
Société
Dans le cadre des prochaines étapes du travail que mène la Société civile sur l’évolution du Projet Inga III, l’organisation « International Rivers (in Africa) » était chargée de fournir quelques explications aux délégués des OSC sur différentes phases de construction du barrage. Ces derniers se sont réunis mardi dernier au siège de PREFED à Kinshasa-Gombe.
Le Centre national d’appui au développement et à la participation populaire (CENADEP) a réuni mardi 08 juillet dernier les membres des Organisations de la Société civile (OSC) œuvrant dans le secteur de l’Energie pour leur permettre d’être édifiés sur les différentes étapes qui interviennent dans la construction d’un barrage hydroélectrique. Ce, en vue de bien s’armer pour poursuivre les prochaines étapes de leur travail sur le suivi de l’évolution du Projet Inga III.
Pour ce faire, cette mission était confiée au Dr Rudo Angela Sanyanga de l’organisation « International Rivers in Africa ». Celle-ci a fourni des explications de base aux participants sur les étapes d’avant la construction, de construction et d’exploitation d’un barrage hydroélectrique, en faisant de ce fait allusion au Projet Inga III et en leur rappelant la responsabilité de la Société civile à chaque étape, ainsi que des stratégies de plaidoyers.
A chacune de ces étapes, l’oratrice a affirmé qu’il y a toujours des problèmes qui surgissent et des actions doivent être menées par la Société civile pour un aboutissement heureux. Ainsi, a-t-elle fait savoir qu’au cours de la phase de pré-construction qui peut durer de 2 à 20 ans (ou même plus), il y a lieu de cerner des impacts environnementaux et sociaux comme des sérieuses difficultés. Et pour le cas de la République démocratique du Congo et de plusieurs autres pays d’Afrique, il se pose également un autre véritable problème de gouvernance.
Voilà pourquoi, a-t-elle indiqué, dans l’étude de préfaisabilité, après le choix du site approprié, il faut nécessairement passer à l’étude d’impact environnemental. Dr Rudo Angela Sanyanga a toutefois confirmé que les développeurs négligent souvent les communautés habitant autour du barrage à construire, alors que ce sont eux qui doivent en principe bénéficier en premier lieu des avantages de l’ouvrage.
D’après ses explications, la phase de la construction du barrage dure de 5 à 15 ans et celle d’exploitation a environ une durée de 50 ans, parfois plus, ou moins. Un débat a été ouvert où les acteurs de la société civile ont des questions à l’oratrice qui, à son tour, n’a pas manqué des réponses adéquates.
Le travail des OSC sur l’évolution du Projet Inga III
Il y a un mois passé ou plus, les OSC ont adressé au Gouvernement un mémorandum sur l’évolution du Projet Inga III. Dans lequel mémo, elles ont présenté quant à elles, l’état des lieux de la situation de l’électricité en République Démocratique du Congo ; les espoirs dans le processus de la mise en œuvre du Projet Inga III ; et ont émis des interrogations par rapport au Projet Inga III avant de formuler quelques recommandations.
Lesquelles recommandations concernent notamment la gouvernance et le cadre fiscal du projet, la répartition de l’énergie produite, la structuration du PPP et l’affectation des financements publics, le processus de sélection du développeur, et les aspects environnementaux et sociétaux du projet.
Pour ce dernier point, les OSC ont recommandé entre autres la réhabilitation des familles affectées par Inga 1 et 2 de manière séparée de celles qui pourraient être affectées par Inga 3 ; la mise en place d’un mécanisme de médiation pour résoudre les conflits entre les développeurs et la population et des consultations régulières à chaque étape du projet avec les populations locales et riveraines du fleuve Congo en respectant le principe du Consentement libre et informé ; ainsi que la publication et vulgarisation à temps, des études sur les impacts environnementaux et sociaux auprès des communautés de base.
Dans leur mémo, les OSC ont précisé qu’elles ne sont pas contre le Projet Inga III, mais elles s’insurgent contre tout projet qui ne prend pas en compte la dignité humaine et le respect de l’environnement ; tout en rappelant la Déclaration du Sommet sur le Développement durable de 2002 et 2012, le Protocole du Sommet d’Addis-Abeba relatif au développement des énergies propres et la Déclaration du Secrétaire Général des Nations Unies sur le développement des énergies durables et l’amélioration de l’accès à l’énergie d’ici à 2030.
Quid du Projet Inga III
Pour rappel, le Projet Inga III est en instance de lancement et devrait produire 4.800 MW, en partenariat Public-Privé. Dans le processus de sélection du développeur, 3 candidats, à savoir : groupement chinois, groupement canado-coréen et groupement espagnol, ont été présélectionnés. D’après le Gouvernement, le démarrage des travaux est prévu pour octobre 2015 et la fin pour 2020.
Le coût des travaux est estimé à 14 milliards de dollars américains. Et sur 4.800 MW à produire : 2.500 MW seront vendus à l’Afrique du Sud, 1.300 MW pour l’industrie minière et 1.000 MW à la SNEL.
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