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Religion

Leicester : d’un match de cricket à des affrontements communautaires, retour sur un mois de tensions

2022-09-24
24.09.2022
2022-09-24
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Depuis un match remporté, fin août, par l’Inde face au Pakistan, des violences ont éclaté dans l’est de cette ville d’Angleterre. Au total, quarante-sept personnes ont été arrêtées depuis le début des échauffourées.

Depuis presque un mois, Leicester, une ville anglaise au nord-est de Birmingham, est le théâtre de violents affrontements entre des individus issus des communautés hindoue et musulmane. Depuis la victoire, le 28 août, à Dubaï, de l’équipe indienne de cricket sur celle du Pakistan, ces échauffourées ont atteint une intensité « sans précédent », selon le maire de la ville, les samedi 17 et dimanche 18 septembre, conduisant à l’arrestation de dix-huit personnes, d’après le quotidien britannique The Guardian.

La police a affirmé lundi avoir arrêté un total de quarante-sept personnes depuis le début des violences dans cette ville où hindous et musulmans cohabitent de manière pacifique depuis un demi-siècle. Ces violences ont fait la « une » de la presse en Inde et au Pakistan, mais ont été en partie éclipsées au Royaume-Uni par le deuil national qui a suivi la mort d’Elizabeth II.

Escalade des antagonismes communautaires

A la fin du mois d’août, les équipes nationales d’Inde et du Pakistan se sont rencontrées à Dubaï dans le cadre de la coupe d’Asie de cricket. Après la victoire indienne, des célébrations dans l’est de la ville de Leicester ont dégénéré, donnant lieu à des violences. Des rumeurs sur les réseaux sociaux font alors état de l’attaque d’un musulman, supporteur de l’équipe du Pakistan, par des hindous. Un porte-parole de la police locale affirmera plus tard que la victime était en fait sikhe et supportrice de la même équipe que ses agresseurs, celle de l’Inde. Mais le feu a déjà pris dans les communautés, qui s’accusent mutuellement de racisme et de persécutions.


Les joueurs de cricket indiens et pakistanais se saluent après un match à Dubaï, le 28 août 2022. ANJUM NAVEED / AP

Ces affrontements ont été particulièrement violents samedi soir et dimanche matin. Dans l’après-midi, un groupe d’hommes hindous ont été vus remontant Green Lane Road, une avenue d’un peu plus d’un kilomètre située dans l’est de Leicester, à proximité d’un temple hindou, et bordée de nombreux commerces détenus par des musulmans. La manifestation non déclarée avançait, selon des images consultées par le Guardian, au son du chant traditionnel Jai Shri Ram (« Gloire au seigneur Rama »). Salut informel ou signe d’adhésion à la foi hindoue en Inde, le chant a récemment été repris par des organisations hindoues aux velléités nationalistes, certaines perpétrant des violences contre les Indiens de confession musulmane.

Galvanisés par ces vidéos partagées sur les réseaux sociaux, des membres de la communauté musulmane de Leicester se sont à leur tour réunis sans autorisation. « On ne peut pas faire confiance à la police, nous devons défendre notre communauté nous-mêmes », ont justifié certains participants, cités par un témoin des événements au Guardian. De nombreuses images montrent ainsi une foule de personnes que des policiers tentent de contenir, barrant les rues physiquement, épaule contre épaule.

Un représentant des temples hindous de Leicester, Dharmesh Lakhani, a confirmé qu’un drapeau accroché au bâtiment du temple Shivalaya, sur Belgrave Road, a été retiré tandis qu’un autre a été brûlé par des manifestants. M. Lakhani a dénoncé des pratiques « inacceptables », tandis que l’organisation gestionnaire du temple s’est dite « choquée et attristée d’avoir été témoin d’un tel comportement » à Leicester.

La politique nationaliste du premier ministre indien en question

« La normalité à Leicester, ce sont de très bonnes relations entre les personnes de fois différentes », a affirmé le maire de la ville, Peter Soulsby, à la BBC. Interrogé par le Guardian, Gurharpal Singh, professeur émérite d’études sikhes et du Pendjab à l’université SOAS de Londres et chercheur invité à l’université de Leicester, confirme que la ville est un modèle de multiculturalisme. Toutefois, en plus de tensions sociales récentes consécutives notamment à la pandémie de Covid-19, la politique indienne et son « influence croissante [avec] la mobilisation par le BJP [le Bharatiya Janata Party ou Parti du peuple indien, de Modi] de la diaspora » ont modifié les équilibres de Leicester.

« Les tensions socio-économiques sous-jacentes existent, mais elles sont exacerbées par de petits groupes au discours communautaire », explique le professeur émérite au journal britannique. La polarisation entre les communautés hindoue et musulmane s’est largement accentuée sous le mandat de Narendra Modi, premier ministre indien dont le gouvernement est régulièrement accusé de mauvais traitements envers les minorités, principalement la communauté musulmane.

M. Modi, chef du gouvernement depuis 2014, dirige sous la bannière du BJP, considéré comme la branche politique du Rashtriya Swayamsevak Sangh (RSS), un groupe de volontaires ultranationalistes hindous dont Narandra Modi a été un jeune membre. L’organisation a été créée en 1925 pour mettre en œuvre l’hindutva (« hindouité » ou « indianité »), par laquelle certains aspects de la religion sont utilisés à des fins politiques, notamment pour faire de l’Inde, laïque depuis 1950, un Etat hindou.

Depuis 2014, le BJP et M. Modi ont réussi à mobiliser la diaspora indienne, notamment aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et en Australie. Bien que les expatriés n’aient pas le droit de vote, on leur prête des liens étroits avec les communautés restées en Inde.

Les élus locaux dénoncent « un problème national » et craignent une récupération politique

Alors que les affrontements ont largement dépassé le cadre sportif, les personnalités politiques locales craignent que le conflit dépasse les frontières de la ville. « Si nous ne parvenons pas à aller à la racine du problème, il va se répandre au-delà de Leicester ; le gouvernement doit intervenir », a notamment alerté une députée de Leicester East, Claudia Webbe.

Lundi, le Guardian a appris auprès de la police locale que près de la moitié des dix-huit personnes arrêtées le week-end des 17 et 18 septembre venaient de l’extérieur du comté. Pour le maire M. Soulsby, voilà une première preuve que des individus se rendent à Leicester exprès pour participer aux échauffourées. « Cela suggère que des personnes qui ont d’autres batailles à mener viennent à Leicester pour les mener. C’est pénible qu’ils choisissent de le faire dans notre ville. Nous revendiquons des relations apaisées entre nos communautés. »

M. Soulsby, comme Mme Webbe, pointe la responsabilité des réseaux sociaux dans l’escalade de violences. « J’ai vu un large échantillon de ce qui circule sur les réseaux sociaux : c’est très très très déformé et certains posts mentent complètement sur ce qu’il se passe actuellement entre les communautés » de Leicester, a dit le maire au Guardian. Et de réclamer que « les réseaux sociaux empêchent que la situation empire ».

Mme Webbe, qui a été élue députée du parti travailliste mais en a été exclue après des accusations de harcèlement, a demandé à la police de coordonner une réponse à l’échelle nationale et aux entreprises qui gèrent les réseaux sociaux d’intervenir.

L’élue locale a également appelé à lutter contre les idéologies d’extrême droite qui s’emparent de cette séquence de violences. En France, certains membres de Reconquête, le mouvement créé par Eric Zemmour, commentent ces affrontements sur Twitter en affirmant qu’ils trouvent leur origine dans le « grand remplacement », exhumant en guise de preuves d’anciens articles de presse désignant Leicester comme la ville « la plus ethniquement diverse » de la région.

Mardi matin, des leaders des communautés hindoue et musulmane se sont rassemblés devant une mosquée de la ville pour envoyer un message d’apaisement. Appelant à un arrêt immédiat de « la provocation et de la violence », ils ont condamné, selon une vidéo publiée par le journal local Leicester Mercury, des « attaques physiques contre des innocents », qui « ne font pas partie de nos croyances ».

Sandra Favier
Le Monde / MCP, via mediacongo.net
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