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Electricité : la Corap insiste sur l’inopportunité du projet Inga III

Electricité : la Corap insiste sur l’inopportunité du projet Inga III 2019-02-04
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Le regroupement d’ONG a publié, en janvier dernier, son bulletin numéro 008 dans lequel il relève que le chantier n'a pas l'assentiment de tous en République démocratique du Congo.

La Coalition des organisations de la société civile pour le suivi des réformes et de l’action publique (Corap) a rappelé, dans sa publication, les préalables de bonne gouvernance et la protection des droits des communautés locales exigées par quarante ONG congolaises associées au projet de construction du barrage Inga III, avant la signature de tout accord y relatif. « Ces organisations se disent inquiètes du manque total de transparence et de surveillance démocratique », souligne ce regroupement.

Notant qu’avec une capacité estimée à près de dix mille mégawatts Inga III pourrait aider à réduire de manière significative le déficit d’électricité dans une grande partie de l’Afrique, ces ONG estiment, par ailleurs, que ce projet n’était pas une priorité, du fait de la mauvaise gouvernance en République démocatique du Congo (RDC). Elles craignent également, en effet, les atteintes à l’environnement et aux droits de la population locale.

Investir dans des projets moins gigantesques et plus proches de la population

Face à toutes ces réalités évoquées, le secrétaire général de la Corap, Emmanuel Musuyu, propose d’investir dans des projets moins gigantesques et plus proches de la population. « Nous pensons que le projet Inga III n’est pas une bonne chose pour le pays parce qu’il y a une alternative. Le pays a un potentiel de plus de cent mille mégawatts en hydroélectricité et donc nous avons la possibilité de développer des micro-barrages », explique-t-il. Emmanuel Musuyu regrette, par ailleurs, l’attitude de l’Agence pour le développement et la promotion du projet grand Inga (ADPI). Les ONG accusent le chargé de mission de cette agence, Bruno Kapandji, de rester muet face à leurs revendications.

Dans son bulletin, la Corap souligne que le responsable de l’agence a répondu aux accusations des ONG, en signifiant qu’il ne comprenait pas ce qu'elles reprochaient à sa structure. « Je suis désolé, ce sont des gens de mauvaise foi. Ils parlent de bonne gouvernance mais je ne sais pas le contenu qu’ils en donnent. Inga est un projet de l’Etat congolais, sous la coordination du président de la République, surtout dans cette phase de promotion, donc il n’y a pas d’opacité. Ces ONG ne cherchent pas l’information », aurait-il dit.

La Corap a rappelé qu’en juillet 2016 déjà, la Banque mondiale avait suspendu son assistance technique et financière au projet Inga III. L’institution reprochait au gouvernement congolais d’avoir nommé à la tête de ce projet une autorité dépendant directement de la présidence de la République.

Dans ce bulletin, la Corap reprend également le contenu d’un article de "Jeune Afrique" d’octobre 2018, dans lequel ce journal signalait que la RDC avait signé un contrat exclusif avec deux groupes chinois et espagnol pour le développement de ce projet. En vertu de cet accord, précisait la présidence de la RDC citée par le journal, le pays entérinait la constitution d’un consortium unique par les deux groupements alors que ces derniers s’engageaient à financer des études d’exécution à l’issue desquelles, le consortium unique devra soumettre à la RDC les contours définitifs du projet de la centrale dont le coût est estimé à quatorze milliards de dollars. En décembre dernier, Radio France internationale faisait part également des hésitations de l’Afrique du Sud de continuer à participer dans ce projet congolais. Un autre article, cette fois-ci de l’agence Ecofin, tablait sur la volonté de ce pays de doubler la quantité d’énergie qu’il importera depuis le barrage d’Inga III.

La vision de Félix Tshisekedi sur le secteur de l’électricité

S’appuyant sur le discours prononcé par le chef de l’Etat, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, lors de son investiture à la magistrature suprême, la Corap, par son secrétaire exécutif, estime que la priorité pour le pouvoir en place par rapport au secteur de l’électricité devra être la définition participative d’une politique nationale énergétique, ensuite une planification énergétique, afin de donner une orientation claire à l’exécutif. Ce regroupement s'interroge, par ailleurs, sur le contenu que le pouvoir compte donner à la nouvelle loi sur l’électricité évoquée par le président de la République dans son discours.

La Corap a fait savoir, en effet, que depuis 2014, la loi n°14/011 du 17 juin 2014 relative au secteur de l’électricité, pourtant promulguée, n'est toujours pas appliquée. Analysant également le cadre légal, elle dit avoir constaté que l’actuelle loi met plus l’accent sur l’hydroélectricité et semble oublier les autres formes d'énergies renouvelables. La Corap, qui tient à rappeler qu’il n’existe pas de développement sans électricité, pense que cela doit être pris en compte dans la réforme.

Relayant les inquiétudes de ses membres quant au projet Inga III, la Corap se convainc que pour arriver aux résultats attendus, il serait nécessaire de développer une vision d’électrification globale qui va au-delà des grands projets visant la consommation externe et des sociétés industrielles avec beaucoup d’impacts négatifs sur l’économie, le social et l’environnement, comme le projet Inga III. Elle conseille plutôt une vision qui repose sur un mix énergétique (hydraulique à moyenne et petite échelle, solaire, éolien, géothermie, le gaz méthane, le biogaz…) dans des pools énergétiques inter connectés à travers le pays. Cela, argumente-t-elle, a comme avantages d’éviter au pays de s’endetter pour des milliards de dollars, afin de produire de l’électricité (faible coût pour le développement des projets, comparativement aux grands projets qui demandent beaucoup de milliards de dollars pour leur réalisation). La population congolaise aura ainsi un accès facile à une énergie de proximité qui sera développée à travers le territoire national et le pays pourra s’engager définitivement sur son chemin du développement, à partir de ce quinquennat.

Lucien Dianzenza
Adiac-Congo / MCP, via mediacongo.net
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