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Coronavirus : l’Afrique en état d’alerte

Coronavirus : l’Afrique en état d’alerte 2020-01-31
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Selon l’OMS, les pays les plus menacés sont ceux qui font office de hubs aériens à destination de la Chine, tels l’Ethiopie, le Kenya ou l’Afrique du Sud.

Le continent africain pourrait-il devenir le prochain foyer de développement du coronavirus ? De l’Asie à l’Amérique en passant par l’Europe, une quinzaine de pays ont déjà été atteints par cette pneumonie virale apparue en Chine et qui a contaminé plus de 4 500 personnes.

En Côte d’Ivoire, un cas suspect a été détecté à l’aéroport international Félix-Houphouët-Boigny d’Abidjan. Il s’agit d’une étudiante ivoirienne de 34 ans qui vit en Chine depuis cinq ans. Partie de Pékin, elle a fait escale à Istanbul et à Cotonou avant d’arriver à Abidjan dans la nuit du samedi 25 au dimanche 26 janvier. Fiévreuse avant même d’embarquer, elle avait prévenu sa famille de son état grippal. A l’arrivée, ce sont les caméras thermiques installées il y a plus de cinq ans lors de l’épidémie d’Ebola qui ont permis de détecter son cas. La patiente a été directement transportée dans une « cellule de pandémie » dans l’enceinte de l’aéroport. Des analyses sont en cours et les résultats seront connus mardi soir ou mercredi matin.

L’exemple est emblématique. La Chine accueille désormais plus d’étudiants africains que les Etats-Unis ou le Royaume-Uni. Selon des statistiques officielles chinoises, leur nombre a été multiplié par 40 en quinze ans, pour dépasser les 81 000 en 2018. L’étudiante ivoirienne a indiqué au ministre de la santé, venu à son chevet dimanche, que 75 étudiants ivoiriens se trouvent actuellement à Wuhan. La ville chinoise, épicentre de l’épidémie, est placée en quarantaine.

Au Maroc, le roi Mohammed VI a ordonné lundi le rapatriement d’une centaine de ressortissants bloqués à Wuhan, en majorité des étudiants. L’un d’eux avait lancé un appel à l’aide à l’ambassade marocaine en Chine dans une vidéo qui a fait le tour des réseaux sociaux. Il demandait que soient assurés leur ravitaillement en nourriture et leur retour au pays.

La Chine, premier partenaire commercial

Plus généralement, l’intensification des liens entre l’Afrique et la Chine depuis vingt ans pousse à la vigilance quant aux risques d’extension de l’épidémie. Le géant asiatique est le premier partenaire commercial du continent : leurs échanges ont dépassé 200 milliards de dollars en 2019. Et alors que les liaisons aériennes entre l’Afrique et la Chine ont bondi de plus de 600 % au cours de la dernière décennie, de nombreux pays (Nigeria, Kenya, Togo, Maroc…) ont annoncé la mise en place de mesures de contrôle au niveau des aéroports.

Un dispositif sanitaire a par exemple été établi à l’aéroport de Ouagadougou, au Burkina Faso : poste de santé, désinfection des mains au gel hydroalcoolique, contrôle de la température à l’aide d’une caméra thermique. En Centrafrique, des dispositions de contrôle des voyageurs (prise de température et lavage des mains à l’eau chlorée) existent déjà à l’aéroport de Bangui-Mpoko pour prévenir le virus Ebola. Selon le ministre de la santé Pierre Somsé, ces mesures vont être renforcées, surtout pour les visiteurs en provenance de Chine.

Alors que les chefs d’Etat africains doivent se réunir les 9 et 10 février à Addis-Abeba, en Ethiopie, pour le sommet annuel de l’Union africaine (UA), un dispositif de dépistage a été mis en place à l’aéroport international de Bole, première porte d’entrée vers l’Afrique. La température des voyageurs y est enregistrée depuis quelques jours. « Nous avons également mis en place un centre d’isolement équipé », a précisé lundi Takele Uma Banti, le maire d’Addis-Abeba, sur son compte Twitter. La compagnie Ethiopian Airlines, qui dessert 125 destinations internationales, opère six vols directs quotidiens vers la Chine (Shanghai, Canton et Pékin), dessert Chengdu trois fois par semaine et assure également une liaison chaque jour entre Addis-Abeba et Hongkong.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a établi une classification des pays africains selon le niveau de risques. Les plus menacés sont ceux qui font office de hubs aériens à destination de la Chine, tels l’Ethiopie, le Kenya ou l’Afrique du Sud.

Manque de kits de diagnostic

« Il est fort possible que nous ayons des cas sur le continent qui n’ont pas été détectés. Il est impensable que le continent soit le seul épargné », a déclaré mardi lors d’une conférence de presse John Nkengasong, le directeur du Centre africain de prévention et de lutte contre les maladies (CDC), une agence technique qui dépend de l’UA. Il a déploré le manque de kits de diagnostic sur le continent et assuré qu’il travaillait avec l’OMS et les fabricants pour améliorer leur disponibilité.

« Il est urgent de nous préparer à apporter un soutien à des pays qui ont souvent des systèmes de santé fragiles », souligne le docteur Michel Yao, responsable des opérations d’urgence de l’OMS pour l’Afrique : « Cette situation est un motif d’inquiétude pour nous, surtout quand on voit que même la Chine, dont le système de santé a beaucoup évolué ces dernières années, a des difficultés à gérer la situation. » L’OMS préconise aux gouvernements africains de tout mettre en œuvre pour permettre une détection rapide des cas de coronavirus. Elle conseille aussi d’organiser d’ores et déjà des mécanismes de transport et d’isolement d’urgence des personnes qui seraient touchées.

Un certain nombre de pays africains, comme le Liberia, la Sierra Leone et la République démocratique du Congo (RDC), ont déjà dû affronter l’épidémie d’Ebola. D’autres avaient commencé à se préparer à d’éventuelles contaminations. « Nous allons bâtir sur ces acquis. Mais les protocoles devront être mis à jour pour pouvoir répondre à ce type de maladie respiratoire où le nombre de cas peut augmenter très rapidement », avertit Michel Yao.

« Il faut également sensibiliser le grand public », poursuit-il. Les autorités de plusieurs pays ont commencé à mener des campagnes d’information à l’attention des professionnels de santé et de la population. Au Sénégal, où vit une importante diaspora chinoise commerçante, des fiches techniques produites par l’OMS ont été diffusées et un numéro vert a été activé. Dans un entretien accordé au média en ligne DakarActu, Abdoulaye Diouf Sarr, le ministre de la santé, a assuré qu’une campagne de masse allait démarrer mardi pour informer la population.


Le Monde / MCP, via mediacongo.net
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