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Plus de 14 000 volontaires pour tester des vaccins contre le Covid-19

Plus de 14 000 volontaires pour tester des vaccins contre le Covid-19 2020-05-14
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Une association, fondée en mars dernier, recrute des individus qui acceptent de participer aux tests cliniques d'antidotes contre le Sars-CoV-2.

L'Américain Josh Morrison, 34 ans, a créé l'association 1DaySooner, le 26 mars dernier. Cette organisation à but non lucratif promeut une plateforme de recrutement de volontaires prêts à participer aux tests cliniques de prototypes de vaccins contre le Covid-19. Pour Le Point, cet ancien avocat explique comment est né ce projet. Et ce qu'il peut apporter à la recherche scientifique…

Le Point : Comment est née l'idée de votre association ?

Josh Morrison : Comme tout le monde, j'ai vu déferler l'épidémie de Covid-19 et la première question que je me suis posée a été : « Que puis-je faire contre ce fléau ? » Je ne suis pas médecin mais avocat [il a été formé à l'université Columbia et Harvard, NDLR]. Le 25 mars au soir, j'ai adressé, à une poignée d'amis, un e-mail pour leur proposer de créer une association qui permettrait de hâter la commercialisation d'un vaccin contre ce virus. En 2014, j'avais déjà fondé une autre association destinée à encourager les dons d'organe et notamment de reins (le mouvement Wait List Zero). J'ai recontacté les partenaires scientifiques de cette initiative pour savoir comment procéder. Avec Sophie Rose qui est chercheuse sur les maladies infectieuses à l'université Johns-Hopkins (à Baltimore), qui a aussi étudié à Oxford, nous avons pensé qu'il serait utile de créer une plateforme d'information sur les tests cliniques humains : ce que l'on désigne en anglais sous le nom de « Human Challenge Trials » ou HCT. C'est ce que nous avons fait.

Pourquoi cette plateforme vous semblait-elle nécessaire ?

Tous les vaccins passent par une phase de tests sur l'homme. Le premier d'entre eux, mis au point contre la variole, a ainsi été expérimenté par Edward Jenner sur son jardinier, James Phipps, en 1796. Le vaccin contre la grippe, inventé en 1937, a été mis au point grâce à des volontaires qui ont accepté qu'on leur inocule des prototypes de formules de vaccins. Même chose pour le choléra, la typhoïde, la dengue ou le virus Zika !

Votre association recrute donc des cobayes humains pour la recherche scientifique…

Pour le moment, nous avons créé un site Internet sur lequel nous permettons à des volontaires de laisser leurs coordonnées s'ils sont d'accord pour participer à des expérimentations et, éventuellement, à des programmes de tests cliniques de nouvelles molécules. L'idée est de raccourcir le plus possible les délais entre le moment où des scientifiques découvriront un antidote et le moment où nous pourrons le diffuser auprès du plus grand nombre (d'où le nom de l'association « 1DaySooner », qui signifie « un jour plus tôt », car chaque jour gagné peut sauver des vies).

Combien de personnes ont répondu présent à votre appel ?

Au moment où je vous parle… un peu plus de 14 000 personnes issues de plus de cent pays à travers la planète se sont inscrites sur notre plateforme.

Quels pays sont les plus représentés dans votre listing ?

Le Brésil avec 6 500 candidats et les États-Unis (5 000 inscrits) arrivent en tête. Vient ensuite l'Inde avec 400 volontaires. Notre base de données ne compte, pour le moment, qu'une trentaine de Français. Nous recontactons, un à un, chacun des candidats pour leur demander s'ils mesurent ce à quoi ils s'exposent potentiellement. Il n'est pas neutre de participer à un test clinique.

Justement quelles sont les motivations de vos volontaires ? Font-ils cela uniquement pour de l'argent ?

Cela va peut-être vous étonner, mais l'idée de gagner de l'argent n'est pas la première des motivations avancées. Les candidats évoquent plutôt le désir de participer à une aventure collective qui permettra de protéger leurs proches. Ils veulent se sentir utiles, nous disent-ils. De notre côté, nous n'abordons pas les questions de compensation financière tant que les protocoles d'expérimentation ne sont pas arrêtés.

Une dizaine de tests cliniques ont commencé à travers le monde : en Chine et aux États-Unis d'abord, puis au Royaume-Uni et en Allemagne récemment. Avez-vous été approché par des laboratoires ?

C'est nous qui avons pris l'initiative de démarcher certains laboratoires, mais il est un peu tôt pour en dire plus. Rien n'est, à ce jour, finalisé. Nous attendons que les autorités sanitaires valident les programmes de tests vers lesquels nous allons adresser les volontaires. Si je résume notre projet, nous constituons un annuaire dans lequel les équipes de recherche vont pouvoir piocher pour sélectionner les profils les plus intéressants pour leurs travaux.

Quel est le profil type des candidats qui s'inscrivent sur votre site ?

Ce sont principalement des jeunes entre 18 et 35 ans. Mais nous avons aussi des candidats plus âgés. Certains ont près de 80 ans ! Ce sont des hommes et des femmes qui souhaitent s'investir à leur manière dans ce combat qu'est la lutte contre la pandémie. Ce sont souvent des individus avec un bagage académique intéressant. Les professionnels de la santé y sont, par exemple, surreprésentés.

Êtes-vous, vous-même, volontaire ?

Oui. Je ne sais pas si mon profil sera retenu. J'ai 34 ans. Et j'ai donné l'un de mes reins avant de lancer mon association Waitlist Zero qui promeut l'idée que les vivants aussi peuvent donner des organes.

Quelle était votre motivation pour donner ainsi un rein. Aider quelqu'un de votre famille ?

Je n'ai pas donné mon rein à un membre de ma famille, mais à un étranger. Dans cette démarche, j'ai sans doute été influencé par mon éducation. J'ai été élevé dans une famille où l'on pense que l'on peut vraiment changer le monde en contribuant à aider son prochain. J'ai, par ailleurs, beaucoup lu le philosophe Peter Singer. Je voulais mettre mes actes en conformité avec certaines de mes idées.

Pour revenir à l'association 1DaySooner, quelle est la prochaine étape de son développement ?

Nous vérifions que nos candidats sont sérieux. Certaines inscriptions nous semblent fantaisistes. Nous retrouvons ainsi le nom de Donald Trump dans notre banque de données. Nous recontactons, par cohorte de vingt à trente personnes, les volontaires pour préqualifier leurs dossiers. Nous allons prochainement leur adresser des questionnaires élaborés par des laboratoires de recherche de plusieurs universités, dont NorthEastern à Boston ou Georgetown à Washington.

Existe-t-il, dans le monde, d'autres initiatives semblables à la vôtre ?

Il me semble que nous sommes les premiers. Mais, depuis une semaine, un site a été créé en Allemagne. Nous envisageons aussi de lancer un site similaire au Brésil.

Baudouin Eschapasse
Le Point / MCP, via mediacongo.net
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