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Coronavirus : la RDC, terre du quinquina, au centre des enjeux mondiaux

Coronavirus : la RDC, terre du quinquina, au centre des enjeux mondiaux 2020-04-07
Santé
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Jeune plantation de quinquina dans la plantation de Pharmakina. (© DR)

Face au Covid-19, des traitements associant la chloroquine, produit synthétique inspiré de la formule chimique de la quinine, seraient prometteurs. La RDC dispose, au Kivu, de vastes plantations de quinquina, un arbre dont l’écorce contient de la quinine, réputée pour ses propriétés antipaludiques. Dans la crise sanitaire actuelle, le pays pourrait avoir une carte à jouer. Les explications d’Etienne Erny, directeur général de la Pharmakina, le géant de cette filière dans le pays.


Makanisi : Comment comptez-vous vous positionner face aux enjeux thérapeutiques actuels ?

Etienne Erny (E.E.) : La planète entière parle de la chloroquine qui est une forme synthétique de la quinine. La quinine est naturelle. La chloroquine et la quinine sont des antipaludéens connus depuis des décennies. A ce stade, il n’y a aucun effet clinique qui ait été fait avec la quinine in-vitro et in-vivo. Nous sommes en contact avec des laboratoires actuellement, pour voir si la quinine pourrait être utile. Notre fierté serait naturellement de pouvoir contribuer à la lutte contre le coronavirus, en Afrique dans un premier temps, s’il était avéré que cette quinine éventuellement associée à un antibiotique bien spécifique, pourrait être concluante. Nous pourrions accroître nos capacités si de nouveaux investissements étaient réalisés.

Les autorités congolaises vous ont-elles contacté dans le cadre de la lutte contre la pandémie ?

E.E. : Nous sommes en contact depuis quelques jours. Jour et nuit. Nous essayons de voir comment trouver des solutions ensemble. Cette situation préoccupe le président Félix Tshisekedi et tout son entourage qui veulent voir ce que la Pharmakina peut apporter dans le cadre de cette lutte.

Quelle superficie couvrent les plantations de la Pharmakina ?


Plantation de quinquina de Pharmakina. (© DR)

E.E. : Nous avons 4000 ha. Les surfaces sont vastes et distantes, mais en quinquina pur, c’est-à-dire en arbres de quinquina, nous exploitons une surface équivalente à 1500 ha. Le reste étant des boisements d’eucalyptus et autres. Nos plantations s’étendent du Sud-Kivu jusqu’au Nord-Kivu. Nous avons également des plantations au Rwanda.

Quelle est la production annuelle de la Pharmakina et quelle est sa part dans la production mondiale ?

E.E. : Sans disposer de statistiques affinées, nous pouvons estimer à 400 tonnes de quinine par an les besoins du marché mondial. La Pharmakina génère près du tiers de cette production. Si nous augmentons nos capacités, nous pourrons fournir jusqu’à 40 % de la production mondiale de quinine.

Faites-vous la transformation du quinquina en quinine sur place ?

La grande majorité des employés est constituée de Congolais. Le staff congolais est très compétent et expérimenté. Ce sont, entre autres, des ingénieurs bien formés qui nous aident à diriger l’entreprise ensemble.

E.E. : C’est notre force. Sur le continent africain, nous sommes la seule entreprise qui part de la culture du quinquina depuis le laboratoire in vitro, la multiplication de plantules, les clonages, la protection contre différentes maladies jusqu’à la pousse de l’arbre, jusqu’à sa maturité et jusqu’aux produits finis. Nous nous ravitaillons aussi auprès des planteurs locaux pour faire vivre la région. Le Kivu représente actuellement 80 % du potentiel mondial en termes de production. Je tiens à souligner que c’est un patrimoine de la RDC. Notons que beaucoup d’écorces de la RDC sont exportées dans d’autres pays pour y être transformées. C’est une forme de délocalisation de la valeur ajoutée. Nous nous battons pour protéger l’industrie locale et nous en appelons au soutien du gouvernement, lequel manifeste également cette volonté.

Que comporte la gamme de vos produits finis ?

E.E. : Nous avons des comprimés avec des dosages différents, 100 mg, 250 mg, 300 mg… 500 mg, 600 mg… Nous avons des formes liquides pour les enfants, des gouttes, des sirops et des produits injectables qui sont très recommandés pour les cas sérieux de malaria.

Tous ces produits sortent-ils de vos laboratoires du Kivu ?

E.E. : Tout à fait. Nous faisons toute la chaîne, depuis la matière première jusqu’au produit fini. Nous faisons une gamme variée de produits, et toute la valeur ajoutée est réalisée dans le Kivu. Nous employons plus de 600 personnes en contrat à durée indéterminée et plus de 500 journaliers. La grande majorité des employés est constituée de Congolais. Les effectifs d’expatriés sont très réduits, nous sommes passés de 20 expatriés à 3. Le staff congolais est très compétent et expérimenté. Ce sont, entre autres, des ingénieurs bien formés qui nous aident à diriger l’entreprise ensemble.

Avez-vous des accords avec des firmes pharmaceutiques congolaises ou étrangères ?

E.E. : Nous avons des relations contractuelles avec des clients pour les contrats pluriannuels concernant les exportations de sels de quinine dans le cadre de l’industrie des boissons. C’est notre activité principale. La quinine est le produit préféré des Congolais pour lutter contre la malaria. Nous le savons après une présence de plus de 60 ans dans le pays. La quinine est naturelle et connue depuis plus de 400 ans, d’abord au Pérou, en Indonésie, avant d’être introduite par le roi des Belges en RDC.

Nos plantations sont une vraie fierté pour la RDC. Nous détenons ce potentiel, parce que dans les autres pays, qui avaient aussi des plantations de quinquina, les cultures ont été ravagées par des maladies provoquées par des champignons. Nous avons protégé nos cultures dans un laboratoire in-vitro dans lequel la Pharmakina s’est investie il y a de nombreuses années. Cette approche nous a permis de pérenniser la culture et d’apporter ce savoir-faire à beaucoup de planteurs du Kivu.

Quels pays de la région figurent parmi vos clients ?

E.E. : Tous les pays qui sont autour de nous. Pour les produits finis nous avions un impact sur certains pays de la Communauté économique des pays des grands lacs, pour les sels de quinine sous forme de principe actif, nous couvrons l’Afrique de l’Est et australe. La RDC reste au cœur de notre dispositif en matière de produits finis. Nous exportons des sels de quinine destinés à l’industrie pharmaceutique.

Derrière la bataille de la chloroquine se cachent de gros enjeux financiers. Les lobbys pharmaceutiques jouent leur va-tout pour tenter de placer leurs produits qui coûtent forcément plus cher que la chloroquine…

E.E. : La chloroquine était un traitement bon marché autrefois. Actuellement, compte tenu de l’évolution de l’offre et la demande, la valeur du produit a augmenté. Notre intention est d’aider, par un traitement approprié, dans la mesure du possible, la population congolaise, voire africaine ou mondiale, à sortir de cette grave crise. La santé est prioritaire. Le reste pourra suivre. Cette pandémie terrorise toute la population.

La production et les marchés de Pharmakina

Le gros de la matière première de Pharmakina provient de ses propres plantations, qui représentent quelque 1500 hectares sur les 4 000 ha de boisements que compte la société, dont 2400 hectares dans le Nord et le Sud Kivu et 200 ha au Rwanda. Pour compléter ses besoins, l’entreprise achète un peu d’écorces à des coopératives et des petits fermiers.

Pharmakina est l’une des rares industries pharmaceutiques congolaises à avoir ciblé l’export, un marché qui représente environ 40 % de son chiffre d’affaires. Ce sont principalement les sels de quinine qui sont exportés. Les marchés ? L’Afrique (dont le Kenya, l’Éthiopie, l’Ouganda, la Tanzanie, la Zambie, l’Afrique du Sud, le Malawi, le Sénégal, le Bénin, le Togo, la Côte d’Ivoire et le Cameroun.), l’Asie (Chine, Inde et Pakistan) et l’Europe (Espagne, France, Allemagne et Royaume Uni).

Outre quelques clients dans la sous-région (Rwanda, Burundi, Congo-B, Malawi, Zambie, Nigeria), le gros des produits finis est écoulé sur le marché congolais. Kinshasa où l’entreprise compte une représentation, absorbe environ 60 % de la production.

Propos recueillis par Arthur Malu-Malu
Makanisi
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8 commentaire(s)

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anaonyme | 92D3XD4 - posté le 08.04.2020 à 00:17

ET QUID des respirateurs ANTICOVID fabriqués par l UNIVERSITE DE BUKAVU!/Et le traitement antiCOVID19,inventé depuis 2012 par l Université de Lubumbashi.!???

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anaonyme | 92D3XD4 - posté le 08.04.2020 à 00:13

SUITE En 1934, des scientifiques allemands ont créé la chloroquine synthétique dans le cadre d'une classe d'antipaludéens, a déclaré MMV. L'hydroxychloroquine est la version la moins toxique de la chloroquine En 1934, des scientifiques allemands ont créé la chloroquine synthétique dans le cadre d'une classe d'antipaludéens, a déclaré MMV. L'hydroxychloroquine est la version la moins toxique de la chloroquine Une synthèse chimique formelle a été réalisée en 1944 par les chimistes américains R.B. Woodward et W.E. Doering[36]. dDEPUIS LORS rs, plusieurs synthèses totales de quinine plus efficaces ont été réalisées

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anaonyme | 92D3XD4 - posté le 08.04.2020 à 00:11

TOUJOURS LES DELIRES MEGALOMANIAQUES NARCISSIQUES DES CONGOLAIS:AUJOURDHUI CETTE FAMEUSE CHLOROQUINE EST FARIQUEE SYNTHETIQUEMENT SANS BESOIN DE VOTRE QUINQUINA/LISEZ CECI Pendant la première guerre mondiale, les pays producteurs de quinine étaient contrôlés par des forces anti-allemandes. Les pénuries prévues de quinine et le besoin de médicaments prophylactiques à longue durée d'action ont incité les entreprises allemandes à synthétiser des composés antipaludiques. Bayer, une entreprise allemande de colorants, est rapidement devenue une entreprise pharmaceutique de premier plan, où chimistes et biologistes se sont réunis pour développer des antipaludéens synthétiques...

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Salima | TTYVYQL - posté le 07.04.2020 à 22:46

Il y a peu (27 mars 2020) nous lisions ici un article intitulé "Sud-Kivu: la pharmakina n'a pas de brevet ou de licence pour fabriquer de la chloroquine et de lhydroxychloroquine". " Le Pr Docteur Martial kanyonyo, responsable pharmacist de la pharmakina S.A, a déclaré que sa société n'a pas de licence ou brevet pour produire de la chloroquine (nivaquine) et de lhydoxychloroquine (plaquenil), au cours d'une interview accordée à l'acp/sud kivu..."". La question qu'on pose ici alors, à qui appartient cette entreprise et si elle n'a pas de brevets ou licences, comment va-t-elle s'y prendre?

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OHIPQ2Z | OHIPQ2Z - posté le 07.04.2020 à 20:55

Félicitations, le quinquina est une de multiples fierté de notre faune. J’espère que le gouvernement a un regard sur cette capacité interne qui peut bien être une aubaine pour le monde. Terre bénie, terre de nos ancêtres, ma Patrie!

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SAGERO | NJIOCIX - posté le 07.04.2020 à 19:19

La Fierté de la RDC en général et le Sud-Kivu en particulier.Pour une fois que le Gouvernement y mette des mains dans la patte pour booster cette Société a aller de l'avant. Il en va de soi pour l'intérêt des Congolais d'abord et toute la planète ensuite.

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kap | DR16Q1Y - posté le 07.04.2020 à 18:26

VERY GOOD

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Anonyme! | ET86R2M - posté le 07.04.2020 à 18:11

Félicitations! Aussitôt que vous serez certain du marcher, il faudra multiplier la production! Et même de manière anticipée, je pense qu'il sera louable que vous produisiez déjà pour avoir une BONNE QUANTITÉ à mettre sur le marcher IMMÉDIATEMENT!

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