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Elections 2023 : le spectre du « glissement » se profile à l'horizon si rien n'est lancé !

Elections 2023 : le spectre du « glissement » se profile à l'horizon si rien n'est lancé ! 2020-01-07
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En termes de mandat électif, quatre années sont vite passées. Les Institutions issues des élections de décembre 2018 devraient, d’ores et déjà, préparer les échéances de 2023. Et, afin de ne plus répéter, et partant, de ne pas prêter le flanc aux vicissitudes politiques des processus électoraux de 2006 et de 2011, l’heure est venue de développer une réflexion courageuse et consensuelle sur les défis à relever, pour ne plus retomber dans des incohérences qui ont conduit à un mandat présidentiel élastique, un Sénat et une Assemblée nationale aux mandatures indéfinies, occasionnant ainsi des violences au sein d’une société congolaise déchirée.

Il ne faut pas être voyant pour s’apercevoir que le spectre du « glissement » du processus électoral n’a jamais été aussi présent. Et qu’il est systématiquement éludé dans le discours politique développé par les uns et les autres au cours des douze mois écoulés. Ni dans son discours sur l’état de la Nation, et encore moins son message à l’occasion du nouvel an, le Président de la République ne s’est appesanti sur cette matière de la plus haute importance. Ce qui laisserait croire que Félix Tshisekedi, à l’instar du reste de la classe politique, ne ferait pas grand cas de l’urgence à planter dès aujourd’hui un décor qui rassure.

Plusieurs facteurs éveillent une inquiétude légitime, en ce qu’ils constituent un chantier de longue portée et qui s’étalerait sur une longue période, nécessitant leur correction pendant qu’il en encore temps.

En fin mandat, le bureau de la CENI ne peut plus engager des actions

L’on se souvient, en effet, que la Commission électorale nationale indépendante (CENI) avait déposé au bureau de l’Assemblée nationale, et ce dès la première session de l’organe législatif, son Rapport circonstancié, assorti d’une série de recommandations applicables aux prochaines échéances électorales. Il est surprenant de constater que ledit rapport n’a fait l’objet d’aucun débat au cours des deux sessions ordinaires et de celle, extraordinaire, de l’Assemblée nationale. Dans cette perspective, des voix s’élèvent déjà parmi des experts des questions électorales, pour faire valoir l’urgence de son examen en session extraordinaire de l’Assemblée nationale à convoquer, ou à tout le moins, son inscription prioritaire à l’ordre du jour de la session ordinaire de mars.

Arrivé fin mandat depuis le mois de juin 2019, le bureau de la CENI piloté par le très controversé Corneille Nangaa ne peut plus engager des actions en rapport avec les scrutins de 2023.

A ce jour, son rôle reste limité dans l’expédition des contentieux électoraux des dernières élections. Il devient donc urgent, par ricochet, de mettre en place un nouveau bureau de la CENI appelé à prendre à bras-le-corps dès sa prise de fonction, les défis immenses qui mettraient les prochaines élections à l’abri des remous sanglants découlant d’une volonté des anciens opposants arrivés enfin au pouvoir à rééditer les « exploits » de leurs prédécesseurs. Entendre : se maintenir au pouvoir sous le couvert des insuffisances techniques de la Centrale électorale.

Et le défi majeur est bien évidemment, la remise à jour d’un fichier électoral devenu obsolète. Tant il est évident que les scrutins de 2018 l’ont été sur la base d’un rôle électoral improbable. Le nouveau fichier électoral devra bien évidemment inclure les nouveaux majeurs, les anciens exilés, réfugiés revenus au pays, les déplacés ayant regagné leurs milieux, les ex-prisonniers, les ex-combattants démobilisés…

Le législateur est, en outre, appelé à lever l’option politique épineuse du recensement de la population. Les parties prenantes devront faire le tri indiqué entre les statistiques fournies par le ministère du Plan ; celui, administratif, tenu par les Entités territoriales décentralisées, ou le recensement électoral avec les contraintes liées à son financement.

Révision de la Constitution et légiferer sur la fameuse « Machine à voter »

Un autre défi est celui lié au vote électronique. Il s’agira de légitimer une fois pour toutes la fameuse « Machine à voter ». En d’autres termes, s’il est nécessaire de faire appel au vote électronique, à ce jour mis à l’index par le même législateur, pourquoi ne pas l’envisager et l’intégrer officiellement dans les textes des lois en la matière. Sa légalisation supposant l’instauration de garde-fous par le biais d’une commission de personnalités à l’intégrité reconnue.

Toujours au chapitre juridique, la révision de la Constitution s’impose presque de lui-même. De l’instauration de l’élection du chef de l’Etat au suffrage indirect et celle des gouverneurs et sénateurs au suffrage direct, en passant par la résolution de la question de la qualité d’électeur de Congolais détenant la double nationalité, il y a là des matières qui, naturellement, suscitent un débat. En son temps, Kabila l’avait déjà effleuré, lors d’un point de presse, le dernier d’ailleurs, à l’aube de son règne long de dix-huit ans aux commandes du pays.

En froid avec la communauté internationale, le régime précédent avait naguère, faut-il le rappeler sans se rincer les sourcils, levé l’option de rejeter tout appel à un financement des élections par des apports extérieurs, avec le résultat désastreux d’un « glissement » programmé. Une année après décembre 2018, le nouveau pouvoir de Félix Tshisekedi, adulé de l’Occident, ferait œuvre utile en faisant appel dès maintenant à l’accompagnement de la communauté internationale, sous réserve d’obtenir des partenaires et autres observateurs étrangers des garanties d’indépendance et de crédibilité.

L'octroi d'un statut d’observateur à l'Eglise catholique ?

Quant à l’observation électorale au niveau de la société civile interne, il y a lieu de relever le rôle joué par l’Eglise catholique au cours des trois derniers processus électoraux. En 2006, c’est le défunt cardinal Etsou qui proclamait de son lit de malade en Europe que selon les données qu’il détenait, Jean-Pierre Bemba était sorti vainqueur de la présidentielle. En 2001, son successeur, la cardinal Monsengwo remettait en cause la victoire de Joseph Kabila au détriment d’Etienne Tshisekedi. Enfin, en 2018, l’Eglise catholique de Kinshasa remettait le plat avant de s’aligner. Pour le cardinal Ambongo, Félix Tshisekedi avait volé la victoire à Martin Fayulu.

Cette propension de l’Eglise catholique à jeter le trouble dans les esprits à l’issue de chaque échéance électorale amène à se poser la question de savoir si le législateur ne gagnerait pas à lui octroyer, à elle ainsi qu’aux autres confessions religieuses qui en exprimeraient le désir, un statut spécial d’observateur par la prise d’un texte légal. A défaut de voir l’Eglise s’inviter constamment dans un débat politique, elle se verrait ainsi invitée dans l’accompagnement d’un cycle pour une fois apaisé.


La Prospérité / MCP, via mediacongo.net
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Le sage | SD3Y66Q - posté le 08.01.2020 à 11:38

MOKAT SACRE PAR LA CAF MEILLEUR DIRIGEANT SPORTIF AFRICAIN SANS OUBLIER QUE TOUS LES MEDIOCRES AU POUVOIR HIER ET AUJOURD'HUI L'AVAIT SACRE MEILLEUR GOUVERNEUR DE LA RDC. TOUS ALLAIENT EN PELERINAGE A LUBUMBASHI A L'ECOLE DE LA BONNE GOUVERNANCE DE MOKAT. VOILA L'HOMME QU'IL FAUT POUR RELEVER NOS DEFIS. CESSEZ D'ETRE DES MEPRISABLES TRIBALISTES, RACISTES, REGIONALISTES OU ESCLAVES DE VOS LANGUES. VISEZ L'EXCELLENCE CAR C'EST ELLE QUI ELEVE VOTRE ESPRIT. EN RDC, L'EXCELLENCE A UN SEUL NOM: MOISE KATUMBI CHAPWE. LE RESTE C'EST DE LA POURITURE. CE N'EST PAS MON OPINION: C'EST CE QUE NOUS ENSEIGNENT LES FAITS ET LA VERITE. PETITS PAUVRES D'ESPRIT.

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Mampuya | T6L7OKA - posté le 07.01.2020 à 21:54

(suite). Nous allons voir qui va organiser les manifestations contre Tsilombo qui va s'accrocher au pouvoir. Nous sommes et nous serons très curieux...si va prevaloir le patriotisme en sens unique.

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Mampuya | T6L7OKA - posté le 07.01.2020 à 21:52

Le mwana Nsapu de la plume nous injecte autant des arguments pour donner à Tshilombo du soufle pour continuer son manda. Mais dans le temps de Kabila cette analyse était possible. NON, kabila veut s'accrocher au pouvoir. Maintenant avec Tshilombo, nous avons déjà une longue liste des sujets qu'on va traiter. Avec Kabila, il y'avait des problémes objectifs,guerre avec M23,Ebola,insècurité,manque des listes d'électeurs eecc,malgré tout cela la réponse était la meme Kabila veut s'accrocher. Ainsi déjà, la pillule est là il faut accepter le glissement. Nous allons voir qui va organiser les manifestations contre Tsilombo qui va s'accrocher au pouvoir. Nous sommes et nous serons...

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Jean Jacques Bukasa | GFA7ICS - posté le 07.01.2020 à 19:21

...ne se sont pas retrouvés dans ce que la Cenco a fait, et pourtant elle semblait a tort parler au nom de tous les Catholiques ; ce qui était un abus.

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Jean Jacques Bukasa | GFA7ICS - posté le 07.01.2020 à 19:20

Mon avis est que l'église Catholique ne devrait pas se mêler de la politique. Sa mission c'est de guider les âmes sans tordre ni le cœur ni la main de ces hommes. Elle devrait tout simplement rappeler aux hommes ce qui est bien de faire et non pas prendre position en politique. C'est sous cet objet stricte qu'elle est enregistrée au Congo et auquel les membres ont adhéré. Si cet objet change, il faudra que les membres réunis en assemblée générale soient informés et l'organisation désenregistrée en tant qu'église Catholique représentant un important nombre de gens et parlant à leur place. Jésus a dit " Laissez à César ce qui est à César. Beaucoup de membres ne se...

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Jean Jacques Bukasa | GFA7ICS - posté le 07.01.2020 à 17:10

L'injure est l'arme des faibles et des possédés. Ne peut injurier que la personne qui est envahie par plusieurs démons qui parlent à sa place.

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MAFA burin national | TSWZGT3 - posté le 07.01.2020 à 13:58

Ekosimba teeee. Fatshi bidon vide

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TROP C'EST TROP | 7PNROT2 - posté le 07.01.2020 à 13:39

Ok

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BIBI | GR3UJ9N - posté le 07.01.2020 à 12:40

WILLCOM, vous avez citez avec raison tout une série de changement, reforme à apporter, mais cela exige des moyens, un cadre propice pour mener à bien ces actions. Un pays "malade" aura du mal a y parvenir.

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BIBI | GR3UJ9N - posté le 07.01.2020 à 12:32

je ne dirai pas que les institutions restent (loin,loin de là) mais les conditions seront plus favorables pour apporter de changements importants pour le pays, suivis d'effets( positifs).

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willcow | KCTZP8R - posté le 07.01.2020 à 10:22

(suite).......LES INSTITUTIONS RESTENT.

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BIBI | GR3UJ9N - posté le 07.01.2020 à 10:22

Toutes révisions ou modifications... ne peuvent fonctionner que si la situation sociale, économique, sécuritaire s'améliore. Ainsi,le terrain devient propice pour le reste si non on est entrain de mettre tout simplement la charrue avant les bœufs. L'urgence est ailleurs. Bâtons nous d'abord pour sauver le pays qui est assailli par toute sorte de prédateurs décidés à le faire disparaitre si non le défiguré et après on verra...

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willcow | KCTZP8R - posté le 07.01.2020 à 10:21

A ceux qui vont me lire, ceci est une façon de tirer les oreilles aux autorités actuelles/RDC qu’il faut battre le fer quand il chaud. Ce pourquoi et j’ose croire que, le président actuel/RDC est déjà saisi de certains dossiers faisant partie de priorités (en rapport avec les élections) à titre d’exemple la réforme de la CENI ; changer complétement ou tamiser quelques membres des institutions traitant les contentieux électoraux ; bien choisir les observateurs (nationaux et internationaux) sans oublier l’octroi (bien avant) des cartes d’accréditation, en plus l’épineux problème d’identification des électeurs (qui prend beaucoup de mois). LES HOMMES PASSENT ET...

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KABILA NA TSHISEKEDI MIYIBI | 9EZU6L1 - posté le 07.01.2020 à 09:27

La revision constitutionnelle ne doit pas toucher au vote du président de la république, son vote doit rester un vote direct du peuple, nous ne faisons aucun confiance aux députés et sénateurs pour élire le président de la république. Pourquoi vouloir cette modification? Il y a suffisamment de magouille au pouvoir et vous voulez encore nous ôter le droit de voter notre président? Même si jusqu'à présent tous ceux que nous avons voté se sont fait voler leurs victoires. En ce qui concerne la CENI, je suis vraiment surpris que Tshisekedi ne se préoccupe pas de changer la gouvernance de cette institution qui est caduque depuis le mois de juillet? Comme il sait qu'il va tricher...

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Zemira | 6TTXEJD - posté le 07.01.2020 à 08:49

"En 2001, son successeur, la cardinal Monsengwo" au lieu de : "en 2011, son successeur, le cardinal", aussi simple que l'eau de roche. Bof, tout est dur en RDC, 2ème pays francophone du monde !

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