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L'Ethiopie, le Soudan et l'Egypte peinent à s'entendre sur le barrage du Nil Bleu

L'Ethiopie, le Soudan et l'Egypte peinent à s'entendre sur le barrage du Nil Bleu 2020-07-30
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Le Caire, Addis-Abeba et Khartoum vont mener lundi un énième round de négociations sur le partage des eaux du Nil consécutif à la mise en service du plus grand ouvrage d'hydroélectricité du continent. Pierre d'achoppement : un mécanisme de gestion en cas de sécheresse.

Le plus grand barrage d'Afrique est aussi celui de la discorde . Le Grand Barrage de la Renaissance (GERD), en Ethiopie, ou barrage du Nil Bleu, fait l'objet depuis le début de sa construction, il y a neuf ans, de nombreuses et délicates séances de négociations entre l'Egypte, l'Ethiopie et le Soudan, dont la dernière, la semaine dernière, a encore été infructueuse.

Intérêt vital

Les trois pays sont convenus de se retrouver lundi prochain, sous médiation de l'Union africaine, pour discuter du partage de l'eau du Nil, un intérêt vital pour l'Egypte comme pour l'Ethiopie. La première dépend à 97 % du Nil pour son approvisionnement en eau potable ou d'irrigation. L'Ethiopie pourrait « assoiffer » l'Egypte si elle bloquait une trop grande partie du débit du fleuve par la montée en charge de son barrage. Le réservoir du GERD est d'une capacité équivalente à 90 % du débit annuel du Nil bleu, l'affluent éthiopien qui rejoint le Nil blanc à Khartoum.

L'Ethiopie, pour sa part, juge son barrage vital pour sa production d'énergie . La moitié des 110 millions d'Ethiopiens n'ont pas accès à l'électricité. Le GERD, appelé à devenir la plus grande installation hydroélectrique d'Afrique avec une capacité de production de 5.150 mégawatts, est un projet de 4 milliards de dollars, presque entièrement payé par l'Ethiopie, qui en a fait une source d'unité et de fierté bien utile dans ce pays déchiré par les rivalités ethniques. Khartoum est, pour sa part, à mi-chemin entre Le Caire et Addis-Abeba : le Soudan pourrait acheter de l'électricité bon marché grâce au GERD mais craint que des lâchers d'eau intempestifs du barrage, situ é juste en amont d e sa frontière avec l'Ethiopie, ne provoquent des inondations.

L'exécutif éthiopien a annoncé il y a huit jours avoir atteint le niveau de remplissage du barrage prévu pour la première année d'opérations. Ce qui permettrait de tester les deux premières turbines du barrage afin de produire de l'électricité début 2021. « Un moment historique qui témoigne de l'engagement des Ethiopiens en faveur de la renaissance de notre pays », a déclaré le Premier ministre, Ahmed Abiy, prix Nobel de la Paix 2019.

Accord contraignant

Le Caire et Khartoum veulent un accord global, légalement contraignant, sur la gestion de l'eau et le règlement des différends, mais l'Ethiopie estime que cela constituerait une atteinte à sa souveraineté. L'Egypte invoque un droit historique sur le fleuve garanti par des traités conclus en 1929 et 1959. L'Ethiopie, pour sa part, s'appuie sur un traité signé en 2010 et boycotté par l'Egypte et le Soudan, qui autorise la construction de barrages pour irrigation et hydroélectricité.

« Derrière le blocage apparent se cachent en fait des avancées significatives depuis deux ans », souligne une étude d'International Crisis group. Un consensus a émergé entre les trois parties sur le remplissage du barrage, étalé au total sur cinq ans pour ne pas perturber l'Egypte, ainsi que sur la gestion de l'eau quand les pluies sont suffisantes. En revanche, « toujours pas d'accord en vue sur les mécanismes en cas de sécheresse, ni de résolution des différents », notamment en raison du fait que l'invocation des intérêts vitaux a crispé les débats et réduit les marges de manoeuvre des négociateurs vis-à-vis de leur opinion publique.

Le Caire a porté l'affaire devant le conseil de sécurité de l'ONU, sans résultats, une décision qui a aggravé la défiance en Ethiopie. Le Caire se dit prêt à utiliser « tous les moyens » pour défendre ses intérêts, une allusion menaçante même si le risque d'un affrontement militaire demeure très théorique, vu ce que les trois parties auraient à perdre. En outre, paradoxalement, si l'eau est vitale pour l'humanité, un différent sur le débit d'un fleuve est directement responsable d'un nombre étonnamment faible de conflits militaires à travers les âges…

 


Les Echos / MCP, via mediacongo.net
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