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L’insécurité persistante dans l’Est menace l’endiguement du Covid-19 (ONU)

L’insécurité persistante dans l’Est menace l’endiguement du Covid-19 (ONU) 2020-04-18
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Alors que les autorités congolaises luttent contre le nouveau coronavirus, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) met en garde sur les conséquences de la dernière vague de violence dans les régions orientales de la République démocratique du Congo (RDC).

Cette insécurité a provoqué le déplacement de milliers de personnes tandis que le pays s’efforce de lutter contre le Covid-19.

« Ces attaques entravent l’accès humanitaire, empêchent l’assistance aux personnes déplacées désespérées et perturbent la coordination vitale de la prévention et de la sensibilisation au Covid-19 », a déclaré Babar Baloch, porte-parole du HCR, lors d’un point de presse virtuel ce vendredi à Genève.

Plus de cinq millions de personnes ont été déracinées par le conflit en RDC, qui accueille également plus d’un demi-million de réfugiés, fuyant les troubles et les persécutions dans les pays voisins. Les récentes attaques dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri auraient provoqué le déplacement de plus de 35.000 personnes au cours des dernières semaines, dont environ 25.000 dans des villages au sud du territoire de Lubero.

Dans le même temps, la sécurité s’est détériorée dans le territoire de Djougou, dans la province d’Ituri, où un nombre croissant d’attaques par des assaillants inconnus ont déplacé plus de 12.000 personnes jusqu’à présent ce mois-ci.

Le défi de la distanciation physique dans des camps surpeuplés

Comme les cas confirmés de Covid-19 continuent d’augmenter en RDC avec 267 cas confirmés et 22 morts, principalement dans la capitale Kinshasa, le HCR travaille en étroite collaboration avec d’autres agences des Nations Unies et des partenaires humanitaires pour prévenir la propagation de la maladie parmi les réfugiés et les déplacés internes.

Plus largement, la violence et l’insécurité persistantes dans d’autres régions du pays pourraient rendre plus difficile l’accès des personnes déplacées aux établissements de santé publique. D’autant que sur le terrain, il est parfois très difficile de mettre en pratique la politique de distanciation physique, avec la surpopulation notée dans certaines zones et sites accueillant des déplacés.

"L’insécurité et la diminution de l’accès humanitaire vont engendrer des défis majeurs pour le pays - Babar Baloch, porte-parole du HCR".

« Nous sommes extrêmement préoccupés par le fait que l’insécurité et la diminution de l’accès humanitaire vont engendrer des défis majeurs pour le pays, déjà submergé et manquant de ressources pour ses services de santé », a mis en garde M. Baloch.

L’insécurité dans l’Est a obligé les partenaires du HCR à retirer leur personnel des sites de déplacement de Drodro et Bule dans la province de l’Ituri, laissant les personnes déplacées sans aide.

À ce jour, aucun cas de Covid-19 n’a été signalé parmi les réfugiés et les demandeurs d’asile en RDC. Le HCR redouble d’efforts pour mettre en œuvre des mesures de prévention et d’intervention dans les camps et sites de réfugiés.

Le HCR poursuit ses efforts dans le combat contre le Covid-19. Lorsque cela est possible, le HCR renforce ses activités régulières de santé et d’assainissement dans les camps et les centres de transit. Les mesures actuelles de prévention contre le Covid-19 comprennent le contrôle de la température aux points d’entrée des camps, sites et centres de transit.

Des mesures de quarantaines adoptées pour les réfugiés burundais arrivés récemment

Le HCR a également installé quelque 365 stations de lavage des mains et a procédé à une première distribution de plus de 23.000 barres de savon. Le HCR mène aussi des activités de sensibilisation et de prévention.

« Les réfugiés et les déplacés expriment souvent leurs craintes face au virus, principalement en raison de la désinformation », a ajouté M. Baloch.

"Les réfugiés et les déplacés expriment souvent leurs craintes face au virus, principalement en raison de la désinformation - Babar Baloch, porte-parole du HCR".

Dans toute la RDC, le HCR soutient également le système national de santé pour intensifier sa réponse. L’agence onusienne a ainsi mis en place trois centres d’isolement dans la province du Kasaï où les patients présentant des symptômes de Covid-19 seront orientés vers un traitement, Ce qui limitera la charge des hôpitaux publics et des structures de santé. Avec ses partenaires, le HCR livre également du matériel médical, des lits, des masques ou des gants.

En outre, près de 2.000 demandeurs d’asile burundais récemment arrivés et vivant dans un centre de transit dans la province du Sud-Kivu, seront transférés dans une installation permanente.

Des abris temporaires sont actuellement en construction et ces nouveaux arrivants resteront en quarantaine pendant 14 jours et recevront de l’argent pour se construire un abri par le biais de transferts d’argent mobiles.

Le HCR poursuit son plaidoyer pour l’égalité d’accès aux réfugiés et aux personnes déplacées dans les systèmes de santé nationaux mis en place pour lutter contre le Covid-19.

Un site de personnes déplacées à l'hôpital général de Bunia, la capitale de la province de l'Ituri, dans l'est de la RDC.

La cheffe des droits de l’homme alarmée par le regain de violence en Ituri

Le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme s’est aussi alarmé de la dégradation de la situation sécuritaire dans les territoires de Djougou et Mahagi. Dans ces localités de la province de l’Ituri, plus de 150 personnes y ont été tuées au cours des 40 derniers jours à la suite d’une série d’attaques perpétrées par des auteurs basés à Djougou.

« Parmi les attaquants figuraient des membres du groupe armé de la Coopérative de développement du Congo (CODECO), dont la plupart sont issus de la communauté ethnique lendu », a dit aux médias, Rupert Colville, porte-parole du Haut-Commissariat lors d’un point de presse virtuel ce vendredi à Genève.

Jusqu’à présent, en avril, 49 autres personnes ont été tuées, 13 blessées et six enlevées - Rupert Colville, porte-parole du HCDH

Pour le seul mois de mars, les services de la Haut-Commissaire Michelle Bachelet ont enregistré 107 civils tués et 43 blessés. « Jusqu’à présent, en avril, 49 autres personnes ont été tuées, 13 blessées et six enlevées », a ajouté Rupert Colville.

Depuis le début de l’année, 334 victimes civiles (206 civils tués, 74 blessés et 54 enlevés) ont été enregistrées. Les dernières violences ont eu lieu samedi dernier lorsque les combattants de la CODECO ont attaqué le village de Koli dans la nuit, tuant 23 civils.

Selon l’ONU, plusieurs agressions horribles ont été signalées et les attaques menées par des éléments armés basés à Djougou se sont considérablement intensifiées en mars.

Pour un renforcement de la présence des forces de sécurité et des représentants de l’État dans la région

Selon le Haut-Commissariat, la brutalité des attaques suggère que l’objectif est « d’infliger un traumatisme durable aux populations touchées, les forçant à fuir, et ainsi de prendre le contrôle du territoire, qui est riche en ressources naturelles ».

Les services de la Haut-Commissaire Bachelet rappellent que les auteurs utilisent généralement des machettes pour tuer des femmes et des enfants, violent, pillent des biens, détruisent des maisons et tuent le bétail.

Pourtant malgré ces atrocités, les communautés touchées, principalement les Hema, mais aussi les Alur, les Ndo Okebo et les Mambisa, ont généralement « fait preuve de retenue ».

Cependant, le Haut-Commissariat craint la formation de milices d’autodéfense en cas de poursuite des attaques et sans une réponse décisive des forces de sécurité pour défendre la population civile. « Cela va accroître ainsi la probabilité d’une aggravation de la violence intercommunautaire », a mis en garde M. Colville.

Face à ce regain de violence, le HCDH appelle les autorités congolaises à renforcer la présence des forces de sécurité et des représentants de l’État dans la région. Le Haut-Commissariat demande à Kinshasa à veiller à ce que des enquêtes approfondies soient menées sur toutes les allégations de violations des droits humains.

« Nous demandons à tous les auteurs des violences de rendre des comptes dans le cadre de procès équitables et impartiaux et à permettre aux victimes et à leurs familles d’avoir accès à la justice, à la vérité et à des réparations », a insisté M. Colville.

 

 


UN News / MCP, via mediacongo.net
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Le sage | SD3Y66Q - posté le 18.04.2020 à 17:59

Ebola ou COVID? A chacune son fief: KIN au COVID et l'EST a Ebola.

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