
Provinces
À chaque passage d’un véhicule sur l’avenue Kianza, dans la commune de Ngaba, un nuage de poussière se soulève. Les motos slaloment entre les flaques d’eau, les nids-de-poule et les tas de terre abandonnés depuis plusieurs mois.

Chaque jour, commerçants, chauffeurs et habitants racontent le même calvaire : celui d’une route devenue presque impraticable, au vu et au su des autorités nationales et provinciales.
« Quand il pleut, ici devient un marécage. Les clients n’arrivent même plus facilement », lâche une vendeuse installée au bord de la chaussée, les pieds couverts de boue.
Artère stratégique reliant plusieurs quartiers à la Route Université, l’avenue Kianza est aujourd’hui le symbole d’une population fatiguée par les embouteillages, la poussière et les difficultés de circulation. Les conducteurs de taxis et de motos dénoncent des véhicules régulièrement endommagés par l’état de dégradation avancée de cette route.
Le matin, les habitants quittent difficilement leurs domiciles. Les piétons avancent avec prudence entre les trous, tandis que les motocyclistes tentent d’éviter les zones les plus détériorées. À certains endroits, l’eau stagne encore plusieurs jours après la pluie.
C’est dans ce contexte de ras-le-bol généralisé que le ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza Lunda, s’est rendu ce jeudi 14 mai 2026 sur cette avenue afin de constater lui-même les réalités vécues par la population de ce coin de Kinshasa.
Selon le ministère, cette descente fait suite au cri de détresse lancé par les habitants ainsi qu’aux instructions du président Félix Tshisekedi. Sur place, le ministre a constaté l’état de délabrement avancé de cette voie devenue essentielle pour la mobilité dans cette partie de la capitale.
Face à l’arrêt prolongé des travaux et aux nombreuses difficultés observées, il a ordonné la reprise immédiate du chantier avec un délai d’exécution fixé à quarante-cinq jours.
Initialement évalué à 2,9 millions de dollars américains, le coût du projet a été revu à la hausse pour atteindre 4,3 millions USD afin d’intégrer plusieurs travaux connexes. Selon les autorités, environ 1,70 million USD avaient déjà été décaissés avant cette réévaluation.
Le ministre a également annoncé que l’avenue Kianza sera désormais reconstruite en chaussée rigide, en béton armé, afin de garantir une meilleure durabilité et de limiter les dégradations rapides observées sur plusieurs routes urbaines.
L’Office des Voiries et Drainage a été chargé d’assurer l’exécution des travaux avec un système de rotations accélérées et un mécanisme de suivi citoyen destiné à renforcer le contrôle du chantier.
Dans le quartier, cette visite ministérielle suscite autant d’espoir que de prudence. Beaucoup d’habitants disent attendre désormais des actes visibles sur le terrain.
« Nous avons trop souffert ici. Ce que nous voulons maintenant, ce sont des machines qui travaillent réellement », lance un conducteur de taxi-moto.
Le gouvernement attend un premier bilan des travaux à la mi-juillet, période à laquelle la population espère enfin voir disparaître poussière, boue et interminables embouteillages sur l’avenue Kianza.
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