
Economie
La coalition des organisations de la société civile pour le suivi des réformes et de l’action publique (CORAP) a organisé, mercredi 8 avril 2026, un atelier d’analyse consacré au projet de loi relatif à la mise en œuvre du projet Grand Inga.
Objectif : évaluer les forces et les faiblesses de ce texte afin de mieux garantir les intérêts nationaux et ceux des communautés locales.
Réunis autour de cette initiative, plusieurs acteurs de la société civile ont passé au crible les dispositions du projet de loi, soulevant à la fois des avancées notables et des insuffisances préoccupantes.
Parmi les points positifs relevés, figurent la volonté affichée d’encadrer juridiquement ce mégaprojet énergétique et de sécuriser les investissements. Toutefois, les participants ont insisté sur la nécessité de renforcer les garanties en faveur des populations directement concernées.
Les organisations présentes ont également dénoncé une implication jugée insuffisante de la société civile dans le processus d’élaboration du texte, ainsi qu’un déficit de transparence dans la gestion des ressources financières déjà mobilisées pour le projet.
Au cœur des échanges, une question majeure a dominé les débats : le projet Grand Inga nécessite-t-il une loi spécifique ou peut-il être encadré par le dispositif juridique existant dans le secteur de l’électricité ?
Prenant la parole, Emmanuel Musuyu, secrétaire exécutif du CORAP, a exprimé des réserves sur la pertinence d’un nouveau cadre légal.
« Nous constatons un manque d’alignement entre ce projet de loi et le cadre juridique déjà en vigueur, ce qui constitue un problème majeur. La motivation même de cette loi n’est pas clairement établie, alors qu’il existe déjà des instruments juridiques capables d’encadrer le projet Grand Inga. Il serait plus judicieux de renforcer et d’appliquer les textes existants, notamment en matière d’électricité », a-t-il déclaré.
Pour plusieurs intervenants, la priorité devrait être accordée à l’application effective des lois en vigueur, avant d’envisager l’adoption de nouvelles dispositions, au risque de créer des chevauchements juridiques et des zones d’incertitude.
Pour rappel, à la fin du mois de mars 2026, le gouvernement congolais avait adopté un projet de loi visant à encadrer le développement du projet Grand Inga. Ce texte ambitionne notamment de sécuriser les investissements tout en préservant la souveraineté de l’État et en maximisant les retombées économiques pour le pays.
Considéré comme l’un des plus grands projets hydroélectriques au monde, Grand Inga suscite autant d’espoirs que d’inquiétudes, notamment en ce qui concerne son impact environnemental, social et économique. La société civile appelle ainsi à une approche inclusive, transparente et respectueuse des droits des communautés locales.
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