
Monde
Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, participe lundi à Paris à la réunion de la "coalition des volontaires" convoquée par Emmanuel Macron. L'objectif du sommet est d'accroître "le soutien à l'Ukraine et la pression sur la Russie", a défendu la présidence française. Avant le sommet, une autre coalition a également été créée par neuf pays européens et Kiev pour développer des "capacités antibalistiques".
Emmanuel Macron réunit, lundi 13 juillet 2026 à Paris, un sommet de la "coalition des volontaires" pour l'Ukraine en présence de Volodymyr Zelensky, signe du "réveil stratégique" souhaité pour l'Europe face à la Russie et aux États-Unis de Donald Trump. Trente-sept pays qui soutiennent militairement l'Ukraine sont présents, une coalition dénoncée par Moscou comme "va-t-en-guerre".
"En quelques années, nous aurons bâti des capacités nouvelles en Europe et orchestré un réveil stratégique", s'est félicité le chef de l'État, qui quittera l'Élysée en 2027, lors de son traditionnel et dernier discours aux armées à la veille de la fête nationale du 14-Juillet.
"L'Europe est en train de devenir une puissance", avec des États "assumant de se défendre et d'agir, unis", loin des "nationalismes qui l'ont longtemps consumée", a-t-il asséné alors que l'extrême droite pourrait accéder au pouvoir en France l'an prochain et ne cesse de progresser ailleurs en Europe.
"Le message que nous envoyons au monde est le suivant : oui, la paix est notre but, oui, nous chérissons la liberté et le droit. Et oui, nous nous tenons prêts à combattre pour les défendre toujours et au prix du sang s'il le faut", a martelé Emmanuel Macron, tout en réaffirmant une "ligne claire de non-belligérance".
Avant même cette prise de parole, le Kremlin dénonçait la réunion de la "coalition des volontaires". "Il s'agit d'une coalition d'illuminés et de va-t-en-guerre (...) qui se bercent d'une profonde illusion quant à la possibilité d'infliger une défaite stratégique à notre pays", a déclaré aux journalistes, dont l'AFP, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.
Avant la réunion à trente-sept, neuf pays européens associés à l'Ukraine ont créé une coalition "purement défensive" pour développer des "capacités antibalistiques" en Europe faisant aujourd'hui cruellement défaut à Kiev face aux attaques aériennes de la Russie.
"En mettant en commun notre base industrielle de défense, notre recherche et notre expérience opérationnelle, notre objectif est de bâtir une capacité partagée contre les missiles balistiques pour l'Europe (...). Cette action n'est orientée contre aucun peuple, mais en défense du nôtre", ont souligné les dirigeants du Danemark, de la France, de l'Allemagne, de l'Italie, de la Norvège, de l'Espagne, de la Suède, de l'Ukraine, des Pays-Bas et et du Royaume-Uni dans une déclaration commune.
Message du 14-Juillet
La "coalition des volontaires" pour l'Ukraine initiée par la France et le Royaume-Uni est constituée en grande partie d'Européens. Elle s'est engagée à soutenir militairement l'Ukraine, y compris par l'envoi de soldats sur le terrain une fois un cessez-le-feu conclu, afin de dissuader la Russie de toute nouvelle offensive.
Une vingtaine de chefs d'État et de gouvernement, dont l'Ukrainien Volodymyr Zelensky, le chancelier allemand Friedrich Merz et le Premier ministre britannique démissionnaire Keir Starmer, sont arrivés à partir de 16 h 30 (14 h 30 GMT) aux Invalides, prestigieuse institution militaire française, ainsi que les dirigeants de l'exécutif européen, Antonio Costa et Ursula von der Leyen, et le secrétaire général de l'Otan, Mark Rutte.
Au lendemain de ce sommet, le même message de détermination sera symboliquement martelé à l'occasion du défilé militaire annuel pour la fête nationale sur les Champs-Élysées. Quelque 500 soldats des États membres de cette coalition ouvriront cette parade du 14-Juillet, qui demeure une spécificité dans une démocratie occidentale.
Le sommet a un triple objectif, a expliqué le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot au journal Ouest-France : l'appui à l'Ukraine, "notamment en matière de défense antiaérienne" face aux bombardements russes, l'augmentation de la "pression" sur Moscou avec de nouvelles sanctions européennes en vue, et des "garanties de sécurité" à l'Ukraine, indispensables pour prévenir toute nouvelle agression.
Bientôt des exercices militaires
Emmanuel Macron a aussi appelé lundi à poursuivre les projets industriels européens en matière de défense et à ne pas céder à "l'absurdité" du "nationalisme" après l'échec du projet d'avion de combat franco-allemand Scaf qu'il a "profondément regretté".
La réunion de la coalition doit amplifier un "moment très fort de convergence et d'unité transatlantiques" mais aussi de "dynamiques plus favorables sur le terrain pour l'Ukraine", a également souligné l'Élysée.
Le président Donald Trump, longtemps plus à l'écoute de son homologue russe Vladimir Poutine que de Volodymyr Zelensky, s'est montré plus enclin à soutenir l'Ukraine au sommet du G7 à Évian en juin et à celui de l'Otan la semaine dernière à Ankara.
L'Ukraine a aussi changé la donne face à la Russie avec des frappes quasi quotidiennes sur ses raffineries et ses dépôts de pétrole, qui désorganisent ses approvisionnements et génèrent de sévères pénuries de carburant. Elle opère également de multiples frappes en Crimée.
L'armée russe piétine de son côté dans le Donbass (est de l'Ukraine), malgré un bilan colossal de 1 000 morts et blessés par jour selon des évaluations occidentales.
La Force multinationale pour l'Ukraine, appelée à être déployée sur place une fois que les armes se seront tues, va aussi commencer des exercices afin de "montrer à la Russie que l'ensemble de ses acteurs est prêt à s'engager", a précisé l'Élysée.
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