
Provinces
Encore un livre blanc sur la tragédie dans l’est de la RDC dont le Régime rwandais est auteur apparent et sinistre metteur en scène. Et ses différentes rébellions-écrans, des acteurs, façon marionnettes. Au fond, vieille d’un quart de siècle, l’agression rwandaise a tout d’un axiome. Or, même un étudiant moyen en philosophie n’ignore pas qu’un axiome est de l’ordre de l’évidence.
Il n’y a donc pas matière à discutailler sur la belligérance de Kigali. Eu égard au nombre astronomique de morts au bas mot 5 millions-et aux dégâts incommensurables en termes de destruction de l’écosystème du Kivu, le mot « holocauste » ne serait pas emprunté, pas plus qu’il ne participerait d’un abus de langage ni d’une surenchère lexicale.
Il va donc sans dire que tout Congolais normalement constitué ne peut que souscrire au « J’accuse » du Gouvernement articulé hier à travers la publication du volume 2 du livre blanc. Le hic, c’est le so what. Car, c’est la énième fois que Kinshasa-tous pouvoirs confondus- étale, avec force preuves, les crimes des agresseurs rwandais et de leurs supplétifs congolais.
La question n’est plus de savoir si le Rwanda agresse la RDC. Cela est archi-connu. Les Congolais vivant dans les Kivus n’ont besoin ni de drones, ni de caméras infrarouges, ni de jumelles pour en avoir le cœur net. Ils subissent cette agression dans leur chair et en payent le plus lourd tribut qui soit : celui du sang.
Le curseur est plutôt à placer sur le « que faire » concrètement face à l’outrecuidance du Pouvoir Kagamé. Se plaindre est sans doute bien, mais agir c’est mieux. Meurtries et martyrisées, les populations de l’est attendent plutôt des actes que des plaintes et des complaintes. D’autant que la longue et pénible jurisprudence de cette guerre d’agression renseigne qu’adossé à ses protecteurs, Paul Kagamé n’est pas soluble dans le règlement pacifique du différend si différent il y a-, pas plus qu’il n’est sensible aux plaidoyers accusations articulés par les différents régimes qui se succèdent à Kinshasa.
Comment dans ces conditions faire l’économie de la légitime défense face à un homme qui a achevé de démontrer qu’il ne croit qu’au rapport de force dicté par la puissance du feu ? Comment continuer à réciter infiniment l’abc de la charte des Nations Unies et de l’UA vis-à-vis d’un régime qui se moque de tous les accords conclus sous les auspices de la « communauté internationale » ? Le chancelier et stratège militaire Bismarck disait que la diplomatie sans les armes, c’est comme la musique sans les instruments.
Serait-ce un peu fort de café d’ajouter que face au Rwanda, même le front médiatique sans soubassement militaire ne vaut pas un penny ? Du haut de 25 ans d’agression, la réponse est non.
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