mediacongo.net - Actualités - La localité de Mangina, prise entre Ebola et les groupes armés



Retour Provinces

La localité de Mangina, prise entre Ebola et les groupes armés

La localité de Mangina, prise entre Ebola et les groupes armés 2018-08-16
http://www.mediacongo.net/dpics/filesmanager/actualite/2018_actu/08-aout/06-12/nyatura_milice_mai_mai_18_012145.jpg -

« Nous sommes entre le marteau et l’enclume » : déjà sous la menace d’une multitude de groupes armés, les habitants de Mangina se retrouvent maintenant en première ligne de la nouvelle épidémie de fièvre hémorragique Ebola qui frappe l’Est de la République démocratique du Congo (RDC).

Prise de température et eau chlorée : tenu par des agents du service de l’hygiène, une sorte de barrage sanitaire filtre la sortie de Beni en direction de Mangina. C’est dans cette bourgade rurale du Nord-Kivu que l’épidémie a été signalée le 1er août, après six morts au sein d’une même famille.

A Mangina même, à 30 km au sud-ouest de Beni, des réservoirs d’eau chlorée ont été installés devant tous les commerces et les marchés. Au total 32 des 42 décès liés à cette flambée d’Ebola ont été enregistrés dans cette zone de santé de Mangina-Mabalako.

« Je porte des gants pour me protéger de l’épidémie », affirme Jonas Mumbere, 26 ans, taxi-moto. « Nos clients commencent à hésiter à monter sur la moto par peur de contamination ».

« Nos clients ne viennent plus depuis cette épidémie, craignant pour leur santé. Les agents des relais communautaires nous disent que même la sueur d’une personne infectée peut nous contaminer. Je ne sais plus comment faire nourrir mes deux enfants », se désole Elodie Zena, qui se présente comme une professionnelle du sexe de 28 ans.

Précautions sanitaires, disparition des contacts physiques, économie ralentie : le tableau habituel de toutes les épidémies d’Ebola, la 10e sur le sol congolais depuis 1976.

« C’est la première fois que la maladie touche une zone très peuplée et en situation de conflit intense », relève l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Car, à la frontière de l’Ouganda et du Rwanda, le Nord-Kivu – six à sept millions d’habitants – est le fief de dizaine de groupes armés, ougandais, rwandais, hutus, nande, hunde…

La région de Beni est plus particulièrement hantée par les rebelles musulmans ougandais des Allied Defense Forces (ADF), responsables présumés du massacre de plusieurs centaines de civils depuis 2014.

Relativement épargnée, Mangina a accueilli des déplacés fuyant les tueries et les enlèvements attribués aux ADF plus au nord sur l’axe Beni-Oicha-Eringeti.

« Je suis venue de Kokola en fuyant les atrocités des ADF. Maintenant je suis ici chez ma grande soeur qui est morte d’Ebola. Je ne sais quoi faire, son mari est en isolement au centre de traitement », rapporte Pascaline Fitina, une femme de 36 ans, assise seule la tête entre les mains.

« Je ne sais pas où aller car les ADF menacent du côté de Oicha-Eringeti, où il y a d’autres membres de ma famille. Nous sommes entre le marteau et l’enclume, les ADF d’un côté et Ebola de l’autre », soupire Pascal Lukula, 38 ans, cultivateur, père de cinq enfants.

Après une visite sur le terrain, le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a lancé un appel en faveur de la cessation des hostilités au Nord-Kivu.

La région est en proie à la violence continuelle des groupes armés depuis le contre-choc du génocide au Rwanda en 1994.

Les autorités redoutent que les troubles compromettent le déploiement des équipes sanitaires et l’accès aux populations.

« La police et l’armée sécurisent les prestataires sanitaires, la nuit comme le jour pendant cette période de riposte [sanitaire] pour éviter les enlèvements, les tueries, etc. », commente un représentant du gouverneur du Nord-Kivu, Éphrem Kasereka.

L’insécurité nourrit également les inquiétudes des partenaires étrangers de la RDC.

« Les gens se déplacent en permanence, au gré des vagues de violences successives qui les obligent à fuir. Cela complique énormément la recherche et le suivi des personnes infectées », constate une porte-parole du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Hanna Leskinen.


La Libre Afrique / MCP via mediacongo.net
1699 suivent la conversation
0 commentaire(s)

Faites connaissance avec votre « Code MediaCongo »


Vous avez sans doute remarqué un nouveau code à 7 caractères affiché à droite de votre Nom/Pseudo, par exemple « AB25CDF ».
Il s’agit de Votre Code MediaCongo, unique à chaque utilisateur, et qui permet de faire la différence entre utilisateurs ayant le même Nom ou Pseudo.

Nous avons en effet reçu des réclamations d’utilisateurs se plaignant de confusion dans les commentaires ou dans les « Petites annonces » avec d’autres utilisateurs ayant respectivement les mêmes noms.

Notre seul objectif et engagement est de continuer de vous offrir un service de qualité. N’hésitez pas à écrire à support@mediacongo.net si vous avez des questions ou suggestions.


Merci et excellente expérience sur mediacongo.net

MediaCongo – Support Utilisateurs



right
ARTICLE SUIVANT : Festivités de fin d’année : les enseignants de Bafwasende obligent aux élèves des fagots de bois
left
ARTICLE Précédent : 2ème lettre ouverte de Papy Tamba à Fify Masuka, vice-gouverneur de la province du Lualaba
AUTOUR DU SUJET

Equateur : la surveillance de la tuberculose impactée négativement par la Covid-19 et Ebola

Santé ..,

Ebola au Nord-Kivu : “D’ici-là, nous pouvons sortir de l’auberge” (Ministre provincial...

Santé ..,

Butembo : 2 personnes guéries d'Ebola quittent du CTE

Provinces ..,

Ebola : un cas de guérison signalé à Butembo

Santé ..,