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Pékin s'indigne du "bluff anti-chinois" de Mike Pompeo

Pékin s'indigne du "bluff anti-chinois" de Mike Pompeo 2020-05-04
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Mike Pompeo

Le secrétaire d'Etat américain a ce dimanche affirmé détenir une "preuve énorme" confirmant que la Chine a sciemment produit et diffusé le coronavirus ; pour les médias chinois, il n'y a pas de preuve mais une stratégie électorale de Trump. Porter (ou pas) le masque, entre opprobre et rebellion.

Les relations entre les Etats-Unis et la Chine sont entrées dans une nouvelle phase de fortes turbulences. 

C'est le moins que l'on puisse dire : après les interminables négociations commerciales, après la 5G, voici donc le coronavirus qui vient alimenter les tensions entre les deux premières puissances économiques (et militaires) de la planète. 

Dans le South China Morning Post de Hong-Kong, , je lis en ce lundi matin que l'administration Trump a encore, au cours du week-end, franchi une étape dans ce qui ressemble bien à une fixation sur la Chine, une obsession à rejetter sur Pékin toute la responsabilité  de la pandémie de Covid-19. 

La Chine a ces dernières heures été accusée par le président en exercice, sur la chaîne Fox News, d'avoir couvert l'apparition de l'épidémie à ses débuts, d'en avoir masqué l'ampleur au monde, et de l'avoir ensuite sciemment exporté à l'étranger. " Ils ont fait une erreur terrible au départ et ils ont tout fait pour la cacher", résume Trump qui affirme aussi que "les Chinois sont prêts à tout pour me faire perdre" l'élection présidentielle de novembre. 

Pour une fois tout de même, note The South China Morning Post, le président américain ne se vautre pas dans la théorie conspirationniste qui voudrait que le virus ait été manufacturé dans un laboratoire de Wuhan... pour la bonne raison qu'il laisse le chef de sa diplomatie le faire : ce dimanche c'est donc Mike Pompeo, enchaîne The Wall Street Journal, qui a joué sur ce registre-là en affirmant détenir une "preuve énorme " de la responsabilité des Chinois dans la production et la diffusion du nouveau coronavirus. Une preuve qu'il n'est, bien évidemment, "pas autorisé à révéler" et que les services de renseignements américains se gardent bien de corroborer pour l'instant.

Pour les médias chinois, pas de doute : cette escalade verbale dans les attaques américaines relève du "bluff anti-chinois ". C'est tout l'objet de l'éditorial ce matin du Global Times, organe de presse dévoué au Parti qui ne digère pas les attaques de Pompeo selon qui "ce n'est pas la première fois que la Chine contamine le monde depuis ses laboratoires qui ne respectent pas les standards internationaux ". 

Le Times de Pékin affirme donc que la mystérieuse "preuve énorme" brandie par les Américains n'existe pas, que toutes ces attaques ne reposent sur rien : un "bluff" caractérisé, donc, pour noyer les électeurs américains sous cette propagande anti-chinoise et surtout pour faire diversion des terribles manquements dont s'est rendue coupable l'administration Trump depuis le début de la pandémie.

Toute cette rhétorique sinophobe aurait donc pour simple but d'assurer la réélection de Donald Trump en novembre, en présentant aux foules aveuglées un bouc-émissaire facile, cette Chine laquelle le président américain concentrait ses attaques déjà bien avant le coronavirus. 

Et ça marche, à lire Politico : la haine de la Chine gagne du terrain partout aux Etats-Unis, en tous cas dans les médias et réseaux conservateurs ; des chaînes de radio locales organisent des antennes ouvertes où tout et n'importe quoi se retrouve être la faute de cette Chine que l'on jure de "faire payer" pour tous ces méfaits, jusqu'à ces élus républicains dans les Congrès des Etats qui déposent des propositions de loi pour faire condamner "les actions négligentes et hostiles de Pékin". 

La Chine est donc condamnée sans procès, désignée à la haine des partisans de Trump qui reprennent déjà des slogans sinophobes dans les meetings du président. " La campagne présidentielle va se jouer entre Trump et Joe Biden sur qui sera le plus dur face aux Chinois ", prédit déjà le sondeur pro-républicain Frantz Lutz cité par Politico. 

Mais attention, prédit à son tour l'éditorialiste Max Boot dans The Washington Post : s'il n'est pas factuellement faux de dire que la Chine a volontairement tardé à lancer l'alerte internationale sur le nouveau coronavirus fin 2019, cela ne mène à rien, pour l'Amérique, de vouloir lui faire tout payer, y compris les manquements de sa propre administration. 

Si l'Amérique décidait de mettre la Chine à genoux financièrement, les effets sur l'économie mondiale seraient "bien pire encore". Et Max Boot de conclure qu'après tout si on suivait cette logique simpliste du bouc-émissaire, alors le monde serait en droit de demander des comptes aux Etats-Unis : après tout la grippe soi-disant espagnole qui a fait entre 50 et 100 millions de morts à travers la planète en 1918 et 1919 est partie d'une base militaire du Kansas et a voyagé aux frais de l'armée américaine.

Pendant ce temps, la population américaine se pose cette grande question des temps modernes : "porter un masque, ou ne pas en porter?".

Intéressant de voir, avec Rick Rojas du New York Times, à quel point le port du fameux masque grand public est devenu un marqueur visuel, un signe d'affirmation de nos opinions (plus ou moins conscientes) dans le contexte tendu du coronavirus, et le point de fixation de beaucoup (trop) de tensions collectives. 

On apprend par exemple que dans le Michigan, l'agent de sécurité d'un magasin de discount a été abattu par un client qui n'avait pas aimé qu'on lui rappelle la règle en vigueur dans cet Etat, port du masque obligatoire dans les espaces publics clos.

Dans l'Oklahoma, il y a eu tellement d'altercations violentes (et souvent armées) dans les premières heures qui ont suivi le décrêt d'obligation de port du masque que les autorités locales ont du faire machine arrière.  

Il y a donc, commente Rick Rojas, une forme de rebellion en vogue, plus ou moins épidermique ou structurée politiquement, à refuser de porter un carré de textile sur le visage.  

Que l'on ne croie pas à son efficacité, que l'on ne supporte pas la buée sur le lunettes ou que l'on refuse tout simplement de se faire imposer ses accessoires de mode, le fait que l'on puisse décider de s'exhiber en public sans masque expose désormais, en retour, à la vindicte populaire, au jugement des bons citoyens. 

Et c'est encore plus vrai en Asie : le Strait Times de Singapour y raconte comment une femme de 47 ans a été prise à partie dimanche par des passants, parce qu'elle avait osé sortir dans la rue le visage découvert. 

Elle s'est défendue en évoquant ses libertés individuelles, mais l'argument semble hors sujet : la voilà aujourd'hui conspuée sur tous les réseaux sociaux de Singapour où la vidéo de son altercation a été publiée, et une enquête judiciaire a été ouverte contre elle pour "nuisance publique et mise en danger de la vie d'autrui ".

 


France Culture / MCP, via mediacongo.net
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