Recherche
  Home Actualités Petites annonces Offres d’emploi Appels d’offres Publireportages C'est vous qui le dites Media & tendance Immobilier Recherche Contact



Retour

Politique

Delphin Kahimbi, victime de la bataille pour le contrôle de l’armée ,

2020-03-22
22.03.2020
Société
2020-03-22
Ajouter aux favoris
http://www.mediacongo.net/dpics/filesmanager/actualite/2020_actu/03-mars/16-22/kahimbi_delphin_general_20_003.jpg -

Général Delphin Kahimbi, ancien chef du renseignement militaire

La mort mystérieuse de l’ancien patron du renseignement militaire, Delphin Kahimbi, après sa suspension, jette le trouble sur la délicate tentative de reprise en main de l’armée congolaise par le président Félix Tshisekedi.

Delphin Kahimbi, le très puissant responsable du renseignement militaire serait-il la première victime du bras de fer entre Félix Tshisekedi et Joseph Kabila pour le contrôle de l’armée congolaise ? Sans relais au sein des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), encore largement fidèles à Joseph Kabila, le nouveau président tente depuis plusieurs mois de remettre de l’ordre dans l’armée.

Dernier épisode en date, l’audition par la Conseil national de sécurité (CNS) et la suspension du chef d’Etat-major adjoint des FARDC en charge du renseignement, Delphin Kahimbi. Problème (et non des moindres) : le redouté patron des renseignements a été retrouvé mort à son domicile le 28 février dernier, quelques heures avant sa troisième audition devant le CNS. 

Reprise en main de l’appareil militaire

Cacique du système Kabila père et fils depuis plus de 20 ans, Delphin Kahimbi avait gardé son poste après l’arrivée surprise de Félix Tshisekedi à la présidence en janvier 2019. Dans les premiers mois de son mandat, le nouveau président n’a pas touché à l’organigramme de l’armée congolaise. Félix Tshisekedi et Joseph Kabila ont noué une alliance de circonstance dans une coalition politique insolite qui se partage le pouvoir : la présidence pour Tshisekedi, l’Assemblée nationale, le Sénat et les Assemblées provinciale pour Kabila.

Une ligne rouge toute virtuelle semblait avoir été tracée entre les deux coalisés pour ne pas toucher au fragile équilibre des pouvoirs. Mais avec le temps, et sous la pression des bailleurs internationaux qui souhaitent voir le nouveau président se détacher de son encombrant allié, Félix Tshisekedi s’est lancé dans une reprise en main de l’appareil militaire.

Première cible : Kahimbi

Pour reprendre le contrôle et effectuer son délicat “ménage” au sein de l’armée, encore largement dirigée par des officiers pro-Kabila, Félix Tshisekedi a rapidement choisi ses armes : la justice militaire et sa lutte affichée contre la corruption et l’impunité. Les généraux sous sanctions européennes et américaines pour atteintes aux droits de l’homme sont légions dans l’armée congolaise. Autant dire que l’essentiel de l’Etat-major et des “grosses légumes” des FARDC sont concernés.

La première cible importante à être visé a été le général Delphin Kahimbi. Empêché de rendre en Afrique du Sud par la Direction générale des migrations (DGM) à l’aéroport de Kinshasa le 20 février, le chef des renseignements militaires a été convoqué à deux reprises par le Conseil national de sécurité pour s’expliquer sur son voyage. Au coeur des auditions : du matériel d’écoute, commandée il y a de nombreux mois sous la présidence Kabila. 

Un proche de Numbi pour mener l’enquête


Général John Numbi

A quelques heures de sa troisième audition, le vendredi 28 février, le général Kahimbi est retrouvé mort à son domicile. Son épouse, contactée par la presse sur le téléphone de son mari, parle de “crise cardiaque”, puis la thèse du suicide circule, relayée par le président Tshisekedi lui-même, qui évoque une mort par “pendaison”.

Une enquête doit être menée par l’armée congolaise avec le concours de la Monusco. Mais plusieurs voix au sein de la société civile s’étonnent déjà du choix du président de la Commission d’enquête, assurée par le général Marcel Mbangu Mashita, un proche du général John Numbi, dans le viseur des ONG des droits de l’homme pour le meurtre de Floribert Chebeya, et sous sanctions internationales. 

Kahimbi, témoin du deal Kabila-Tshisekedi

Plusieurs sources au sein du renseignement congolais doutent fortement de la thèse du suicide. Certains, en contact avec Kahimbi jusqu’à la veille de sa mort, nous expliquent que la convocation du patron du renseignement militaire était “politique”, dans le seul but “de le contraindre de partir en exil jusqu’aux prochaines élections”. Ce que le général aurait refusé.

“Professionnellement, ils n’ont rien à lui reprocher” nous confie-t-on. Mais Delphin Kahimbi en sait beaucoup (trop) sur Joseph Kabila et Félix Tshisekedi, et notamment sur l’accord secret de partage du pouvoir conclu entre les deux hommes pendant les élections de décembre 2018, parrainé par l’Afrique du sud. Autant dire que les coalitions FCC de Joseph Kabila et CACH de Félix Tshisekedi n’ont aucun intérêt à ce que ce témoin des tractations de décembre 2018 parle.

Dans ce contexte de tensions politiques entre les deux coalisés, la disparition de Delphin Kahimbi “arrange tout le monde” poursuit une source sécuritaire. “Toutes ces larmes, venant du FCC ou de la présidence, sont des larmes de crocodiles” conclut-il.

Mundos et Sikabwe dans le viseur


Général Akili Mundos

Le grand ménage a-t-il commencé dans l’armée congolaise ? Fort possible. D’autant que Kahimbi n’est pas le seul à avoir été convoqué par le Conseil national de sécurité. Le très redouté général Akili Mundos, que les ONG des droits de l’homme accusent de collusion avec les rebelles de ADF dans la région de Beni, a lui aussi été rappelé à Kinshasa pour “consultations”.

Dans le viseur également, le général Fall Sikabwe, dont Afrikarabia révélait sa mise en cause dans le probable détournement de la prime de fin d’année des militaires en poste dans les Kivu – voir notre article. Le général a été suspendu de ses fonctions, en attendant le verdict de la justice militaire.

Kalev, Ramazani, Yuma


Kalev Mutond, ancien patron des services de renseignements (ANR)

D’autres caciques de l’ère Kabila ont aussi été visés par le nouveau pouvoir. L’ancien patron des services de renseignements (ANR), Kalev Mutond, écarté de la “police politique” du l’ancien président, a été brièvement interpellé à sa descente d’avion de retour de l’étranger, officiellement pour avoir voyagé avec un passeport diplomatique qu’il n’a plus le droit d’utiliser.

L’ex-ministre de l’Intérieur et chef du parti de Joseph Kabila, Emmanuel Ramazani Shadary, a été aussi empêché de se rendre au Burundi fin janvier. Et le patron de la Gécamines, le géant minier congolais, Albert Yuma, serait toujours retenu à Kinshasa, suite à l’affaire d’un prêt douteux consenti à un proche de Joseph Kabila. 

La fin des généraux « intouchables » ,

Un coup de balai dans l’armée reste pourtant la priorité du président Tshisekedi. Le nouveau chef de l’Etat doit trouver très rapidement les fonds nécessaires pour financer son ambitieux programme d’urgence pour la RDC. Mais les caisses sont vides. Et seuls les bailleurs internationaux, Europe et Etats-unis en tête, sont en mesure de débloquer l’aide financière nécessaire pour commencer à mettre en oeuvre ses promesses électorales. Alors, dans l’armée, de nouvelles nominations sont sur la table.

Avec Kahimbi, Mundos et Sikabwe, le message de Tshisekedi est clair et siffle la fin des généraux tout-puissants et intouchables. Les nouveaux promus seront à chercher du côté d’officiers “de seconde zone” qui n’avaient pas trouver leur place sous Kabila. Avec ces nouvelles promotion, ces officiers seront alors redevables (et fidèles ?) au président Tshisekedi… un clientélisme qui avait très bien fonctionné sous Joseph Kabila.

Feu vert de Washington ?

 

Reste à savoir comment réagira l’ancien président lorsque des généraux comme Gabriel Amisi “Tango Four”, ou John Numbi seront inquiétés par le nouveau pouvoir de Kinshasa ? Difficile de le dire, mais Félix Tshisekedi semble ne plus pouvoir reculer. Le président congolais doit urgemment trouver de nouvelles ressources, et donc contenter ses futurs bailleurs de fonds. 

Avec la disparition de Delphin Kahimbi, le président congolais pourrait être tenté d’accélérer. L’ambassadeur américain à Kinshasa, Mike Hammer, a d’ailleurs suggéré la suite des hostilités sur Twitter après la suspension de Kahimbi: “Comme nous l’avons toujours dit : ceux qui sont corrompus, commettent des violations des droits de l’Homme ou perturbent le processus démocratique, devraient rendre des comptes”… le grand ménage risque donc de continuer.

Christophe Rigaud
Afrikarabia / MCP, via mediacongo.net
C’est vous qui le dites : 11 commentaires
8413 suivent la conversation

Faites connaissance avec votre « Code MediaCongo »

Le code à 7 caractères (précédé de « @ ») à côté du Nom est le Code MediaCongo de l’utilisateur. Par exemple « Jeanne243 @AB25CDF ». Ce code est unique à chaque utilisateur. Il permet de différencier les utilisateurs.

Poster un commentaire, réagir ?

Les commentaires et réactions sont postés librement, tout en respectant les conditions d’utilisation de la plateforme mediacongo.net. Vous pouvez cliquer sur 2 émojis au maximum.

Merci et excellente expérience sur mediacongo.net, première plateforme congolaise

MediaCongo – Support Utilisateurs


0 réponse
La RDC n'est pas une république bananière qu'on peut diriger n'importe comment. Toutes les institutions de la république, civiles ou militaires sont apolitiques, malheureusement que ce n'est pas le cas dans notre pays depuis l'époque de Mobutu, et ainsi de suite. La constitution est très claire là-dessus, mais les dirigeants font fi de cette consitution qu'ils sont censés respecter car ils doivent savoir que les hommes passent mais les institutions restent et resteront toujours. Vous, les dirigeants de ce pays, vous devez savoir que seul DIEU est éternel, pas VOUS. Vous finirez par quitter cette terre des hommes et à quoi serviront tous les biens que vous aurez amassés sur cette terre des hommes? Vanité des vanités, tout est vanité sous le soleil, la Sainte Bible nous dit. Le respect de la loi est le respect du peuple, sinon à quoi servirait-il de prendre le peuple pour des idiots qu'on peu manipuler en sa guise? God knows.

Réagir

Répondre
@
Insérez un émoji
0 réponse
cet articles d’itunes bonne partie de vérité mais malheureusement curve JK , il le seul à avoir décider de refroidir ce gars .Meme Kigali regrette sa mort vu que c’était un de leurs gars .Ce qui est vrai et que JK veux tout savoir avec le bruit qui court de la CPI.

Réagir

Répondre
@
Insérez un émoji
0 réponse
TOUTE CHOSE A UN DÉBUT ET UNE FIN, AUCUNE PIERRE NE SE DRESSERA AU DESSUS D'UNE AUTRE SANS QU'ELLE NE SE RENVERSE, ADOREZ BIEN VOS IDOLES KABILA OU JE NE SAIS QUI, ILS PASSERONT TOUT DE MÊME.

Réagir

Répondre
@
Insérez un émoji
0 réponse
SI ce n est que pour l argent de la communauté internationale,fermons 12 MOIS les frontières,produisons EN ABONDANCE du riz,du maîs,du manioc , du poisson, de l huile d arachide, des vaches , des chèvres des moutons,du lait du fromage du yahourth des légumes des oranges, des ananas, des oignons,des papayes,la quinine et autres, des bananes,des pommes de terres, du boudin,des chips,des pampers,DES PH ,de la bière, des jus ,des sucrés, du café, du cacao.EN UTILISANT nos ressources actuelles EN UNE ANNNE LE PAYS AURA DES SURPLUS TELS QUE L ARGENT EXTERIEUR VIENDRA DE LUI MEME POUR S APPROVISONNER

Réagir

Répondre
@
Insérez un émoji
0 réponse
pour une fois les RDCongolais rejettent une intox d'un revert de la mains

Réagir

Répondre
@
Insérez un émoji
0 réponse
Les journalistes Congolais commencent à nous raconter du n'importe quoi pour se rendre intéressant et s'attirer quelques clic! Bravo pour l'imagination, vous pourriez faire une bonne carrière près à Hollywood!

Réagir

Répondre
@
Insérez un émoji
@
Insérez un émoji
0 réponse
VOus oubliez de dire que TSHILOMBO sorti bon dernier avec 15PC présidentielles,a été nommé PAR KABILA et il est ds ses petits souliers et au garde à vous devant KABILA.Et puis KAHIMBI nest pas le SEUL Kabiliste à avoir assisté à la nomination de TSHILOMBO par KABILA pour que son élimination close cette NAKBA: KAHIMBI en savait trop sur les malversations financières, COOPES et plans anti KAMERE et ANTI KABILA du clan intime de TSHILOMBO

Réagir

Répondre
@
Insérez un émoji
0 réponse
NON NON:TSHILOMBO n a pas ordonné l 'assassinat de KAHIMBI.C'était un excès de la part de Son oncle "évêque" Gérard Mulumba.TSHILOMBO s'en est excusé devant KABILA,ds ttes les langues et postures et a juré que PLUS AUCUN KABILISTE civil ou militaire ne serait encore dérangé ni inquiété;ET puis ya pas parmi les flateurs un qui pourra conseiller à TSHILOMBO que avec gestion rigoureuse le RICHE Congo peut générer plus que les maigres crédits contraignants de ces bailleurs

Réagir

Répondre
@
Insérez un émoji
0 réponse
Mampuya | T6L7OKA - posté le 22.03.2020 à 19:24 Un article bete,bon pour les petits cerveaux et èsprits.

Réagir

Répondre
@
Insérez un émoji
0 réponse
Un article bete.

Réagir

Répondre
@
Insérez un émoji
right
Article suivant Coronavirus en RDC: Delly Sesanga invite Félix Tshisekedi à décréter l'État d'urgence
left
Article précédent Même seul contre Kalev Mutond, Muyambo se dit prêt d’aller jusqu’au bout

Les plus commentés

Politique La Balkanisation de la RDC : une mauvaise solution (Analyse d’Oasis Kodila Tedika*)

02.02.2023, 21 commentaires

Politique Kabila, réellement « mort » ou fait-il le « mort »?

31.01.2023, 15 commentaires

Politique Présidentielle 2023: le phénomène Mukwege

01.02.2023, 15 commentaires

Politique PPRD : « On va continuer avec ceux qui acceptent le combat contre la dictature de Tshisekedi » (Ferdinand Kambere)

01.02.2023, 10 commentaires

Ont commenté cet article



Infos congo - Actualités Congo - IMCongo Application - bottom - 30 août 2022

Ils nous font confiance

Infos congo - Actualités Congo - confiance