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Le Soudan entame sa transition historique vers la démocratie

Le Soudan entame sa transition historique vers la démocratie 2019-08-17
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Les militaires au pouvoir et les chefs de la contestation ont signé ce samedi 17 août une « déclaration constitutionnelle » pour une remise rapide du pouvoir aux civils.

Une nouvelle étape en direction de la transition démocratique a été franchie, ce samedi 17 août, par le Soudan. Le Conseil militaire à la tête du pays depuis la chute d'Omar el-Béchir et les meneurs de la contestation ont signé la « déclaration constitutionnelle » finalisant l'accord historique conclu quelques semaines plus tôt. La cérémonie s'est déroulée au Friendship Hall de Khartoum devant les caméras du monde entier et en présence des chefs d'État – l'Éthiopien Abiy Ahmed, le Kenyan Uhuru Kenyatta, et le Sud-Soudanais Salva Kiir – ainsi que le président de la Commission de l'Union africaine, Moussa Faki Mahamat. Les ministres d'État saoudien et émirati des Affaires étrangères, Adel Al-Jubeir et Anwar Gargash, et le Premier ministre égyptien Moustafa Madbouli étaient aussi présents. Au cœur de cet accord, le transfert du pouvoir des militaires aux civils. L'accord, négocié sous la houlette de l'Union africaine et de l'Éthiopie, met fin à près de huit mois de soulèvement, au cours desquels 250 Soudanais ont perdu la vie. La grogne avait débuté en décembre après une flambée du prix du pain.

Satisfaction générale des acteurs

Après un début de cérémonie au son de l'hymne soudanais, suivi de la lecture de versets du Coran et d'un verset de l'Ancien Testament, Mohammed Hamdan Daglo, numéro deux du Conseil militaire, et Ahmed Al-Rabie, représentant de l'Alliance pour la liberté et le changement (ALC), fer de lance de la contestation, ont signé l'accord qui doit régir les 39 mois de transition à venir. « Aujourd'hui, le pays entame sa transition historique vers la démocratie », avait titré le journal Al-Tayar, d'autres quotidiens partageant cet enthousiasme.

La « déclaration constitutionnelle » a été approuvée le 4 août par le Conseil militaire de transition (TMC) et la coalition des Forces de la liberté et du changement (FFC). Ce texte remplace la Constitution actuelle. Un conseil législatif de 300 élus, un conseil des ministres de 20 membres et un conseil souverain piloteront le processus qui doit, à terme, déboucher sur la mise en place d'un pouvoir civil. À Atbara, une ville du centre du pays où ont eu lieu les premiers rassemblements contre la décision du gouvernement de tripler le prix du pain le 19 décembre, certains dansaient et chantaient sur les quais de la gare avant de partir pour Khartoum, selon des images postées sur les réseaux sociaux.

Alors que la première tâche du gouvernement est de mettre fin à la guerre et de rétablir la paix dans le pays, trois groupes armés membres du FFC ont pris leurs distances par rapport à l'accord sur l'autorité de la transition et ont demandé que certains sièges dans les institutions exécutives soient alloués à leurs représentants.

Quant au chef de l'opposition soudanaise, Sadek al-Mahdi, il a parlé d'une « journée de transition vers un pouvoir civil qui aboutira à la paix et au changement démocratique par le biais d'élections libres », appelant à n'exclure personne.

De quoi retourne-t-il concrètement ?

Les premières étapes de la transition devraient suivre la signature avec l'annonce dimanche de la composition du Conseil souverain, en majorité constituée de civils, qui doit mener la transition. Jeudi, l'Alliance pour la liberté et le changement (ALC) a désigné Abdallah Hamdok, un ex-économiste de l'ONU, pour devenir Premier ministre. Le Conseil souverain doit annoncer mardi s'il le confirme à ce poste. Cet économiste chevronné aura alors la lourde tâche de relever l'économie du pays qui s'est écroulée après que la sécession du Sud en 2011 l'a privée des trois quarts de ses réserves de pétrole. Inflation et pénuries ont été des moteurs de la contestation.

Des élections sont prévues pour 2022, mais beaucoup de Soudanais doutent d'ores et déjà des capacités des institutions de transition à limiter le pouvoir de l'élite militaire. Si ceux-ci sont minoritaires au sein des 11 membres du Conseil souverain qui doit gouverner 40 millions de Soudanais, celui-ci sera d'abord dirigé par un général pendant 21 mois. Et les ministres de l'Intérieur et de la Défense seront choisis par les militaires. La composition du gouvernement sera annoncée le 28 août. En attendant, ce 17 août restera gravé dans l'histoire comme le plus important sur la scène internationale tenu depuis des années au Soudan, marginalisé sous le régime Béchir. Ironie du sort, le jour de la signature devait aussi être celui de l'ouverture du procès de l'ex-président, inculpé pour corruption, mais elle a été repoussée sine die. Vendredi, Amnesty International a averti contre la possibilité pour Omar Béchir d'échapper à un procès devant la Cour pénale internationale, qui a émis contre lui deux mandats d'arrêt notamment pour « génocide » au Darfour.


Le Point Afrique / MCP, via mediacongo.net
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