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FARDC : Mort du Général Delphin Kahimbi, un décès qui laisse beaucoup d’interrogations

FARDC : Mort du Général Delphin Kahimbi, un décès qui laisse beaucoup d’interrogations 2020-02-28
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C’est une annonce brutale et inattendue avec le décès confirmé par des sources de l’armée que de sa famille dont son épouse Brenda Kahimbi ce vendredi de l’ex-chef du Renseignement militaire, le Général Delphin Kahimbi qui serait survenu à son domicile avant que sa dépouille ne soit acheminée à la morgue de l’Hôpital du Cinquantenaire de Kinshasa.

Si d’aucuns dans son voisinage parlent d’une « crise cardiaque », d’autres font allusion à ce qui serait un « suicide », d’autres encore n’hésitent pas à parler d’un « meurtre » déguisé de l’ancien chef d’Etat-Major adjoint de Forces Armées de la RDC (FARDC) et homme fort du renseignement militaire.

Demis de toutes ses fonctions il ya à peine quelques jours, entendu au Conseil National de Sécurité (CNS), l’homme était à la disposition des autorités du pays alors que l’armée avait ouvert une « enquête » interne à son endroit. Avec sa mort, l’homme emporte tous ses secrets et en même temps s’éteint toute action contre lui, ce qui indique probablement que l’on ne connaîtra peut-être jamais les vraies raisons de son interpellation.

La suspension de toutes ses fonctions depuis hier jeudi 27 février 2020 mieux dans ce qui restera comme « L’Affaire du Général Delphin Kahimbi », et son remplacement rapide par le Général Mandiangu ; un ancien du sérail des mêmes renseignements militaires défrayait la chronique et suscitait diverses réactions.

La confirmation d’ouverture d’une « enquête » interne à l’endroit du haut gradé de l’armée congolaise par le propre porte-parole des FARDC, le Général Léon Richard Kasonga ; était une nouvelle étape dans cette « affaire sensible » qui touche la sécurité de tout un pays.

Se refusant de « confirmer la suspension », Léon Richard Kasonga expliquait : « On ne peut parler d’accusation que quand il y a des faits probants. Mais ici, il est question de mener une enquête qui déterminera s’il y a quoi que ce soit et à ce moment-là on pourra parler d’accusations. En cas d’allégations ou d’attaques entamant la crédibilité de notre armée, il est automatiquement organisé une enquête de manière à assoir notre autorité, réaffirmer notre posture solide d’armée disciplinée. Donc une enquête interne est diligentée pour pouvoir voir ce qu’il se passe ».

Que reprochait-on à Kahimbi ?

Si les raisons officielles demeuraient encore inconnues jusqu’à sa mort et sans l’annonce officielle de l’armée, néanmoins une enquête interne avait été ouverte à son égard selon plusieurs sources concordantes ; notamment de la présidence et des chancelleries occidentales de Kinshasa.

Ces sources faisaient état des motifs liés à un voyage non autorisé en Afrique du Sud où des moyens d’écoute et d’espionnage du nouveau régime auraient été acquis par Kahimbi. Il était également accusé d’avoir dissimulé des armes en vue d’une tentative de déstabilisation du nouveau régime en ayant mis sous surveillance le nouveau chef de l’Etat Félix Tshisekedi.

Interpellé le jeudi 20 février 2020 par les services de la Direction Générale de Migration (DGM) alors qu’il s’apprêtait à prendre un vol pour l’Afrique du Sud où il se rendait pour des « soins médicaux » selon ses proches, Kahimbi aurait été convoqué à deux reprises et entendu sur plusieurs dossiers par le Conseil National de Sécurité ; même s’il n’était toujours pas inculpé pour des faits quelconques.

Un homme sous sanctions internationales…

Un des piliers majeurs et sécuritaires de l’ancien régime de Joseph Kabila, Delphin Kahimbi K. est un homme sous sanctions internationales, notamment européennes depuis 2016. Il lui était reproché des graves violations des droits humains, mais aussi des malversations financières dans lesquelles il était impliqué.

Avec douze autres officiels congolais, il est demeuré jusqu’à sa mort inattendue sous sanctions de l’UE pour des atteintes et entraves à la démocratie dans les dernières années du régime Kabila (2015-2018).

L’ancien chef du Renseignement militaire (ex-DEMIAP = Détection Militaire des Activités Anti-Patrie) aurait dû être la deuxième personnalité proche de Joseph Kabila à devoir répondre de ses actes en quelques jours après les déboires l’ancien chef de l’Agence Nationale des Renseignements (ANR) Kalev Mutond, interpellé le 12 février 2020 par la même DGM lors du retour d’un voyage à l’étranger.

Des réactions diverses

Les États-Unis via son ambassadeur à Kinshasa Mike Hammer avaient été les premiers à réagir pour ne pas dire officialiser « L’Affaire Kahimbi » malgré le silence de l’armée congolaise.

Du Secrétaire d’Etat en charge de l’Afrique Tibor Nagy en passant par l’Envoyé spécial dans les Grands Lacs Peter Pham, le ton fut le même en se disant ravi « voir le gouvernement de la RDC prendre des mesures pour mettre fin à l’impunité, car personne ne devrait être au-dessus de la loi ».

Avant son interpellation, la dernière réticence en date contre Kahimbi venait de son rôle dans le rapprochement entre la RDC et le Rwanda. Car, selon François Beya Kasonga, le conseiller en sécurité du prédisent de la République qui n’en était pas d’accord avec ; le général Delphin Kahimbi induirait le chef de l’Etat en erreur dans l’encouragement pour un rapprochement tout azimut.

Ancien commandant des opérations Sukola des FARDC dans le Sud-Kivu, Kahimbi était en même temps un proche de Paul Kagame avec qu’il avait des relations privilégiées depuis le temps de Kabila. Raison pour laquelle selon des sources vérifiées, François Beya tentait d’influer sur Félix Tshisekedi en lui conseillant sur « le rôle néfaste » du Rwanda au travers de son armée, les FAR (Forces Armées Rwandaises) ; dans la violation de l’intégrité territoriale de la RDC.

Les troupes rwandaises pourchassent et tuent les présumés rebelles hutus du FDLR jusque sur le sol congolais sans que personne n’ose lever son bout de doigt de protestation et ce, malgré la présence des troupes de l’ONU au travers de sa Monusco. Delphin Kahimbi était resté chef du renseignement militaire malgré l’arrivée au pouvoir de Félix Tshisekedi, comme la plupart des responsables des services de sécurité.

Comme on peut le constater, le nouveau pouvoir en RDC continue de travailler à sa consolidation malgré la poursuite cohabitation avec les forces politiques attachées à Joseph Kabila. Les exemples en sont nombreux avec l’affaiblissement de plusieurs officiels déjà sous sanctions internationales, tout-puissants à l‘époque du régime Kabila.

Ce sont les cas de l’ancien patron des renseignements civils, Kalev Mutond, démis de ses fonctions dès mars 2019 et interpellé à sa descente d’avion de retour de l‘étranger, officiellement pour détention d’un passeport diplomatique dont il n’avait plus le droit.

Mais aussi de l’ex-ministre de l’Intérieur et actuel chef du parti de Kabila, le candidat malheureux de la présidentielle de décembre 2018 Emmanuel Ramazani Shadary, qui avait été empêché de voyager vers le Burundi fin janvier pour le même motif de détention d’un passeport diplomatique.

Enfin et surtout l’homme d’affaires Albert Yuma, un autre proche de Kabila ; interdit de quitter Kinshasa pour les besoins d’une enquête sur un prêt consenti à son entreprise, la Gécamines, par l’homme d’affaires israélien sous sanctions américaine Dan Gertler, un autre proche de Kabila.

Nul n’en doute et l’’expérience enseigne qu’une fois l’appareil sécuritaire repris en main par le nouveau pouvoir, des changements profonds seraient en vue.

Roger DIKU et Thaddée Luaba Wa Ba Mabungi
Afriwave / MCP, via mediacongo.net
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