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Coronavirus : Corée du Sud, Taïwan et Singapour, les bons élèves face à l'épidémie

Coronavirus : Corée du Sud, Taïwan et Singapour, les bons élèves face à l'épidémie 2020-03-23
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Proches géographiquement de la Chine, où le Covid-19 s’est déclaré en décembre 2019, la Corée du Sud, Singapour et Taïwan ont su rapidement endiguer l’épidémie. Deux raisons à cela : la mise en place rapide de mesures efficaces et une population bien informée. Comment ces pays se sont-ils imposés comme de bons élèves face à la gestion de la crise ?

Le 20 janvier dernier, un premier cas de Covid-19 est diagnostiqué en Corée du Sud. Une Chinoise de 25 ans arrivée de Wuhan, berceau de l’épidémie. "Elle se rendait à Séoul dans le cadre d'un voyage pour le Nouvel An chinois", précise alors Jung Eun-kyeong, directrice du Centre de contrôle et de prévention des maladies (KCDC), à l’Agence France-Presse. Rapidement, d’autres cas sont identifiés, la Corée du Sud devient l’un des points noirs de l’épidémie.

Avec 8 600 cas recensés à ce jour, la Corée du Sud s’impose pourtant comme un exemple à suivre en matière de gestion de l’épidémie. Comme nous l'indique Yerinne Park, journaliste basée à Séoul, « la Corée du Sud est "une bonne élève", la preuve : d’une part le taux de victimes a diminué et a tendance à se stabiliser autour de cent nouveaux cas par jour. D’autre part, le taux de mortalité y est très faible : 94 morts sur 8 600 patients contaminés, c’est bien en deçà de la moyenne donnée par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), qui est de 3,4% ».

La Corée du Sud a réagi très rapidement. Avant même la confirmation du premier cas de coronavirus sur son territoire.

Même constat à Taïwan. Situé à un peu plus d’une centaine de kilomètres de la Chine, ce petit état insulaire a été épargné par l’épidémie et ce, malgré des échanges économiques et touristiques importants avec son voisin chinois. Aujourd’hui, Taïwan recense moins de 200 cas de Covid-19, contre 80 000 comptabilisés en Chine.

Des mesures rapides et une population bien informée

« La Corée du Sud a réagi très rapidement. Avant même la confirmation du premier cas de coronavirus sur son territoire », explique Yerinne Park. Selon elle, des entreprises spécialisées ont rapidement commencé à développer des kits de dépistage.

En l’espace de moins de vingt jours, un réseau de laboratoires opérationnels a été mis en place pour analyser les échantillons. « À cela s'ajoute une mobilisation en force du personnel médical : 12 000 spécialistes sont habilités à conduire ces tests dans 77 institutions médicales à travers le pays », ajoute la journaliste.

A Séoul, des alertes sont envoyées quasiment tous les jours via SMS pour mettre en garde les habitants contre de nouveaux cas découverts dans tel ou tel quartier.

Yerinne Park, journaliste basée à Séoul

Aujourd’hui, la capacité de dépistage de la Corée du Sud bat tous les records : entre 10 000 et 20 000 personnes peuvent y être testées chaque jour. 

Au-delà d’une campagne massive de dépistage, le gouvernement a également misé sur une politique de transparence et d’information de la population, notamment sur le nombre de personnes atteintes du virus, contrairement à la Chine qui a tu pendant un temps les risques et dangers du Covid-19.

« À Séoul, des alertes sont envoyées quasiment tous les jours via SMS pour mettre en garde les habitants contre des nouveaux cas découverts dans tel ou tel quartier », observe Yerinne Park.

À Taïwan aussi, de nombreuses mesures ont rapidement été mises en place. Alors que des millions de touristes chinois s’y rendent chaque année, dès le 6 février, l’île interdit leur entrée sur son territoire.

Singapour, dès l’annonce d’un premier cas de Covid-19, a stoppé tous ses vols en provenance de Wuhan. Et les étrangers ayant séjourné ou transité par la Chine les 14 jours précédents sont interdits dans la cité-Etat.


Cette réactivité [...] s'explique notamment par les précédentes expériences face à ce type d'épidémies, avec surtout celle du virus MERS en 2015.

Comme la Corée du Sud et Taïwan, Singapour s’est appuyée sur les nouvelles technologies pour contrôler l’épidémie. Elle a par exemple affecté des enquêteurs à la surveillance des quarantaines et à la traçabilité des déplacements des malades. « Partout où nous allons, nous laissons des empreintes numériques, que ce soit en retirant de l'argent, ou au travers de l'utilisation de notre carte bancaire », expliquait à la radio PRI Leong Hoe Nam, spécialiste des maladies infectieuses à Singapour.

Jugés trop intrusifs, ces outils ont par ailleurs été remis en question par les populations locales. « Tout cela suscite bien sûr des interrogations sur le respect de la vie privée, et certaines personnes infectées se sont plaintes d'avoir été reconnues et stigmatisées », pointe Yerinne Park.

MERS, SRAS, l’expérience des épidémies passées

« La réactivité du la Corée du Sud s'explique notamment par ses précédentes expériences face à ce type d'épidémies, avec surtout celle du virus MERS en 2015 », rappelle Yerinne Park.

En effet, de nombreux pays asiatiques gardent en mémoire l’expérience, parfois traumatisante d’épidémies passées, le MERS mais aussi celle de la pandémie du SRAS en 2003. Si le nombre de victimes a été à l’époque nettement inférieur à celui du Covid-19, les conséquences n’en ont pas pour autant été moins lourdes. Manque de tests, chute du tourisme, croissance économique plombée.

 Les séquelles du passé auraient-elles servi de leçon à ces pays ? Alors que plusieurs pays européens ont tardé à réagir et ont dû imposer des mesures drastiques, il n’en est rien pour Taïwan, Singapour et la Corée du Sud.

« Certes la rentrée scolaire a été repoussée, les habitants sont encouragés à travailler depuis chez eux et les manifestations à grande échelle ont été bannies, mais pas de mesure drastique : pas de confinement, ni de fermeture de restaurants ou d'autres lieux de rassemblement » concernant la Corée du Sud, explique Yerinne Park.

« Les frontières restent également ouvertes, mais avec la mise en quarantaine et des mesures punitives pour les étrangers qui ne suivent pas les règles de précaution sur le territoire sud-coréen », ajoute-t-elle.

À Taïwan aussi, où certaines mesures mineures, bien loin de celles des pays européens, ont été imposées, le pays continue de fonctionner normalement.

Outre les voyageurs venant de Chine, Singapour a interdit l'entrée et le transit aux voyageurs en provenance de quatre pays d'Europe parmi les plus touchés par le nouveau coronavirus : la France, l’Italie, l’Espagne et l’Allemagne.

Des restrictions plus sévères que ses deux voisins donc, mais le pays, l'un des premiers à avoir détecté des cas de Covid-19, limite à ce jour la contamination à moins de 400 personnes grâce à ces mesures.


TV5 / MCP, via mediacongo.net
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