
Société
L’UNICEF, dans son premier rapport de l’année 2015, intitulé " Pourquoi il faut investir dans l’éducation et l’équité ", publié le 22 janvier dernier, recommande aux gouvernements des dépenses plus équitables en matière d’éducation. Ce rapport exhorte aussi ces gouvernements à donner la priorité aux besoins des enfants les plus marginalisés : les pauvres, les filles, les enfants handicapés et ceux vivant dans les zones de conflit. En RDC, note cette agence spécialisée des Nations Unies, même si les allocations budgétaires pour le secteur de l’éducation primaire et secondaire ont augmenté de 12,3 % en 2011 à 14,4 % en 2014, 28.9% des enfants restent en dehors de l’école. Tandis que 93% des dépenses courantes vont aux salaires, laissant peu de ressources pour financer les autres interventions pédagogiques, poursuit l’UNICEF.
En effet, les montants alloués par les autorités ne suffisent pas, ce qui oblige les ménages à continuer à participer de manière significative au financement de la scolarisation des enfants : la part des ménages dans le financement de l’éducation est estimée à 76 %, d’après le RESEN (Rapport d’Etat du Système Educatif National ; 2012).
D’après notre source, la distribution des scolarisations, et les coûts associés aux différents niveaux d’études, conduit à une situation où une forte proportion des dépenses d’éducation tend à se concentrer sur une faible population très éduquée, issue pour l’essentiel des milieux les plus aisés.
Alors que 9 % des ressources publiques d’éducation sont consommées par les 41 % de la population qui n’a pas eu accès à l’école ou qui ne progresse pas plus loin que le primaire, plus de la moitié (51 %) des dépenses publiques d’éducation sont consommées par les 10% les plus éduqués.
On observe également que les jeunes gens issus des milieux les plus aisés absorbent 7,4 fois plus de ressources que leurs pairs issus des milieux les plus démunis. Ceci place la RDC parmi les pays ayant une distribution structurelle particulièrement concentrée. Selon la même source, les enfants du quintile le plus riche ont ainsi 43 fois plus de chances d’accéder au supérieur que ceux issus du quintile le plus pauvre. Ceci étant, l’évolution de la couverture globale aux différents niveaux scolaire montre une performance plutôt bonne de la RDC au regard des pays de la région, illustrant une certaine résilience du système éducatif et le maintien de la confiance des ménages dans ce système.
GOUVERNEMENTS, DONATEURS ET PRIVES DOIVENT INVESTIR
Ce rapport intitulé, estime qu’en moyenne, 46 % des ressources publiques pour l’éducation dans les pays à faible revenu profitent directement aux élèves qui sont les plus instruits. Dans les pays à revenu intermédiaire, ce chiffre est de 26 %. Le déséquilibre favorise de façon disproportionnée les enfants des foyers les plus aisés qui parviennent généralement aux niveaux les plus élevés de l’enseignement.
Pour la directrice générale adjointe de l’UNICEF Yoka Brandt aujourd’hui dans le monde, il y a à peu près un milliard d’enfants en âge d’aller à l’école primaire et secondaire. Cela représente un milliard de raisons pour investir dans l’éducation. Et de poursuivre, un nombre bien trop élevé de ces enfants ne reçoivent pas une éducation de qualité à cause de la pauvreté, des conflits, de la discrimination due à l’appartenance sexuelle, à un handicap ou à l’appartenance ethnique. Pour changer cette situation, nous devons réexaminer de façon radicale les pratiques actuelles en apportant davantage de ressources et en les distribuant de façon plus équitable. "
Selon Yoka Brandt, le rapport souligne aussi une autre grave crise dans le secteur de l’éducation. Les progrès accomplis dans l’élargissement de l’accès à l’école sont en effet au point mort : avec 58 millions d’enfants en âge de fréquenter l’école primaire qui ne sont pas scolarisés, il est évident que l’Objectif 2 du Millénaire pour le développement ( parvenir à l’éducation primaire pour tous) ne sera pas atteint. De plus, souligne-t-elle, un grand nombre de ceux qui vont actuellement à l’école n’apprennent pas vraiment. Les données révèlent que 130 millions d’enfants atteignent la quatrième année d’école sans maîtriser les bases de la lecture et de l’arithmétique.
Par ailleurs, elle note que les ressources publiques pour l’éducation sont en train de diminuer. Il manque 26 milliards de dollars. Pour parvenir à une éducation de base pour tous les enfants dans 46 pays à faible revenu et, depuis 2009, l’aide officielle au développement dans le secteur de l’éducation a diminué de 10 %. Pour mettre ce chiffre en perspective, 5 % seulement des bénéfices annuels des quinze entreprises mondiales les plus performantes suffiraient à combler ce déficit de financement.
Ainsi, l’UNICEF exhorte les gouvernements et les donateurs à accroître leurs dépenses en faveur de l’éducation et à veiller à ce que ces fonds soient utilisés de façon plus efficace et distribués plus équitablement. Selon le rapport, le secteur privé a aussi un rôle essentiel à jouer dans la mobilisation de fonds pour l’éducation. " Nous savons depuis longtemps que l’éducation peut briser le cycle de la pauvreté permanente et des désavantages pour les enfants, les familles et les pays. Mais pour y arriver, les gouvernements et le secteur privé doivent non seulement investir davantage mais aussi investir plus judicieusement dans l’éducation ", souligne la directrice générale adjointe de l’UNICEF Yoka Brandt.
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