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Sud-Kivu : Le calvaire de certaines femmes et filles de Mwenga (1ère partie)

Sud-Kivu : Le calvaire de certaines femmes et filles de Mwenga (1ère partie) 2019-03-27
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Pour clôturer ce mois de la femme, Laprunellerdc.info se penche sur la vie de certaines femmes et filles dans quelques contrées de la province du Sud-Kivu. 

Nous avons rencontré Madame Zawadi Mitamba Kembwa, une femme de Kabikokole, un village situé à 75 Km au Sud-Est de Kitutu-centre et à plus de 120 Km de la Nouvelle ville de Kamituga. Elle parle de sa vie quotidienne et ce qu’elle qualifie des conditions de vie de la femme du village qui sont « choquantes et révoltantes  ». L’accès difficile à l’eau potable, l’électricité, les soins de qualité ne demeurent qu’utopie dans le vécu quotidien de Zawadi, une trentagénaire, ménagère de son état qui s’est confiée à Laprunellerdc.info

Il est 8 heures 6 minutes, elle a son panier au dos, elle s’arrête et me fait une accolade pour la bienvenue. « Karibu ee dada (Bienvenue ma sœur) » dit-elle dans un ton linguistique de sa contrée. Nous prenons 1 heure pour notre entretien.

Zawadi est une femme ménagère, Mariée à Kibukila et mère de 8 enfants.

Elle se réveille le matin à 5 heures, balaye sa maison, lave les enfants et à 8 h au plus tard elle doit être en route pour son champ et il faut deux heures pour arriver à son champ. Un travail qu’elle finit à 15 heures revenant avec son panier plein des bois de chauffe et des feuilles de manioc appelées du « sombe » pour nourrir sa famille et il faut encore deux heures pour regagner son toit. Il 17 heures 30. Comme si cela ne suffisait pas, elle doit trouver de l’eau, préparer le repas et laver les enfants sans oublier ses devoirs des femmes mariées,…« c’est cela  ma vie de tous les jours » me confie-t-elle

Le calvaire que connait Zawadi devient plus inquiétant et plus révoltant quand elle vous parle de comment elle a accède à l’eau et puis quelle eau?

L’eau qu’elle boit, qu’elle se lave ou avec laquelle elle prépare tout ça sous le regard impuissant des dirigeants locaux, provinciaux et nationaux. Pour avoir de l’eau, et de l’eau aucunement propre,  il lui faut au moins 1 Km ce qui l’expose à plusieurs maladies d’origine hydriques (la fièvre typhoïde, l’amibe, le bilharziose, des infections etc).

« Je ne fais plus un mois sans être internée dans une structure sanitaire ici et mon seul souci c’est les maux de ventre, la dysenterie amibienne… » déclare-t-elle amèrement et sollicite qu’on fasse tout pour que les femmes de sa contrée aient accès à l’eau potable, « aidez-nous, que nos cris parviennent aux dirigeants , aux décideurs afin que désormais nous aussi ayons au moins accès à l’eau et que nous et nos enfants soyons épargnés de toutes ces maladies qui nous ont appauvrit étant donné que les soins aussi coûtent chers pour rien ici chez nous  » dit-elle.

Faut-il rappeler que l’ONG Oxfam avait aménagé certaines sources d’eau dans la contrée mais elles sont déjà usées, détruites vu le temps passé déjà.

Parcourir ce Kilomètre, c’est aussi avec le risque de croiser des inciviques, car faut-il le rappeler, Kabikokole ne s’est jamais remis après le viol massif d’au moins 60 femmes parmi elles des enfants de moins de 10 ans le jeudi 8 février 2018. Le village avait été investi par des miliciens, emportant également des biens de valeur. 

Zawadi n’a pas fini de nous partager son enfer, On le découvre  quand elle parle de sa santé et celle de sa famille, l’état de la maternité dans laquelle elle donne la vie, la structure sanitaire dans laquelle elle se fait soigner. C’est là que l’on se rend compte que la vie au village ne tiens qu’à un fil.

C’est elle qui donne la vie qui s’expose à la perdre à chaque fois qu’elle fait cet exercice.  Des lits en liane sans matelas, une salle d’accouchement sans pavement, avec toute la fragilité de la femme qui accouche, Zawadi passe par ce chemin-là !!! Elle n’est pas seule la exposée, Je t’aime, son fils de 2 ans n’avait jamais reçu aucun vaccin depuis sa naissance, une zone où la malaria fait sa loi, avec aussi la coutume à laquelle Zawadi est liée qui ne permet pas la prise en charge à temps, Je t’aime tombe dans l’anémie au moins 1 fois le trimestre et pour le transfuser, il faut au moins 30 Km de marche. « C’est fatiguant », dit-elle.

Elle lance encore un cri d’alarme pour qu’on lui permette d’avoir au moins une bonne maternité qui ne l’expose pas aux décès maternels, tétanos et plusieurs autres maladies.

« Ma sœur, si tu peux voir l’état dans lequel se trouve notre maternité tu avoir des larmes et pitié pour moi, nous pensons que les autorités sanitaires sont d’ailleurs complices » se plaint Zawadi notre interlocutrice.

A côté des structures sanitaires qui sont très précaires, il y a aussi le problème du personnel qualifié dans ces structures. C’est le cas de ce centre dans lequel se fait soigner Zawadi où seul l’infirmier Titulaire est qualifié et professionnel. Les autres sont ce qu’on appelle aide infirmier, ou AFR (agents de formation rapide. Ils apprennent à faire une piqûre, à placer le thermomètre) mais ils deviennent ceux qui consultent, posent le diagnostic, prescrivent et traitent même avec tout ce qu’ils regorgent comme insuffisance encore que la médecine en soi demeure complexe.

C’est alors que nous vivrons des catastrophes commis par ceux-là sur la dose des médicaments et tout ça c’est la femme comme Zawadi, un enfant comme Je t’aime qui est exposé.

La femme rurale à l’instar de Zawadi connaît des sérieux problèmes sanitaires, sociaux et économiques.

Il lui faut faire des kilomètres pour aller au chant, chercher les bois de chauffe, trouver l’eau pour son ménage. Zawadi a un horloge qui tourne depuis 5 heures, essaye de s’arrêter un peu vers 21 heures pour se redémarrer lendemain à 5 heures. Malgré cela elle reste optimiste et espère que demain sera meilleur, elle décortique à l’aide d’un pilon  le riz récolté de son champ, tout ce dont elle a besoin c’est l’accès à l’eau potable, des bons soins de santé et à moindres coûts.

Florence Ashuza, de retour de Kabikokole
MEDIA CONGO PRESS / Prunelle RDC
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