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Suspension de la contribution américaine à l’OMS : quand Trump cherche un bouc-émissaire pour sa « mauvaise gestion » du Covid-19

Suspension de la contribution américaine à l’OMS : quand Trump cherche un bouc-émissaire pour sa « mauvaise gestion » du Covid-19 2020-04-17
Santé
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Donald Trump, président des Etats-Unis d'Amérique

La menace du président américain qui planait, depuis quelques jours, sur l’Organisation mondiale de la santé (OMS), a finalement été mise en exécution. Ce mardi, 14 avril 2020, Donald Trump a annoncé la suspension de la contribution de son pays à l’OMS, prétextant « une mauvaise gestion » de la pandémie du Covid-19.

« Tout semble très favorable à la Chine, ce n’est pas acceptable. Elle (OMS) reçoit des sommes énormes de la part des Etats-Unis. Elle a critiqué la fermeture des frontières (aux personnes venues de Chine) quand je l’ai annoncée, et elle a eu tort. Elle a eu tort sur beaucoup de choses », a fustigé le président américain, lors du quotidien point de presse mardi, à Washington.

En effet, le locataire de la Maison blanche, jugeant l’OMS trop favorable à Pékin en pleine crise du coronavirus, avait vivement critiqué l’institution, menaçant même de suspendre le financement de son pays. « Nous allons suspendre (le versement) des sommes destinées à l’OMS », avait-il déclaré. Il reviendra sur sa déclaration, peu de temps après, en indiquant qu’il souhaitait seulement étudier cette possibilité. « Je ne dis que pas que je vais le faire, mais nous allons examiner cette possibilité », avait-il signifié.

C’est désormais chose faite. Donald Trump a mis sa menace à exécution, ce 14 avril 2020. « Aujourd’hui, j’ordonne la suspension du financement de l’Organisation mondiale de la santé pendant qu’une étude est menée pour examiner le rôle de l’OMS dans la mauvaise gestion et la dissimulation de la propagation du coronavirus », a déclaré le président américain, évoquant une étude plus approfondie d’environ 60 à 90 jours.

Rappelant que son pays est le premier contributeur de l’OMS, Donald Trump a souligné que les Etats-Unis financent l’OMS à hauteur de 400 à 500 millions de dollars américains par an, contre environ 40 millions, et même moins, pour la Chine. Conséquence, dit-il, son pays avait le « devoir » de réclamer des comptes. « Si l’OMS avait fait son travail et envoyé des experts médicaux en Chine pour étudier objectivement la situation sur le terrain, l’épidémie aurait pu être contenue à sa source avec très peu de morts », a chargé le président républicain.

Et si, pour l’instant, Trump n’a pas précisé les conditions de suspension du financement américain à l’institution onusienne de la santé, l’on soutient que la décision devrait être théoriquement soumise à l’approbation du Congrès. A ce propos, le Wall Street Journal indique que Trump pourrait ordonner aux agences américaines de rediriger ces budgets pour financer des programmes connexes.

Une fuite de responsabilités ?

Pour certains acteurs, le président américain cherche tout simplement un bouc-émissaire dans cette crise. C’est l’opinion du démocrate Patrick Leahy, membre du Senate Appropriations Committee, puissant comité de la Chambre haute du Congrès qui tient les cordons de la bourse fédérale.

Accusant la Maison blanche d’avoir « mal géré la crise depuis le départ, ignoré de nombreux avertissements et gaspillé un temps précieux, méprisant la science médicale », le sénateur affirme, dans un communiqué, qu’avec ses attaques contre l’OMS, Trump cherche à « fuir ses responsabilités, alors que le nombre de morts continue d’augmenter ».

A la date du 15 avril 2020, les Etats-Unis enregistraient plus de 609 000 cas de Covid-19 pour plus de 26 000 morts. « L’OMS aurait pu être plus ferme avec la Chine et déclarer plus tôt l’urgence sanitaire mondiale, mais elle remplit une fonction essentielle et a besoin de notre solide soutien », poursuit Leahy.
Au passage, il rappelle que malgré les restrictions de voyages imposées par la Maison blanche, « Près d’un demi-million de personnes ont pu se rendre aux Etats-Unis depuis la Chine, et le virus venait également d’Europe et d’ailleurs ».

Par ailleurs, Donald Trump oublie qu’il avait, lui-même, à travers un tweet, salué le travail des autorités chinoises, le 27 mars 2020 : « Je viens d’avoir une très bonne conversation avec le président chinois. Nous avons parlé en détails du coronavirus qui ravage de grandes parties de notre planète. La Chine a beaucoup souffert et a une grande connaissance du virus. Nous travaillons étroitement ensemble. Beaucoup de respect ! », avait-il écrit, avant de se contredire la semaine suivante : « Le monde est en train de payer très cher pour ce qu’ils ont fait (...). Ça aurait pu être stoppé exactement là d’où c’est originaire, la Chine ».

Ce n’est pas le moment …

Exprimant sa désapprobation après l’annonce du président américain, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, clame : « Ce n’est pas le moment de réduire le financement des opérations de l’Organisation mondiale de la santé, ou de toute autre institution humanitaire combattant le nouveau coronavirus ». Il poursuit son assertion, en affirmant que : « Une fois que nous aurons finalement tourné la page de cette épidémie, il y aura un temps pour revenir pleinement en arrière pour comprendre comment une telle maladie a pu survenir et répandre sa dévastation aussi rapidement à travers le monde ». Certains pays comme la Chine et l’Allemagne n’ont pas tardé à dénoncer la décision du président américain.

« Cette décision va affaiblir les capacités de l’OMS et miner la coopération internationale contre l’épidémie », a regretté devant la presse, ce mercredi 15 avril 2020, un porte-parole de la diplomatie chinoise, Zhao Lijian.

L’Allemagne s’est inscrite dans la même dynamique, en soulignant que « blâmer n’aide pas » en période de pandémie. « Nous devons travailler en étroite collaboration contre le Covid-19. Un des meilleurs investissements est de renforcer les Nations unies, en particulier l’OMS, qui est sous-financée, par exemple pour le développement et la distribution de tests et de vaccins », a estimé sur Twitter, le ministre allemand des Affaires étrangères, Heiko Maas.

Nicole Ouédraogo
Le Faso / MCP, via mediacongo.net
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