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Même si vous n’avez pas de compte, Facebook collecte bien vos données

Même si vous n’avez pas de compte, Facebook collecte bien vos données 2018-04-14
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Mark Zuckerberg, PDG de Facebook

Auditionné par la Chambre des représentants, Mark Zuckerberg a prétendu ne pas avoir connaissance de l’existence des « shadow profiles ». Pourtant, cette pratique est bien reconnue par Facebook.

Après avoir été interrogé pendant 5 heures par le Sénat américain, Mark Zuckerberg s’est rendu dans la Chambre des représentants pour une nouvelle audition de 5 heures, mercredi 11 avril. Si, soyons honnêtes, le patron de Facebook a surtout répété le discours de la veille, quelques nouveautés sont sorties de cette nouvelle séance de questions-réponses. 

Des données collectées par « sécurité »

Déjà chahuté par les sénateurs, Mark Zuckerberg a dû faire face à des représentants encore plus sévères au Congrès. À de nombreuses reprises, le créateur du plus grand des réseaux sociaux s’est vu interrompu ou contredit, et s’est retrouvé déstabilisé.

C’est face au représentant Ben Lujan que Zuckerberg s’est le plus mis en péril. L’élu voulait savoir si Facebook collectait les données des personnes non inscrites sur le réseau social, mais Zuckerberg n’y a répondu qu’à demi-mot, assurant le faire « pour des raisons de sécurité ». Le PDG a ensuite nié connaître l’existence du terme « shadow profile », et a indiqué à l'élu que ses équipes le recontacteraient. Pourtant, cette expression a souvent été commentée par Facebook.

Les shadow profiles (ou profils fantômes), ce sont des fichiers créés par Facebook à partir de données trouvées ailleurs sur le web. Sans avoir à s'inscrire sur le réseau social, le site peut récupérer numéros ou adresses détenus dans les contacts de ses utilisateurs. Il peut aussi compléter les données qu’il a déjà sur un de ses membres grâce à des informations détenues par ses amis.

Mark Zuckerberg a-t-il délibérément menti ? Peut-être. Reconnaissons tout de même qu’une dizaine d’heures cumulées d’audition peuvent être éprouvantes et que l’homme n’a peut-être juste pas compris de quoi on lui parlait. Autre précision importante : Mark Zuckerberg n’avait pas prêté serment. Toujours est-il que les profils fantômes existent bien, et que les usagers en question ne peuvent pas demander la suppression de ces informations, puisqu’il leur faut un compte Facebook pour ça…  

Zuckerberg, victime de Cambridge Analytica

Durant son audition, Mark Zuckerberg a fait une autre révélation : il fait parti des 87 millions de victimes de Cambridge Analytica. Interrogé par la congresswomanAnna Eshoo, Zuckerberg a avoué que ses données ont été aspirées par l’entreprise, sans préciser s’il avait été piégé lui-même ou si un ou une de ses amis s’était fait avoir par thisisyourdigitallife, l'application à l'origine du vol de données. 

Un Facebook différent pour les mineurs ?

Officiellement, l’âge minimum pour s’inscrire sur Facebook est de 13 ans. Un chiffre qui inquiète l’élu Joe Barton, qui a demandé à Mark Zuckerberg pourquoi ne pas lancer un Facebook sans aucune collecte de données jusqu’aux 18 ans d’un utilisateur, afin de le protéger.

Bien qu’ouvert à des améliorations, le patron de Facebook lui a répondu que « les adolescents veulent souvent partager leurs opinions publiquement », s’opposant donc à l’idée d’un Facebook moins gourmand pour les mineurs.

L'ensemble de l'audition au Congrès est consultable dans la vidéo ci-contre. Il est aussi possible de consulter une transcription écrite de la séance, afin de s'éviter une vidéo de 5 heures. 

Facebook est-il en danger ?

Après plus de 10 heures de questions-réponses avec les représentants du peuple américain, on peut se demander à quoi vont bien pouvoir servir ces auditions ? Étaient-elles purement informatives ou Facebook risque-t-il gros ?

Depuis le début du scandale, de nombreuses personnalités ont appelé à quitter Facebook. Pourtant, selon Mark Zuckerberg, l’impact de ces campagnes a été minime.

Le groupe s’est davantage inquiété de la tempête boursière qu’il a traversé (jusqu’à -17%), mais que les interventions devant le Congrès semblent avoir interrompu. 

Juridiquement, Facebook risque de payer une importante amende, et pourrait être contraint d'indemniser tous les utilisateurs touchés par Cambridge Analytica. 

En dehors de l’impact sur son image, les auditions de Zuckerberg avaient pour principal but de montrer que le groupe était assez mature pour se fixer ses propres limites. À l’image du RGPD européen, les États-Unis d’Amérique pourraient réguler la collecte de données en instaurant des lois qui pourraient nuire à la pérennité de Facebook. L’exercice de Mark Zuckerberg était donc le suivant : montrer que son groupe est à la hauteur des enjeux, et qu'il ne doit pas être écarté des débats.

Nicolas Lellouche
01net.com
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