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Après la célébration de ses 35 ans de carrière, Tshala Muana : « J'ai taillé ma carrière dans le roc »

Après la célébration de ses 35 ans de carrière, Tshala Muana : « J'ai taillé ma carrière dans le roc » 2013-10-31
Musique
Dans une interview accordée à « Forum des As », « Mamu nationale » fait parler son cœur : « En tout cas, je viens de loin et je suis proche de ma destination… »

L'histoire de la musique congolaise nous renseigne que la patronne du groupe « Mamu Nationale », la chanteuse Tshala Muana est parmi les artistes congolais qui ont taillé leur chemin dans le roc. Dans une interview exclusive qu'elle a bien voulu nous accorder dans sa résidence de la Gombe, la grande dame et leader de la musique féminine congolaise, a répondu sans détours à toutes nos questions en parlant des 35 ans de sa carrière ininterrompue. Entretien.

Tshala Muana danseuse, un mot sur vos débuts dans la carrière musicale.

J'ai tout simplement emboîté le pas aux chanteuses congolaises et étrangères comme Abeti Masikini, Mpongo Love, Madonna et Whitney Houston. Mon début était vraiment difficile à cause du manque d'un bon encadreur. Je n'avais ni parolier ni arrangeur et moins encore un producteur. Je me débrouillais seule. Grâce à mon dynamisme, courage et détermination, et avec l'appui de Dieu, je suis devenue ce que je suis, « Mamu Nationale ». Lorsque j'avais décidé de chanter, ça ne tenait pas. J'avais repris la danse chez Abeti Masikini dans le groupe « Les Redoutables » et dans l'orchestre « Tcheke Tcheke Love » de Mpongo Love. Comme j'avais toujours l'envie de tenir le micro, j'ai voyagé pour Abidjan en Côte d'Ivoire afin de tenter ma chance. Arrivée là-bas, personne ne me connaissait. Ceux qui voulaient me produire m'ont exigé des preuves. Alors, je ne pouvais pas les convaincre par le chant. La seule arme que j'avais, c'était la danse. Pour me faire vite remarquer auprès du public, je dansais bénévolement dans tous les spectacles organisés à Abidjan. Un sacrifice qui a payé par la suite.

Comment ?

Toujours à Abidjan, un groupe d'interprétation m'a accordé de présenter mon spectacle dit interdit aux cardiaques à la première partie de la soirée. L'assistance n'avait pas besoin de mes chansons. Elle n'avait besoin que de mon spectacle et la danse Mutuashi que j'exhibais. J’avais du courage exceptionnel et je me produisais sans avoir honte de qui que ce soit. J'emballais le public à chacune de mes productions. Lentement mais sûrement, le public commençait à venir nombreux et c'était parti.

Qui vous a produit pour la première fois sur disque ?

C'est le producteur ivoirien, François Cognat. Il m'a sollicité parce qu'il a découvert en moi une artiste de show. C'est aussi lui qui m'a amené pour la toute première fois à Paris en France où j'ai réalisé un disque géant de 45 Tours avec la chanson « Amina ». Elle a été interprétée en français et arrangée par Souzy Kaseya.

Comment avez-vous été connu du grand public Ivoirien en particulier et de l'Afrique de l'Ouest en général ?

C'était grâce au succès de mon premier disque « Amina ». J'ai connu un envol terrible en Afrique de l'Ouest et partout où cette œuvre a été distribuée. Après le succès de cette chanson, j'ai enregistré les chansons « Zaïre », « Tshibola », « Kapinga », « Nasi na bali »… C'était ma propulsion et j'ai commencé à livrer des concerts dans tous les pays de l'Afrique de l'Ouest.

Aviez-vous à l’époque votre propre groupe d'accompagnement ?

Non. J'étais accompagnée d'un groupe ivoirien d'interprétation appelé « Jet ». A Kinshasa, c'est le groupe "The Best" qui m'accompagnait dans mes productions. La grande soirée que j'ai présentée à l'hôtel Ivoire est restée gravée dans l'histoire de ce pays. A mon retour d'Abidjan, en 1986, mon premier concert à l'Hôtel Inter Continental, aujourd'hui Grand Hôtel Kinshasa, a drainé du monde. J'ai emballé le public avec mes numéros de spectacle inédits en présence du défunt journaliste de la RTNC Lukezo Luansi qui présentait la soirée. Le premier album que j'ai enregistré avec mon propre groupe « Mamu Nationale » s'intitulait « Malu » suivi de « Tshanza », « 100% Mutuashi »…

Quels sont les bons et mauvais souvenirs de 35 ans de votre carrière ?

Vous devez savoir que dans toute chose, il y a toujours les hauts et les bas. Dans le parcours de ma carrière, en tout cas, j'ai taillé mon chemin dans le roc. J'ai connu beaucoup de difficultés et j'ai aussi connu la gloire de la musique. J'ai été applaudie et accueillie comme un enfant du pays partout où je me suis produite (Afrique, Europe, Asie et Amérique). Dieu le Tout Puissant a beaucoup contribué à la réussite de ma carrière musicale. L'accident mortel de circulation dont j'ai été victime au Malawi qui a causé la la fracture de quatre de mes cotes, reste le mauvais souvenir de ma vie d'artiste. Il y a eu des morts et des blessés graves. J'ai été interné pendant dix jours à la salle d'urgence d'un hôpital de Malawi avant que je sois transférée à Paris pour des soins appropriés. En tout cas, Jésus-Christ est venu me visiter au Malawi pour que je sois encore en vie.

Quel est le bénéfice de 35 ans de carrière ?

Ah !!! (Rire). Beaucoup ! Je suis considérée et respectée dans la société. Je suis une autorité culturelle au pays. Grâce à la musique, j'ai visité presque tous les pays de la planète. Aujourd'hui, mon nom est connu par les mélomanes du monde entier où la musique congolaise est consommée. J'ai bénéficié des honneurs, des trophées, des prix, des mérites… La musique a fait beaucoup pour moi et j'ai défendu valablement l'art d'Orphée congolais partout à l'étranger en représentant sans faille la culture du terroir. Ce n'est pas pour rien que les autorités du pays avaient accepté de m'accompagner au mois d'août 2013, à la réussite de la célébration de 35 ans de ma carrière musicale ininterrompue. Elles m'ont honorée et encouragée afin que je puisse continuer à faire encore mieux pendant le reste de ma carrière. En tout cas, je viens de loin et je suis proche de ma destination. Je demande à Dieu de m'accorder encore une longue vie et plein succès dans ma carrière durant le reste de ma vie sur terre.

Quelles sont les personnes qui ont le plus marqué votre attention tout au long de vos 35 ans de carrière ?

Elles sont nombreuses. Mais, je peux citer quelques unes comme Souzy Kaseya qui était mon arrangeur musical pendant une dizaine d'années. Feu Pépé Kallé qui me donnait des chansons à l'époque. Il y a également des personnes, pour leur soutien moral, comme Papa Wemba, Zacharie Bababaswe, mon Big Manager Claude Mashala, le  chef de l'Etat Joseph Kabila Kabange… pour ne citer que celles-là, car la liste est très longue.

Comment entrevoyez-vous l'avenir de la musique congolaise ?

L'avenir de notre musique est en danger suite au manque criant des producteurs. Ces derniers sont fatigués et déçus à cause de la piraterie qui appauvrit les artistes. La musique congolaise regorge beaucoup de jeunes talents qui souffrent par manque d'encadrement.

Quels conseils pouvez-vous prodiguer aux jeunes filles qui désirent embrasser la musique ?

Qu’elles sachent que la musique est le plus beau métier du monde. Mais, elle est très difficile pour les êtres féminins. Elles doivent être sérieuses, dynamiques, patientes, adaptatives, courageuses et fidèles envers leurs encadreurs. Qu’elles ne viennent pas dans la musique pour défier les autres ou faire la prostitution. Qu'elles ne soient pas légères. Car, il y a beaucoup de tentatives d'hommes qui sont comme des loups vis-à-vis des brebis. La montée d'une fille dans la musique demande beaucoup de sacrifices. En tout cas en RDC, pour qu'un être féminin réussisse dans la musique, il faut qu'elle soit bien encadrée. Au cas contraire, elle ne fera rien.

Avez-vous un message pour nos fervents lecteurs ?

Oui. En tout cas, je suis très comblée d'avoir totalisé, cette année, 35 ans de carrière et je les attribue à Dieu le Tout Puissant. Le 35ème anniversaire de ma carrière a été célébré, le 31 août 2013, autour de la piscine du GHK. L'événement a reflété une grande dimension et une coloration internationale. Car, j'avais invité des artistes congolais et étrangers qui ont emballé le public métissé avec leur musique. Les ministres Baudouin Banza Mukalay Nsungu et Geneviève Inagosi, respectivement de la Jeunesse, Sports, Culture et Arts et du Genre, famille et enfant, m'ont honorée pour ma contribution ininterrompue à l'évolution de la musique féminine congolaise. Malgré la déception que je ne cesse d'enregistrer, je prépare déjà à propulser une jeune chanteuse. Elle sera bientôt connue du public.


2011 suivent la conversation
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