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Genève : Jean Claude Katende insiste pour des poursuites judiciaires contre des forces de l’ordre impliqués dans des violations des droits humains

Genève : Jean Claude Katende insiste pour des poursuites judiciaires contre des forces de l’ordre impliqués dans des violations des droits humains 2019-09-26
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Président de l’Association africaine de défense des droits de l’Homme, Jean Claude Katende, invité au 42ème conseil des droits de l’Homme tenu à Genève en Suisse, s’est exprimé ce mardi 24 septembre, quant à l’évolution de la situation en RD Congo, principalement depuis l’arrivée d’un nouveau régime incarné par Félix Tshisekedi, président de la République.

Cette figure de la société civile congolaise a noté, dans son allocution, qu’avec la prise des fonctions de Tshisekedi Tshilombo, une fenêtre d’espoir s’est ouverte marquée notamment, par la libération des prisonniers politiques. Toutefois, il a laissé comprendre que cette ouverture de l’espace est assez fragile dans la mesure où des manifestations des rues par des mouvements citoyens sont toujours empêchées ou réprimées brutalement.

Pour ce faire, il a essentiellement fait état de quatre recommandations dans le sens de consolider les signaux favorables aux droits de l’Homme dans le pays. Jean Claude Katende a, à cet effet, appelé le Gouvernement congolais à ester en justice contre tous les hauts gradés de l’armée et de la police impliqués dans des violations des droits humains, d’une part, et que des enquêtes judiciaires soient aussi ouvertes à l’égard des auteurs de la répression des manifestations.

Pour en apprendre davantage sur les recommandations et la situation des droits humains, lisez, ci-après, en intégralité, cette déclaration du Président de l’ASADHO.

42ème session du Conseil des Droits de l’Homme

Déclaration du Président national de l’ASADHO au dialogue interactif sur la situation des Droits de l’homme en République démocratique du Congo

Monsieur le Président,

Mesdames été messieurs membres du Conseil des droits de l’Homme

Au nom de l’Association Africaine de Défense des Droits de l’Homme, ASADHO en sigle, nous tenons à vous remercier pour nous avoir invité à cette 42ème session de votre institution.

Monsieur le Président,

Qu’il nous soit permis de rappeler que la République Démocratique du Congo, pays dont je suis ressortissant, a passé des moments extrêmement difficiles en matière de respect, de protection et de promotion des droits de l’Homme sous l’ancien régime. Aujourd’hui, avec l’avènement au pouvoir du Président Félix Tshisekedi, une petite fenêtre d’espoir s’est ouverte pour la consolidation de la démocratie et des droits de l’Homme. Cette petite fenêtre d’espoir est marquée par sa ferme volonté de promouvoir l’Etat de droit, d’une part, et par les actes significatifs qu’il a posés quelques temps après son investiture, d’autre part. Il s’agit notamment de l’ouverture de l’espace civique, la libération d’un nombre important de prisonniers politiques et la fermeture des lieux clandestins de détention.

Il y a lieu de souligner que cette ouverture reste encore très fragile dans la mesure où plusieurs manifestations pacifiques organisées par les organisations sociales (Médecins), organisations des droits de l’Homme (ASADHO, Fondation Bill Clinton pour la paix) ou les mouvements citoyens ont été soit empêchées soit réprimées brutalement par les agents de l’ordre. Plusieurs attaques ou menaces contre les défenseurs des droits de l’Homme ou acteurs de la société civile sont aussi signalées.

Les arrestations arbitraires accompagnées des actes de tortures sont toujours commises par les policiers surtout à l’égard des jeunes des mouvements citoyens.

Monsieur le Président ;

Mesdames et messieurs membres du Conseil ;

Dans les provinces en conflit armés comme le Nord-Kivu, la situation des droits de l’Homme ne s’est toujours pas améliorée. Cette situation a été aggravée par l’épidémie d’Ebola et les attaques contre les structures mises en place pour lutter contre cette maladie et prendre en charge les personnes affectées.

Si la démobilisation spontanée de certains groupes armés ou de quelques rebelles peut être considérée comme un signe positif, il est important qu’un programme de désarmement, de démobilisation et réintégration soit mis en place pour les prendre en charge, sinon il y a risque de les voir reprendre les armes contre les populations civiles.

Nous restons toujours inquiets au sujet des conflits intercommunautaires qui continuent dans certaines provinces notamment en ITURI où les atteintes aux droits de l’Homme sont toujours fréquentes.

La lutte contre l’impunité est un autre chantier où les progrès sont loin de nous satisfaire. C’est vrai qu’il y a des efforts de sanctionner quelques militaires, policiers et membres de groupes armés. Cependant, nous restons préoccupés du fait que des hauts gradés militaires et de la police impliqués n’ont jamais fait l’objet des poursuites au niveau national.

Il est aussi important que le Conseil des Droits de l’Homme garde une oreille attentive en rapport avec le processus de réconciliation nationale qui tient au cœur de nouvelles autorités du pays. Pour nous, il n’est pas question que ledit processus puisse aboutir à une impunité totale pour les auteurs des violations des droits de l’Homme et des crimes économiques que le pays a connus les 18 dernières années.

Les victimes ont besoin que leur voix soit entendue dans ce processus.

Monsieur le Président,

Pour terminer notre intervention, nous pensons que pour consolider les signaux favorables aux droits de l’Homme qui ont été lancés par le Président de la République, la mise en œuvre des recommandations ci-dessous par le Gouvernement congolais est urgente :

– Les interdictions fantaisistes des manifestations pacifiques des organisations sociales et des droits de l’Homme soient levées sur l’ensemble du pays ;

– Les Hauts gradés militaires ou de la police impliqués dans la violation des droits de l’Homme qui ont été nommés aux fonctions de commandement fassent l’objet des poursuites judiciaires ;
– Les activités des groupes armés qui violent au quotidien les droits des paisibles citoyens fassent l’objet d’une attention particulière de la part du Gouvernement et des Nations-Unies ;

– Les enquêtes judicaires soient ouvertes à l’égard de tous les auteurs de la répression sauvage des manifestations pacifiques.

Nous sollicitons l’accompagnement du Conseil des droits de l’Homme pour que la République Démocratique du Congo mette en œuvre les recommandations ci-dessus.

Nous vous remercions pour votre attention.

Pour l’ASADHO

Me Jean Claude Katende

Président National


La Prospérité / MCP, via mediacongo.net
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