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Société

Pillage des ressources financières: l’affaire « Congo hold-up » rebondit à travers une enquête ouverte par la justice belge contre M. Philippe de Moerloose

2022-06-15
15.06.2022
Diaspora
2022-06-15
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Publié en novembre 2021, le rapport sur l’affaire « Congo hold-up » continue de faire des révélations accablantes. La dernière personne à être poursuivie est le belge Philippe de Moerloose, accusé d’avoir vendu d'équipements à la RDC, à des prix exorbitants avoisinants plus de 742 millions USD.

En effet, suite aux révélations "Congo hold-up", la justice belge, à travers le Parquet national financier (PNF), a ouvert une enquête pour « corruption d’agents publics étrangers » visant l’homme d’affaires Philippe de Moerloose. L'une de 150 personnalités les plus riches de Belgique, Philippe de Moerloose est reproché d'avoir vendu pour 742 millions de dollars d’équipements à la République démocratique du Congo, à des tarifs exorbitants dans ses sociétés belges.

A en croire plusieurs sources, l’homme d’affaires Philippe de Moerloose, nominé au prix de « manager de l’année » en Belgique, ne s’est pas seulement enrichi en vendant aux autorités congolaises du matériel avec des marges bénéficiaires très largement supérieures à la moyenne, mais a également su profiter de la fiscalité avantageuse de certains paradis fiscaux, selon les révélations de « Congo hold-up ».

Ces sources révèlent que l'hôtel Pullman appartient à 50% à l'État congolais ; tandis que les 50% restants ont été vendus en 2010, à l’entrepreneur belge, Philippe de Moerloose, via une société établie dans l’un des paradis fiscaux les plus opaques du monde : les îles Vierges britanniques.

Le rapport de l’enquête « Congo hold-up » a aussi révélé que le groupe de Philippe Moerloose, spécialisé dans la distribution de matériel lourd (camions, tracteurs, engins miniers), prévoit de réaliser un milliard d'euros de chiffres d’affaires cette année. Il a été nominé en novembre pour la deuxième fois consécutive au prix du « manager de l'année » du magazine économique belge Trends. Mais cette success story, renseignent des sources concordantes, a été bâtie grâce à de gigantesques contrats surfacturés passés avec les autorités congolaises sous le règne de l’ancien président Joseph Kabila, qui a quitté le pouvoir en janvier 2019.

L’enquête « Congo Hold-up », basée sur la fuite de 3,5 millions de documents bancaires confidentiels, a aussi révélé que, Philippe Moerloose avait gagné des centaines de millions de dollars en RDC, en imposant des tarifs prohibitifs sur l’achat de ses engins de chantier et tracteurs, information que le concerné a démenti.

En outre, une grande partie des activités de Philippe de Moerloose passe par des sociétés belges, contrôlées par son groupe SDA Holding, basé à Wavre, dans le Brabant wallon. Dans le même ordre d’idées, cet entrepreneur belge a également facturé plus de cent millions de dollars à l’État congolais, par le biais des sociétés situées dans des paradis fiscaux.

A ce sujet, les documents de Congo Hold-up révèlent que sa société HMIE, domiciliée à Dubaï, aux Émirats arabes unis, a vendu en 2010 à l’État congolais pour 94 millions de dollars américains, « d’équipements » variés : des moulins à maïs, des corbillards et plus de 45 000 « bicyclettes de ville ». Les paiements ont été faits par la Banque centrale du Congo (BCC) sur un compte bancaire de HMIE en Suisse.

En 2012, la même société, HMIE qui dispose également d’une société-sœur aux îles Vierges britanniques, a livré sept millions de dollars d’équipements agricoles à une ferme appartenant à l’entourage de l’ancien président Joseph Kabila, qui les a payés avec l'argent de pots-de-vin chinois. Sur cet aspect, le clan Kabila a préféré gardé silence tandis que l’homme d’affaires Philippe Moerloose a dit ne pas connaître la provenance de cet argent.

A savoir

Plusieurs autres sources affirment que ce n’est pas la première fois que le nom de Philippe Moerloose apparait dans des affaires d’évasion fiscale, car il figurait aussi en 2016, dans les « Panama Papers », qui avaient révélé comment cet entrepreneur belge avait créé en juin 2004, une société offshore au Panama, dénommé Pangun Holdings Corporation. Cette dernière finançait des investissements dans le domaine de l’aviation en RDC.

Mêmement en France, où une enquête préliminaire pour "blanchiment aggravé de détournement de fonds publics" a été ouverte à Paris, après la plainte d'associations suite aux révélations du rapport "Congo Hold-Up" sur de possibles détournements de fonds publics.

Pour rappel, l’enquête « Congo Hold-up » publié en novembre dernier, pointe parmi les principaux responsables présumés de ces détournements, des membres de la famille biologique de l’ancien président Joseph Kabila et certains de ses associés les plus proches.

L’enquête est basée sur l’analyse de millions de documents bancaires et transactions qui ont fuité de la banque BGFI.
Forte de 3,5 millions de documents bancaires et davantage encore de transactions, l’enquête Congo Hold-up se nourrit de ce qui est, à ce jour, la plus importante fuite en provenance du continent africain. Elle révèle comment une banque commerciale, la BGFI, a été utilisée pour piller des fonds publics et des ressources naturelles de la RDC. Elle révèle, pour la première fois, les noms de ceux qui auraient participé de façon massive, à ce détournement des richesses d’un pays parmi les pauvres au monde.

Selon l’enquête, en cinq ans, la famille Kabila et ses associés ont détourné, avec la complicité de la BGFI, dont ils contrôlaient la filiale congolaise, 138 millions de dollars des caisses de l’État, grâce à des factures douteuses, des jeux d’écriture comptable, des transactions antidatées et, surtout, grâce à une société boite aux lettres dénommée Sud Oil.

En plus de pots-de-vin, la société Sud Oil aurait perçu ” une sorte de Taxe Kabila ” auprès de plusieurs institutions et entreprises publiques congolaises dont la Banque centrale du Congo (BCC), la Gecamines et le FONER (Fonds d’entretien routier). A cela s’ajoute le détournement de la paie de 925 casques bleus congolais opérant dans une mission de paix en Centrafrique, par le clan Kabila, à travers la BGFI.

 

José Wakadila
congo-press.com (MCP) / mediacongo.net
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