
Société
Dans une correspondance officielle adressée au président de l’Assemblée nationale, le député national honoraire et notable de Goma, Jean-Baptiste Muhindo Kasekwa, sollicite formellement l’interpellation de la ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire (ESU), Marie-Thérèse Sombo Ayanne Safi Mukuna. L’opposant politique exige des clarifications urgentes sur la suspension des activités académiques dans les institutions publiques de Goma (Nord-Kivu) et de Bukavu (Sud-Kivu).
Cette mesure gouvernementale drastique fait suite à l’ingérence du mouvement rebelle AFC/M23, qui avait nommé unilatéralement, le 7 août dernier, de nouveaux comités de gestion à la tête de ces établissements de l’État.
Une tentative de mainmise que l’ancien élu qualifie sans détour de « violation flagrante de la neutralité académique et de la souveraineté nationale ». 44 000 étudiants sacrifiés sur l’autel du conflitTout en saluant le refus du gouvernement de laisser l’enseignement supérieur devenir « un butin de guerre » aux mains des insurgés, Muhindo Kasekwa dresse un bilan alarmant des conséquences humanitaires et sociales de cette fermeture.
Selon ses données, près de 44 000 étudiants se retrouvent brutalement pénalisés, condamnés à l’oisiveté et privés de leur droit constitutionnel à l’éducation.L’ancien parlementaire démontre l’inefficacité concrète des solutions de repli proposées par l’exécutif, notamment les mesures de transfert des étudiants vers des zones hors conflit.
Sur le terrain, ces alternatives se heurtent à des barrières infranchissables pour la majorité des familles :
-Une explosion des coûts avec des frais de scolarité nettement plus élevés dans les universités privées.
-Une précarité logistique aiguë liée aux difficultés majeures de logement et de transport dans les zones d’accueil.
-Un enclavement routier total, l’axe vital Goma-Butembo/Beni étant actuellement verrouillé par l’AFC/M23 sous le prétexte de mesures sanitaires anti-Ebola.
Face à ce qu’il qualifie d’impasse, le secrétaire général adjoint de l’ECiDé exhorte le gouvernement congolais à changer de paradigme. Plutôt que de punir indirectement la jeunesse locale par une suspension d’activités, il recommande l’activation de leviers internationaux et juridiques.
L’opposant appelle Kinshasa à saisir formellement le Conseil de sécurité de l’ONU, l’UNESCO ainsi que l’Union africaine. Il préconise en outre de contraindre les forces d’occupation à respecter le protocole 3 de l’accord-cadre de Doha du 15 novembre 2025.
Ce texte international garantit impérativement l’accès des populations civiles aux services essentiels, dont l’éducation, même au cœur des zones de conflit.Le bureau de l’Assemblée nationale est désormais face à ses responsabilités pour acter ou non cette demande d’interpellation, alors que l’avenir académique de toute une génération reste suspendu au rythme des affrontements dans l’Est.
Le code à 7 caractères (précédé de « @ ») à côté du Nom est le Code MediaCongo de l’utilisateur. Par exemple « Jeanne243 @AB25CDF ». Ce code est unique à chaque utilisateur. Il permet de différencier les utilisateurs.
Les plus commentés
Politique Est de la RDC : le CS de l’ONU presse le Rwanda de retirer ses troupes
03.10.2026, 8 commentairesProvinces M23 en débandade : combattants affamés, salaires impayés et armes abandonnées face aux Wazalendo
04.10.2026, 8 commentairesPolitique Dialogue national : Tshisekedi envoie Nkinzo et Biselele rencontrer le président de la CENCO à Lubumbashi
04.10.2026, 5 commentaires
Ils nous font confiance