
Politique
C’est une communication qui a du mal à passer dans le milieu des anti-dialogue. Dans un communiqué rendu public le 7 avril, Joseph Olenghankoy a dressé un tableau particulièrement sombre de la République démocratique du Congo, évoquant un pays pratiquement à l’arrêt, miné par des divisions internes persistantes et un enlisement préoccupant de ses institutions.
Selon lui, cette paralysie serait en grande partie alimentée par le rejet du dialogue politique inclusif, au profit de débats jugés excessivement clivants, notamment autour de la délicate question de la révision constitutionnelle. Une lecture qu’il estime dangereuse dans le contexte actuel, marqué par l’urgence sécuritaire, en particulier la guerre qui secoue l’est du pays, et qui appellerait, selon lui, à un recentrage immédiat des priorités nationales.
Dans cette sortie aux accents alarmistes, le président du CNSA a mis en garde contre une dispersion des énergies nationales dans des controverses politiques qu’il juge stériles, estimant qu’elles fragilisent davantage la cohésion nationale et détournent l’attention de véritables urgences du moment.
Réponse du loup à la bergère
Le Front anti-dialogue refuse de gober, sans broncher, les accusations portées par Joseph Olenghankoy qui impute aux anti-dialogue la prétendue paralysie du pays. Dans une déclaration au vitriol, l’organisation farouchement attachée à la souveraineté du peuple congolais et à l’avènement d’un nouvel ordre constitutionnel, sort du bois pour recadrer, point par point, ce qu’il considère comme une lecture biaisée, voire commode, de la crise actuelle.
D’un trait ferme, le Front démonte ce qu’il qualifie de désignation abusive d’un bouc émissaire, renvoyant la responsabilité du blocage national à des maux autrement plus profonds à savoir : une crise de gouvernance persistante adossée à une Constitution jugée inadaptée ; l’inefficacité des institutions issues d’un ordre constitutionnel considéré comme piégé ; et enfin, une forme d’absence de l’État, que le Front rattache à un cadre constitutionnel dont, selon lui, l’objectif initial aurait été d’affaiblir durablement le pays.
À ses yeux, faire du refus du dialogue l’origine des dysfonctionnements relève d’un tour de passe-passe politique, destiné à masquer l’essentiel. Plus encore, le Front anti-dialogue s’inscrit en faux contre la sacralisation du dialogue politique, dénoncé comme un instrument de contournement de la volonté populaire, un théâtre où se négocient des arrangements entre élites au détriment des mécanismes démocratiques consacrés. Dans cette charge, le Front rejette toute tentative de reproduire indéfiniment des schémas hérités d’épisodes exceptionnels de l’histoire nationale, tels que les grandes concertations politiques, qu’il refuse d’ériger en mode de gouvernance ordinaire.
La plateforme de Dieudonné Nkishi reste catégorique. Pour elle, la solution ne saurait émerger de conciliabules à huis clos, mais du recours direct au peuple, notamment par le référendum, et d’une réforme profonde des institutions. Le Front y voit même une contradiction flagrante à appeler au dialogue tout en esquivant le débat constitutionnel.
Enfin, balayant l’argument sécuritaire, il refuse que la guerre dans l’est serve de prétexte pour museler le débat démocratique, estimant au contraire que les périodes de crise exigent une parole populaire plus forte, et non confisquée.
Au fond, pour le Front anti-dialogue, le véritable verrou n’est pas le refus de dialoguer, mais la crainte de consulter le peuple. Dans cette logique, le discours de Joseph Olenghankoy est perçu comme une tentative de diversion. Une manière de déplacer le regard loin des véritables fissures.
L’organisation évoque un renversement inacceptable de la vérité politique. Dans un pays où le dialogue est presque devenu une tradition politique, refuser ce mécanisme relève d’un acte de dissidence. Le Front anti-dialogue assume cette posture sans trembler. Pour lui, les dialogues successifs n’ont pas été des instruments de sortie de crise, mais des arrangements entre élites. Des mécanismes où l’intérêt général se dissout dans les calculs partisans. Loin de pacifier la vie publique, ces rencontres auraient contribué à prolonger les impasses.
En conclusion, le Front appelle le peuple congolais à demeurer vigilant face à ce qu’il considère comme des tentatives répétées de confiscation de sa souveraineté, estimant que Joseph Olenghankoy s’en serait progressivement imposé comme l’un des principaux porte-voix.
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Dieudonné Nkishi , Coordonateur du Front anti-dialogue et Joseph Olengankoy, président du CNSA @Photo montage Ouragan.