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Marie-France Idikayi : "Avec la Congo Fashion Week, nous créons un écosystème favorable à la mode en RDC"

Marie-France Idikayi : "Avec la Congo Fashion Week, nous créons un écosystème favorable à la mode en RDC" 2020-06-24
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En 2011, Marie-France Idikayi tire un constat : le stylisme congolais ne dépasse pas suffisamment les frontières du pays. Pourtant, la sape est une réelle culture en République Démocratique du Congo. Une religion même. Passionnée par la mode et spécialiste en communication et relations publiques, la jeune femme décide que la donne doit changer.

La mode congolaise doit s’exporter et pour en faire la promotion, Marie-France a sa petite idée : créer un défilé de mode. Une poignée de mois plus tard, la Congo Fashion Week voit le jour. Depuis, des dizaines de créateur.trice.s exposent leurs plus belles pièces pour le plus grand plaisir des centaines de spectateur.trice.s qui se pressent pour admirer les mannequins défiler sur les catwalks. Avec la crise du covid19, l’édition 2020 n’aura pas lieu. Mais ce n’est que partie remise. Rencontre (téléphonique vu les kilomètres qui nous séparent) avec Marie-France Idikayi.

Pouvez-vous expliquer comment est née l’idée de la Congo Fashion Week ?

Marie-France Idikayi : "J’ai toujours été passionnée par la mode. À l’époque, j’étais journaliste et communicante. Je me suis rendu compte qu’il n’existait aucun évènement de mode à portée internationale en RDC. Je voulais promouvoir les créatrices et créateurs, donner une visibilité à celles et ceux qui n’ont pas les moyens de voyager et de se faire connaître ailleurs qu’ici.

En septembre 2011, j’ai imaginé le concept de la Congo Fashion Week. Je voulais exposer les talents de chez nous. Je me suis associée à plusieurs autres personnes et la première édition a vu le jour en 2012 à Brazzaville et ensuite à Kinshasa. Ensuite on a emmené le concept à Londres en 2017. En RDC, nous n’avons pas une industrie de la mode suffisamment forte. Si on veut faire une collection pour tout Kinshasa et ces onze millions d’habitant.e.s, on est obligé de faire appel à l’international et de produire en dehors du pays comme en Chine ou en Turquie. On essaye de changer ça."

Mais malheureusement, l’édition 2020 ne verra pas le jour à cause de la pandémie…

M-F I. : "Effectivement. La situation est précaire maintenant et l’avenir incertain. Il est impossible de s’atteler à l’organisation d’un show pour le moment. On a décidé de reporter l’édition car il est important de mettre tout le monde à l’abri. Mais cela ne signifie pas pour autant que nous n’allons rien faire cette année. Nous organisons des échanges avec des professionnel.lle.s du secteur pour parler de l’industrie de la mode de façon plus approfondie. Comment veut-on qu’elle évolue ? Comment en discuter avec les autorités ?"

Quelles avancées constatez-vous depuis le lancement de la première Congo Fashion Week ?

M-F I. : "Les esprits créatifs et productifs sont de plus en plus nombreux. Aussi, nous prenons de l’ampleur sur la scène internationale. C’est, entre autres, parce que nous avons eu pas mal de publicité comme un article dans The Guardian. La Congo Fashion Week a récolté pas mal d'attention de la part de la presse. Qu'elle soit internationale ou congolaise. Aujourd’hui, il y a de plus en plus de jeunes congolais.e.s qui se hissent dans la profession et qui se lancent dans l’entreprenariat. La Congo Fashion Week est devenue un évènement important et attendu pour découvrir les nouvelles tendances du pays. Pour donner un autre exemple concret : le site Molato Market a vu le jour et est une vitrine importante pour les créateur.trice.s. Aujourd’hui, il y a des jeunes qui vivent de ce métier-là. Nous créons un écosystème favorable à la mode."

En termes de chiffres, la Congo Fashion Week rassemble combien de personnes chaque année ?

M-F I. : " Il faut savoir que le festival dure plusieurs jours. Au grand minimum, nous accueillons une vingtaine de créateur.trice.s, mais généralement ça tourne davantage autour de 40. Pour ce qui est des spectateur.trice.s, on a commencé avec environ 700 personnes et maintenant il y en a des milliers. L’année dernière, il y avait plus de 4000 personnes et ça continue à prendre de l’ampleur ! "

Contrairement à d’autres Fashion Week, la vôtre fait défiler tous les types de corps. C’était important pour vous d’être le plus inclusive possible ?

M-F I. : "Oui, je voulais représenter la culture africaine dans son ensemble. Les femmes africaines sont reconnues pour être rondes. Aujourd’hui, la mode est standardisée aux tailles 34 et 36. Mais si vous présentez des tenues portées par des femmes sveltes, celles qui ne le sont pas, auront l’impression que les vêtements ne leur iront pas à elles. J’estimais important que toutes les femmes se sentent représentées. D’ailleurs, je préfère qu’on parle de formes généreuses. C’est plus joli, plus positif."

Avez-vous des créateur.trice.s congolais.e.s que vous nous conseillez de garder à l’œil ?

M-F I. : "Bien sûr ! Je pense tout d’abord à Louison Mbeya qui est un créateur très avant-gardiste. Mais aussi à Richie Maya dont la collection est aussi riche que méticuleusement pensée. Et enfin Josiane Illé de chez JN Design qui confectionne des vêtements et des accessoires. Mais ce ne sont que quelques exemples parmi d’autres."

Que peut-on vous souhaiter pour le futur de la Congo Fashion Week ?

M-F I. : "J’espère vraiment que 2021 sera l’année de l’exportation de la mode congolaise. J’y crois. Il y a un engouement terrible de la part des créateur.trice.s. Chaque année nous recevons de plus en plus de dossiers parmi lesquels nous devons choisir. Contrairement aux autres Fashion Week, la participation à la nôtre est gratuite et les dépenses sont à nos frais. Notre seul but c’est de promouvoir. Mais ce n’est pas simple de dénicher des partenaires financiers, c’est un combat permanent. Mon souhait le plus cher c’est de voir la production à grande échelle s’opérer en RDC. Le jour où on n’aura plus besoin de voyager pour créer, on aura gagné."


RTBF / MCP, via mediacongo.net
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