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USA: Un cas de coronavirus au siège du Congrès, Washington entre panique et inertie

USA: Un cas de coronavirus au siège du Congrès, Washington entre panique et inertie 2020-03-13
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Le Congrès est paralysé, l'administration fait l'autruche et la vie dans la capitale américaine devient de plus en plus surréaliste.

Washington ressemble de plus en plus à une ville en état de siège. La maire, Muriel Bowser, a déclaré l'état d'urgence après six cas de coronavirus déclarés. La National Gallery, le zoo et même le cimetière d'Arlington ferment samedi, les temples et les universités ont déjà fermé et vont assurer les cours en ligne, le Festival des cerisiers en fleurs, la grande attraction annuelle, est annulée.

Le Capitole, siège du Congrès américain à Washington, va fermer temporairement ses portes aux touristes à partir de jeudi soir jusqu'au 1er avril "par mesure de précaution", ont annoncé les responsables de la sécurité, tandis qu'un premier employé a contracté le coronavirus.

"Un membre de l'équipe du bureau de la sénatrice Maria Cantwell a été testé positif au Covid-19", ont annoncé ses porte-parole dans un communiqué.

Seuls les parlementaires, leurs équipes, les journalistes accrédités ainsi que les visiteurs venant pour des rendez-vous professionnels seront autorisés à accéder aux bâtiments.

Le centre se vide


Le Pentagone a également annoncé jeudi la suspension de toutes les visites touristiques dès le début de matinée et "jusqu'à nouvel ordre". Quelque 2.000 personnes le visitent chaque semaine. Pour ses briefings, les journalistes sont désormais assis sur des chaises très espacées et les supermarchés sont envahis par les employés de Instacart, une sorte d'Uber de l'épicerie, qui font vos courses, car beaucoup de Washingtoniens ne veulent plus mettre le nez dehors.

Le centre se vide tous les jours un peu plus, tout comme le métro, imprégné d'un fort relent de gel hydroalcoolique, où les passagers font de drôles de contorsions pour éviter de se tenir à une barre. Et pour ajouter au sentiment de fin du monde, les tulipes sont en fleur en même temps que les perce-neige, en avance de plusieurs semaines.

Il a fallu également attendre mercredi soir pour que le président annonce des mesures à la télévision. L'air très crispé, la voix étrangement enrouée, il a lu un discours truffé d'erreurs et d'imprécisions. À tel point que ses conseillers ont dû se fendre de rectificatifs dans la foulée.

Il a déclaré qu'il fermait le pays aux voyageurs ayant récemment séjourné en Europe. Mais les responsables ont ensuite clarifié via Twitter en disant que cela ne s'appliquait pas aux citoyens américains et détenteurs de cartes vertes. Ils ont dû aussi préciser que le fret n'était pas concerné, comme il l'avait dit. ll a enfin clamé que les assureurs « avaient accepté de supprimer le ticket modérateur sur les traitements du coronavirus ». En réalité, ils n'ont accepté de le lever que sur les tests de diagnostic.

Panique dans le pays

Si le but était de rassurer les foules, c'est raté. Son discours a même eu l'effet inverse. Les marchés financiers ont plongé, et à 14 heures jeudi, il y avait des queues interminables au supermarché Whole Foods de Tenleytown, un quartier de Washington. Du jamais-vu, même à l'approche d'une tempête de neige. Les gens avaient des chariots pleins à craquer, et dans les rayons, il n'y avait plus un grain de riz, un sac de pommes de terre ou une conserve. « C'est comme ça depuis ce matin », explique un caissier. « On voit la différence que peut faire un discours », ajoute-t-il avec un petit sourire ironique.

Et ce n'est pas qu'à Washington. Les États et les institutions ont commencé à réagir. La NBA a annulé les matchs, les projecteurs sur Broadway se sont éteints, Disneyland a fermé ses portes pour la quatrième fois seulement de son histoire… Et même 007 semble flancher devant le virus. La sortie du dernier James Bond intitulé No Time to Die a été repoussée à des jours meilleurs. Quant à la campagne électorale, les deux candidats ont arrêté les meetings pour le moment. Joe Biden a annoncé que les prochains à Chicago et à Miami seraient des événements virtuels. Le débat dimanche soir aura lieu à Washington – et non pas à Phoenix comme prévu – sans public, dans un studio de télé.

Le virus fait des heureux chez les livreurs

Pendant ce temps, au Capitole, républicains et démocrates se battent pour mettre en place une aide d'urgence. Tellement urgente que cela fait des jours que ça traîne et que rien ne sera mis aux voix au Sénat avant lundi !

Les démocrates à la Chambre avaient planifié de voter hier sur un texte qui prévoit des congés maladie obligatoires dont sont privés beaucoup d'Américains, des fonds pour tester gratuitement les malades, une hausse du montant de l'assurance chômage, et un programme alimentaire pour les enfants dont les écoles sont fermées. Trop coûteux, ont tempêté les républicains, qui sont très hostiles au congé maladie. Autre point de discorde encore plus sidérant, ils veulent inclure dans ce projet de loi d'urgence des restrictions sur… l'avortement !

Sous la pression de ses troupes, inquiètes à l'idée de quitter Washington (le Congrès ne devait pas être en session la semaine prochaine) sans avoir voté quoi que ce soit, le chef des républicains au Sénat, Mitch McConnell, a finalement annoncé, avant de se sauver dans sa circonscription du Kentucky jeudi après-midi, que les sénateurs reviendraient lundi.

Le coronavirus fait au moins des heureux parmi les livreurs de DoorDash, de Caviar, d'Uber Eats, qui apportent à domicile les plats des restaurants et les employés d'Instacart, comme Mary, une jeune femme noire. « D'habitude, je remplis une quarantaine de commandes tous les après-midi, explique-t-elle un œil sur son téléphone pour lire la liste, un œil sur le rayon légumes. Mais, là, j'ai déjà 90 demandes, c'est fou. » L'autre avantage, c'est qu'il n'y a plus personne à la gym ou à la piscine. Car un acte aussi banal que de pédaler ou de faire la brasse paraît soudain courageux, voire téméraire. À l'entrée de la piscine, on a épinglé une pancarte avec une citation de Muriel Bowser, la maire. « Les virus ne font pas de discrimination et nous ne devrions pas en faire non plus. » La signification n'est pas très claire. Qu'importe, j'ai le bassin à moi toute seule.

Hélène Vissière
Le Point / VOA / MCP, via mediacongo.net
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