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Hommage: Brazzaville honore Lutumba Simaro Masiya

Hommage: Brazzaville honore Lutumba Simaro Masiya 2019-05-06
Afrique
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Le gouvernement congolais, par le biais du ministre de la Culture et des arts, Dieudonné Moyongo, s’est incliné devant la dépouille de l'illustre disparu, le 5 mai au Palais du peuple de Kinshasa, après avoir déposé une gerbe de fleurs. La cérémonie était placée sous le patronage du président de la République démocratique du Congo (RDC), Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo.

Dieudonné Moyongo a adressé, au nom du chef de l’Etat congolais, un suprême adieu à Simon Lutumba Ndomanueno dit Simaro Masiya, cette figure emblématique de la rumba congolaise, une personnalité exceptionnelle attachante de la RDC, a-t-il dit. Un personnage, a poursuivi le ministre de la Culture, d’une grande intensité créative qui, sans avoir l’insolence physique d’un Vicky Longomba ni la gouaille malicieuse d’un Luambo Makiadi, s’imposait par le travail bien fait.

De la même manière qu’une maison repose sur des fondations, de même, une chanson est tributaire de la base rythmique, imprimée par une guitare accompagnement, celle dont jouait si merveilleusement Lutumba, a-til commenté. Cet instrument, a ajouté Dieudonné Moyongo, est la pierre sur laquelle est bâtie la contexture de la chanson à qui, tout en restant dans l’ombre, Lutumba donnait la nécessaire impulsion, avant de rappeler qu’il était Simon, mais aussi Pierre d’édifice, monument.

L’extrême pondération de son esprit a fait de lui un homme qui parlait avec réserve, mais observait beaucoup, a relevé le ministre. De ses observations, sont nées des chansons qu’il a mises dans la bouche des hommes de la lumière, des monstres de scène, des chanteurs de charme comme Nganga Edo, Vycky Longomba, Michel Boyibanda, Mulamba Mujos, Kwamy Muntsi, Youlou Mabiala, Sam Mangwana, Josky Kiambukuta, Ntesa Dalienst, Joe Mpoye, Madilu Systme, Carlito, Malage, et tant d’autres, a-t-il rappelé.

De cette manière, a indiqué Dieudonné Moyongo, l’homme de l’ombre est passé à la lumière. C’est de la sorte que sont propulsées sur le marché des dizaines de compositions dont la plupart sont des chefs d’œuvre, l’homme ayant été un perfectionniste, d’où l’absence de déchets dans ses œuvres. C’est pourquoi, des titres comme "Licencié, "Yamba ngai na Léo", "Mwasi ya ba patrons", "Décision", "Fifi nazali innocent", "Radio trottoir", "Mbongo", "Kadima", "Mandola", "Faute ya commerçant", "Diarrhée verbale", "Verre cassé", et "Eau bénite" ont traversé sans encombre plusieurs décennies, a-t-il fait savoir.

Un compositeur à plusieurs thèmes

Lutumba, a expliqué le ministre, a chanté l’amour, ce sujet facile, mille fois ressassé, revisité, parfois galvaudé, mais lui l’a fait avec cette sagesse et cette profondeur des maîtres de la parole, celle qui a le pouvoir d’émouvoir. Il a aussi chanté la solidarité, l’humilité, la fidélité, le savoir-vivre, la discipline, la destinée, Dieu, l’attachement à sa ville natale, à son pays la RDC, aux deux Congo.

L'artiste musicien, selon Dieudonné Moyongo, avait aussi l’étoffe d’un prédicateur. Il a utilisé, en effet, le langage de l’Ecclésiaste avec bonheur. Pour lui, l’humilité était une valeur cardinale, a signifié le ministre, se fondant sur ce conseil: « Voulez-vous éternellement vivre dans la félicité ? », dit-il à son prochain. « Alors accédez au ciel parce que, na lifelo bissengo bizalaka té (en enfer le bonheur n’existe pas). »

Le ministre congolais de la Culture a rappelé aussi l’amour que Lutumba avait pour le fleuve. Dans "Ebalé ya Zaïre", le poète Lutumba Simaro a célébré, sublimé, magnifié le fleuve Congo, ce cordon ombilical liant les deux Congo. Si dans "Bilonda", a-t-il faire savoir, le poète dresse un hymne à la consanguinité entre la population des deux pays, dans "Mabélé" et "Testament ya Bowulé", qui sont des véritables morceaux de méditation, il met en marche l’homme dans son attachement et son arrachement à la vie, en même temps qu’il impose à la vanité des hommes, l’énigme métaphysique du temps qui passe. En réalité, la condition humaine demeure au cœur même de son répertoire car l’homme, cet être erratique, ondoyant et divers qui cherche à tâtons son chemin dans les dédales de la vie, se trouve constamment écartelé entre le temps compté et le temps escompté, c’est-à-dire, celui de la finitude et celui de l’espérance, a estimé Dieudonné Moyongo. Sur ce chapitre, Simaro a produit des œuvres imbattables, a-t-il soutenu.

Quant à "Maclebert" et "Maya", ce sont des odes à l’amitié entre Brazzavillois et Kinois, a ajouté le ministre. Rien qu’avec ces titres, l’auteur compositeur fait clairement apparaître la musique comme facteur de rapprochement des peuples et d’intégration régionale ou sous- régionale.

« Travailleur infatigable, parolier inimitable, Lutumba nous a dotés de plusieurs œuvres dont la plupart ont atteint l’intemporalité. Elles ne lui appartiennent d’ailleurs plus, car elles sont devenues notre patrimoine commun. C’est donc à bon escient qu’on lui attribue les qualificatifs de poète, philosophe, de moraliste », a déclaré le ministre congolais de la Culture et des arts.

Avant de poursuivre, en disant que grâce à la pertinence et à la diversité des thèmes qu’il a traités, Lutumba est devenu une immense icône de la musique congolaise, née des cerveaux et des mains rassemblées des enfants des deux pays, qui, pour le monde de la culture, n’en forment qu’un. « Un autre Kinois, Stervos Niarkos, n’a-t-il pas dit que Kinshasa- Brazza ezali mboka moko ? Vieux Lutumba, papa Simaro, tes enfants de la rive droite sont venus te voir pour la dernière fois mais nous savons que par tes œuvres tu resteras toujours vivant dans nos mémoires. Au revoir, donc, digne fils du fleuve Congo », a conclu Dieudonné Moyongo.

Notons également que le premier vice-président de l’Assemblée nationale du Congo, Léon Alfred Opimbat, a déposé lui aussi une gerbe de fleurs sur la dépouille de Lutumba Simaro Masiya.


adiac Congo/MCP, via mediacongo.net
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