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Deux principaux obstacles ont empêché de vaincre Ebola au Nord-Est de la RDC une année après la déclaration de l’épidémie

Deux principaux obstacles ont empêché de vaincre Ebola au Nord-Est de la RDC une année après la déclaration de l’épidémie 2019-07-31
Provinces
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Les acteurs engagés dans la lutte contre la maladie à virus Ebola dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, au Nord-Est de la République démocratique du Congo (RDC), ainsi que les spécialistes de cette terrible maladie virale ont jusqu’ici identifié deux principaux obstacles qui ont empêché de mettre fin à l’épidémie, une année après sa déclaration officielle, le 1er août 2018, par le gouvernement congolais.

Depuis la déclaration de l’épidémie le 1er août 2018 jusqu’au 23 juillet 2019, le ministère congolais de la Santé avait notifié au total 2.612 cas (2.518 cas confirmés au laboratoire et 94 cas probables). Le nombre de décès s’élève à 1.756 (1.662 décès de cas confirmés et 94 décès de cas probables) jusqu’au 23 juillet 2019. Au regard de cette situation, les deux obstacles ciblés empêchant de mettre fin à cette épidémie sont le non engagement des communautés locales dans la lutte contre l’épidémie et de l’insécurité dans une région où sévissent une centaine de groupes armés locaux et étrangers.

Le non engagement communautaire

Le non engagement communautaire se manifeste par la réticence, le déni de la maladie et le manque de confiance aux équipes de riposte à l’épidémie chargées notamment de rechercher des malades dans les ménages et des personnes décédées des suites de la maladie à virus en dehors des centres de traitement d’Ebola. La réticence communautaire prend parfois une forme violente (jet de pierres, agression physique, menaces…) et une des principales conséquences des réticences communautaires est le taux élevé des décès communautaires, c’est-à-dire des décès qui surviennent en dehors des centres de traitement d’Ebola.

Selon le ministère congolais de la Santé, entre 28 et 43 % des décès notifiés chaque semaine ont lieu en dehors d’un centre de traitement d’Ebola. Ces décès surviennent soit dans des hôpitaux et cliniques privés, soit dans des centres de santé communautaires, soit à la maison. Les malades d’Ebola sont souvent cachés jusqu’après leur décès. Or, la contagiosité d’un malade est maximale après sa mort. D’où la nécessité des enterrements dignes et sécurisés permettant de limiter la propagation communautaire du virus.

Il a été constaté que la majorité des décès communautaires bénéficient d’un enterrement digne et sécurisé. Cependant le tout nouveau secrétariat technique du comité multisectoriel de la riposte contre la maladie à virus Ebola en RDC mis en place par le Président de la RDC a du pain sur la planche. Il devra tout mettre en œuvre pour obtenir l’engagement des communautés dans cette lutte.

Pour ainsi établir la confiance entre les équipes de riposte et les communautés, il faudra d’abord obtenir l’adhésion des leaders d’opinion (leaders politiques, religieux, chefs traditionnels, acteurs de la société civile…) à la lutte contre Ebola, étant donné qu’ils ont la capacité d’influencer la masse.

Les attaques armées ont largement contribué à l’aggravation de l’épidémie

Les attaques armées contre les équipes et les opérations de riposte ont largement contribué à l’augmentation du nombre de cas d’Ebola, particulièrement entre mars et juin 2019. Selon le ministère congolais de la Santé, la barre de 1.000 cas d’Ebola a été atteinte le 24 mars 2019, soit près de 8 mois après la déclaration de l’épidémie.

Il a été constaté qu’en deux mois et demi, ce nombre a doublé pour atteindre 2.000 cas le 2 juin 2019. Cette augmentation de cas, fait remarquer le ministère congolais de la Santé, est directement liée aux attaques armées contre les équipes et les opérations de la riposte à Butembo et à Katwa qui ont commencé par les incendies des centres de traitement d’Ebola à la fin février 2019 et qui ont atteint un point culminant avec le meurtre du Dr Richard Mouzoko Kiboung du Cameroun, engagé dans la lutte contre Ebola pour le compte de l’OMS (Organisation mondiale de la santé).

Après chaque attaque armée, les activités de riposte à l’épidémie sont interrompues pour une durée non déterminée. Par conséquent, une augmentation de cas de maladie à virus Ebola a été observée tous les 10 à 15 jours après chaque attaque. L’insécurité est ainsi un énorme défi à relever par l’Etat congolais et son partenaire la Monusco (Mission de l’ONU pour la stabilisation au Congo).

Le point le plus positif est que l’épidémie d’Ebola, une année après sa déclaration, est contenue dans 2 provinces sur les 26 que compte la RDC. Des cas importés de la région de Beni-Butembo signalés en Ouganda et à Goma, capitale de la province du Nord-Kivu, ont été vite contrôlés. Les chaines de transmission liées à ces cas ont été pratiquement interrompues en Ouganda et à Goma.


ACP / MCP, via mediacongo.net
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