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Transport aérien en RDC : Mpinga, Bingoto, Katumba Mwanke… morts pour rien ?

Transport aérien en RDC : Mpinga, Bingoto, Katumba Mwanke… morts pour rien ? 2014-12-05
Société
La République démocratique du Congo s’est taillée une triste réputation dans le secteur du transport aérien : c’est celle dite du « fula-fula » aérien, caractérisée par la présence, dans son espace aérien, d’avions ne répondant pas souvent aux normes techniques de sécurité et de confort pour les passagers. On note, à cet effet, que les accidents et incidents d’avions sont monnaie courante. A l’extérieur, la méfiance est totale à l’égard d’aéronefs immatriculés en RDC. On rappelle que jusqu’ici, la plupart d’avions opérant sur notre territoire sont interdits de vol, par l’OACI (Organisation de l’Aviation Civile Internationale), à travers les espaces aériens d’Afrique, d’Europe, d’Amérique, d’Asie et d’Océanie.

Comme pour donner raison à ceux qui considèrent notre pays comme un gros trou noir dans le domaine du transport aérien, les victimes des « crashes » ne se comptent plus. L’histoire retient, parmi les victimes les plus illustres, les regrettés Mpinga Kasenda (ancien professeur d’université, Premier ministre, Secrétaire Permanent du Bureau du Comité Central du Mouvement Populaire de la Révolution), Bingoto Mandoko na Mpeya (ancien professeur d’université et PDG de la SNEL), Augustin Katumba Mwanke (ancien gouverneur du Katanga, Ministre délégué à la Présidence, Secrétaire général de la Majorité Présidentielle et député national).

Leurs disparitions inopinées dans des accidents d’avions, ainsi que celles des milliers d’innocents fauchés par les célèbres crashs de « Type K », Kingasani/Terminus, Kisangani, Goma et autres auraient dû en principe commandé aux gestionnaires du transport aérien, l’assainissement du secteur. Hélas, le pays continue de donner l’impression de ne vouloir cheminer dans la voie de la modernité en matière de transport aérien.

Pas plus tard que lundi dernier, plusieurs hautes personnalités de la République, dont Aubin  Minaku (président de l’Assemblée Nationale) et Raymond Tshibanda (ministre des Affaires Etrangères) ont frôlé la mort dans l’avion du gouvernement qui devait les ramener à Kinshasa, après leur participation au 15ème Sommet de la Francophonie, à Dakar. On laisse entendre que l’aéronef a brutalement perdu de l’altitude après 20 minutes de vol, à la suite de la défectuosité d’un hublot, obligeant le pilote à un retour précipité vers son point de départ où il a négocié et réussi un atterrissage forcé.

En leur temps, les ministres des Transports Eva Mwakasa et Rémy Kuseyo avaient tenté, en 2005 puis en 2007, de remettre de l’ordre dans la boutique, en décidant de clouer au sol les flottes d’une cinquante de compagnies aériennes, spécialement les sinistres Antonov, mais leurs opérations de nettoyage des écuries avaient fait flop, à la suite des interférences des décideurs plus puissants qu’eux. L’affaire a fait grand bruit au Palais du Peuple, où les députés ont reçu l’information en séance plénière. Dans une motion d’information, l’honorable Jean-Claude Vuemba s’est fortement indigné de cette situation et exigé que le ministre des Transports et Voies de Communication vienne s’expliquer, dans le meilleur délai, devant la Représentation nationale.

Des questions sur l’avion du gouvernement

Il sied de relever que le transport aérien en République démocratique du Congo souffre encore de plusieurs maux, notamment la vétusté des aéronefs en circulation, le déficit de contrôle technique et de maintenance, la délivrance complaisance des certificats de navigation aérienne et des licences de pilotage, la sous-qualification des équipages et leur non recyclage, le non-respect des normes internationales d’exploitation, etc. S’agissant de l’avion du gouvernement qui a failli « crasher » entre Dakar et Kinshasa, plusieurs questions se bousculent dans les esprits. A en croire des sources aéronautiques, cet aéronef a été acheté auprès de Grumman. Quant à savoir s’il y a eu un appel d’offres conformément à la loi sur la passation des marchés publics, l’éclairage devrait venir du patron actuel des Transports et Voies de Communication. Quel est l’état technique de l’avion ? A quand remonte son dernier check ? Qui assure sa maintenance ? Quelles sont les qualifications des membres de l’équipage (pilote, co-pilote, mécaniciens de bord, loadmasters…) ? L’AAC (Autorité de l’Avion Civile) avait-elle donné son aval pour sa mise en service ? Voilà un paquet d’interrogations qui s’adressent au ministre de tutelle et qui exigent des réponses claires et précises, car le mystère de l’hublot endommagé après le décollage de Dakar mérite d’être clarifié.

S’exprimant à propos de ce hublot, un expert en aéronautique civile a laissé entendre que sa déflagration pourrait avoir été provoquée par une fente, une corrosion ou l’impact d’un corps étranger… anomalies facilement décelables lors des inspections techniques de routine. Selon lui, si l’appareil avait atteint l’altitude de croisière, c’est-à-dire 33.000 pieds, tous les passagers et membres d’équipage seraient passés de vie à trépas.

Quid de LAC ?

Jusqu’à présent, la nouvelle compagnie aérienne nationale annoncée il y a plusieurs mois par le ministre des Transports et Voies de Communication, sous le label de « Congo Airways », n’est toujours pas opérationnelle. D’où, l’on peut croire que la République démocratique du Congo reste encore orpheline d’un instrument approprié de souveraineté nationale dans le domaine du transport aérien. Que non !

Le pays dispose bel et bien de sa propre compagnie aérienne, à savoir LAC (Lignes Aériennes Congolaises). En dépit de la volonté de certains décideurs politiques de l’enterrer vivante, elle tient encore la tête hors du trou de sa tombe. Et pour démontrer qu’elle garde encore son souffle de vie, elle vient de financer, sur fonds propres, le check de son Boeing 737 dans les ateliers d’EAS Services, à Perpignan (France). Mais depuis son retour au pays, il y a presqu’un mois, ce Boeing 737 est cloué au hangar technique de LAC à l’aéroport international de N’Djili.

A en croire des sources proches du dossier, cet aéronef ne peut pas reprendre le trafic domestique et international à cause de la rétention de sa licence d’exploitation, que l’on attribue au cabinet du ministre des Transports et Voies de Communication. Pourtant, l’organe technique habilité à régler cette matière, à savoir l’AAC (Autorité de l’Aviation Civile), a déjà donné son avis favorable, après examen du dossier et le paiement, par cette compagnie, de ses obligations financières vis-à-vis de la DGRAD à hauteur de 5.000 Usd (dollars américains cinq mille) depuis 2012.

S’exprimant à propos de la mise à mort planifiée et injustifiée de leur société, des délégués syndicaux de LAC font remarquer qu’elle a le statut d’entreprise publique transformée en société commerciale. Par conséquent, elle bénéficie, au même titre que la SNEL, la SCTP, la Gecamines, la RVA…du moratoire de 36 mois accordés à toutes les sociétés d’Etat jouissant du même statut et partant exemptées de toute mesure de dissolution. D’où, le ministre des Transports et Voies de Communication, qui s’est précité à rayer les LAC de la carte des entreprises de l’Etat, devrait revoir sa copie.


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