RR = H20 polluée
RAT (FER) = Shigellose et péril fécal
5. Engagement communautaire
En santé communautaire, l’engagement communautaire est le terme qui désigne la participation active de tous les gens qui vivent ensemble au sein d’une organisation sociale quelconque, et si leur planification, leur mise en œuvre et leur contrôle à l’aide des ressources locales, nationales et autres sont cohérentes dans le cadre de l’engagement, les individus et les familles prennent en charge leur santé et leur bien être ainsi que ceux de la communauté et deviennent capables de contribuer à leur propre développement et à celui de la communauté.
6. Participation communautaire
En santé communautaire, le terme engagement communautaire est préférable à la participation qui suppose une identification plus profonde et plus personnelle des membres de la communauté avec les soins de santé primaires.

7. Action de santé
C’est une intervention de santé et cela se déroule à trois niveaux sur le plan de la santé communautaire :
1. La promotion de la santé relevant de la santé communautaire sur le plan épistémologique ;
2. La protection de la santé relevant de la santé publique ;
3. La restauration de la santé relevant de la médecine.
8. Agent de santé communautaire
C’est un terme générique désignant :
1. Le professionnel de santé qualifié qui vit au sein de la population comme déjà dit et qui travaille en équipe avec les autres agents du secteur de santé et du développement, c'est-à-dire le professionnel de santé communautaire en sigle « Prosaco ».
2. Représentant du premier point de contact avec la population, la communauté et avec les systèmes de santé, c'est-à-dire animateurs et relais communautaires.
Si l’on excepte d’une part les professionnels de santé spécialistes en santé communautaire, les omnipraticiens, les infirmiers et paramédicaux, les praticiens de la médecine traditionnelle ou tradi-praticiens, les agents de santé communautaire entrent dans la catégorie des personnels auxiliaires, bénévoles ou relais communautaires.
9. Equipe de santé
Selon l’OMS (1984), l’équipe de santé est un groupe de personnes poursuivant un objectif commun auquel chacun contribue selon ses propres compétences et aptitudes et en coordination avec les fonctions des autres membres de l’équipe.
10. Système de santé
C’est un ensemble des éléments interdépendants qui contribuent à la santé du foyer, dans les établissements d’enseignement, au travail, dans les lieux publics et dans les communautés en influent sur l’environnement physique et psychosocial, ainsi que dans le cadre du secteur de la santé et des secteurs connexes.
Un système de santé comporte normalement plusieurs niveaux qui vont de la périphérie, comme aussi sont les noms du niveau communautaire ou primaire, des soins de santé, au niveau central en passant par les niveaux intermédiaires de district ou régional selon les pays.
11. Contrôle social
Selon l’OMS (1984), le contrôle social suppose que les individus et les communautés en cause mènent à bien cette tâche, au niveau communautaire et autre, conformément aux traditions politiques, sociales, culturelles et administratives du pays.
12. Politique Nationale de santé
Pour améliorer la santé de sa population, chaque gouvernement responsable doit élaborer une politique nationale de santé, c’est à dire adopter une série des décisions concernant les actions à engager pour atteindre des buts bien définis en rapport avec l’amélioration de la situation sanitaire.
13. La situation sanitaire
C’est le niveau ou état de la santé de la population, mais elle a une acception plus large qu’état de la santé, car elle tient compte en outre des mesures sanitaires, des ressources consacrées à la santé, de l’appréciation de certains problèmes de santé à haut risque dans la communauté et de moyens de les résoudre.
14. Santé Publique
La santé publique est une science et art de prévenir la maladie, de prolonger la vie et de promouvoir la santé et l’efficience physique des individus par une action collective, visant à assainir le milieu, à lutter contre les maladies qui représentent une importance sociale, à enseigner à l’individu les règles de l’hygiène personnelle, l’objet final étant de permettre à chacun de jouir de son droit inné à la santé et à la longévité (Dr Winslow, 1920).
La santé publique peut être aussi définie comme étant à la fois :
1. Une philosophie ou un mode de pensée, une manière de concevoir les problèmes et les actions de santé, un mode d’approche holistique et pluridisciplinaire et bio sociale.
2. Un ensemble des techniques, des procédés ou des moyens d’identification et d’intervention en matière de santé, spécifiques et non spécifiques, voir intersectoriels.
3. Une manière ou une organisation selon laquelle on assure « les soins de santé », c'est-à-dire les règles et principes selon lesquels on mène les actions de santé, une stratégie ou même un système de soins, une organisation, planification, direction, coordination, suivi et évaluation de soins médicaux et para médicaux.
4. La santé publique étant la mère de toutes les disciplines qui s’occupent de la santé, des soins et le bien-être de la population à savoir : la médecine, le Nursing et les autres sciences paramédicales.

5. La santé publique est la synthèse de toutes les activités spécifiques et non spécifiques, médicales, para médicales, psychologiques, sociologiques, économiques, culturelles et autres ayant pour but de rétablir le maintien et de promouvoir la santé de la population.
La santé publique, traditionnellement recouvre essentiellement l’hygiène du milieu et la lutte contre les maladies transmissibles. Elle s’est progressivement élargie à partir de 1900 pour englober les soins médicaux individuels, l’objet de la médecine, puis la santé de la population, l’objet de la médecine sociale et l’état sanitaire de la collectivité, l’objet de la médecine et santé communautaire, les services de l’hygiène du niveau, objet de l’hygiène et salubrité et enfin les services sanitaires généraux et l’administration des services de soins, objet de management ou administration de la santé.
En fin, un programme complet de santé publique au sens moderne du terme comprend la promotion de la santé (amélioration du niveau de vie ou de la qualité de la vie), objet de la médecine et santé communautaire, la prévention, objet de l’hygiène et épidémiologie, les soins curatifs et la réadaptation, objet de la médecine classique et la pharmacie dans toutes leurs dimensions.
15. Soins de santé primaire (SSP)
Comme le souligne la conférence d’Alma-Ata (1978), les soins de santé primaires sont le moyen qui permettra d’instaurer la santé pour tous d’ici l’an 2000.



La même conférence définit les SSP comme des soins de santé essentiels rendus accessibles à un coût que le pays et la communauté puissent assurer et fonder sur des méthodes pratiques, scientifiquement valables et socialement accessibles. Tous les membres de la communauté doivent avoir accès et participer aux soins de santé primaires et il convient que les secteurs connexes y jouent un rôle au même titre que celui de la santé.
Les soins de santé primaires sont la cheville ouvrière et le foyer principal du système de santé d’un pays, le principal véhicule de prestation de santé ainsi que le premier échelon d’un réseau de protection sanitaire qui s’étend de la périphérie au centre et ils font partie intégrante du développement social et économique d’un pays (Voir cours de SSP).
Bref, les SSP sont défini comme une politique de santé communautaire élaborée au niveau internationale en vue de large consensus international en matière de santé publique des nations et surtout des pays sous-développés.



CHAPITRE II: LE DIAGNOSTIC COMMUNAUTAIRE ET INDICE D’EVALUATION DE LA SANTE COMMUNAUTAIRE
II.1. Qu’est-ce que le diagnostic communautaire ?
Au sens médical du terme, le diagnostic correspond à l’identification d’une maladie par l’examen clinique ou physique et par les examens para médicaux.
Quant au diagnostic communautaire, c’est une démarche systématique qui permet de cerner la situation et sur laquelle reposera le choix de l’intervention et des objectifs à poursuivre. Il est un instrument de santé communautaire ou de développement communautaire visant à modifier des situations problématiques, à concevoir et à conduire un processus de changement.
Le diagnostic communautaire est un instrument d’analyse des connaissances, mais aussi de changement, il constitue l’étape initiale d’une approche communautaire de santé permettant de mieux connaître la nature des dysfonctionnements au sein d’un groupe en s’intéressant aux origines de ceux-ci ; permettant également l’évaluation de la dynamique locale sur laquelle le travail de professionnels s’appuie.
Enfin, le diagnostic communautaire permet d’initier des processus de participation et de collaboration. Donc, avant l’action, avant la mise en œuvre des activités de santé dans une communauté donnée, il convient d’acquérir une connaissance suffisante des problèmes de ladite communauté.

C’est la connaissance, en effet, des tenants et des aboutissants de ces problèmes sanitaires, de leur origine historique ou culturelle, de la manière dont ils se présentent et de la manière dont ils sont perçus par la population.
II.2. Sur quoi porte le diagnostic communautaire ?
Le diagnostic communautaire porte notamment sur :
- Les besoins et problèmes de santé ;
- L’identification des ressources ;
- Les déterminants de santé ;
- Les valeurs culturelles et représentatives.
II.2.1. Les besoins et problèmes de santé
Le diagnostic communautaire a comme objectif premier d’apprécier et d’analyser la situation sanitaire d’un milieu donné. Il s’attache donc, dans un premier temps à déterminer l’étendue des problèmes, c'est-à-dire un état de santé jugé déficient par l’individu, par le professionnel de santé ou par la collectivité et des besoins, c'est-à-dire les écarts entre une situation vécue et une situation désirée de la communauté concernée.
II.2.2. L’identification des ressources
Le diagnostic communautaire amène du professionnel de santé communautaire à l’identification des ressources permettant de déterminer l’écart ou l’adéquation entre les services proposés et les besoins rencontrés, et donc, de définir jusqu’à quel point les besoins identifiés peuvent être satisfaits avec ou sans ressources additionnelles.


II.2.3. Les déterminants de santé
Le diagnostic communautaire permet à reconnaître les facteurs étiologiques et favorisant la santé ou les maladies dans la communauté. Les divers éléments pouvant influencer l’état de santé sont notamment :
- L’environnement social et économique ;
- L’environnement physique ;
- Le comportement et attitude de santé individuelle ;
- Les influences biologiques à savoir l’hérédité ;
- Le recours aux services de santé, etc.
II.2.4. Valeurs culturelles et représentation
Le diagnostic communautaire permet de connaitre les valeurs culturelles et représentations. Donc, associer les acteurs notamment les habitants, professionnels et institutionnels au processus de réflexion et d’action signifie en effet, qu’il est possible de confronter des points de vues et opinions parfois très divergents au sein même de la communauté, du territoire d’étude, dans un même milieu ; ces valeurs peuvent différer fortement en fonction de l’âge, du sexe ou du niveau de vie des individus, de la position sociale des acteurs, d’appartenance ethnique, religieuse et sociale.
II.3. Qui fait le diagnostic communautaire ?
Il y a d’une part les acteurs du diagnostic communautaire et d’autre part l’engagement communautaire.



II.3.1. Les Acteurs
Il y a trois grands types d’acteurs du diagnostic communautaire donc, lors de sa mise en œuvre :
- La population ou la communauté ;
- Les professionnels extérieurs de proximité ;
- Les institutions, partenaires politiques, techniques ou financiers.
II.3.2. L’engagement communautaire
Il s’agit de la participation active et conscientisation. En santé communautaire la participation ou mieux l’engagement communautaire est au cœur d’une pratique qui part des difficultés exprimées par une communauté, les considère dans leur complexité et leurs relations et cherche donc, des solutions avec la population.
L’autre élément de l’engagement communautaire est la conscientisation. Elle est un processus par lequel les hommes et les femmes des couches populaires s’éveillent à leurs réalités socio-culturelles, repère pour dépasser les allégations et les contraintes auxquelles ils sont soumis, s’affirment en tant que sujets, acteurs de leur devenir et conscients de leur histoire.
II.4. Aspects méthodologiques du diagnostic communautaire
Pour réaliser le diagnostic communautaire, il faut les approches méthodologiques suivantes :
- Le choix du territoire d’intervention
- La collecte des informations
- Les techniques.

II.4.1. Le choix du territoire d’intervention
Ici le diagnostic communautaire devra prendre en compte des ensembles géographiques épidémiologiquement ou sociologiquement pertinents pour mettre en œuvre des actions cohérentes, mais aussi pousser les différents acteurs à imaginer d’autres modes de gestion.
II.4.2. La collecte des informations
Un diagnostic communautaire sur la santé peut se résumer, dans certains cas, à une enquête épidémiologique dont l’objet est de collecter un maximum des données existantes en bio states ou en sondage sur l’état sanitaire d’une communauté ; un certain nombre d’indicateurs purement sanitaires ou de type sociodémographique permettent ainsi de dresser le portrait type d’une population selon l’âge, le sexe, la nationalité, la croissance démographique, la migration, la fécondité, le revenu moyen, le chômage, la pauvreté, la scolarité, etc.
Un diagnostic communautaire approfondi nécessite donc, outre l’approche épidémiologique, des recherches de type psychosociologiques ; ces deux approches sont largement complémentaires. Elles permettent de combiner des mesures qualitatives qui reflètent les problèmes rencontrés, le vécu des habitants, des sentiments et des angoisses exprimés et de la représentation de chacun quant à son environnement.
II.4.3. Les techniques
Les techniques utilisées pour la réalisation du diagnostic communautaire intègrent les éléments constitutifs d’approches diverses, épidémiologiques, sociologiques ou anthropologiques :

1. L’approche par indicateurs ou indices d’identification des populations les plus vulnérables ;
2. L’estimation par extrapolation en réalisant une généralisation des taux obtenus au niveau d’une plus grande unité ;
3. L’approche par enquête pour produire des nouvelles données sur la population ;
4. L’approche par consensus comme des focus group, Interview individualisée, etc.
II.5. Pourquoi faire le diagnostic communautaire ?
Le diagnostic communautaire permet de :
- Initier l’action
- Eclairer l’action
- Prévoir l’évaluation
- Interroger la société.
II.5.1. Initier l’action
Dès lors qu’il enclenche la dynamique de participation et d’interactions entre les différents acteurs, le diagnostic communautaire constitue déjà, en lui-même, le vecteur des pratiques nouvelles.
Le diagnostic constitue, en fait, la force motrice d’un processus dont les éléments interagissent les uns par rapport aux autres.



II.5.2. Eclairer l’action
Le diagnostic communautaire produit également de la connaissance sur un milieu donné. Cette connaissance permettra de définir les axes prioritaires d’intervention dans ce même milieu.
Après avoir identifié les problèmes et besoins spécifiques, l’analyse des données recueillies débouchera sur la détermination des besoins prioritaires.
II.5.3. Prévoir l’évaluation
Les solutions dégagées et les actions mise en œuvre à la suite d’un diagnostic communautaire feront l’objet d’une évaluation, soit une comparaison entre les objectifs poursuivis et les retombées concrètes de l’action sur terrain.
II.5.4. Interroger la société
S’il a pour objet d’initier et d’éclairer une action sociale orientée vers le changement, le diagnostic communautaire de santé semble bel et bien constituer la première étape d’un processus d’intervention des structures sociales en place.
II.6. Indices d’évaluation de la santé communautaire
II.6.1. Qu’entend-on par indice d’évaluation de la santé communautaire ?
Les indices d’évaluation de la santé communautaire sont l
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