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Après le retrait de Kherson, la Russie a prévenu qu’elle ne renoncerait pas à ce territoire dont elle a décrété l'annexion. Pour autant, elle adopte actuellement une posture défensive, dont le but principal est de protéger la Crimée.
Même si Kherson reste à portée de tir des militaires russes, ces derniers ne pourront pas refranchir le Dniepr. Actuellement retranchée de l’autre côté du fleuve depuis la fuite de Kherson, l’armée russe cherche à empêcher une nouvelle offensive ukrainienne et à défendre la Crimée, annexée par la Russie en 2014. « Dans la stratégie du général russe, il s’agit de protéger essentiellement la Crimée. Donc il a installé des lignes défensives le long du Dniepr et les lignes défensives au nord de la Crimée, qui existaient auparavant, ont été renforcées », explique le général Dominique Trinquand, expert militaire et ancien chef de la mission militaire française auprès de l’ONU.
Un choix logique, estime-t-il, « parce qu’il y a peu de chance que les Ukrainiens soient capables de franchir le Dniepr de manière offensive là où les Russes l’ont franchi de façon rétrograde ».
« Peuvent-ils continuer à conquérir quelque chose ? »
Maintenant que la ville de Kherson, occupée par les soldats russes depuis plus de huit mois, a été reprise, il est temps, avec l’hiver qui approche, « pour chacun des belligérants de mesurer l’état de ses forces ». D’une part, les Ukrainiens sont-ils en capacité de lancer une nouvelle offensive vers le nord, en direction de la centrale nucléaire de Zaporijjia ? D’autre part, les Russes « doivent savoir s’ils ont la possibilité de tenir dans le Donbass, où ils avancent de manière sporadique, et s’ils sont capables de garder le territoire qu’ils ont conquis depuis le Dniepr jusqu’au Donbass ».
« Il faut qu’ils évaluent leur force et qu’ils sachent s’ils peuvent continuer à conquérir quelque chose, ou si c’est le moment où ils doivent entamer des négociations pour stabiliser les choses », analyse-t-il. Après la visite début novembre du conseiller américain à Kiev, les Ukrainiens, comme les Russes, se sont dit prêts à discuter tout en posant des conditions « inacceptables », remarque Dominique Trinquand.
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