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Au cour de la réunion présidée par Déogratias Mutombo le CPM alerte : la crise sanitaire liée au coronavirus menace l’économie congolaise

Au cour de la réunion présidée par Déogratias Mutombo le CPM alerte : la crise sanitaire liée au coronavirus menace l’économie congolaise 2020-02-10
Santé
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Pour le patron de la BCC, la Chine étant le premier partenaire de la Rdc, la persistance de cette épidémie risquerait de faire baisser les recettes publiques issues des exportations.

L'invasion du coronavirus est loin de se cantonner au seul domaine de la santé. Sa propagation et sa persistance dans plusieurs zones du globe ont aujourd'hui des répercussions sensibles sur le tourisme, mais de plus en plus aussi sur l'économie. Partenaire privilégiée de la Chine, la République démocratique du Congo redoute déjà d'en subir les soubresauts, comme le souligne le tout récent compte-rendu du Comité de politique monétaire (CPM), daté du vendredi 7 février dernier.

Au moment où l'Afrique subsaharienne s'attend à une forte croissance économique de l'ordre de 3,5% en 2020, bien au-delà de 3,3% enregistrés en 2019, des statistiques alarmantes poussent au pessimisme. Elles font allusions à certains paramètres qui risqueraient de compromettre le bel élan amorcé il y a quelques années, notamment en RDC.

Au regard des analyses du CPM, ''cette croissance - annoncée - demeure exposée à certains risques à court terme, susceptibles d'entrainer la révision de ses perspectives à la baisse''. Il s'agit notamment de ''la nouvelle crise sanitaire, liée au coronavirus, qui secoue la Chine, avec des conséquences négatives sur l'économie mondiale, étant donné qu'elle touche l'industrie en Chine et le tourisme'', souligne le CPM.

LA CHINE, PREMIER PARTENAIRE COMMERCIAL DE LA RDC

L'épidémie de Coronavirus, qui sévit en Chine depuis le mois de décembre dernier, menace de perturber l'économie congolaise, a prévenu le Gouverneur de la Banque centrale du Congo (BCC), M. Déogratias Mutombo Mwana Nyembo, qui s'exprimait lors de la conférence de presse qui a précédé cette toute première réunion ordinaire de l'année du comité de politique monétaire. Pour le patron de l'Institut d'émission, la Chine étant le premier partenaire de la RDC, la persistance de cette épidémie risque de faire baisser les recettes publiques issues des exportations. Pour éviter que la situation dégénère, le n°1 de la BCC estime nécessaire que les scientifiques se mobilisent pour trouver le vaccin contre le coronavirus.

PLUS DE 5 MILLIARDS DE DOLLARS PERÇUS DE LA CHINE EN 2018

Aux dires de Déogratias Mutombo, la persistance de cette épidémie va induire le ralentissement économique en Chine. Or, cette situation pourrait sensiblement affecter l'activité économique en RDC. En 2018, la RDC a exporté plus de 5 milliards USD vers la Chine et importé plus de 2 milliards de dollars, rappelle le patron de l'autorité monétaire.

"Si donc l'épidémie perdure, le virus va continuer à contaminer (notre économie). Il sera, dès lors, difficile que les gens travaillent ensemble dans les usines, les supermarchés et ailleurs", fait remarquer Déogratias Mutombo. Et par conséquent, précise-t-il, "on risque d'assister à la baisse de la demande, surtout extérieure, parce que la Chine importe nos matières premières pour les transformer… Il y aura, par ailleurs, baisse de nos exportations, et donc de nos recettes. Le solde de notre balance commerciale pourra ainsi enregistrer un déficit extérieur".

Face à ce tableau sombre, le patron de la BCC table sur la diversification de l'économie nationale pour pallier cette difficulté. Pour l'autorité monétaire, "depuis l'indépendance, le programme de diversification de l'économie a toujours échoué par manque de ressources financières. Il faut, dès lors, penser à diversifier notre économie, au lieu de le dire chaque fois sans agir".

BANQUE CENTRALE DU CONGO COMITE DE POLITIQUE MONETAIRE

Kinshasa, République Démocratique du Congo

COMMUNIQUE

Le Comité de Politique Monétaire s’est réuni, ce vendredi 07 février 2020, pour sa première réunion ordinaire portant l’année 2020, sous la Présidence de Monsieur Déogratias MUTOMBO MWANA NYEMBO, Gouverneur de la Banque Centrale du Congo.

Les échanges ont globalement porté sur les principaux faits économiques et financiers aux plans extérieur et intérieur, ainsi que sur le dispositif adéquat de la politique monétaire à mettre en place au regard du contexte actuel.

De l’analyse de la conjoncture économique, monétaire et financière à fin janvier 2020, le Comité a relevé ce qui suit :

> Au plan extérieur

Les perspectives de l’économie mondiale du FMI du mois de janvier 2020 tablent sur une progression modérée de la croissance mondiale de 3,3 % en 2020 contre 2,9 % en 2019. Cette amélioration est liée à la dissipation partielle de certains risques avec l’annonce de la première phase d’un accord commercial entre les États-Unis et la Chine ainsi qu’une diminution de la probabilité d’un Brexit dur.

Cependant, cette reprise devrait demeurer inégale et variée selon les économies et les régions. En effet, dans les économies avancées, la croissance devrait légèrement ralentir, passant de 2,2 % en 2019 à 1,7 % en 2020. Par contre, dans les économies émergentes et en développement, elle devrait connaitre un léger bon de 0,7 point de pourcentage, situant le taux de croissance à 4,4 % en 2020. En ce qui concerne l’Afrique Subsaharienne, la croissance devrait s’accélérer à 3,5 % en 2020 après avoir été à 3,3% en 2019.

Toutefois, cette croissance demeure exposée à certains risques à court terme susceptibles d’entrainer la révision de ses perspectives à la baisse. Il s’agit notamment de la nouvelle crise sanitaire liée au coronavirus qui secoue la Chine, avec des conséquences négatives sur l’économie mondiale, étant donné qu’elle touche l’industrie en Chine et le tourisme. A cela s’ajoute également la montée des tensions géopolitiques, en particulier entre les États-Unis et l’Iran, l’intensification des troubles sociaux et la dégradation continue des relations entre les États-Unis et ses partenaires commerciaux.

S’agissant des cours des matières premières exportées par la RDC, hormis le cobalt dont le cours a connu une chute de 41,7 % en glissement annuel, en raison de la baisse de l’activité dans les industries manufacturières en Chine, les cours des autres principaux produits d’exportation de la RDC ont enregistré globalement une tendance haussière au cours de la période sous revue.

> Au plan intérieur

Selon les prévisions du Comité Permanent du Cadrage Macroéconomique (CPCM), le rythme de formation de la richesse intérieure pourrait se situer à 5,4 % en 2020 sur base des réalisations à fin septembre 2019. Ce niveau pourrait être revu à la baisse au regard des données des productions à fin décembre 2019 et de l’évolution de la conjoncture tant intérieur qu’international.

Pour rappel, il a été estimé un fléchissement à 4,6 % du taux de croissance en 2019 après une réalisation de 5,8 % en 2018, imputable principalement à la branche «industries extractives » suite à la chute des cours mondiaux de la production du cobalt.

Par ailleurs, l’évolution du solde brut d’opinions des Chefs d’entreprises quant aux perspectives de la conjoncture économique s’est davantage creusée en janvier 2020 pour s’établir à -7,7 % venant de -5,7 % en décembre 2019 alors qu’elle était à +6,2 % une année auparavant. Cette détérioration est tirée par les branches «Construction» et «Services».

S’agissant du marché des biens et services, comparativement à la période correspondante de l’année passée, il a été noté une hausse significative des prix intérieurs au mois de janvier 2020, en raison notamment des contraintes liées à l’offre des produits alimentaires sur le marché.

Ainsi, le taux d’inflation s’est établi à 0,51 % en janvier 2020 contre 0,27 % une année auparavant. Cependant, en référence au mois de décembre 2019 où l’inflation mensuelle avait atteint 0,59 %, il apparait une légère décélération. En glissement annuel et en annualisé, le taux d’inflation s’est respectivement situé à 4,83 % et 5,39 % contre 5,62 % et 2,85 % enregistrés en janvier 2019. Pour rappel, l’objectif d’inflation à moyen terme poursuivi par la BCC reste à 7,0 %.

Au plan des finances publiques, l’exécution des opérations financières de l’Etat, incluant l’amortissement de la dette, s’est soldée par un déficit mensuel de 99,9 milliards de CDF au 31 janvier 2020 contre un déficit programmé de 41,7 milliards. Les ressources se sont chiffrées à 532,4 milliards de CDF dont 42,5 milliards tirés des opérations de Bons du Trésor de CDF contre des dépenses de 632,3 milliards.

Pour ce qui est du secteur extérieur, il s’est observé une dépréciation de la monnaie nationale sur les deux segments du marché des changes. En effet, en janvier 2020, la monnaie nationale s’est dépréciée de 0,65 % à l’indicatif et 1,06 % au parallèle contre 0,15 % et 1,12 % enregistrés à la période correspondante de 2019. Ainsi, au 31 janvier 2020, les taux de change indicatif et parallèle se sont situés à 1.683,88 CDF et 1.744,17 CDF le dollar américain respectivement.

Les réserves brutes de la Banque Centrale du Congo ont atteint 1.030,9 millions de USD à fin janvier 2020, dégageant un niveau des réserves internationales de 792,27 millions de USD, soit 3,0 semaines d’importations des biens et services sur ressources propres.

S’agissant du secteur monétaire, il est noté une baisse mensuelle de la masse monétaire de 0,90 % à fin janvier 2020, expliquée par une diminution des Avoirs extérieurs nets. Quant à la base monétaire, elle s’est accrue de 4,4 % en raison notamment de l’expansion du crédit net à l’Etat. Dans ce contexte, l’encours du Bon BCC à fin janvier 2020 s’est situé à 32,0 milliards de CDF, dégageant une ponction de 12 milliards de CDF par rapport à son niveau en début d’année.

Au regard de ce qui précède, le Comité de Politique Monétaire a décidé de poursuivre une politique monétaire prudente en maintenant inchangé le dispositif actuel de la politique monétaire. Ainsi, le taux directeur demeure à 9,0 %. Quant aux coefficients de la réserve obligatoire sur les dépôts en devises à vue et à terme, ils sont maintenus respectivement à 13,0 % et 12,0 % et ceux pour les dépôts en monnaie nationale à vue et à terme à 2,0 % et 0 %. Le Bon BCC servira des opérations de réglage fin de la liquidité.


Forum des As / MCP, via mediacongo.net
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Jean Jacques Bukasa | GFA7ICS - posté le 12.02.2020 à 10:16

...L'une des raisons possible qui fait que les économistes aujourd'hui et bien d'autres soit disant experts dans d'autres domaines n'arrivent pas a résoudre les problèmes de leurs pays une fois en poste malgré tend d’années d’études est que le cerveau a été conditionné sans qu'ils ne le sachent a servir un certains système et ont perdu toute notion de l'exploration du simple et de l'interrogation du status quo.

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Jean Jacques Bukasa | GFA7ICS - posté le 12.02.2020 à 09:56

...La solution est souvent plutôt dans les choses simples!

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Jean Jacques Bukasa | GFA7ICS - posté le 12.02.2020 à 09:55

Il ne faut pas se tromper, les théories économiques qui nous sont enseignées a l’école sont faites pour servir le même systèmes qui fait que les autres restent toujours pauvres. Elles sont bonnes à connaître pour plutôt les contourner. C'est ce qu'ont fait les qui se sont sortie de la pauvreté.

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Jean Jacques Bukasa | GFA7ICS - posté le 12.02.2020 à 09:53

...en abondance.

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Jean Jacques Bukasa | GFA7ICS - posté le 12.02.2020 à 09:52

...voulais dire lorsqu’il a mentionné que le Congo pouvait se passer de certaines institutions financières. Ne trouvez-vous pas étrange que la pauvreté est définie en termes d'argent c'est à dire l’incapacité de se procurer des biens et services, un moyen que les autres possèdent sauf l’Afrique, contrôle ou vous empêchent d'avoir, et non pas en termes de ressources naturelles qui si divisées entre chaque citoyens du Congo par exemple ferait de lui l’un des hommes les plus riches du monde ? Ce que je veux dire est que contrôlons et utilisons notre monnaie et mettons les gens au travail pour produire les biens en abondance avec les ressources qu'ils possèdent déjà en...

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Jean Jacques Bukasa | GFA7ICS - posté le 12.02.2020 à 09:49

...d' insuffisance de biens, n'est-ce pas le fameux problème de qui de l'œuf et de la poule est venue avant ? Si on n'emploie pas on ne peut pas produire plus de biens, et si on emploie il faut payer les gens et il faut beaucoup d'argent. Mais pour produire il faut aussi des machines ; voilà à quoi doit servir le peu de devises que nous recevons de nos minerais et non pas pour payer les gens et importer ce qui n'est pas nécessaire à la production. 2eme point, tout système financier international qui nous empêche de manipuler la quantité d'argent nécessaire a notre bénéfice devrait être mal vue. Je crois que c’est ce que l’ancien premier ministre Mapong voulais dire...

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Jean Jacques Bukasa | GFA7ICS - posté le 12.02.2020 à 09:48

Je voudrais que nous lancions un sérieux débat sur l’avantage et le désavantage que le Congo pourrait avoir à imprimer toute la monnaie dont elle a besoin pour avoir un énorme budget, financer la production, et créer le plein emploi pour plus de production ; Cela résoudrait beaucoup de nos problèmes financiers. Qu'est ce qui nous limite ? Est-ce l'appartenance à un système financier international quelconque ou la théorie qui dit que lorsqu'il y a trop d'argent sur le marché et pas assez de biens, le prix des biens a tendance à accroître ? Une autre théorie montre cependant dans quelles conditions l'impression de plus de monnaie peut être vital. Pour le dernier le cas d'...

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