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Mode: les marques se mettent à la mode islamique et ça fait polémique

Mode: les marques se mettent à la mode islamique et ça fait polémique 2016-04-07
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En septembre 2015, H&M avait surpris tout le monde en faisant poser un mannequin… voilée ! ce fut une grande première dans l’industrie de la mode.

Depuis peu, des enseignes internationales de vêtements, comme Uniqlo ou Marks&Spencer, proposent des hijabs ou des maillots de bains couvrant l'intégralité du corps, excepté le visage et les mains. La griffe italienne Dolce & Gabbana a ainsi créé une ligne de voiles et de tuniques longues, spécialement destinée aux femmes musulmanes. La firme suédoise H&M, avait elle aussi tenté d'approcher ce marché en septembre dernier, via une publicité présentant un mannequin voilé.

Derrière cette mode, ces grandes marques tentent surtout d’accrocher le marché du Moyen-Orient, qui présente, commercialement parlant, un beau pactole appelé à toujours plus grossir.

« Il n'y a pas de règles dans la mode. » Le message, signé H&M, avait été lancé dans une pub mondiale du géant suédois pour le recyclage des vêtements. Pour la première fois, à l’injonction « soyez chic », apparaît une jeune femme musulmane dont les cheveux et le cou sont recouverts d’un foulard. « Nos collections permettent à chacun d’habiller sa personnalité mais n’encouragent pas un choix de mode de vie en particulier », esquive la marque populaire.

H&M est loin d’être la seule enseigne à lorgner sur cemarché de la mode appelée — précautionneusement— « pudique ». Après la firme japonaise Uniqlo qui a annoncé la mise en vente de hidjabs (voiles islamiques) dans son magasin de Londres, c’est à Marks & Spencer de se jeter à l’eau. Des maillots de bain couvrant l’intégralité du corps de la femme, excepté le visage, les mains et les pieds, sont désormais proposés par la chaîne de magasins britannique. Pour environ $72, vous pouvez commander sur son site un burkini, forme contractée de « burqa » et de « bikini », noir ou bleu fleuri. Un signe d’ouverture, a fait savoir la marque, qui n’a pas empêché les réactions indignées de se propager sur Internet.

En France aussi, où l’on peut se procurer ces vêtements, le débat fait des remous. Et pour cause, note le sociologue de la mode Frédéric Monneyron: « On assiste à un véritable tournant. Que des grandes marques s’intéressent au marché du Moyen-Orient, cela existe depuis les années 1970. Elles lui ont toujours proposé des vêtements en les modifiant à la marge.

La grande nouveauté est que, pour la première fois, elles créent des tenues islamiques. Il y a bien sûr un enjeu idéologique et financier. On peut s’imaginer que son développement n’en est qu’au début », décrypte ce spécialiste du luxe. Les chiffres ont de quoi donner des idées à des enseignes en quête d’un nouveau souffle: en 2019, le marché musulman devrait représenter une manne de $500 milliards , presque deux fois plus qu’en 2013.

« C’est délicat... C’est toucher au politique et au religieux »

Est-ce ce qui a poussé la tonitruante maison catho italienne de luxe Dolce & Gabbana ? En baptisant sa nouvelle ligne Abayas, elle a été claire sur son intention de se positionner sur ce marché de la mode islamique. Sa collection est composée de quatorze pièces d’abayas (robes longues musulmanes) et de hidjabs. Sur les tenues couvrantes, des broderies et des fleurs à la milanaise marquent un saisissant contraste.

Dans la plupart des maisons de couture, on refuse de commenter ce sujet visiblement tabou. Karl Lagerfeld, Jean Paul Gaultier, Jean-Charles de Castelbajac… tous ont refusé de nous répondre. « C’est délicat, concède la créatrice Agnès b. Faire ce type de vêtement va au-delà de la consommation ou de lamode. C’est toucher au politique et au religieux. » « Moi, je n’en ferai jamais. Il y a un côté obscène à proposer des tenues pour des femmes riches dans des pays où certaines fuient les bombes avec leur voile de fortune sur la tête », reprend-elle. L’enjeu, pour cette figure de lamode : « Ne pas banaliser un vêtement qui, quoi qu’on en pense, n’est pas anodin pour l’image de la femme. »

La polémique ne cesse d'enfler

En France, notamment, la ministre du Droit des femmes s’est emportée sur les ondes radio de RMC: « On ne peut pas admettre que c'est banal, que c'est anodin que de grandes marques investissent ce marché », a-t-elle asséné. « C'est irresponsable de leur part. (…) Elles font la promotion de l'enfermement du corps des femmes ». Car pour la ministre, les vêtements ont un impact direct sur le mode de vie proposé : « Nous observons que ces tenues sont accompagnées dans de nombreux quartiers de phénomènes sur la voie publique (...). Par exemple on voit de moins en moins de femmes dehors, dans la rue, dans les cafés. »

Le coup de gueule de la ministre a été salué par plusieurs associations féministes. La Clef (Coordination française pour le lobby européen des femmes), qui regroupe une cinquantaine d'associations féministes, s'est réjouie dans une lettre ouverte que la ministre des Droits des femmes ait « réagi avec force et indignation face à la banalisation du port du voile islamique ». Dans un communiqué, la présidente du Haut conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes (HCE), Danielle Bousquet, a pour sa part souligné le « courage dont fait preuve dans ce débat » Laurence Rossignol. Elle « a eu raison de dénoncer l'irresponsabilité des grandes marques qui, au nom du profit, n'hésitent pas à reprendre à leur compte une stratégie fondamentaliste politico-religieuse ».

Mais en réaction, des voix musulmanes se sont étonnées de ce débat, électrique comme souvent sur l'islam ces derniers mois, sur fond de développement d'un islam identitaire, voire fondamentaliste. « Est-ce que la France n'a pas d'autre souci, alors qu'elle combat le terrorisme, que de stigmatiser les femmes musulmanes ? », s'est irrité Abdallah Zekri, secrétaire général du Conseil français du culte musulman (CFCM). « Est-ce qu'un ministre a le droit de s'ingérer dans la manière dont une femme souhaite s'habiller ? » D’autres prêchent pour le « pragmatisme », comme le blogueur musulman Fateh Kimouche. Pour lui, ces articles « répondent tout simplement à un marché, y'a pas de gros barbu derrière. Il y a des milliers d'emplois à la clé ».

Dans Libération, ce mercredi, la sénatrice EELV Esther Benbassa, historienne de formation, a pris la plume pour donner son avis. Dans cette tribune, elle estime que le voile n'est « pas plus aliénant que la mini-jupe ». Elle a ensuite clarifié sa position en répondant aux questions du journal L'Express de la manière suivante: « Je suis opposée au port du voile contraint, en France comme en Arabie Saoudite ou en Iran. Mais je dénonce aussi l'injonction de séduction faite aux femmes qui peut aussi être aliénante. Elles doivent répondre à des normes esthétiques imposées par le marketing, les revues, souvent par le regard des hommes. L'extrême minceur, l'encouragement à la chirurgie esthétique pour se fondre dans un moule sont aussi une forme de diktat pour certaines femmes.»

« Je comprends que l'on s'émeuve lorsque des femmes veulent se couvrir intégralement, des doigts jusqu'au visage, des pratiques vestimentaires importées d'Arabie Saoudite. Je ne nie pas que certaines femmes sont obligées de porter la tenue islamique sous la contrainte. Mais ce n'est pas le cas pour la majorité d'entre elles dans les pays occidentaux. Beaucoup y voient une manière de se distinguer, de revendiquer leur identité. Pourquoi vouloir dicter leur tenue à ces jeunes filles? »

La chanteuse Rihanna en burqua dans l'enceinte de la mosquée Cheikh Zayed à Abu Dhabi

Appel au boycott

Le week-end passé, la philosophe Elisabeth Badinter a apporté son soutien à Laurence Rossignol. « La ministre a parfaitement raison sur le fond », estime-t-elle dans un entretien au Monde. « Je pense même que les femmes doivent appeler au boycott de ces enseignes (...) En l’espace de dix ans, de nombreuses filles des quartiers se sont mises à porter le voile en France. « Révélation divine ? Non, montée de la pression islamique », explique la philosophe.

Le sujet n’est sans doute pas prêt de se tasser puisque la radio France Info a rapporté les crispations qui règnent chez Air France. En effet, pour la réouverture de la ligne Paris-Téhéran, les hôtesses avaient reçues des consignes strictes en matière de dress-code: veste, pantalon, et se voiler les cheveux en sortant de l’avion.

Patrick Mathieu
Le Parisien / Metro / L'Express / MCN via mediacongo.net
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