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« Une fois le coronavirus oublié, l’appétit des Chinois remettra le pangolin sur les tables »

« Une fois le coronavirus oublié, l’appétit des Chinois remettra le pangolin sur les tables » 2020-03-17
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Pour notre chroniqueur, l’interdiction de la vente d’animaux sauvages annoncée par Pékin ne sauvera pas ce fourmilier d’Afrique, en danger d’extinction.

Le pangolin va-t-il enfin quitter les marchés et les assiettes des Chinois ? Pékin a décidé, lundi 24 février, d’interdire la vente et la consommation d’animaux sauvages, des pratiques suspectées d’être à l’origine de l’épidémie du nouveau coronavirus. Une décision qui pourrait influer sur le destin de ce petit animal aux formes aussi étranges que les vertus qui lui sont prêtées. Et dont certains scientifiques estiment aujourd’hui qu’il pourrait avoir servi de vecteur de transmission du Covid-19.

Ce fourmilier écailleux est l’un des animaux les plus braconnés au monde. On le trouve en Afrique, essentiellement au Cameroun, en République centrafricaine, en Guinée équatoriale, au Gabon, en République démocratique du Congo et en République du Congo. Entre 500 000 et 2,7 millions de pangolins sont capturés chaque année dans les forêts de ces pays.

Chips d’écaille

Si les braconniers en sont aussi friands, ce n’est pas pour en faire un trophée mais pour l’envoyer sur les tables d’Asie. Beaucoup de Chinois raffolent en effet de sa viande que l’on sert en ragoût et de son bouillon d’écailles que l’on dit favoriser à la fois la libido des hommes et les montées de lait des jeunes mamans. On le transforme aussi en poudre de kératine pour la médecine traditionnelle chinoise, et certains pensent même que ses écailles portent bonheur quand elles sont portées en collier. Scientifiquement pourtant, aucune preuve n’a été apportée qu’il était bénéfique pour la santé. Mais en Chine les croyances ont la vie dure et le trafic est tel que le petit animal est désormais menacé d’extinction.

L’interdiction annoncée par le gouvernement chinois peut-elle changer la donne ? Il y a de quoi en douter. D’abord parce qu’en 2003, après l’épidémie de Sras provoquée à l’époque déjà par une civette achetée vivante pour être mangée dans un marché de Canton, le gouvernement avait interdit ce type de commerce. Mais sans aucun effet.

Le trafic de pangolin est en outre prohibé depuis 2017 en Chine, la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (Cites) ayant interdit sa commercialisation. Mais, tout comme la poudre de corne de rhinocéros ou encore la bile d’ours noir, le commerce de pangolin n’a pas résisté à l’appétit des Chinois. On en trouve donc encore très facilement sur les marchés, comme c’était le cas à Wuhan jusqu’en janvier 2020 ou à Hongkong où les chips d’écaille de pangolin se vendent un euro le gramme.

Pour mettre un terme définitif à ce trafic il faudrait remonter les filières, démanteler la contrebande organisée par des groupes mafieux, souvent à partir du port de Lagos vers celui de Hongkong. Sur les cinq dernières années, 90 % des 62 tonnes de pangolins saisis à Hongkong venaient ainsi du Nigeria. L’importante communauté chinoise en Afrique explique également que beaucoup en ramènent dans leurs valises et échappent aux contrôles. Si l’animal est déjà mort, sa possession ne tombera pas sous le coup de la future loi, même si dans les aéroports chinois des affiches placardées un peu partout expliquent qu’il est interdit de rapporter des animaux, ou des parties d’animaux sauvages.

« Tout ce qui a quatre pattes »

Les espèces vivantes sont plus difficiles à transporter, mais on les retrouve quand même à la fois sur les marchés du sud de la Chine et sur ceux du Triangle d’or, au Laos, en Birmanie et plus à l’est, dans le nord du Vietnam. Dans ces zones de non-droit, les triades chinoises s’approvisionnent en animaux vivants qu’ils transportent ensuite via les frontières terrestres en Chine continentale. Un commerce lucratif lorsque l’on sait qu’un tel spécimen peut se vendre près de 2 000 euros !

L’interdiction de la vente de pangolin, comme de tous les animaux sauvages vivants, va certainement rendre la vie un peu plus difficile aux trafiquants, mais il y a fort à parier qu’une fois l’épidémie de coronavirus oubliée, l’appétit des Chinois pour « tout ce qui a quatre pattes », comme le dit un dicton, va remettre sur les tables ce petit fourmilier.

Enfin, l’exemple de l’offensive menée depuis deux ans en Chine pour interdire le commerce de l’ivoire ne pousse pas à l’optimisme. Malgré une répression accrue et des campagnes d’information dans tous les médias, l’ivoire venu d’Afrique continu d’alimenter un trafic aussi juteux que celui de la drogue. Il y a six mois encore, plus de 9 tonnes de défense d’éléphants africains en provenance de République du Congo et à destination des marchés chinois et vietnamien ont été interceptées par les douanes singapouriennes.


Le Monde / MCP, via mediacongo.net
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