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Lacoste remplace son crocodile par des animaux en voie de disparition

Lacoste remplace son crocodile par des animaux en voie de disparition 2018-03-12
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Lacoste défend les animaux menacés

En remplaçant le crocodile de ses polos par des animaux menacés, Lacoste s’affiche en défenseur de l’environnement. Une stratégie partagée par de nombreuses enseignes de mode.

Un t-shirt Lacoste sans crocodile. Il ne s’agit pas d’une contrefaçon, mais d’une opération de sensibilisation environnementale. La marque de sportswear l’avait annoncé le 28 février, à l’occasion de son défilé de la Fashion Week parisienne : pour la première fois depuis sa création, en 1933, par le tennisman français René Lacoste, d’autres animaux seraient brodés sur ses produits, le temps d’une édition spéciale.

Le caïman vert a ainsi cédé la place à dix espèces menacées d’extinction sur un millier d’articles vendus en série limitée : perroquet Kakapo de Nouvelle-Zélande, lépilémur septentrional de Madagascar, tortue Batagur de Birmanie... Pour chaque espèce, le total de t-shirt fabriqués correspondait au nombre de spécimens encore en vie, un triste décompte qui varie de 30 pour le marsouin du golfe de Californie à 450 pour le cyclure d’Anegada, grand iguane vivant dans l’archipel des îles Vierges britanniques.

« L’objectif de l’opération est double, explique-t-on chez Lacoste. Il s’agit d’alerter les consommateurs sur les risques d’extinction encourus par des milliers d’espèces animales dans le monde, mais aussi de soutenir financièrement le programme Save Our Species [Sauvez nos espèces] de l’Union internationale pour la conservation de la nature [UICN] ». Vendus en ligne 150 euros pièce (contre 90 euros pour la version classique de la gamme) en Europe et aux Etats-Unis, les 1 775 polos se sont arrachés en quelques jours. Une partie des 266 000 euros engrangés sera reversée à l’UICN, avec qui le partenariat durera trois ans.

Prise de conscience

Une aubaine financière et un coup de projecteur bienvenus pour ce réseau mondial d’organismes et d’experts surtout connu pour sa « liste rouge des espèces menacées » qu’il met régulièrement à jour.

« Le programme Save Our Species est un catalogue de projets de terrain qui ont besoin de financements dans de nombreux pays, explique Sébastien Moncorps, le directeur d’UICN France. Lacoste a choisi de mettre en lumière des espèces menacées peu connues du grand public. Pour une fois, on n’évoquera pas uniquement le sort de l’ours polaire ou de l’éléphant d’Afrique. Il y a 25 000 espèces référencées sur notre liste rouge. Et la France, avec ses territoires outre-mer, est l’un des dix pays qui en hébergent le plus ».

En lançant son édition spéciale, Lacoste rejoint les nombreuses entreprises de mode qui ont récemment intégré la défense de l’environnement dans leur stratégie de communication. Dans la haute couture, après Armani, Ralph Lauren ou Tommy Hilfiger, Gucci vient de bannir à son tour la fourrure animale de ses collections.

Les griffes de prêt-à-porter grand public comme H&M ou Zara se sont elles aussi mises au vert en s’engageant contre la déforestation au côté de l’ONG Rainforest Action Network. Cette prise de conscience des enjeux écologiques par les enseignes de mode répond à une plus grande exigence du public sur ces questions.

Selon une récente étude de l’Ifop, seuls 33 % des Français estiment que les marques se préoccupent « réellement » de l’environnement, alors que 60 % se disent intéressés par l’engagement social et environnemental des entreprises.

« Les consommateurs s’engagent à travers les marques, et ces dernières l’ont bien compris, décrypte Philippa Launay, la présidente de l’agence de marketing de contenu Zuma. Il est donc logique qu’elles s’emparent des enjeux sociétaux contemporains. Mais il ne faudrait pas que ce soit seulement un vernis environnemental car les consommateurs se font de plus en plus enquêteurs et porte-parole via les réseaux sociaux. Si les marques ne communiquaient que par opportunisme, cela pourrait se retourner contre elles ».

Julien Marival
Le Parisien
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