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Coronavirus : en Afrique, on se rue sur la chloroquine

Coronavirus : en Afrique, on se rue sur la chloroquine 2020-03-23
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L’annonce que cet antipaludéen pourrait soigner les malades atteints du Covid-19 a créé une inflation de la demande.

Au Sénégal, au Bénin, au Cameroun et au Burkina Faso, c’est la ruée chez les vendeurs de médicaments, sur les marchés informels ou dans la rue, pour se procurer de la chloroquine. L’annonce, par plusieurs pays qui ont effectué des essais cliniques, que cet antipaludéen pourrait soigner les malades atteints du Covid-19, a créé une hausse de la demande de ce médicament bien connu en Afrique. Selon des enquêtes menées à partir du 11 mars par le réseau ouest-africain Anthropologie des Epidémies émergentes, en lien avec le réseau Sonar-Global, et rapporté par l’une des chercheuses et anthropologue Alice Desclaux sur le site The Conversation, des commerçants ont constitué des stocks pour répondre à la demande.

Ainsi, à Dakar, sur le marché de Keur Serigne Bi, les consommateurs peuvent se procurer des traitements hors de tout contrôle malgré la législation interdisant le commerce de médicaments hors des officines. La chloroquine y est vendue sous plusieurs formes commerciales en provenance d’Inde ou du Nigeria. L’un des commerçants rapporte en avoir fourni en grande quantité à un médecin.

L’anthropologue, également médecin, explique : « En Afrique, l’attente pour un traitement ou un vaccin qui soigne définitivement la pandémie est très forte ; la popularité des médicaments et leur aura d’efficacité et de modernité expliquent en partie cet attrait. » Elle poursuit : « La circulation d’informations sur les réseaux sociaux en faveur de la chloroquine trouve une prolongation dans sa circulation sur le marché informel, où les produits ne sont pas contrôlés et peuvent être périmés ou “de qualité inférieure ou falsifiée” (selon la catégorisation de l’OMS), la vente n’étant par ailleurs pas accompagnée de l’information d’un médecin ou d’un pharmacien sur leur toxicité. »

Automédication par des populations pauvres

Cet antipaludique a été commercialisé en 1949, mais a été retiré du circuit après l’apparition de résistances du parasite à l’origine du paludisme dans de nombreux pays où il est endémique, rappelle l’anthropologue. Mais des dérivés sont vendus officiellement en volume limité, essentiellement pour traiter des personnes souffrant de polyarthrite rhumatoïde.

Il est toujours utilisé « à partir du marché informel en automédication pour prévenir divers troubles, par des populations pauvres, ou pour des tentatives de suicide ou d’avortement utilisant sa toxicité à haute dose », note Alice Desclaux qui s’inquiète :

« Cette situation ajoute au risque infectieux un risque médicamenteux qui n’est pas a priori traité par les services focalisés sur la réponse à la pandémie et pourrait passer “sous le radar” en temps de crise sanitaire. »

Bandes criminelles

Le risque est d’autant plus grand que l’irruption du coronavirus donne l’occasion aux bandes criminelles de gagner de l’argent rapidement. Interpol, qui a mené une opération de lutte contre le commerce en ligne de produits médicaux contrefaits entre le 3 et le 10 mars, a arrêté 121 personnes et saisi pour 14 millions de dollars de produits potentiellement dangereux, parmi lesquels des antiviraux actuellement non autorisés contre le coronavirus comme la chloroquine.

C’est pourquoi Alice Desclaux met en garde contre les flux continus de fausses informations ou d’informations exactes mais mal utilisées. Au Sénégal, les « infox » sur la pandémie ont, selon elle, d’abord concerné l’origine du virus et de la transmission liée aux habitudes culturelles, l’insuffisance des modes de prévention, les traitements par la pharmacopée locale ou par des remèdes populaires et la supposée protection via les religions.

A partir du 1er mars, lorsque les premiers cas de Covid-19 sont apparus, des fake news ont commencé à circuler sur WhatsApp, lorsqu’un religieux influent a contesté l’existence d’un cas apparu lors d’un pèlerinage et critiqué la stratégie de santé publique. « Les infos (x) nationales sont devenues aussi fréquentes que celles internationales, avec des thèmes de plus en plus concrets : les infos (x) ont évolué rapidement et se sont alignées sur les évènements liés à l’épidémie et à la réponse », souligne Alice Desclaux.

« Les infox issues du milieu médical et concernant des malades en Europe, de plus en plus fréquentes, et celles évoquant des vaccins et traitements médicamenteux sont souvent reprises par les médias africains, prenant ainsi localement un statut officiel aux yeux du public. Les infos(x) émises en France sont lues au Sénégal et dans d’autres pays d’Afrique francophones », dit-elle encore. « Les dommages provoqués par l’infodémie ne sont pas que le fait des fake news, ces fausses informations entièrement dépourvues de fondement, mais ils peuvent résulter d’informations s’avérant plus tard exactes. »

 


Nouvel Obs / MCP, via mediacongo.net
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Bana Nzambe | 9VZNXW5 - posté le 23.03.2020 à 13:08

Je comprend que ce médicament est toujours utilisé dans le monde. Mais pourquoi en RD Congo ce médicament a été retiré de la circulation depuis une dizaine d'année, les autorités avaient cru mieux faire, qu'elles nous donnent la raison de ce retrait

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Le sage | SD3Y66Q - posté le 23.03.2020 à 12:33

Il y a des pays où la chloroquine a été rétirée de la liste des médicaments essentiels. Les gouvernements de ces pays doivent s'en approvisionner au regards des publications concluantes de la chine meme si l'occident tergiverse pour une question d'ego. Ils veulent s'approprier cette découverte chinoise! Il est vrai que la chloroquine doit avoir un effet sur le COVID donc si vous avez accès à ce médicament dans votre pays approvisionnez-vous et faites vos réserves.

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